Notre région, c’est la Gascogne !

¡Que no sea el francés !

Le gascon, langue étrangère pour un hispanophone

samedi 3 février 2018, par Vincent P.

"¡Que no sea el francés !"
"Pourvu que ce ne soit pas le Français !"

C’est ce que vient de dire, à la cérémonie des Goya que je regarde distraitement sur TVE par exotisme, l’acteur chargé de remettre le prix du meilleur directeur de la photographie.

En effet, parmi les nommés, se trouvait Jean-Claude Larrieu, né à Montastruc (65), en Bigorre.

Larrieu est vraiment un patronyme très gascon, par sa distribution. Bien évidemment, il est maquillé : c’est le gascon L’Arriu, "la rivière", à prononcer Larriuw, maladroitement graphié parfois Larriou.

Ce son diphtongué, les générations actuelles ont du mal à le prononcer (et ne parlons pas du double r roulé). Tiens, voilà que l’acteur s’excuse, de peur qu’on l’accuse de xénophobie et rassure : "c’est juste pour la prononciation".

Oui, pour un hispanophone, il est clair que "Larrieu" est quasi imprononçable : aucune espèce d’accent tonique, r grasseyé à la parisienne, et cet abominable "eu" final (le même qui pose problème aux hispanophones qui s’essaient au catalan oriental, la norme de Barcelone).

Et je me suis mis à songer : nous devons être la première génération qui constate l’incapacité d’un hispanophone à prononcer aisément un patronyme gascon. Jean-Claude Larrieu serait né Joan-Claudi Larriu, ou Yan-Glaudi, peu importe, il est probable que jamais son nom n’aurait été perçu pour bien plus étrange qu’il n’est vraiment. Au pire, quelque chose d’un peu catalan.

Au fond, nous avons là une illustration nette du grand paradoxe des dernières décennies : France et Espagne n’ont jamais été aussi ouvertes l’une sur l’autre via l’UE mais jamais les populations des deux côtés de la frontière n’ont en réalité été aussi étrangères les unes aux autres, des décennies d’État-Nation obligent.


Voir en ligne : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Larrieu_(directeur_de_la_photographie)



Grans de sau

  • Ce Jean-Claude Larrieu a réalisé un court-métrage sur son village d’origine : il est malheureusement payant.

    Montastruc
    La traversée des apparences

  • La ré-ouverture tant attendue et tant de fois différée de la ligne Pau Canfranc pourrait être un signal fort d’une reprise de vraies relations de voisinage des deux côtés des Pyrénées.
    Bien qu’elle ne figure pas dans les priorités ferroviaires nationales (en France) révélées ces jours derniers, elle continue à motiver les deux "gouvernements" régionaux, la véritable Communauté autonome d’Aragon et l’indéfinissable Nouvelle Aquitaine. A suivre absolument !

  • Pau-Canfranc-Saragosse par le rail est un très beau projet, à la fois pour le voyage touristique, le fret et le voyage utilitaire. C’est justement l’addition des trois qui peut asseoir l’économie du projet.
    Il aurait plus de chance de réussir entre pays alpins genre Suisse et Autriche que dans un contexte franco-espagnol sinistré pour le ferroviaire hors LGV et de plus très centralisé côté français.
    Je le verrais piloté par une société gasco-aragonaise ! (et pas avec la SNCF qui y va à reculons !)

    Tiens, j’en profite pour remonter le temps avec un article que je ne me rappelais pas avoir signé avec I. Etxenaude, un héraut du peuple guask !
    Un royaume transpyrénéen ? La tentative de la Maison Foix-Bearn-Albret

  • Alors que nous voudrions que la Gascogne soit à l’avant-garde d’un rapprochement transpyrénéen, il est rageant de constater que le projet EskolaFutura lancé par l’Eurorégion Nouvelle-Aquitaine Euskadi Navarre, mais aussi l’OPLOC*, "projet transfrontalier de formation linguistique, à destination des étudiants français et espagnols souhaitant devenir enseignants bilingues français/langues régionales, basque ou occitane", ignore le gascon, ne parle que d’"occitan", n’utilise que le languedocien dans sa plaquette ; on peut donc craindre qu’il ne transmette que du languedocien à nos jeunes enseignants transfrontaliers, et par ricochet à leurs futurs enseignés, alors que c’est le gascon qui était parlé du Béarn au Couserans.

