L’evolucion de las lanas de Gasconha

- Gerard Saint-Gaudens

Réaup - Les Aloumats - parc photovoltaïque

Un excellent article synthétique (en gascon) de Jean-Jacques Fénié extrait du "Jornalet" sur l’évolution des Landes.

Voir en ligne : https://www.jornalet.com/nova/13315...

Grans de sau

  • Une vision très noire, hélas réaliste : en gros, rien ne va, mais ce n’est pas nouveau, sauf que c’est de pire en pire...
    La seule lueur d’espoir viendrait de Pro Silva, qui prône une sylviculture en accord avec la nature, avec le sol, plus artisanale, à l’opposé de la tendance générale d’utiliser le sol landais comme support pour faire... du hors sol ! (dommage pour la biodiversité)
    Pro Silva : un modèle alternatif pour la forêt landaise ?

    Les parcs photovoltaïques sont évoqués, et aussi l’entrée en scène de sociétés de gestion forestière qui proposent de s’occuper de tout à des petits propriétaires découragés. J’avais remarqué "Forest Invest" à Réaup... (Réaup-Lisse)
    Forest Invest

    Pourquoi l’espace landais est-il une proie si facile ?
    Chercher la rentabilité, c’est humain. Faire du calcul économique, c’est normal.
    Mais des économistes nous disent depuis longtemps qu’il faut que les coûts environnementaux soient facturés à qui de droit...
    C’est un problème mondial, qui dépasse la Gascogne.
    Je n’ai pas d’idée arrêtée sur les réponses que nous pourrions trouver localement. Peut-être commencer par montrer les dégâts ; ça, nous sommes quelques uns à le faire sur Gasconha.com, par petites touches, et sans non plus vouloir plomber l’ambiance... et cet article de JJ Fénié sur le Jornalet le fait très bien !

  • Non, répond Christian Pinaudeau, ancien secrétaire général du Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, interrogé par Sylvain Cottin, du journal Sud-Ouest :

    - La forêt gasconne a fait du pin maritime une monoculture à travers un million d’hectares inflammables. Ne faudrait-il pas songer à y planter d’autres essences ?

    - Vous allez me ressortir le mythe de l’arbre pompier ? Ça ne tient pas deux minutes. Avec ce genre de feux, pas un arbre ne résiste à de telles températures ; regardez ailleurs dans le monde, qu’il s’agisse du nord des États-Unis ou de l’Australie. Le climat est un facteur aggravant, certes, mais si personne ne met le feu, les pins maritimes ne s’embrasent pas spontanément.

    Incendies en Gironde : « Multiplier les Canadairs est une fausse bonne idée »

    Oui, répondait en 2003 Michel Thinon (à propos de la forêt méditerranéenne, mais le changement climatique ne rend-il pas les conditions très proches en forêt landaise ?) :

    Pour cet expert, la solution à long terme n’est donc pas de débroussailler : le résineux, ami du soleil et du feu, ne fera que proliférer. Il faudrait donc planter des frênes à fleurs, à l’ombre desquels s’épanouiront des chênes à feuillage caduc « sur des bandes d’un kilomètre de large, perpendiculaires au vent, c’est le seul moyen de sortir de la logique infernale du feu ». Cela permettrait au moins de freiner le prochain incendie.

    Des essences hautement inflammables
    En accusation : les résineux qui ont remplacé la « forêt originelle ».
    (Mimizan)
    La plage de Lespecier

  •  Présentement, la forêt landaise n’est guère productrice de chêne : quand "la Nouvelle Aquitaine" entière produit 12 % de la récolte française, imaginons la part du Massif landais !
     A l’échelle française, l’exportation de chêne vers la Chine est vue comme un problème : la matière première n’est pas sciée ni transformée en France.
     Le chêne produit de luxe :

    Qualité du bois, durabilité
    C’est une essence rare et précieuse
    Imaginons de nouvelles utilisations
    Marketons-le comme tel = un produit de luxe

    2018 - Assemblée générale Comité des Forêts -Jacques Ducerf - « Le chêne et son avenir »
    On sent un potentiel inexploité...

     Or le chêne peut s’épanouir dans le sol landais :

    Ce sont tous des chênes pédonculés spontanés. Ils marchent le feu de dieu
    Mais surtout : ils poussent dans une région qu’on prétend condamnée à ne produire que du pin maritime.

