Mots


 

- Tederic Merger

gotilh, gotilha

français : source peu abondante

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« goutilh,-e s. – Source, fontaine peu abondantes, coulant goutte à goutte. »

Noms damb "gotilh, gotilha" :


 

- VERDIER Gilles

escuminge

français : anathème, malédiction...

Excommunier en Gascogne....

Une lointaine étymologie pour un nom de moins en moins employé...

Aqueth qu’ei un escuminge.. !
Escuminge est employé à Saint Sever de Rustan pour désigner quelque chose qui n‘a aucune valeur, qui est diminuée, dans un sens souvent péjoratif…

Etymologie.
Le terme vient de loin.
Le latin d’église avait «  excommunicare  » qui voulait dire « mettre hors de la communauté des fidèles ». Cet acte terrible à l’époque s’appelait l’ «  excommunication  ». En français, nous avons les termes excommunier et excommunication parfaitement calqués sur le latin.
Mais l’ancien français avait fabriqué des mots plus populaires :
Escomengier : excommunier.
Escomengement  : excommunication.
Pareillement, le gascon possède encore les termes suivants :
Escomenjar/escumenjar  : excommunier, anathémiser, exorciser, faire me mal par la magie (Palay)
Escomenge/escumenge : anathème, malédiction, mal inconnu attribué à de la sorcellerie (Palay).
A SSR, on a donc gardé pour ce terme uniquement le résultat de la pratique magique (l’escuminge) qui a rendu l’objet totalement inutilisable… il est devenu lui-même un escuminge.. !


 

- Tederic Merger

in·hèrn

français : enfer

Pron. "i(n)hèr"


 

- Tederic Merger

quehar, quehèr

français : affaire

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« que-ha, que-hè ou quehà sm. – Affaire, occupation, embarras » har, héser, hèr = faire


 

- Tederic Merger

obrèr, obrèir

français : ouvrier

Prononcer respectivement "oubrè", "oubreÿ"... (le second est la forme nord-gasconne)


 
 
 

- Tederic Merger

aolhèr

français : berger

Pron. "aoulyè" aolha = brebis


 

- VERDIER Gilles

còrcueit

français : aigreur d’estomac

Lo còrcueit…

"...Aqueth vin blanc, que’m fot cada còp lo còr-cueit…"

A Saint Sever de Rustan, «  lo còr-cueit [kor’koueyt] » est le mot pour « aigreur d’estomac ».
Le gascon a pour ces renvois désagréables plusieurs mots :
1. Lo còr-cueit [kor’koueyt] : c’est le mot employé dans le nord de la Bigorre. Le Palay le mentionne mais pas le Gr DICT Per Noste. C’est bien l’idée du cœur (lo còr) qui cuit et qui fait mal…
2. Lo carcueit [kar’koueyt] : Le Palay le mentionne. Ce mot doit être une déformation de còrcueit.
3. Los carricòts [karri’kots] Le Palay le mentionne. Mot lui aussi composé de deux noms : « car » comme pour le 2 et « còt » verbe còder (cuire) conjugué ?
4. Lo còrboriment [korbouri’men] : Le Palay le mentionne. C’est encore le cœur mais cette fois il est victime de bouillonnement..!
5. L’escor de diva [es’kou dé ‘diwo] : dans les côteaux de Bigorre, vers Luc. Mot absent des dictionnaires. On peut penser que le premier terme « escor » signifie rigole, pente comme « escorra ». Pour le reste ???. On est sûrement dans l’idée de la « fausse route »… mais à l’envers.

En conclusion :
• L’abondance des termes (et il doit y en avoir bien d’autres) montre que ce dérangement était très courant en Gascogne, pays de bonne chère et quelquefois d’excès…
• La majorité des termes désigne le cœur comme origine du problème et non l’estomac… A noter que l’occitan des languedociens fait de même puisque l’aigreur d’estomac est appelée « lo corasson/corason » (Alibert).


 
 

- Tederic Merger

picader

français : billot, tranchoir

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« picadé sm. – Billot, tronc d’arbre sur lequel on coupe ; taille ; tranchoir, planche à hacher. »
« picadé,-re adj. – Qui peut, doit être piqué,-e, smillé, rebattu, haché. »
picar = couper


 

- VERDIER Gilles

corcheu

français : courcelle, cour de ferme (en Rustan)

Lo corcheu… la courcelle du Rustan.

A Saint Sever de Rustan, la cour de la ferme s’appelle lo corcheu [kour’cheou].
Ce mot est spécifique au Rustan et inconnu ailleurs.

Etymologie.
Le mot latin cohors signifiait la cour de ferme. Il a donné aussi le terme militaire de cohorte. Ce mot vient de cum « avec » et de hortus « jardin clos ».
Ce mot cohors a donné en bas latin cortem qui voulait dire aussi cour de ferme puis domaine et son diminutif corticella .
Cortem va donner en français « la cour » de ferme. En gascon le mot donne « la cort » ;
Corticella va donner en vieux français « la corcele/courcele/courcelle » qui est une petite cour ou un morceau de domaine. Ce mot va donner dans le nord de la France tous les innombrables noms de villages « Corcelles/Courcelles » et les noms propres Courcel/Coursel/Courcelles.
Il semblerait que notre « corcheu » soit le seul descendant de ce corticella en Occitanie. Mais comment expliquer son genre masculin...?