    Un escantilhon de la loa pròsa :
    « Ambe l’Ofici public de la lenga occitana
    e las Universitats concernidas, l’Euroregion
    Novèla-Aquitània-Euskadi-Navarra prepausa
    als estudiants/as un novèl dispositiu
    d’acompanhament que permet d’accedir
    a las formacions e concorses necessaris per
    ensenhar dins las escòlas bilinguas
    francés/occitan »

    * L’OPLOC fédère les régions "Occitanie" et "Nouvelle-Aquitaine" pour ce qui est de l’action en faveur de "la langue occitane".

  • Franchement, c’est quoi ? C’est de l’institutionnel... L’occitanisme, c’est de l’institutionnel, des subventions, des associations clientes, des pouvoirs publics... Les pouvoirs publics, ça ne fait pas une culture, ces mecs-là vivent dans une bulle. Alors, oui, ils emploient le languedocien. Mais qui lit leur merde ? Personne... Franchement, je n’attends rien des Aquitaines, nouvelle ou pas ou de l’Occitanie, nouvelle ou pas. La professionnalisation de l’occitan a tué le militantisme, c’est juste de l’institutionnel maintenant.

    Ils sont donc aux antipodes de l’esprit gascon, du côté populaire.

  • Je ne crois pas que les élus et agents du Conseil régional soient dans leur bulle plus que ça ; les acteurs privés occitanistes le sont souvent, il n’y a qu’à voir les calandretas, certaines sections de l’IEO et diverses assos locales, Oc-Bi, etc. Quand on voit en val de Garonne une asso baptisée du nom béarnais d’Auringleta (prononcé Oringlétà) ou Los Gaujos (prononcé Lòs Gojòs)... Et ci-joint ( entre béarnais et fautes/coquilles) ce que j’ai trouvé dans le magazine gratuit du Langonnais.

  • J’ai oublié de terminer mon post n°6 : je voulais dire que le problème vient, à mon avis, des idéologues occitanistes et pas des collectivités territoriales qui ne font qu’institutionnaliser une idéologie.

  • Ah oui, c’est sûr que ce sont les "idéologues" occitanistes. Mais... ils ont perdu tout le courant populaire et n’ont plus que l’institutionnel pour s’exprimer...

    Après, waw, la Calandreta de Langon, waw... Ça fait peur... Heureusement que ce n’est pas partout comme ça mais là, c’est grave...

    En gros, ils savent pas (puisque j’imagine que c’est les parents d’élèves qui font ça) et, soit ils cherchent dans le dico, soit ils appellent genre l’Inoc...

    Pour moi, c’est ça qu’il faut créer, une asso qui s’adresse aux gens désireux de mettre un affichage public gascon cohérent.

  • Totalement d’accord avec Tederic (en 4) .Même si ce n’arrêtera pas le train(pas le Pau -Saragosse) écrivons aux institutions concernées ,pour faire date au moins.ReGasPro aurait toute légitimité pour cela en plus de lettres individuelles.
    Par contre les panneaux retransmis par Gaby en 6 et 7 me paraissent relever d’une autre problématique (bien que je reconnaisse que les deux se rejoignent dans le rôle des "institutions" labellises et subventionnées au sommet):les deux panneaux ne me paraissent criticables qu’à la marge (mais je suppose que Gaby les aurait voulu dans un garonnais intégral).Il y en a deux ou trois franchement criticables :
    - que avem aver nèu ? qui me semble incorrect et ne rien signifier,
    - qu’èi (sic) carnaval :trop exclusivement béarnais,
    - quin es mascar ? sans doute aussi.
    Et peut-être un emploi trop systématique du que énonciatif auquel en effet les Garonnais ne sont pas habitués.
    Pour le reste le gascon commun à espérer aura - a déjà - une bonne dose de vertébration "béarnaise"(sud-gasconne en tous cas ) même si ça fait de la peine... Sauf à remettre en cause totalement les efforts de nombreuses décennies.
    Quant à la calendreta de Langon,je n’en sais absolument rien et ne prononcerai pas.