    Jacques Hazera : De beaux chênes bien landais

    Certes, le risque est bien réel que ces arbres [des chênes poussés naturellement et sélectionnés pour leur potentiel] claquent avant d’arriver à leur maturité (gels, sécheresses…), mais d’une part, il est improbable qu’ils claquent tous, et d’autre part, ce risque est proportionnel aux très faibles investissements dont ils ont fait l’objet. En outre, ces arbres représentent aussi une certaine diversification de la production dans un océan de monoculture.
    N’oublions pas enfin que ce sont quasiment toutes les essences, pin maritime inclus, qui sont aujourd’hui gravement menacées par un fléau ou par un autre, et que la diversification est une stratégie de poids face à ces menaces

     Mais attention à sa commercialisation future :

    Les belles billes de chêne du Massif landais risquent donc de se heurter, lorsque viendra l’heure de leur commercialisation, à l’absence de débouchés locaux, comme c’est déjà le cas aujourd’hui pour les plus beaux pins maritimes, qui malheureusement ne trouvent preneur à un prix correct qu’en dehors de la région.

    Jacques Hazera : Des chênes dans le Massif landais

  • Incendies en Gironde : que restera-t-il des forêts, une fois les flammes éteintes ?
    Les feux qui ravagent deux forêts du département ont détruit certains arbres pluricentenaires et bouleversé la faune locale. Il faudra attendre deux étés avant de replanter.

    Le Monde vient de sortir un article sur la question : la thématique de la diversification des essences est partout.

    En Gironde, en tout cas dans le secteur de Landiras, là aussi les propriétaires privés devraient, à terme, replanter. « Après l’exploitation des peuplements, on attend toujours au moins deux étés avant de replanter pour éviter les pullulations d’insectes », explique Stéphane Latour, le directeur de l’interprofession Fibois Landes de Gascogne. Il faudra avant cela faire l’inventaire des terrains brûlés, coordonner les travaux des propriétaires, évaluer les moyens humains et financiers nécessaires, la quantité de plants disponibles… L’enjeu de l’adaptation au réchauffement sera également pris en compte. « Même si le pin est très adapté à la sécheresse et aux Landes, il faudra prendre le temps de réfléchir aux essences que l’on plante », espère Stéphane Latour.

    A Anglet, la future forêt du Pignada sera plus diversifiée qu’elle ne l’était auparavant et comptera deux tiers de pins pour un tiers de chênes-lièges – il faudra attendre au minimum une trentaine d’années avant que les pins maritimes puissent être abattus pour alimenter notamment le secteur de la construction. Les forêts constituées d’une plus grande variété d’espèces sont plus résilientes au réchauffement, même si cela ne les protège pas des incendies. « Le facteur principal de ces feux, c’est l’état de stress hydrique des arbres, rappelle Sylvain Delzon. Lorsque la végétation a une teneur en eau relativement faible et que cela se conjugue avec de fortes chaleurs, tout est inflammable. »

  • Sur le tiers de chênes-lièges prévu au Pignada d’Anglet :
    LE LIEGE GASCON

    C’est une idée sympathique, puisque ça va dans le sens de la diversification des essences et contribuera aussi à la relance de cet arbre en Gascogne.

    Côté incendie : le chêne-liège serait très inflammable (5/5 sur une échelle de 5) et combustible (4/5 sur une échelle de 5) ; mais ça dépend aussi des espèces qui l’accompagnent, de sa "litière"...
    Mais s’il s’enflamme facilement, « le chêne-liège est capable de résister à des incendies parfois violents », grâce à « l’épaisseur et à la structure de son écorce » (tant qu’on ne l’a pas pelé !).
    Le chêne-liège des Pyrénées-Orientales face au feu

  • L’avis de Jacques Hazera dans un article de la dépêche :
    https://www.ladepeche.fr/2022/07/21/incendies-en-gironde-retrouver-une-foret-dorigine-prendra-au-moins-un-demi-siecle-estime-un-expert-10448509.php

    Les deux feux qui ont ravagé près de 21 000 hectares de forêt en Gironde depuis 10 jours n’ont pas progressé dans la nuit. Avec l’accalmie, les questions sur le futur de ces étendues boisées commencent à se poser. L’expert forestier, Jacques Hazera, qui connaît bien les spécificités de la forêt des Landes, explique comment elle peut se reconstruire.

