Notre région, c’est la Gascogne !


Guyenne !

L’autre membre du vieux couple Guyenne-Gascogne...

lundi 29 juin 2009, par Tederic Merger

La Guyenne a perdu de sa superbe (que hès, liupard ?-)).

Comme la Gascogne, elle a disparu des cartes administratives à la Révolution française.

Gasconha.com défend l’idée que la Gascogne est faite de tous les territoires qui ont parlé gascon.

Donc, le Bordelais est largement gascon (y compris l’Entre-deux-Mers avec son "Sauveterre de Guyenne" !).

Mais pas du tout, le Bordelais est en Guyenne ! nous répondront ceux qui n’ont pas intégré le critère lingüistique proné par Gasconha.com.

Et c’est vrai que la Guyenne de l’ancien régime incluait le Bordelais, nommée aussi "petite Guyenne" par opposition avec la "grande Guyenne" qui allait du Bordelais au Rouergue.

"Visages de la GUYENNE" (1953), disponible au rayon régional de la bibliothèque de Tonneins, et sans doute de bien d’autres, Visages de la GUYENNE présente cette Guyenne qui allait du Rouergue jusqu’à Bordeaux... et Biscarrosse ! [1]

La première partie, de Paul Fénelon, "Géographie humaine de la Guyenne", explique la cohérence de cette grande Guyenne, bande de 400 km d’est en ouest :

"La Guyenne a traversé les siècles parce qu’elle correspondait à une réalité géographique, qui nous échappe peut-être en raison des modifications profondes survenues dans les modes de vie et de circulation, mais qui représentait une réelle valeur quand routes et voies ferrées n’avaient pas encore orienté la France du Midi vers le Bassin Parisien."

"C’est à la convergence vers Bordeaux et la Gironde des cours d’eau descendus du Massif Central que la Guyenne a dû son unité au Moyen Age et au début des Temps Modernes."

"Le Tarn, l’Aveyron, le Lot et la Dordogne, avec leurs affluents, rattachaient ainsi à la vallée de la Garonne des pays aux ressources diverses ; d’une part, ils ouvraient le sud-ouest du Massif Central vers le Bassin Aquitain ; de l’autre, ils laissaient pénétrer vers les hautes terres du Rouergue les influences de l’Océan."

"Des routes et des sentiers, établis sur les croupes et les plateaux, doublaient les cours d’eau et permettaient aux piétons, aux cavaliers et aux animaux de bât d’éviter les sinuosités et les caprices des rivières.
La route nationale n° 111, qui, de Millau, gagne Rodez et Cahors par la « Dorsale du Ségala » et les causses du Quercy, puis atteint la vallée de la Garonne à Tonneins, peut être considérée comme l’axe de la circulation à travers l’ancienne province.
"

On devine que si les parlers d’oc considérés comme "languedociens" (mais parfois on isole un sous-groupe "nord-languedocien" ou "guyennais") dévalent, comme les cours d’eau, du Rouergue vers le Quercy, l’Agenais et le Bergeracois, c’est aussi une conséquence de cet axe guyennais d’échanges humains.

Ainsi, l’axe guyennais, le long de la Dordogne, du Lot, de l’Aveyron, est une réalité géographique de même type que l’éventail gascon, formé par les cours d’eau qui dévalent des Pyrénées, en deux bassins principaux, celui de la Garonne et de l’Adour.

Le Bordelais peut alors être vu comme une intersection, comme le confluent final de la Gascogne et de la Guyenne.

On pourrait alors faire l’hypothèse que l’effacement de la Guyenne, plus prononcé que l’effacement de la Gascogne, a réancré le Bordelais en Gascogne, ce qui remet en selle notre triangle gascon, un temps chevauché par la Guyenne !

Gasconha.com peut alors défendre, en plus du triangle gascon, l’axe guyennais tangent à la Garonne.

Cet axe guyennais, de même qu’il fraye avec la Gascogne sur son aval gauche, fraye avec le Limousin sur son aval droit.

Rien de mieux que des cartes pour illustrer tout ça !