 

- Tederic Merger

curon

français : ouvrier spécialisé dans le curage

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« curoû, curoun sm. – Ouvrier spécialisé dans le curage, le creusement des fossés »


 

- Tederic Merger

envèrs, renvèrs, arrenvèrs

français : envers, côté opposé au soleil

Ce mot qui s’écrit en graphie alibertine envèrs presque comme le français envers, et veut dire la même chose, se prononce bien différemment ("embès").
Il peut recevoir des préfixes, ou même une agglutination d’article, qui le rendent encore plus méconnaissable au francophone :
(ar)re + envèrs = (ar)renvèrs (pron. "(ar)rembès")
l’envèrs = lenvèrs (pron. "lembès") ; Lespy explique ceci :
« L’embès, bien que précédé de l’article, s’emploie avec un autre article ; on dit lou l’embès, le l’envers, deu l’embès »
Multidiccionari francés-occitan

revèrs, arrevèrs = reversa l’avèrs = exposé au nord


 

- VERDIER Gilles

canlata

français : treillis de liteaux pour l'aération de grange
Lo canlatar de Chè'u Ga (Sent Sever de Rustan)
Lo canlatar de Chè’u Ga (Sent Sever de Rustan)

La canlata [kan’lato], lo canlaton [kanla’tou], un canlatar [kanla’ta]. Le mariage de l’ibérique et du germanique…

Dans les fermes en L des côteaux des Hautes-Pyrénées et du Gers, le grenier de la grange est souvent protégé par un treillis de liteaux plats permettant la bonne aération.
Ce treillis de liteaux s’appelle en gascon de Saint Sever de Rustan « un canlatar » [kanla’ta].
Ce nom vient de canlata + suffixe collectif gascon -ar.
De la même famille :
Ua canlata = une volige ou une chanlatte utilisée en bord de toit
Un canlaton [kanla’tou] = le liteau. On dit aussi « lo listèth »

Dans ces mots, il y a deux racines : *cant et *latt.

Sur la racine *cant..
Etymologie : Le latin d’Espagne « canthus » a signifié la « bande de fer bordant une roue ». Ce mot provient, d’après Coromines, d’une racine *cant appartenant à une langue hispanique préromane et signifiant probablement « coin d’objet dur », « pierre d’angle dure ». Ce mot très ancien a donné dans les langues romanes des noms évoquant l’idée de « bord » ou de « pierre » :
Catalan : cantell = chant (côté le plus étroit d’un objet) ; cantal = caillou ; cantera = grosse pierre ; cantó = coin
Castillan : canto = coin
Italien : canto = coin, bord
Français : de chant = sur le côté ;
Occitan languedocien : cant = bord, côté ; canton = coin
Gascon : cant = bord ; canton = le coin ; en canta = penché ; en cantat = en pente ; la cantèra : le bord.

Sur la racine *Latt.
Etymologie : Vient de l’ancien allemand "lata" (anglais lath)… avec le sens de latte de bois. Le mot est passé du germanique dans toutes les langues romanes. W. v. Wartburg pense que cet emprunt très ancien vient de l’importance du mot dans la construction des maisons en bois des colons germains.
En gascon ua lata = latte, branche refendue pour faire les barrières. Un latar : perche, longue latte.
De ces deux racines :
• Le français a fait chanlatte (chant + latte) = chevron de bord du toit.
• Le gascon a fait canlata (cant + lata), canlaton, canlatar.


 

- VERDIER Gilles

sèda

français : trône, siège épiscopal

A Tarba, la catédrala que s’apèra tostemps « La Sèda ». Qu’ei bastida dens un borg aperat « Borg de la Sèda » de qui èra possecion de l’avesque a l’Edat Mejana. L’abescat (ara prefectura) qu’ei de tras.
A Auloron, qu’òm parla tanben deu capitol de la sèda d’Auloron.
A Saragossa, la catédrala qu’ei aperada « La Seo »
Dens las Pireneas catalanas, la vila d’Urgell, dab la sua catedrala romanica, que s’apèra adara «  La seu d’Urgell » empr’amor d’aquesta seu (catedrala).
Sèda, Seo, Seu… gascons, aragonés, catalans qu’emplegan lo madeish mot entà díder la residencia de l’avesque.
Qu’ei plan ua denominacion de las nosta Pireneas…deus dus costats.

Etimologia : qu’ei lo latin "sedes,-is" : sèti…maison…residencia ; l’origini qu’ei lo vèrb latin "seder" = èster setut.
...E qu’ei plan vertat que dens cada catedrala que’s tròba lo sèti especiau de l’avesque : la sèda avescau.


 

- VERDIER Gilles

a l’avèrs

français : exposé au nord

A l’avèrs [a’wèh] … le nord est l’ennemi du végétal….

Un mot gascon ignoré des dictionnaires...