    Au total, près de 21 000 hectares de forêt ont été ravagés en Gironde : 7000 hectares à la Teste-de-Buch et 13 800 hectares sur le secteur de Landiras, représentant à lui seul un périmètre de 66 km. Face au désastre, Emmanuel Macron a annoncé, sur place, à La Teste-de-Buch "un grand chantier national pour pouvoir replanter cette forêt". Mais comment reconstruit-on une un espace boisé de cette ampleur et combien de temps cela peut-il prendre ?
    Pour une repousse naturelle

    Pour l’expert forestier Jacques Hazera, "le mieux est de laisser faire le pouvoir de régénération". Ce spécialiste de la forêt des Landes explique que "le processus de repousse pourrait être accéléré par le fait que les pins qui pourraient toujours libérer leurs graines sur un sol vierge, le feu ayant tout brûlé".

    "Les replantations artificielles ne sont pas la bonne voie. Cela implique une certaine violence avec des labours et des dépenses inutiles", confie l’expert, "Les reboisements massifs fonctionne mais les inconvénients sont nombreux : un coût conséquent, des passages de tracteurs à répétition, et donc une réduction de la fertilité de la terre".
    "Un mélange d’arbres"

    "Avec une période d’observation d’un ou deux ans et un bon travail des forestiers, les choses peuvent bien se passer de façon naturelle. Dans un délai de cinq ans, la régénération pourrait commencer, ce qui correspondrait à la renaissance de la forêt", selon Jacques Hazera. Mais l’expert estime que "retrouver une forêt d’origine prendra au moins un demi-siècle voire un siècle".

    A lire aussi : Incendies en Gironde : la pluie peut-elle éteindre les flammes ?

    Pour la replantation et la reconstruction d’une forêt, "il faut idéalement effectuer un mélange d’arbres", explique le spécialiste. Mais avec les spécificités météo des Landes, "la facilité est de planter du pin maritime landais déjà présent avant les feux". Cet arbre tient face à la chaleur, les inondations ou le vent et représente "une garantie pour l’avenir et restera l’arbre principal de cette forêt".


  • Médoc

    Une étude sur la forêt landaise jette un coup d’oeil sur sa partie médoquine (« Une ré-inscription de la forêt dans le territoire portée par des dynamiques résidentielles et d’innovation : le pays Médoc ») et c’est encourageant !
    Elle nous dit que la forêt du Médoc a « fortement évolué, notamment suite à la tempête de 1999 »
    Le mieux est de citer les passages les plus significatifs - je mets en gras ce qui me semble important :

    un processus de diversification des essences forestières avec le développement de forêts de feuillus (chênes notamment, mais aussi robiniers) et de forêts mélangées (associant des feuillus et le pin maritime)


    Le robinier (faux acacia), un bon choix pour diversifier la forêt landaise ?

    Contrairement au pays des Landes de Gascogne, les dynamiques de résidentialisation contribuent ici à réinsérer la forêt dans le développement territorial du pays médoc.

    [Agaçante, cette appellation "pays Médoc" : le Médoc tout court, ça ne suffit pas ?]

    Si ces dynamiques résidentielles doivent être mises en relation avec l’emprise actuelle des processus de littoralisation et le desserrement de la métropole bordelaise, elles témoignent également d’un renversement de perspective qui s’incarne notamment dans la valorisation du cadre de vie médocain, la promotion et la patrimonialisation de la diversité de ses écosystèmes (littoraux, vignes, forêts, estuaires…).

    conscients de la position subalterne de la forêt médocaine, et de son découplage progressif avec les industries du massif landais, les sylviculteurs et les collectivités locales ont engagé des réflexions visant à trouver des débouchés et des réseaux de transformation davantage en lien avec les caractéristiques actuelles de la forêt médocaine, avec les nouvelles attentes des usagers (écoconstruction, plaquettes-énergie) et, plus largement, avec le devenir du territoire.

    Cependant, la valorisation marchande de ces boisements demeure problématique en l’absence de débouchés industriels locaux.

    les normes environnementales et patrimoniales actuellement promues sur ce territoire par les acteurs publics et les résidents créent de nouveaux liens à la forêt via la biodiversité ou la qualité des paysages forestiers

    Olivier Mora et Vincent Banos, « La forêt des Landes de Gascogne : vecteur de liens ? », VertigO - la revue électronique en sciences de l’environnement

    Diable, la forêt médoquine va-t-elle devenir l’exemple à suivre ?
    Elle bénéficierait paradoxalement des dévastations de la tempête, qui auraient permis un nouveau départ, et de l’entrée du Médoc dans l’aire urbaine bordelaise, qui amènerait un nouveau regard...