La Guyenne
Par rapport à la carte donnée par "Visages de la Guyenne", un peu trop dépendante des contours administratifs de l’Ancien Régime, la Guyenne est ici "ovalisée" en retirant les landes de Gascogne, le Périgord limousin et le sud du Rouergue.
A première vue, il serait logique que le bassin du Tarn y soit inclus. Est-ce l’influence de Toulouse qui l’en aurait retiré ?
Une analyse des isoglosses des parlers d’oc permettrait d’y voir plus clair : rien de mieux que l’observation de la langue pour connaitre l’histoire humaine !

Carte lingüistique de l'ouest occitan
La pointe languedocienne qui s’enfonce vers Bordeaux correspond à la Guyenne.

Et après ces quelques lumières sur l’histoire de la Guyenne, reste aux guyennais à en écrire l’avenir, s’ils veulent !

Ici, une petite explication du couple Guyenne/Gascogne à travers les siècles, par l’historien Guihem Pepin.


[1Dans la même collection "Provinciales" figure "Visages de la Gascogne et du Béarn".



Grans de sau

  • Il me semble que le concept de languedocien brouille beaucoup les cartes, et d’ailleurs cette extension aux régions guyennaises a 50 ans, personne ne parlait auparavant de languedocien pour les dialectes guyennais d’oc.

    Il me semble également que ces territoires guyennais constituent un pendant "rive droite" de la Gascogne, un pendant somme toute très différent du gros de la Gascogne du fait d’une forte influence du Massif Central.

    Les points de contact sont au final réduits : l’Entre-Deux-Mers mêle divers traits (architecture, langue, ...) mais il semble que ce soit une "périgourdinisation" récente au sens où cette partie de la Gascogne (la Guyenne gasconne en fait) s’est trouvée coupée de la vallée de la Garonne par les implantations gavaches. En tout c’est le seul lieu de Gascogne où il y a vraiment transition, ailleurs la transition me semble plus abrupte, intimement liée au relief : ainsi entre le Quercy de Moissac et la Gascogne lomagnole, il y a la Garonne puis immédiatement des hauteurs. Ensuite on arrive en pays toulousain.

    Si l’on prend quelques isoglosses, on constate l’existence à vrai dire d’un ensemble linguistique assez réduit qui comprend le Toulousain, les pays audois (plus ou moins parfaitement), le Sud du Tarn aussi (qui n’a rien à voir avec Albi historiquement qui dépendait de la cité des Rutènes à cheval sur l’Aveyron : les évêchés de Castres et de Lavaur étaient dans l’orbite toulousaine et carcassonnaise. Cet ensemble linguistique (et il me semble ethnique mais j’y reviendrai) me semble correspondre à ce que nous savons de l’extension des Ibères sur ce versant des Pyrénées (cf toponymie : Carcassonne, Narbonne, ...) : les traits linguistiques qui définissent ce que Bec appelait l’ibéro-languedocien sont partagés parfois par le gascon, parfois par le catalan. Au fond, le catalan n’était à l’origine qu’une version cerdane et pyrénéenne de cet ensemble linguistique, propagée vers le Sud.
    C’était le parler d’Alibert, il le décrit dans son introduction à la Gramatica :

    http://www.occitania.online.fr/aqui.comenca.occitania/introali.html

    http://membres.lycos.fr/simorre/oc/atlas.htm

    L’Ibéro-Languedoc exclu, nous nous retrouvons avec un ensemble de pays cohérents (Quercy, Rouergue, Albigeois, Sud-Périgord, Nord-Agenais) par des traits linguistiques (on peut dire ce qu’on veut, les Gascons parlent peut-être une langue romane très proche mais il y a quand même un monde entre la langue gasconne et la langue guyennaise de ces pays), par l’architecture et les paysages (le passage en Gascogne ou Sud-Languedoc en provenance de ces pays est toujours quelque chose de notable) et je suis presque tenté de dire par l’ethnie (excusez ce vocabulaire mais nous ne pouvons pas nier que cette rive droite était profondément celtique).

    • Vincent, je vois que nous avons la même intuition d’une Guyenne qui ferait pendant à la Gascogne, avec les oppositions suivantes :
      rive droite de Garonne/ rive gauche
      Massif Central / Pyrénées
      substrat celtique / substrat aquitano-vascon

      La difficulté est pour moi d’appliquer mon outil favori, "la langue marqueur historique", à une région, la Guyenne, dont justement je connais mal la langue, alors que je commence à connaitre la mosaïque des parlers gascons.

