Mots

- Tederic Merger

barra

français : barre

Lespy
Multidiccionari francés-occitan

« barre de bois, de fer : Lou jetebarre, le jeu où l’on s’exerce à jeter la barre. Barre deu hoec, barre du feu : barre de fer qui va d’un chenet à l’autre et retient les bûches. - Barrete, barrine, barrote, dim. ; barrasse, aug. - Barre deu cot, barre du cou : les vertèbres cervicales. - Barre, droit de barrière, droit de passage »

« BARROT un fort bâton, un peu court. » (barròt - entendu en français régional d’Albret néracais dans les années 2020)


 

- VERDIER Gilles

marabish

français : (une) "mauvaise herbe"

Lo marabish... meishanta gèrba... [lou mara’bich...mé’chanto ’yèrbo]

Encore un nom gascon très commun inconnu des dictionnaires gascons !

A Saint Sever de Rustan 65) et dans les coteaux entre Rabastens de Bigorre et Trie sur Baïse, le grand rumex est appelé en gascon (et aussi en français) «  lo marabish ». C’est une plante envahissante bien connue des agriculteurs.
Ce nom «  lo marabish », toujours très employé dans le milieu agricole, est pourtant totalement inconnu des principaux dictionnaires gascons (Palay, Per Noste…).
Je n’ai pas trouvé d’étymologie.
Qui en sait plus...?


 

- Tederic Merger

arrot

français : rompu

Prononcer "(ar)routt".

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« arroùt,-e adj. – Rompu,-e ; fatigué au superlatif. Cap arroùt, tête rompue ; esprit excédé. »


 

- Tederic Merger

espurgatòri, esprecatòri, espercatòri, espregatòri

français : purgatoire

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« esprecatòri, espregatòri – Formes fautives de espurgatòri. »


 

- VERDIER Gilles

tinhahús

français : chauve-souris

Lo tinhahús...

Lo tinhahús...
Lo tinhahús...

Pour désigner la chauve-souris, le gascon utilise majoritairement des noms avec « rat/souris » + un deuxième élément : La soritz-cauda, rata-cauda, arrata-caua…. On a donc le latin ratta ou sorice + un dérivé des phonèmes k-w-a désignant des oiseaux mal famés en oil et oc selon J. Séguy.
Dans les Hautes-Pyrénées et une partie du Comminges, les noms de la chauve-souris sont tout à fait différents : lo tinhahús/ tirahús...
Tinhahús a soulevé un grand nombre d’hypothèses étymologiques… Sa petite localisation dans une région très conservatrice a fait penser à J. Séguy que c’était un nom pré-latin pyrénéen et donc d’entièrement indigène. Il a émis d’autres hypothèses en le rapprochant du mot gascon gahús (hibou qu’il explique par k-a-w +uceu) mais aussi du mot latin tinea (teigne)… Un beau mystère.


 

- Tederic Merger

isla, iscla, illa, aïla, irla, ierla

français : île

gerla = pré et grange, terrain de méandre, île

Noms damb "isla, iscla, illa, aïla, irla, ierla" :


 

- Tederic Merger

crabotèr

français : qui se rapporte aux caprins

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« craboutè,-re adj. – Amateur de chêvres ; qui se rapporte aux caprins. »


 

- Tederic Merger

prumèr, purmèr, purmèir

français : premier

 
 
 

- Tederic Merger

semalèr

français : concernant les cuves

Adjectif.
Pron. "sémalè"
Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« semalè,-loè,-re adj. – Qui est de la semàu, du semaloû, qui les concerne ; car semalè, char pour les cuves ; V. catàu ; barròt semalè, barre pour transporter les cuveaux ; on dit aussi simplement semalè »


 
 
 
 

- Tederic Merger

pala

français : pelle, lame

En toponymie de Comminges et Couserans, pala ("Palo") est très présent. Signifie donc un élément fréquent du paysage (et non une pelle ou une lame !), peut-être tout simplement un ruisseau.