  • Il y a 10 ans j’avais suivi une formation de sylviculture du SSSO.
    J’avais demandé pourquoi 5 à 10 % d’une parcelle en coupe rase n’était pas replantée en feuillus, le reste en pins.
    Le formateur m’avait considéré un peu comme un huluberlu qui ne connaissait pas la forêt cultivée, ce qui est vŕai...
    Il y a des sols où rien d’autre que des pins peuvent pousser.
    Ensuite l’aspect économique est primordial et je le comprends.
    La terre de certains endroits du Médoc est vraiment pauvre. Pourra-t-on appliquer les préconisations de l’article cité par T.M. ?

  • L’étude de Olivier Mora et Vincent Banos que j’ai rapportée ci-dessus dit quelque chose d’une représentation dominante d’un massif landais qui repose sur le pin et rien d’autre :
    « les représentations du massif des Landes de Gascogne, comme espace homogène, continu et monofonctionnel, gardent une force et une permanence paradoxale »

    La réaction passionnément hostile, rapportée plus haut, de Christian Pinaudeau, ancien secrétaire général du Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, quand on lui parle de diversification des essences, est du même tonneau (de résine !). Il ne veut pas entendre que certaines espèces diffuseraient moins facilement l’incendie...

    Je suis moi-même sensible à l’unité du triangle landais, le "pays du sable" de Delbousquet.
    Mais il me semble avoir vu des cartes géologiques qui montrent dans les Landes une diversité du sol. Par exemple, l’alios n’est pas partout à 2 m...
    Et donc, des feuillus peuvent se développer dans certains secteurs et pas dans d’autres. Il faut voir aussi lesquels (certains chênes, robiniers...). C’est vrai que le pin est à l’aise à peu près partout...

    Ensuite, il semble qu’un forestier landais qui voudrait vendre autre chose que du pin pourrait avoir des difficultés.
    Mais quand on parle d’implanter (ou de laisser pousser) des espèces autres que le pin, après des coupes rases, des incendies ou des tempêtes, on se situe dans le très long terme, donc il y a le temps pour que des filières de sciage et de commercialisation se développent pour ces nouvelles espèces.

  • Très bon article de l’universitaire Christine Bouisset dans Sud-Ouest.
    (Escalans)
    Une entrée de "Le Pignada"

     L’urbanisation incontrôlée du massif landais (« prolifération anarchique au contact de la forêt ») accroit les risques d’incendie, puisque ceux ci ont souvent une cause humaine, involontaire ou volontaire.

    causes humaines d’incendies : déséquilibré pyromane, panne d’un véhicule, braises échappées d’un camion pizza, étincelles au passage d’un train, travaux en forêt, feu d’artifice, jet de mégot, etc.

     Mais elle complique aussi les secours :

    La présence de nombreux quartiers et hameaux éparpillés contraint les secours à gérer la mise en sécurité de milliers de personnes et les oblige à disperser leurs moyens pour protéger les maisons dans une logique défensive, au détriment d’une stratégie offensive permettant de maîtriser plus rapidement la progression du feu.

    Conclusion :

    sans intégration du risque dans la prise de décision en matière d’aménagement du territoire et sans prise de conscience des populations et des pouvoirs publics locaux, le coût de la lutte deviendra exorbitant et sa capacité à assurer la protection des populations et celle des forêts de plus en plus incertaine au fur et à mesure que le changement climatique s’intensifiera

  • Il y a 10 ans, l’Etat et les acteurs du massif landais (avec une sur-représentation du département 40) faisaient ce GUIDE POUR LA PRISE EN COMPTE DU RISQUE INCENDIE DE FORÊT DANS LE MASSIF FORESTIER DES LANDES DE GASCOGNE - DECEMBRE 2011.
    Le changement climatique et la plus grande fréquence des épisodes de sécheresse ou de canicule n’y sont pas encore mentionnés.
    Mais l’augmentation du risque liée à l’urbanisation l’est bien :

    L’urbanisation en forêt (...) augmente la probabilité de nombre de départs de feux, elle augmente le nombre de personnes et de biens exposés au phénomène et enfin, en cas d’incendie, la défense de ces enjeux mobilise une partie des moyens de secours au détriment de la lutte contre le sinistre lui‐même.

    Bref, plus de départ de feux, et plus de "sites à défendre"* !