    • Oui Gérard, je pense que l’association ReGasPros doit réagir sur cet "oubli" de la Gascogne dans ce projet transfrontalier, transpyrénéen qu’est Eskola Futura... et qu’il faut s’y coller cette semaine !
      La relation transpyrénéenne est un axe pour la Gascogne de demain.
      Avec Eskola Futura (nom qui signale une ambition certaine pour l’avenir !), il est question de langue. Nous ne devrons pas nous limiter à ce terrain d’action, mais nous devons y être, parce que les parlers gascons portent génétiquement, par leur substrat vasco-aquitain, la relation transpyrénéenne.
      Ensuite, nous ne pouvons pas faire semblant d’ignorer que la situation du gascon comme langue vivante est presque désespérée* ; nous devons donc porter un discours réaliste et novateur, par exemple en évitant une langue de bois lénifiante qui passe totalement à côté des derniers locuteurs du gascon.
      Et nous devons promouvoir la relation transpyrénéenne sur d’autres terrains, par exemple sur celui des transports, et la relation Pau-Canfranc-Saragosse est un bon sujet.
      Nous devrions même essayer la synergie entre la promotion de la liaison par Canfranc, et la mise en valeur de notre héritage gascon : avec l’autoroute Pau-Langon (Autoroute de Gascogne / "Autorota de Gasconha"), Aliénor l’avait fait... on peut le faire, et mieux si possible !
      Des idées pour illustrer le projet Pau-Canfranc-Saragosse par des mots ou des thèmes gascons qui parlent à la fois à la dernière génération pyrénéenne imprégnée de gascon, et au grand public ?

      *L’avenir de la langue basque n’est pas assuré, surtout en France, il en a été question sur Gasconha.com
      Si même au Pays basque...
      , mais il serait un peu factice, à l’heure actuelle, de placer le gascon et le basque au même niveau.
      C’est pourtant ce que fait Eskola Futura, mais avec "l’occitan" et le basque !

  • Sont aussi incorrects :
    - que espera marçolhadas (en béarnais : qu’esperam...)
    - que nèva a gròs plumaish (manque le -s du pluriel)
    - que hè hred ! (en béarnais : be hè hred, pour une phrase exclamative)

    1er problème - Je pense que par respect pour nos anciens, ils auraient pu aller interroger ceux-ci – sachant que la plupart des vieux Bazadais de souche savent le gascon – ou tout au moins interroger les gens de Bruc e Brana (basés à Guillos, à quelques km de Barsac), les gens qui ont étudié le gascon sud-girondin comme Patrick Lavaud ou David Escarpit (ou moi... :D), ou consulter les dictionnaires du BACT et de Vigneau. Je veux dire que les ressources locales existent. Ceux qui les ignorent font mal leur travail pour l’aspect ‘’langue’’ - je ne critique pas leurs compétences pédagogiques vu que je ne suis pas spécialiste en pédagogie

    Et puis, il n’y a pas la prononciation indiquée. Cette propagande contribue donc à séparer les néo des anciens. Déterritorialisation, déculturation, globalisation, écrit qui prime sur l’oral, les vieux disent vous parlez occitan nous on parle patois c’est pas pareil, quel intérêt du coup d’apprendre un gascon déterritorialisé blabla etc. etc. enfin comme je dis les mêmes trucs que d’habitude quoi, vous connaissez.