      J’aimerais que l’étude des isoglosses confirme qu’il y a un domaine lingüistique guyennais, mais les réponses que je glane jusqu’à présent ne vont guère dans ce sens.
      Mais la recherche doit continuer. Si seulement on avait la parabole de l’enfant prodigue pour les pays de Guyenne comme on l’a pour les pays de Gascogne !

      J’ai posé la question sur Noms_rouergue :
      http://fr.groups.yahoo.com/group/Noms_rouergue/message/8318

      Les premières réponses laissent une chance à un regroupement Quercy/Rouergue, mais peu de chance à un regroupement guyennais allant jusqu’au Bergeracois, voire à l’Entre-deux-Mers.

      De plus la discussion est compliquée par la définition de la Guyenne comme province de l’Ancien Régime. Celle-là, oui, est très hétérogène, mais je cherche à refonder une Guyenne plus solide, qui serait attestée par la langue.

      Il se peut aussi que l’idéologie occitaniste majoritaire craigne une affirmation guyennaise comme elle craint l’affirmation gasconne.

    • Il me semble que la méconnaissance des parlers guyennais tient essentiellement à l’idéologie occitane pour laquelle le languedocien est le pilier central de l’occitanité.
      Fracturer l’ensemble dit languedocien conduit de facto à ramener l’occitan normalisé à une simple variante audoise grosso-modo et condamne d’avance tout rêve d’unité occitane. A mon avis, le concept de languedocien étendu aux terres septentrionales est une réponse irrédentiste en réaction à la sécession catalane du début du XXème siècle (sécession provoquée par la bêtise des félibres provençaux).

      On se retrouve donc en 2009 face à la situation pathétique qui est qu’après plus de 50 ans d’occitanisme, l’on ne dispose pas d’une vision claire des dialectes dits occitans et de leur configuration dans l’espace.
      Plutôt que de s’amuser à normaliser la graphie (on ne comprend pas l’obsession graphique si l’on ne se rend pas compte que la graphie est utilisée pour gommer les différences), les occitanistes feraient mieux de travailler sur la matière "vivante", ou ce qu’il en reste.

      La seule description au fond reste celle d’Alibert. Pour quelques cartes :

      <a href=http://membres.lycos.fr/simorre/oc/atlas.htm

      Pour suivre géographiquement :

      Image1 sur flickr.com
      Image2 sur flickr.com

      "Los caractèrs generals del dialècte lengadocian atal precisats, anam examinar las particularitats dels diferents parlars e ensajar de n’escapolar una classificacion.

      1 ) Destriarem d’en primièr los parlars meridionals que son caracterizats per l’evolucion FACTUM > fait, JUNCTUM > junt. Lo digraf -is, -iss-, del latin x, sc, es prononciat sh (ch francés) : caissa, cuèissa (caicho, quèicho). Las palatalas ch, tg, j equivalon, respectivament, a tch, dj o j : cachar, vilatge (catchà, bilatche), jamai, coja (djamai, cujo). Comprenon los parlars seguents :

      a) Lo central, en usatge en Carcassés, Bas Rasés e Lauragués.

      b) Lo tolosan, parlat dins lo ròdol de Tolosa ; a sofèrt de l’influéncia del gascon.

      c) Lo foissenc, de l’ancian païs de Fois. Es lo pus iberic dels parlars lengadocians amb lo donasanenc.

      d) Lo donasanenc, dont l’airal s’espandís dins Donasan (Arièja), una part de Fenolhedés, del païs de Saut (Aude) e del canton d’Ax (Arièja), s’aparenta al catalan.

      e) Lo narbonés, en usatge dins l’arrondiment de Narbona. S’aparenta al besierenc per la prononciacion -iss- : caissa (caisso).