    Un concept important : l’interface, ou zone de contact, entre les zones boisées et les zones urbanisées :

    Étalement urbain : mener une analyse de l’aménagement de la commune afin de préserver la continuité du bâti, de combler les dents creuses et de densifier les zones déjà urbanisées. L’objectif est de limiter l’interface entre le massif boisé et les enjeux à défendre et de faciliter leur entretien.

    Les incendies de cet été 2022 sembleraient montrer que ces bons conseils n’ont pas bien été suivis.
    C’est peut-être à Gasconha.com de prendre le relais ! Par exemple, l’airial et les péguilheyres (allées pour les troupeaux) peuvent inspirer la gestion de l’interface...
    En tous cas, les lotissements récents sont trop "toque-pignada" !

    * "sites à défendre" = SAD, à distinguer des ZAD (zones à défendre).

    Los grans huecs, sus Ràdio Pais

  • A priori, les élus n’ont rien compris ...

  • Voici l’avis de la Mission Régionale d’Autorité environnementale. Avis plutôt négatif il me semble, mais ce n’est qu’un avis, dont j’évalue mal l’incidence sur le déroulement du projet...
    Je ne l’ai pas encore lu complètement ; 10 pages avec des croquis, c’est faisable, je vois que le projet est bien détaillé, donc ça vaut le coup !*
    Au moment où j’écris, un gran huc sévit du côté de Saumos, Sainte Hélène, Brach... donc à une vingtaine de km du Domaine de la Montagne d’Arès...
    Le risque incendie est évoqué dans l’avis ci-dessus, avec notamment cette phrase :
    « Le projet, une fois mis en œuvre, se trouvera en interfaces est, nord et sud avec la forêt, l’enjeu est donc qualifié de fort dans le dossier. »

    L’avis est daté du 6 juillet 2022, juste avant les grans hucs de Landiras 1 et de la forêt usagère de la Teste...

    * J’avais lu celui sur le lotissement des Galips à Hostens... (Hostens)
    Lotissement des Galips

  • Risque incendie :
    Arès

    L’avis de la MRAE écrit ceci :

    Le MRAe relève que le projet expose un nombre important de nouveaux habitants à ce risque (le site se trouvant en interface avec la forêt sur trois côtés (est, nord et sud) sur un linéaire total important).
    La MRAe demande de préciser dans l’étude d’impact l’ensemble des dispositifs de lutte contre le risque feu de forêt et le cas échéant d’inclure l’intégralité des échanges et préconisations du SDIS, permettant de s’assurer d’une prise en compte rigoureuse des garanties en matière de lutte contre l’incendie dans un secteur sensible.

    Des bandes de débroussaillement de 50 m sont cependant prévues (la loi l’exige) « entre les logements les plus proches de la forêt et cette dernière »*.
    A y regarder de plus près, l’interface avec le pinhadar n’est peut-être pas le problème majeur de cette urbanisation prévue : l’appétit d’urbanisation est tel que je me demande si l’interface à risque avec la forêt ne sera pas un jour supprimé par la suppression de la forêt elle-même, entre Arès et Andernos !**

    * Par les vues aériennes de Géoportail, je ne vois pas que les lotissement de Lège, en commune voisine, aient cette "interface" avec la forêt.
    ** Pour l’instant, il y a encore une "coupure d’urbanisation" entre les deux communes.
    Sur les cartes anciennes, on voit, de chaque côté de la rivière du Cirès, les "Bois de la Montagne d’Andernos", et les "Bois de la Montagne d’Arès".
    Cassini : "Pinadas de la Montagne" (inscrit du côté d’Andernos) ; il y avait donc par ici des pinadas, avant même qu’ils soient généralisés dans le massif landais.

  • Jean-Jacques Fénié, dont l’article du Jornalet est à l’origine du présent fil de discussion, nous a signalé cette tribune de "Sud-Ouest" :
    La chronique de Sylvie Brunel. Éloge du pin des Landes

    Le rappel des qualités du pin des Landes, de son adéquation biologique et économique à ce milieu landais, est toujours bienvenu.
    Sylvie Brunel est optimiste sur ses débouchés :
    « aujourd’hui, le développement durable donne à la forêt un nouvel avenir, avec ses produits « biosourcés », de la résine au bois, qui permettent de remplacer la chimie de synthèse. Énergie, construction, cosmétiques, agents nettoyants, polymères… et même papier toilette »

    Or :
    « Des voix s’élèvent, préconisant les feuillus. Mais ils occupent déjà le cinquième du million d’hectares des Landes, qui est en réalité une forêt mosaïque associant des milieux très variés. »
    Bon, les voix qui préconisent les feuillus ne demandent peut-être pas l’éradication du pin des Landes, mais sa combinaison avec d’autres espèces (chênes, robiniers...), en accord justement avec les micro-milieux, pour limiter les inconvénients biologiques et économiques de la monoculture, et limiter un peu le poids des résineux, dont on voit qu’ils portent particulièrement bien le feu.