Mise à jour en mars 2023 grâce à Bruno, comengés montanhòu, concernant les toponymes formés avec ce mot dans son parçan :

En toponomiá /ˈpa lɔ/ que pòt èster :
 Une bande de terrain entre deux rigoles, avec la notion de surface plane, mais pas forcement horizontale.
 Une prairie plane et souvent inclinée, accolée à un rocher ;
 Le versant uni d’une montagne.
Que m’è trobat un exemple ena vila de (Banhères de) Luishon :
Era pala deth malh, lieu- dit au dessus du Courtat, eth barri mes ancian dera vila

tanben qu’auem eth vèrbe APALAR que vò díder « bêcher, pelleter » !

Merci Bruno de nous éclairer ainsi sur l’utilisation du mot pelle pour un élément du relief de montagne qui avait sans doute une importance cruciale pour les habitants-exploitants !
J’avais vu dans le Cadastre napoléonien beaucoup de "ruisseau de la Pale de ..." ; ces ruisseaux sont donc peut-être les rigoles évoquées ci-dessus, qui encadrent une pale.

Jean Eygun (Aspe) donne aussi "versant uni".

Noms damb "pala" :


 
 

- Tederic Merger

cant, cantèr

français : côté, bord

cantèra = bordure de champ

Noms damb "cant, cantèr" :


 

- Tederic Merger

arrossegar

français : traîner

Pron. "arrousségà".

Noms damb "arrossegar" :


 

- Tederic Merger

cant-lheva

français : balancier

 

- Tederic Merger

palineta

français : outil pour curer les pots de résine

Ph. Lartigue : « (on prononce palinoete) - Outil du résinier pour curer les pots de résine (on dit aussi paloete). »


 
 

- VERDIER Gilles

hat

français : goût fort (en Rustan)

Lo hat... Etymologie d’un mot spécifique au Rustan...du fort au fade...

Un cep vielh qu’a hat. Los lapins de Ceridòs, qu’avèvan hat…

A Saint Sever de Rustan (65), « lo hat » est un goût fort, comme le goût d’un vieux cèpe ou d’un vieux lapin de garenne.
Ce mot n’existe pas au-delà du Rustan et est absent des dictionnaires.
Il est encore très présent même dans une phrase en français (Ce cèpe a du hat..!) car il n’existe pas de mot courant équivalant dans cette langue (sauvagin = odeur , goût des oiseaux de mer ; fraîchin = odeur de la marée, du poisson…)

Etymologie. Qu’ei plan complicada….

1. Le latin « sapidus » = qui a de la saveur.
En français : sapidité etc…
En gascon, ce mot latin a pris un sens péjoratif avec le nom « ua sapta (nf) » = un goût fort ; l’adjectif « saptat » = qui a pris un mauvais goût.

2. Le latin « fatidus » = fade ; Il provient d’un étrange croisement entre « fatuus » = insipide, fade et « sapidus » = qui a de la saveur. On voit déjà en latin un mélange des extrêmes…
En français, ce mot latin a donné « fade » qui en ancien français voulait aussi dire languissant, écœuré.
En gascon, nous avons au Val d’aran « hat » et dans le Lavedan « hat/hada » = fade, insipide. En catalan, on a l’adjectif « fat/fada » avec le même sens.

3. Le latin « fatum » = l’oracle, le destin, la destinée. hat (nm) : 1. fatalité, sort, destin. 2. Maléfice.
En gascon, ce mot latin a donné directement « lo hat » = le destin, le sort, le maléfice. En catalan, on a « el fat » = le destin.

Avec tout cela, d’où provient ce vieux nom rustanais ?

On peut d’entrée écarter les descendants du latin « fatum »…
Il semblerait que ce mot soit bien un lointain descendant de « fatidus » mais qui aurait plutôt choisi dans le Rustan le côté « sapidus » que « fatuus »… contrairement au reste de la Gascogne.. !

Mais si quelqu’un a une autre solution… je suis preneur.


 

- Tederic Merger

gentiu

français : noble, beau, magnifique

Pron. "gentiw".

Noms damb "gentiu" :


 

- Tederic Merger

gatoèr, gatoèra

français : saule blanc, saulaie

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« gatouè (Lav.) sm. – Saule-blanc. V. aubà, gatsauzè.
gatouèro (Lav.) sf. – Saulaie. »


 

- Tederic Merger

guinhar

français : regarder, lorgner, guigner

Pron. "guignà".


