Pas de particularisme médocain ? Vincent.P

- Vincent P.

"C’est frappant de constater que dans le Médoc, il n’y a pas de folklore, y’a pas de costume, de langue particulière, y’a pas de patois médocain, il y a juste quelques mots par ci par là."

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Vos commentaires

  • Le 24 août 2019 à 15:52, par Tederic MERGER « ici, on est en Médoc »

    Le combat auquel nous assistons est inégal ; tout semble augurer que c’est l’espace métropolitain bordelais qui l’emportera, parce qu’il a la force de l’économie et de la culture mondialisées, très voraces en km², qu’elles bitument, artificialisent, uniformisent, à toute allure.

    Mais ce qui est passionnant dans l’histoire, c’est que les choses ne se passent jamais exactement comme on pensait ! D’où la tentation pour nous d’influer quand même...

    Comme tout montage politique, le nouveau Parc du Médoc est ambigu ; et justement, ça laisse un espoir à ceux qui, comme nous, ont envie que le Médoc continue à vivre son histoire sans trop d’oubli.

    Dans le 1er paragraphe de la page sur les "ambassadeurs du Parc" est reformulé ainsi le but du Parc : « faire reconnaître au niveau national les richesses naturelles, architecturales, paysagères et culturelles du Médoc. »
    On voit ici s’esquisser un programme qui risque d’être étroitement touristique (pour lequel le Médoc a des argument forts, quoique disparates).
    Et pourquoi "au niveau national" ? Allons-y franco : maintenant, il faut viser le niveau européen et le niveau mondial, surtout quand il s’agit de contrebalancer Bordeaux !

    Un peu plus loin sur la même page, on veut allier « préservation de l’environnement et des paysages et développement économique et social ambitieux ».

    Dans ces deux citations, je trouve le mot paysage.
    Nous pouvons trouver là un champ de propositions :
    Préserver, améliorer, mettre en valeur le paysage (modelé par l’homme dans le cadre de contraintes naturelles), ça suppose une profondeur historique qui nous agrée forcément, et aussi des idées prospectives (par exemple sur les voies de communication à faire ou ne pas faire).

    Le paysage n’est pas que visuel, il est aussi sonore, par exemple la prononciation des noms de gare par la SNCF : nous avons relayé récemment l’irritation du député des Landes Fabien Lainé à ce sujet... le Médoc est surement concerné ; je n’ai pas d’exemple en tête immédiatement... allez, si, mais c’est déjà vieux et concerne un arrêt de bus du côté du Porge, le Bourdiou, prononcé à la française...) ; allez, un autre me vient : comment va-t-on dire "Vendays" dans les années qui viennent, dans les annonces automatisées des lignes de bus ?

    Paysage visuel, sonore... si je poursuis l’énumération des sens : olfactif... les odeurs (oui ça compte aussi, mais nous n’avons pas encore de réflexion construite ni de corpus là-dessus !-))...

    La toponymie est le "dada" de certains d’entre nous (moi en premier). J’ai trouvé récemment sur le site de la Commission Nationale de la Toponymie un joli schéma qui la place à l’intersection de l’Histoire, de la Géographie et de la Linguistique (ou plus exactement, du temps, de l’espace, du verbe)...
    Nous pourrions apporter au Parc du Médoc nos lumières à ce sujet, j’abonde dans le sens de Gaby ci-dessus.

    Cette semaine, j’ai exploré à vélo Ludon-Macau-Arsac-Le Pian-Blanquefort. C’est le début du Médoc, très entamé par l’expansion de Bordeaux, mais aussi très hétérogène de paysage : les palus, le bord de Garonne avec ses maisons de prestige du 19e siècle, le vieux bourg de Macau, le Médoc des vignes, puis celui du pignadà et des lagunes, puis celui boisé et résidentiel du Pian (avec ses maisons néo-vasconnes), puis Blanquefort, elle-même diverse mais déjà pleinement intégrée à la métropole bordelaise.
    C’est une gageure de vouloir réactiver par là une identité médoquine ! Pourtant, si on veut ne pas abandonner ce parçan à l’ogre bordelais, si on veut qu’il "fasse Médoc", il faut, entre autres, trouver, créer, des repères visuels qui disent aux habitants et aux visiteurs : « ici, on est en Médoc ».
    Ce sont des choses qui se font, mais souvent grossièrement et superficiellement par des panneaux ajoutés à l’entrée des communes. Il faudrait être plus subtil, plus efficace, en généralisant par exemple une signalétique particulière, médoquine, des lieux-dits : il est question ici à la fois d’esthétique et de contenu... Il faudra avoir l’oreille des professionnels qui s’en occuperont pour le Parc...

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  • Le 23 août 2019 à 12:02, par Gaby Pas de particularisme médocain ?

    Je suis assez d’accord avec ce résumé sur le Médoc.