    Mais le pin paye ; c’est en gros ce que dit Sylvie Brunel (sous-entendu, ce n’est pas prouvé pour les autres espèces !).
    Oui, il faut un modèle économique viable, sinon, les propriétaires forestiers vont abandonner...
    Mais si le coût de la défense contre l’incendie monte en flèche, le modèle présent restera-t-il viable ?
    Et si ça continue, à raison de quelques dizaines de milliers d’hectares brûlés par an, la forêt (pour l’instant, girondine) va disparaitre...

    « En Gironde, où la population s’accroît de 20 000 personnes chaque année, les habitations colonisent la forêt, surtout sur le littoral. Barbecues et pas de débroussaillage… la moitié des feux se déclenchent près des maisons. »
    Bien vu ! La "Gironde", c’est la zone d’expansion de la métropole bordelaise...

    « Punir, contraindre ? Ça suffit ! »
    Bien d’accord pour ne pas punir ! Encore que... Mais les outils réglementaires pour limiter l’urbanisation de la forêt existent déjà ; ce sont les élus locaux qui manquent de volonté.
    S’ils voulaient, ils pourraient limiter les urbanisations nouvelles et soigner les interfaces* entre les zones bâties existantes et la forêt. C’est le contact croissant entre les deux qui accroit le risque de gran huc !

    *Je cherche encore un mot gascon pour ces interfaces vertueux, à concevoir dans l’esprit airial...

  • Un cinquième soit 20 % de feuillus me semble un pourcentage très très élevé...

  • capsalé* nm. ›bord du champ ; lisière. ◊ Au pé dou camin, darré le coste, sus un capsalé d’arrégues dou cam.

    pegulhé nm. ›passage réservé aux troupeaux. ◊ Lous garts de crabes é d’oulhes qu’emprounten lou pegulhé.

    courjéyre nf. ›lande autour d’un quartier.

    eslé nm. ›lé ; layon ; lisière. ◊ Deloun l’estagn qu’i a un eslé coubért de bourrouncouns.

  • courjéyre, “lande autour d’un quartier”, “terrain proche des parcs à moutons”, “lande indivise pour le parcours des troupeaux”, conviendrait bien pour nommer ces espaces d’interface entre les habitations et la forêt, espaces qu’on imagine communs, donc indivis.
    Le mot a aussi l’avantage de dire le retour des animaux, d’abord des moutons, qui ont probablement un rôle à jouer dans le nouvel ordre landais.
    Sur la courjéyre (ou courgeyre pour l’écrire comme les toponymes existants), j’imagine aussi un passage pour la DFCI, des panneaux solaires et de petites éoliennes, peut-être quelques champs, grâce au soutrage des moutons, comme dans l’économie agro-pastorale landaise d’autrefois...

    Au Domaine de la Montagne à Arès, ils devraient bifurquer vers ce modèle, au lieu de faire encore du lotissement à la place du pignadà existant... le hic, c’est que les lotissements se financent tout seuls... pour les courgeyres nouvelles, le modèle économique reste à trouver !

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    Un lotissement landais protégé contre le feu par une courgeyre
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  • A confirmer quand même : c’est très important !

    « Profiter de tels dégâts pour augmenter la biodiversité est une bonne chose, estime Sylvain Delzon, directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) et à l’Université de Bordeaux. Par contre, dire qu’il faut augmenter la biodiversité pour lutter contre les feux est une hérésie ».
    Selon ce spécialiste de l’écosystème forestier, le pin maritime est bien l’espèce la plus adaptée au sol sableux et pauvre en nutriments du plateau landais. S’il faut maintenir les feuillus déjà présents à l’intérieur du massif et en prévoir en lisière, c’est surtout pour « permettre [à la forêt] d’avoir une plus grande résilience contre les ravageurs mais cela ne va pas permettre de lutter contre la sécheresse ni les incendies »

    20minutes - Incendies en Gironde : « Profiter de tels dégâts pour augmenter la biodiversité est une bonne chose », selon un chercheur


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