 

- Tederic Merger

contièr

français : association restreinte à peu d'éléments, appariage

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« countiè sm. – Association restreinte à peu d’éléments- : deux, trois ; appariage. V. counsie. Baques de countiè, vaches qui peuvent s’apparier ; està de countiè, être susceptible, en état d’être associé à. Palay (version provisoire)
countiè,-re adj. – Qui peut être associé,-e, apparié. Braus countiès, bouvillons que l’on peut atteler ensemble. »


 
 

- Tederic Merger

çurgent

français : chirurgien

Prononcer "surjén"...


 

- VERDIER Gilles

arromatic

français : humide, malsain
Arromatisme...
Arromatisme...

Les fils gascons du latin "rheumatismus"...

A Saint Sever de Rustan (65), de la paille ou du foin qui se conserve mal car humide est qualifié de « palha arromatica, hen arromatic ».
Jean Soulé-Venture, dans son glossaire de mots gascons de la Barousse note :
«  arroumatic,a » adj. Humide, malsain.
Coromines relève dans son vocabulaire du Val d’Aran :
« romàtic  » adj. Rellent, humid : p.ex. un celler romàtic (une cave humide).

Les autres dictionnaires (Palay, Per Noste, Dupleich) relèvent les mots :
• « raumatic, a » adj. : rhumatisant, catarrheux, mal en point
• « raumatisme, romatisme, arromatisme  » : rhumatisme ;
• « raumàs » (nm) : gros rhume, augmentatif d’un ancien « rauma » de nos jours non employé.
• « rèuma  » (nf) : rhume, bonchite / reumar-se : s’enrhumer en gascon de Lomagne.

En catalan :
• « reuma » (nm) : rhumatisme.
• « reumàtic » adj. : rhumatisant

Il est donc clair que l’adjectif a majoritairement, en gascon et en catalan, un sens médical lié au rhumatisme, au rhume, mais aussi à la faiblesse causée par la maladie.
Par contre, dans certains points de Gascogne (Rustan, Barousse, Val d’Aran pour ce qui a été relevé), ce sens médical a glissé pour qualifier le fait qu’une chose est humide, malsaine, en train de se gâter...

Etymologie.
Du latin «  rheuma » (venu du grec) = flux de la mer, puis écoulement et catarrhe. Ce mot a donné « rheumatismus » (du grec « rheumatismos ») = écoulement d’humeurs. En effet les anciens pensaient que les rhumatismes venaient de ces humeurs…


 

- VERDIER Gilles

olhiada

français : ornière

L’olhiada. Un mot singulier qui se perd dans les ornières du temps..! Etymologie du mot : apparemment dernier témoignage gascon d’un vieux mot aquitano-celtique.

Las olhiadas...
Las olhiadas...

Dans les coteaux du Rustan, les ornières dans les chemins de terre sont appelées « las olhiados » [lad ou’lyiadoh].
« Olhiada » est un mot gascon particulier aux coteaux de la Bigorre et du Rustan. On retrouve aussi un mot de la même famille au Val d’Aran et en Comminges : « ua òlia » voulant dire aussi une ornière.
Partout ailleurs en gascon le mot ornière est :
• apparenté à la roue : « arrodèra », « rodada » etc…
• apparenté au char : « escarrejèra », « carrèja »..etc

Etymologie.
Le grand linguiste Coromines s’est penché sur les origines de ce mot étrange qui n’a aucun équivalant dans les autres dialectes occitans.
Pour lui, il faut remonter jusqu’à une base pré-romane mais toutefois indoeuropéenne : *ÓLINA qui a pour racine EL/OL = arche, arcade. Par exemple, on a en vieux celte *ÔLEINA qui a donné en gallois moderne « olwyn” = la roue.
Coromines pense donc que notre “òlia/olhida” est le seul survivant actuel d’un vieux mot aquitano-celtique du type “*ÓLINA” ayant pour signification “roue de char”, puis par glissement “ornière”.

Dans l’atlas linguistique de Gascogne, dans la carte ORNIERE (III 781), le point de Riscle (676) et celui d’Arzacq (685 NE) donnent “botaclòt”. Dans les coteaux du Rustan, ce terme désigne uniquement les nids de poule, les trous dans une cour, dans un chemin mais en aucun cas les ornières. Est-ce une spécificité de cette région ?