    Nous avons la chance d’être aux débuts du PNR, il est temps de voir ce qui pourrait être fait en termes de mise en valeur de la gasconnité de la région, notamment dans la signalétique. Je crois qu’en gros les formes normalisées proposées par BBF pour le Médoc ne sont pas choquantes, mais par exemple Saint-Yzans est appelé Sent Dicenç (nom archaïque me semble-t-il) alors que les anciens dis(ai)ent Sent Idenç, ce qui est quand même différent. Cela dit, ce n’est qu’un détail. Il serait intéressant qu’il existe une sorte de collectif associatif autour du gascon en Médoc, interlocuteur force de proposition auprès du PNR, qui associerait :
    – los Tradinaires (Vendays) pour les connaissances linguistiques
    – Région Gascogne Prospective pour l’aspect "développement territorial"
    Avec Alain Viaut, Patrick Lavaud ou David Escarpit comme personnes ressources au niveau scientifique (linguistique, ethnologie). David Escarpit avait fait une conférence sur la toponymie du Médoc à laquelle j’avais assisté, ça devait être vers 2012 ou 2013.

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  • Le 22 août 2019 à 11:14, par Vincent P. Pas de particularisme médocain ?

    Nous faisions il y a quelques années la distinction entre le Médoc de l’estuaire, et le Médoc de la forêt, en matière de maintien d’un particularisme, la forêt étant supposée plus archaïque, ce qui n’est plus vraiment certain, au vu des bouleversements actuels en tout cas (la banlieue pavillonnaire bordelaise s’étend, les classes moyennes vont de plus en plus loin en grande périphérie, et l’attrait pour le "Sud" fait venir en Médoc des gens de partout en France).

    J’ajouterais une distinction, celle du Médoc balnéaire, qui lui, me semble parfaitement "landais" au sens large, avec ses qualités (sensation de liberté, semis de maisons, la beauté du pin) et ses défauts (capharnaüm esthétique depuis 20 ans). En tout cas, mis à part Soulac la proprette, colonie de la IIIème République, pas de différence majeure entre un Montalivet et Moliets dans l’esprit.

    Maintenant, étant revenu vivre en Gironde depuis mes paroles de 2011 (vivre est un grand mot, je bouge pas mal vers les Pyrénées et ne me sens pas "ancré" en Bordelais), j’ai pu ces dernières années, depuis 2013, année de mon retour, arpenter de manière relativement fine le Médoc. La première surprise qui a été la mienne, assez étonnante car je le savais déjà, mais sans trop m’y pencher avec précision, c’est celle du caractère agressif de sa toponymie gasconne, quand elle est gasconne : les lieux disent un monde qui n’est plus celui de l’accent des gens qui les habitent.

    En revanche, pas de surprise quant au fait que le Médoc a subi de plein fouet une acculturation profonde (ce que la sociologie politique de la contrée montre sans grande difficulté) : parcourir le Médoc, qui est beau seulement quand il échappe aux horizons trop industriels (que ce soit la forêt de pins plantés trop proches les uns des autres, les zones artisanales sans fin à la sortie de Bordeaux ou même les paysages viticoles, qui ne m’ont jamais enchanté), c’est tout de même faire le constat assez triste d’une identité évanescente. Rien n’y semble plus typé, c’est un peu les mêmes sensations que la traversée de la Grande Gavacherie, en termes de couleur identitaire : je parlais de no man’s land il y a 8 ans, le mot ne correspond pas, c’est plutôt un nowhere land.

    Le parc naturel régional peut-il redresser la barre ? Aura-t-il les pouvoirs normatifs ? Nous suivrons ça, et s’il faut, nous les contacterons.

    Maintenant, j’aime le Médoc, enfin le Médoc par endroits : la beauté des rives de l’estuaire à Saint-Christoly par une journée froide de février est quelque chose d’une âpreté envoûtante, qui vaut largement la magnifique rive saintongeaise en face, mais peut-être trop classique. On trouve en Médoc de superbes hameaux "landescots", qui cochent toutes les cases du paysage landais : pignada, lagune, bergerie à façade-pignon, un paysage sans haies. Et allez tous vous perdre au château de Sémignan ou près de la fontaine de Bernos, lieux enchanteurs du Médoc !

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  • Le 22 août 2019 à 10:37, par Tederic MERGER Le Parc régional du Médoc s’affiche

    J’ai vu cette affiche hier à Ludon-Médoc.
    Le nouveau Parc naturel régional communique, avec "les ambassadeurs du Parc" !
    https://www.pnr-medoc.fr/actualites-pays-medoc/2019/07/09/les-ambassadeurs-du-parc.html

    A noter :
    la première Fête du Parc qui se tiendra le samedi 12 octobre 2019 sur le site de la Ferme de Lorthe située à Saint Laurent-Médoc

    Je place ce gran de sau sous un fil de discussion qui a démarré sur la question "Pas de particularisme médocain ?".
    L’avenir du nouveau PNR tourne aussi autour de cette question.
    Exemples :
    – Ludon, où j’ai vu l’affiche, sera-t-elle davantage une localité du Médoc ou une banlieue bordelaise ?
    – Un projet de tram-train Bordeaux-Lacanau voit le jour : Lacanau, qui fait déjà partie de l’aire urbaine de Bordeaux, va-t-elle suivre une logique de développement en étoile autour de Bordeaux, plutôt que chercher une insertion dans un Médoc autocentré ?