    J’aurais proposé (en bazadais) :

    Nèva a gròs plumalhs/flòcs (Nèwe a gross plumays/flocs)
    Aténdem les marcilhadas (Aténdeum lés marsiyades)
    Aquò’s Carnaval (Acos Carnabal)
    Qu’es aqueth masque ? (Qu’és aquét masque ?)
    Aquò’s lèu lo temps de Pascas (Acos lèw lou tén dé Pasques)
    Vam minjar polas/clocas e eus en shocolat (Bam mïnja/mindya poules/clouques é éws én choucoulat)

    T’aimi, mon amor (T’èymi, moun amou)
    S’i créser (S’i créze)
    Aver lo nhac (Awé lou gnac)
    ...
    Son les vacanças d’ivèrn (Soun lés bacances d’iwèr)
    Vam aver nèu ? (Bam awé nèw ?)
    Ò, com hèi fred ! (O, coum hèy frét !)

  • Gerard, ces pages pédagogiques (et joliment présentées !) du magazine gratuit du Langonnais sont terribles. C’est un désastre, et surtout le révélateur d’un désastre (réactions possibles : "à quoi ça sert ?", "c’est foutu !"...).

    Un coup d’oeil rapide détecte quelques phrases aberrantes ("quin es mascar" est quand même du nombre : je ne comprends pas ce que ça veut dire, ni comment on peut en tirer la traduction "quel est ce déguisement ?") mais quand on creuse un peu, quasiment rien ne va.

    Un exemple, où on ne détecte rien de faux en lisant rapidement :
    "Ò, que hè hred !" traduit par "Oh, qu’il fait froid !"
    En fait, c’est faux : la bonne traduction serait "Oh, il fait froid !" (en supposant que le Ò ne soit pas voulu à l’origine comme Òc=Oui) ; le que énonciatif gascon est confondu avec un que exclamatif !
    Bref, les phrases prises je ne sais où, ou composées je ne sais comment, mettent un que énonciatif qui n’est pas du tout obligatoire en Langonnais, mais en plus ne le comprennent pas !
    En gascon, je suppose qu’il y aurait pas mal de façons, selon les endroits, de dire "Oh, qu’il fait froid !" ; à moi c’est quelque chose comme "Bondiu quin fred* !" (Boudiw quin frét) qui me viendrait.

    Au total, pour moi, c’est un coup de massue (bon, ce n’est pas le premier).

    * Bien sûr, hred (prononcé "rét") est plus gascon mais le hr a été parfois été perdu par les dernières générations de locuteurs, ce n’est pas le problème ici...

  • Je crois que j’ai trouvé, pour "quin es mascar" : il doit y avoir eu une faute de frappe, et ce doit être "quin ès mascat ?" (comment es-tu masqué ?)
    En gascon langonnais, ce serait plutôt, peut-être, "com sès mascat ?", je ne sais pas.

    C’est le même problème que pour les panneaux en gascon ou occitan : à chaque saisie manuelle, le risque d’erreur est majeur, et quasiment personne n’est capable de corriger par la suite.
    Quiconque veut produire un écrit gascon ou occitan correct doit prévoir une relecture drastique avant que l’écrit soit publié. Si l’auteur de l’écrit lui-même fait des fautes, c’est sans espoir.

    Pour revenir aux pages "pédagogiques" ci-dessus, je partage totalement les reproches de Gaby dans son paragraphe en gras.

    Je voulais aussi épingler ceci :
    Du gnac

    « -Qu’a la nhaca
    Etre motivé combatif
    Avoir la niaque en français »
    Voici que cette expression "avoir la niaque", qui est du gascon ou de l’occitan déformé (masculin nhac féminisé - à la base une erreur de Pierre Salviac commentateur de rugby) qui a émergé en français parlé moderne, nous revient avec l’erreur dans une page pédagogique gasconne. Rien ne nous sera épargné !
    En plus, quelle drôle d’idée - et bien peu pédagogique - de traduire en changeant la troisième personne du singulier en infinitif ! A moins que l’auteur des traductions ait cru que c’était l’infinitif ? Non, quand même pas...

  • Oui,effectivement c’est pire que ce que j’avais rapidement déchiffré ! Reste à identifier l’auteur ou les auteurs:l’INOC ? Ils me semblaient un peu plus séreux que ça (quoique le béarnisme sans retenue soit une de leurs marques de fabrique ).

