Notre région, c’est la Gascogne !


Un bordel, des bordeaux !

Gaby

jeudi 27 octobre 2011, par Gaby

Histoire vraie : un gars de ma promo (originaire de Dax) explique à un autre, tout à fait sérieusement, l’origine du nom "Bordeaux" : "c’est le pluriel de ’bordel’ en vieux français... autrefois y avait beaucoup de bordels, mais ils étaient en dehors de la ville (quartier St Michel) etc." Faut le faire, hein ! Shens comentaris



Grans de sau

  • Il était inévitable qu’une francisation graphique aussi aboutie que "Bordeaux" (ce qui aurait pu être Bourdeu) aboutisse un jour ou l’autre, dans un contexte de dégasconnisation totale, à une telle étymologie populaire.
    Ce pourrait être pire, ton ami pourrait expliquer le nom de la ville comme signifiant "au bord de l’eau".

  • Bordel, Bordeau :
    Je crois que l’étudiant philologue qui expliquait l’étymologie du mot Bordeaux à son camarade était en fait un bon lettré qui connaissait la poésie médiévale et la "Balade de la grosse Margot" de François Villon, dont le dernier vers de chaque couplet et de l’envoi est "En ce bordeau où tenons notre état".
    Il ne faut donc pas désespérer de la culture de la jeunesse !!!
    S’ils ont perdu leur langue et leurs racines ils ont au moins des références ...(ma remarque n’est pas du premierdegré !)
    En effet
    Je lis avec tristesse et amertume tout ce qui est dit ici de la déperdition de nos ancrages gascons.

  • En même temps, on ne peut pas exiger de tout un chacun qu’il connaisse l’étymologie de toutes les villes, c’est de l’érudition un peu vaine.
    Ce qui est plus triste, c’est qu’aujourd’hui ces étymologies populaires, vieilles comme le monde (Rome avec Romulus), ne passent plus par le gascon (on aurait pu envisager des gasconophones parlant de Bordeaux comme d’une ville où se situait originellement une borde) mais par le français.
    Plus précisément, la tristesse vient du fait qu’il n’est plus envisagé par les gens que des noms de ville françaises puissent avoir été formés dans une autre langue.

  • A propos de Bordeaux, juste une remarque d’étymologie : serait-ce tiré de l’origine pré latine "Burdigala", ce qui aurait comme signification un système complexe de pêcheries fixes à la sortie/entrée d’un étang en correspondance avec la mer, ce que l’on appelle les "bourdigues", en occitan bordigol.
    Première mention (à ma connaissance)dans un texte en latin sur Martigues (BdR) en 1131.

  • A vue de nez, cela ne semble pas possible car g intervocalique du latin a tendance à tomber en roman, comme cela a été le cas pour Bordeaux, via une étape non documentée Burdial (le pourquoi de la masculinisation étant non résolu).
    "bourdigue" fait penser à un dérivé féminin sur le suffixe diminutif -ic (renforcé par -ol) sur une base que je méconnais, peut-être similaire à *bard "boue" (cf le village de Bardigues).

    NB : A propos de Bordeaux, les dernières études placent l’emporium des Bituriges, Celtes transplantés sur les rives de la Gironde, à Lamarque-Médoc, et non plus à Burdigala, qui reste un toponyme d’interprétation difficile (on rattache généralement le radical à la rivière l’Eau Bourde, d’où peut-être le lien indirect avec bourdigue).

  • En fait pas étonnante cette interprétation car elle est issue du cerveau d’un Landais... Il avait du oublier de mettre ses échasses le pauvre !!!

  • gascon : bordèl, clac.
    Bordeaux ? Pas question de faire le trop classique "au bord d’elle", incompatible avec la beauté et la tristesse de cette ville.

    Plutôt :

    La Garonne est au soir si belle
    Qu’un navire y vienne aborder,
    Un seul soir se poser près d’elle,
    À chaque matelot sa reine
    Bordeaux dans l’ombre éteint sa peine,
    La pluie efface le pavé.
    Une courtisane trop fière
    Entrouvrirait son coeur de pierre
    Au passant, si triste d’aller
    Fleuve et quai vide passé mort
    Faubourg abandonné du sort
    Où le vent toujours le ramène -,
    Un soir reposer seul près d’elle.

  • Pourquoi la tristesse de cette ville ?

  • Ce qui est beau est souvent triste, mais ça doit dépendre des jours, ou alors seulement de l’humeur...
    ("Triste" n’est pas dépréciatif).

    Mais pour revenir au point de départ, le nom ancien de Bordeaux se trouvant partout (à défaut d’explication), dans Dauzat, dans le Larousse, dans les dépliants touristiques, comment se fait-il qu’il soit si difficile de corriger ce genre d’interprétations alors qu’il est si vite répandu ?
    Le côté un peu graveleux doit expliquer la chose.

    Autres étymologies fausses mais moins pittoresques :

    - Lourdes de Lorda, nom d’un chef sarrazin, d’un mot berbère

    - Hossegor de Horse-guard

    - Cap-Breton par attirance

    - Auber du NP Albert

    Les étymologies populaires, semi-savantes ou spontanées, révèlent des tendances. A ne pas confondre avec les jeux de mots volontaires qui se trouvent parfois dans les dictons.
    Evidemment, l’étymologie s’oublie.

    ’La Crabe’ aurait du mal à passer à côté de la sienne. Et avec ’Pau’, qu’est-ce qu’on va nous faire ?

  • C’est vrai que notre pluie habituelle ne contribue pas à la gaîté ! =D

  • Je ne trouve pas qu’il pleuve tant que ça à Bordeaux, un coup de vent de l’Atlantique et on peut avoir assez vite des rayons de soleil, notamment l’hiver et le printemps.

    En tout cas, en comparaison du Béarn, ce n’est rien ! Il y a pire que la pluie cela dit : j’ai vécu 2 ans à Toulouse, le vent y rend fou.

    Pour le reste, la tristesse est subjective, je trouve le Bordelais dans son ensemble plutôt mélancolique, encore qu’il faudrait faire la différence entre les divers micro-pays (les grands horizons de la Pointe du Médoc sont bien différents des coteaux un peu mous du Bas Entre-deux-Mers).

    Quant à Bordeaux, je n’aime pas trop ce qu’elle devient, un énorme gâteau blond sucré ouvert aux vents. La boboïsation est aussi architecturale. Mais vers Nansouty, on trouve encore une Bordeaux d’échoppes un peu noire que j’aime. Idem à La Bastide, dont il faut profiter encore quelques années, avant sa mutation inexorable.

    De toute façon, au final, ce sont moins les lieux qui sont tristes que les souvenirs qui y sont attachés, souvenirs qui sont personnels.

  • En comparaison du Béarn (en tout cas du Pays Basque) d’accord. Mais on est en climat océanique, quand même ! En tout cas le temps peut être assez instable.

    Ce ne sont pas les "rouqueys" de la région de Floirac que tu trouves un peu mous, au moins ? Haha

    Personnellement, j’apprécie les échoppes mais pas le côté noir du (de la) Bordeaux du XXe siècle. Même si ça fait tape-à-l’oeil de nettoyer les façades, ça fait quand même moins délabré. Un quartier populaire peut être propre, non ?

    Je suis bien d’accord avec le dernier paragraphe.




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