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  • Le 9 décembre 2011 à 23:09, par Castèths en l’aire

    Çò que vas har, congelà’us ?

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  • Le 17 décembre 2011 à 08:39, par Vincent.P

    Je ne possède pas la langue de manière naturelle, mais je ne suis pas mort, je suis gascon, parce que mes ancêtres l’étaient tous, point.
    Et qu’on aille me dire le contraire. Je ne l’ai pas choisi manière.

    Quant à la base de données génétiques, on peut trouver en effet que déchiffrer l’histoire du peuplement de l’Europe est sans intérêt.
    Moi je ne le pense pas. Les Basques sont fiers de mettre en avant les oeuvres de leurs ancêtres, dans les grottes d’Isturitz.

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  • Le 16 décembre 2011 à 14:27, par Castèths en l’aire

    Un aute mòt sonqu’entà posnhar lo clau : lenga e cultura que son quasi hrairs, l’un ne va pas shens l’aut :
    deu moment que le cultura paisana, percé aquò qu’es le cultura gascona, qu’estot miaçada, que dishèren de parlar le lenga.
    Los vielhs n’i vedèn pas mei l’interés se ne tornèvan pas har le bugada au lavedeir o a bojar dab les vacas...
    Alavetz, voler arrevitar o sonque arreviscolar le cultura shens de le lenga, qu’es dijà condamnat entà jo.
    E sordeis, que’m pareish estar un saunei un chic nau e idealiste.
    Per jo, qu’es simple, se le lenga que’s mò, acabats qu’èm.
    E d’un costat, que sèi que n’èm dejà, acabats...
    Arrèis, ne disi pas tanpauc que calhi desseparar cultura locau e lenga.
    Qu’es l’amor deu país, deu lòc on vadorem (o pas), que’ns harà vir entà le lenga.
    Mes los voler desseparar ne pòt balhar qu’ua sob-cultura shens nat shuc. Qu’es de dòu har (o pas tanben tè !) mes qu’es "l’esprit de clocher" que’ns harà vir entà le cultura gascona. Per descobrir ad arron, d’auts campaners !

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  • Le 16 décembre 2011 à 14:16, par Castèths en l’aire

    Que’vs prèi de’m desencusar, mes n’i vei pas nat interés. Perqué parlar, ensajar de manténer le lenga (donc le cultura) seré boharòc, quan bastir ua basa de dadas ADN e seré mèi utila ? Le logica que hèi hrèita aquí bé.
    Enfin, e’m pensi que diu estar le crasta que separa los dont calculan e saunèjan, e los qu’an los pès tròp pròche deu sòu...

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  • Le 16 décembre 2011 à 10:04, par Tederic M.

    Je pense que nous avons encore quelques années pour faire ces tests ADN : il y a encore dans tous les parçans de Gascogne et d’ailleurs des autochtones qui sont quasi complètement d’une souche locale.
    La difficulté est peut-être de s’assurer de cette souche locale dans le choix de l’échantillon.
    Quelqu’un qui a ses trois grands parents issus du même terroir remplit les conditions, non ?

    Ce genre de projet peut-il aboutir sans être mené par une équipe professionnelle, universitaire ou autre ?

    Il y a un obstacle culturel : toute personne qui préconise des tests ADN dans un but d’étude de l’histoire des populations est soupçonnée de rêver à une pureté ethnique, dans notre cas gasconne bien entendu...

    Mais si d’aventure ces tests montraient qu’il y a une population stable qui s’est reproduite depuis des millénaires sans beaucoup d’apports extérieurs dans certains coins de Gascogne, où est le problème ?

    Les tests ADN devraient justement montrer la perméabilité plus ou moins grande aux apports de population extérieure, selon les terroirs.
    N’est-ce pas une donnée historique intéressante ?
    Quand les archéologues s’occupent de ces questions, on ne fait pas tant d’histoires !

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  • Le 9 décembre 2011 à 23:56, par Vincent.P

    Constituer une base de données qui permettra de comparer et de placer les divers échantillons dans le contexte ouest-européen, de tirer des conclusions sur les affinités plus ou moins grandes de telle ou telle population avec leurs voisins, ...
    Autant de choses passionnantes permises aujourd’hui par la génétique moderne.
    Et dans le cas d’espèce, la question la plus fascinante est de connaître l’affinité gasconne des autochtones du Bordelais, idéalement de comparer avec des échantillons saintongeais, au surplus constater l’affinité basque (qui décroit très vite dès qu’on quitte les vallées reculées, je pourrai développer), ...

    Une autre question intéressante est que la région de Pair-non-Pair par exemple tend à prouver une affinité culturelle plutôt avec le mégalithisme périgourdino-poitevin plutôt qu’avec le mégalithisme lando-pyrénéen.

    Enfin bref, il y a des questions fascinantes à résoudre mais je doute qu’il soit possible de les élucider.

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