  • Je viens d’aller voir les plaquettes d’information d’Eskola Futura sur leur site et, dans le cas basque, c’est clair que ce projet a pour but de pallier le manque d’enseignants bilingues basques en proposant des informations intensives à des étudiants des deux côtés de la frontière pour enseigner dans les écoles d’Iparralde : l’Eurorégion Navarre+Euskadi+(la composante basque de l’)Aquitaine doit être, à mon avis, la locomotive de ce projet.

    Pour ce qui est du pendant occitan d’Eskola Futura, peut être que je n’ai pas bien compris (ou peut être que je suis de mauvaise foi), mais j’ai du mal à imaginer le parcours d’un étudiant, de Lleida, parti suivre une formation à Toulouse et Montpellier pour ensuite bosser dans une école primaire bilingue gasconne. Ou bien un gascon qui partirait en Catalogne pour étudier l’occitan afin d’être muté à Limoges !

    (C’est d’ailleurs drôle qu’ils ne proposent pas, à l’image des basques, aux étudiants de Catalogne sud d’aller enseigner en Catalogne Nord, tout ça sous l’égide de l’Eurorégion Occitanie/Catalogne... n’y a t-il pas d’écoles publiques bilingues vers Perpignan ?)

  • Moi aussi, je suis retourné lire les plaquettes (en fait il y en a 4, 2 côté basque, 2 côté occitan !), et les choses sont compliquées dans ce projet multi-partenaires où se mélangent l’institution européenne, les Régions administratives Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, l’EuroRégion que je qualifie de "ouest-pyrénéenne" (qui ne comporte pas la Région Occitanie), des Universités (pour le côté basque : Bordeaux, Université de Navarre, Université du Pays basque ; pour le côté occitan : Uni. de Toulouse, de Montpellier et de Lleida/Lérida), enfin l’Office public pour la Langue Occitane (OPLO) et l’Office public pour la Langue basque... Ouf, je crois que je n’oublie personne...

    Je fais, à la fin du présent message, un copier-coller d’une présentation que je fais à Région Gascogne Prospective (ReGasPros) dans la perspective d’une action de communication éventuelle.

    L’examen plus poussé du dispositif m’a fait voir qu’il y a en fait deux projets séparés et étanches, l’un pour le basque, l’autre pour l’occitan.
    La Région Nouvelle-Aquitaine (et l’Europe qui finance) est le seul acteur qui s’intéresse aux deux.
    On n’est donc pas dans une configuration vasconne où la Gascogne serait aux premières loges, et un peu en interface basque-occitan du fait de sa position historique et géographique à l’ouest des Pyrénées.
    On n’est pas du tout dans la construction d’un entre-deux pyrénéen.
    Les institutions basques espagnoles ne s’intéressent qu’au basque et à son enseignement en France.
    Côté occitan, le triangle universitaire Montpellier-Toulouse-Lleida et le moteur qu’est l’OPLO forment une configuration classique de l’occitanisme où une vision gasconne n’a pas sa place, sauf changement copernicien.

    Si on essaye d’imaginer, comme le fait Bruno (qui dit avoir du mal), les parcours d’estudiants, on voit bien qu’ils ne mèneront à la Gascogne que par accident ou par hasard (sauf volonté gasconne très forte de l’un d’eux) ; ils mèneront plutôt à une Occitanie homogénéisante teintée de Catalogne, qui fournira accessoirement un contenu gascon superficiel à quelques un(e)s.

    « Le dispositif se décline en 4 dispositifs (pour chacun, un pdf en lien sur la page d’accueil) :

    1) préparer des étudiants (non bascophones) de Nouvelle-Aquitaine à devenir enseignants de classe primaire bilingue basque/français
    2) préparer des étudiants d’Euskadi et de Navarre (donc côté espagnol) à devenir enseignants de classe primaire bilingue basque/français
    Dans les deux cas, il doit s’agir d’enseigner côté français puisqu’il n’y a guère d’enseignement primaire basque/français côté espagnol...