A Saint Sever de Rustan (65), l’avèrs [a’wèh] est le côté à l’ombre, au nord, au froid, défavorable à l’agriculture.
Saint-Sever-de-Rustan

Aqueth peirassilh, qu’ei a l’avèrs… non creish pas viste… (Ce persil est à l’ombre… il ne pousse pas vite)
Non’s seca pas brica l’ardalh deu Prat de la Paguèra, qu’ei a l’avèrs… (le regain du pré de la Paguère ne sèche pas, il est au Nord).

Ce mot n’est pas relevé par les dictionnaires gascons les plus complets Palay ou le grand dicc. OC-FR de Per noste. Un oubli..?
Par contre, le dictionnaire OC languedocien d’Alibert relève le mot :
Avèrs, m. Nord, versant exposé au nord.

Etymologie. C’est le latin qui donne la clé : avèrs vient de l’adjectif adversus. Ce mot latin signifie d’abord en face, devant, mais s’emploie aussi avec une idée d’hostilité, de contraire…par exemple pour désigner un vent contraire venant du Nord (ventus adversum…).
C’est ce dernier sens, traduisant un nord ombreux et défavorable à l’agriculture, que le gascon de Saint Sever de Rustan a retenu depuis des siècles… revèrs, arrevèrs = reversenvèrs, renvèrs, arrenvèrs = envers, côté opposé au soleil


 

- Tederic Merger

esquilhar

français : égrener, décortiquer

Noms damb "esquilhar" :


 

- Tederic Merger

carrèr

français : carrossable

Tresor dóu Felibrige :
Multidiccionari francés-occitan

« Camin carré, route carrossable » (ici comme adjectif, mais semble avoir été aussi un substantif)

Noms damb "carrèr" :


 

- Tederic Merger

parlac, barlac, parlaca, barlaca

français : flaque d'eau, petite mare

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« barlàc, parlàc,-aque s. – Petite excavation sur un chemin ; cahot ; flaque d’eau, petite mare, patouillis. »


 
 

- Tederic Merger

ça-i !

français : viens !

 

- Tederic Merger

part

français : part, partie, portion, lieu, endroit, côté, influence, action


Multidiccionari francés-occitan


 

- Tederic Merger

cuuboish

français : partie exposée au couchant et la moins large d’une toiture ou d’un coteau

Pron. "cubouch".
Tresor dóu Felibrige :
Multidiccionari francés-occitan

« CUBOUCH, Partie exposée au couchant et la moins large d’une toiture ou d’un coteau, en Gascogne »


 

- VERDIER Gilles

boishar

français : essuyer pour nettoyer, balayer

Un vieux rappel de l’utilisation du buis en Gascogne.

A Saint Sever de Rustan le verbe gascon boishar [bou’cha] veut dire essuyer. On l’emploie dans le sens d’essuyer pour nettoyer, enlever les saletés : Qu’òm boisha la taula.
En Gironde, le verbe boissar /boishar est employé dans le sens de balayer (Atlas Ling de Gasc. II 987) et il semble rejoindre en cela le sens premier. Boissar est également connu en Languedoc avec le sens de balayer.
Selon Coromines, ce verbes (boishar en gascon, boixar en catalan, boissar en oc lang.) vient du nom de la plante le buis : en catalan boix, en gascon boish, en oc lang. bois. boish = buis

Lo boish.
Lo boish.

Explication : Dans nos régions des deux côtés des Pyrénées, les balais pour l’intérieur des maisons étaient faits en buis. Par exemple à Bénasque (Pyrénées aragonaises) : « antiguamente las escobas para el interior de las casas se hacían de ramas de buixo ».
Donc : l’escoba de brana entà l’establa e l’escoba de boish entà la maison !


 

- Tederic Merger

michut

français : mi-cuit, pâteux, lourd, pas levé, compact

Pron. mitchut

« Un pastis mitchut qu’entougne » [Meaule]
Le dictionnaire de Pierre Méaule numérisé et présenté par une vaillante équipe pilotée par Eric B.

Le chef Patrice Lubet nous présente son pastis Mitchut de Capbreton


 

- VERDIER Gilles

coch, cocho

français : faux, fourbe, sournois

Coch [‘kouch], cocho [‘kouchou]. Un hypocrite venu du latin vulgaire.
A Saint Sever de Rustan, cet adjectif s’emploie pour désigner une personne fausse, fourbe, sournoise.
« Aqueth qu’ei cocho… ! Que t’en pòdes mefiar… »
Etymologie.
L’origine est un verbe du latin vulgaire *coctare dérivé de coctus, forme vulgaire du latin classique coactus du verbe cogere = obliger, forcer

Ce verbe a donné :
En catalan : cueitar = se presser, se dépêcher.
En occitan languedocien : cochar/coitar = chasser, pourchasser, presser, hâter mais aussi épier, surveiller, guetter.
En gascon : seul le sens péjoratif lié à épier, surveiller est resté chez nous : un coch est bien un hypocrite, un sournois… A noter que selon le grans dicc. OC FR de Per Noste, le verbe cochar existe dans les Landes avec le sens de cacher son jeu, agir sournoisement…