    3) préparer des étudiants "de LLeida" (a priori des catalans, et la plaquette est bilingue catalan-occitan (languedocien)) à devenir enseignants de classe primaire bilingue occitan/français dans les régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine. Ces étudiants passeraient un an à Toulouse ou à Montpellier, puis un an à Tarbes, Montauban ou Carcassonne.
    4) préparer des étudiants des régions Nouvelle-Aquitaine ou Occitanie à devenir enseignants de classe primaire bilingue occitan/français dans les régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine. Ces étudiants passeraient un an à l’Université de Lleida, puis un an à Tarbes, Montauban ou Carcassonne.

    Les Universités de Bordeaux ne participent qu’aux deux programmes basques, de même que les Universités basques espagnoles.

    D’un point de vue gascon, les deux programmes basques peuvent nous intéresser puisque de jeunes gascons de Nouvelle-Aquitaine peuvent très bien postuler. Mais nous n’avons pas a priori à réagir là-dessus.

    Pour les deux programmes occitans (3 et 4), la Gascogne est davantage concernée puisqu’elle recevra une partie des jeunes français ou catalans ainsi formés pour qu’ils enseignent dans des classes bilingues "occitan-français".
    Concrètement, ça veut dire que des jeunes catalans formés partiellement en France et des jeunes français formés partiellement à Lleida (Lérida en catalan) viendront enseigner dans des écoles qui sont dans notre domaine gascon, et seront supposés y transmettre notre langue d’origine...

    Il nous incombe donc déjà de réclamer qu’en Gascogne, ces enseignants portent le gascon, et non le languedocien comme le laissent craindre les plaquettes (et notre connaissance du contexte...).

    Vu que le pays basque espagnol n’est pas concerné par l’aspect "occitan" de l’échange, le fait que Gascogne et Béarn soient les plus frontaliers du pays basque espagnol ne peut guère être mis en avant, contrairement à mon approche initiale.

    Ensuite, nous devrions pouvoir faire des suggestions pour qu’INTERREG, donc l’Europe, finance des programmes transfrontaliers qui soient plus directement en phase avec nos intérêts gascons, aussi bien dans le contenu des enseignements (pourquoi pas l’Histoire, comme le suggère Jacques de Cauna ?), les zones géographiques visées (plus près géographiquement des frontières), les acteurs mis en action (pourquoi pas l’Université des Pays de l’Adour pour un programme transfrontalier ?). »

  • Dans le numéro du printemps il y a une page écrite dans les trois langues régionales de la région administrative N Aquitaine.
    Le poitevin-saintongeais, le basque et... l’occitan.
    A viste de nas il me semble que c’est écrit en gascon ? (ua, quate, regionau)
    Alors pourquoi ne pas dire gascon ? Même si cela ne satisfera pas le Périgord.

    Ce qui manque c’est une initiation au gascon sur le modèle des leçons de basque souletin :
    http://zuberrotar.free.fr/lecons/cours_index.htm
    Chaque leçon de cette méthode comprend trois phases : une phase lexicale, une phase grammaticale et une phase "Exercices" qui a pour but de mettre en application ce qui a été énoncé dans les deux phases précédentes.

    Il faudrait utiliser la même interface informatique que ce site basque.
    Des mots de vocabulaire, des phrases simples utilisant ces mots et un point grammatical.
    Et si possible faire prononcer ces phrases par différents locuteurs de la région Gascogne pour conserver les différentes prononciations.

    Cela couterait des sous bien sûr...

  • E’m pensi tabé que’s cau estancar de véder les causas forçadament d’un punt de vista institucionau e donc dependent deus poders publics... Gasconha.com qu’es hòrt mèi utile que non pas quau programme oficiau que singui percè qu’es hèit per gènts dedicats e ahucats.
    Belèu qu’es lo mon costat anarcho-punk mes per le mia gramatica, qu’èra hòra de question d’anar mendicar piòcs en quauque botiga qu’estossi. Que m’aurà costat tèms, belèu moneda tabé mes que serèi estat independènt au mensh.
    Un site internet atau com lo deu soletin qu’es estat hèit, probable, per un amator e avossin atinut un organisme oficiau volossi plan har çò qu’a hèit, que serén tostèm a espiar s’arriba arré...

    C’est pour cela que je vais me citer, en toute modestie, et recopier ce passage de l’introduction de ma grammaire (rooo putain, le globe !!!). Hmm, hmm.

    " De ce fait, cette grammaire n’est pas l’œuvre d’un universitaire, d’un linguiste, d’un grammairien ou d’un quelconque spécialiste, mais tout simplement celui d’un homme de terrain qui a eu l’audace de penser que le travail colossal d’un ethnographe ({}Félix Arnaudin) peut continuer de porter ses fruits après sa mort. Le béotien, lorsqu’il achève un ouvrage que son statut social aurait dû lui interdire d’écrire, s’excuse presque devant le spécialiste d’avoir pondu une œuvre qu’il dit être celle d’un « amateur ». Ainsi le fit Pierre Méaule, paysan d’Escource, qui avait forgé un énorme dictionnaire gascon du parler de la Grande-Lande, quand il écrivait dans son avant-propos : « j’ai commis seul la fantaisie d’écrire ce livre d’une langue parlée, que les savants, grammairiens et autres ne sauraient entreprendre sans attirer sur eux les foudres de l’Université ». « J’ai commis seul », comme s’il avait fait une faute ! Alors, dois-je m’excuser ? On verra bien. Quoiqu’il en soit, j’ai modestement réalisé cette grammaire à ma façon, en ma qualité d’artisan du gascon."

    Ce que je voulais dire sans filtre : sans Pierre Méaule, ss Palay, ss Camelat, ss Arnaudin, ss Bladé, ss Mora, Lartigue, Lalanne, etc, etc, les types qui ont dépensé du temps et de l’argent, bé vous serez toujours en train de vous brosser, té...

  • çò qu’escriu Renaud qu’es evident :n’em pas jamèi mièlher servits que per nosautes mes non cau pas tapauc escupir sus las ajudas qui poderén viener deus poders publics ;finaument nosautes taben que pagam impõsts,non ? Perque non pas en receber la contrapartida a bèths cóps ?

    PS qu’èi autant de mau dab los alt 243 e alt gre +é+o que dab crtl alt + 7 + o ....Desolat !

    [Gerard, que cau har damb la toca 7 è ` en haut deu clavèr (pas 2 é ) en bèth prémer sus alt gr, puish o ; damb Windows.
    Tederic]

  • Voici le communiqué que Région Gascogne Prospective s’apprête à diffuser :
    Région Gascogne Prospective

    « La présentation de vos formations transfrontalières 3 et 4 pour des enseignants dans des écoles primaires bilingues français-occitan ne figure pas en gascon (mais en languedocien), et ne mentionne ni le gascon ni la Gascogne. Or celle-ci est la région d’oc la plus pyrénéenne et la plus concernée par la frontière franco-espagnole. Son rayonnement linguistique s’étend au nord de la chaine pyrénéenne, de Bayonne aux approches de Foix (et inclut, soit dit en passant, le Val d’Aran). La région Occitanie, qui participe à Eskola Futura par l’OPLO (Office Public de la Langue Occitane), devrait donc veiller dans cette affaire aux intérêts de la Gascogne orientale.
    Certains des étudiants d’Eskola Futura enseigneront en Gascogne. Quel bagage spécifique pensez-vous leur donner ? La distance est très grande entre le gascon, "lengatge estranh", et l’occitan qu’on risque de leur apprendre à Lleida ! La deuxième année de formation, prévue entre autres au centre de Tarbes, donc dans le domaine gascon, sera-t-elle suffisante à cet égard ?
    Peut-on imaginer d’associer l’Université de Pau et des pays de l’Adour, qui est la plus frontalière côté français ?
    Et réfléchir à l’introduction des disciplines historiques dans un second temps ?
    Quoiqu’il en soit nous ne pouvons que saluer cette volonté de favoriser des coopérations trans-pyrénéennes qui ne peuvent que bénéficier aux régions concernées tant espagnoles que françaises, et restons disponibles pour toute concertation ultérieure. »




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