      2 ) Lo grop dels parlars septentrionals presenta una originalitat marcada. Es caracterizat per una tendéncia generala a assordir a atòn e a tonic nasal en o : campana, nadal (compono, nodal). Diftonga ò obèrt tonic en (uo) — fr. ouo — : còp, fònt (cuop, fuon). Altèra l latin intervocalic en un son vesin de w, g, v : pala (pauo, pago, pavo). Las palatalas ch, j, -iss- equivalon a tchi, dji, -iss- : pacha (patchio), passejar (possedjià), caissa (caisso). Donan l’evolucion : FACTUM > fach, JUNCTUM > jonch.

      Òm pòt i destriar tres parlars :

      a) Lo roergat, utilizat dins lo païs de Roèrgue (Avairon).

      b) Lo gavaudanés, parlat dins Gavaudan (Lausèra). Es sospartit inegalament pel limit ca, ga cha, ja.

      c) L’orlhagués, en usatge dins l’arrondiment d’Orlhac (Cantal). Es sovent confondut amb l’auvernhat pròpriament dit.

      3 ) Los parlars occidentals son caracterizats per la despalatalizacion de ch, tg, j, -iss- en ts, dz, -iss- : pacha (patso), vilatge (biladdze), jorn (dzur), caissa (caisso). Càmbian FACTUM en fach e JUNCTUM en jonch.

      Comprenon tres parlars :

      a) L’agenés, parlat dins lt e Garona. Cal notar que lo parlar d’Agen possedís los caractèrs fonetics dels parlars meridionals jos l’influéncia del gascon.

      b) Lo carcinòl, que s’espandís dins lt e Tarn e Garona.

      c) L’albigés, en usatge dins Tarn. Presenta una esitacion entre las formas fait fach.

      4 ) Lo grop dels parlars orientals anóncia ja Provença per divèrses caractèrs. Las palatalas ch, tg, j, -iss- equivalon respectivament a tch, -iss- : pacha (patcho), vilatge (bilatche), passejar (passetchà), caissa (caisso). Donan l’evolucion FACTUM > fach, JUNCTUM > jonch.

      Compren tres parlars :

      a) Lo besierenc, parlat dins la part occidentala d’Erau (Besièrs, Agde, Pesenàs, Bedarius, Sant Ponç).

      b) Lo montpelhierenc, en usatge dins la part orientala d’Erau (Seta, Montpelhièr, Lunèl, Lodeva).

      c) Lo cevenòl, que s’espandís suls arrondiments d’Alès e del Vigan (Gard). Es lo parlar mai parent del provençal."

      Cette analyse me semble très incomplète, il faudrait l’oeuvre entière d’Alibert probablement. J’en retiens ceci :

      - Le premier groupe au fond c’est l’ibéro-languedocien, indubitablement les modalités linguistiques les plus proches du gascon et du catalan, notamment du fait de caractères phonétiques "ibériques". On pourrait le définir encore plus finement je pense (usage de l’article toulousain par exemple). Comme le dit Alibert, le parler d’Agen devrait plutôt se rattacher à ce groupe (il connait -ct->-it-, il prononce j "à la française" et non pas ts, une étude plus poussée montrerait également des particularismes comme -arium>-èr comme en gascon, ...).

      - Le second groupe est très original, son vocalisme annonce le limousin. Ce sont vraiment des parlers du Massif Central.

      - Le troisième groupe est celui qui pourrait être dit "guyennais". On retirerait donc le Rouergue de cet ensemble en fait.

      - Le quatrième groupe est déjà à moitié provençal (vocalisation, n final vélaire, ...).

    • Merci, Vincent, pour cette contribution.

      Je m’aperçois que l’espace que j’ai envie d’appeler "guyennais" est la plus grande partie de l’espace dit "languedocien".

      On pourrait l’appeler "nord-languedocien". Je remarque qu’il est central pour le domaine occitan des Alpes à l’Atlantique. On pourrait donc aussi l’appeler "occitan central".

      J’ai par ailleurs découvert que le Parti de la Nation Occitane (qui certes n’est pas représentatif de l’occitanisme) voudrait une région Guyenne très étendue, basée sur la langue, et qu’il est conscient de cette centralité guyennaise :
      "La revitalisation de l’espace central de l’Occitanie nécessite la création d’une région Guyenne, de Bergerac à Mende."

      Mon problème est le suivant :

      L’appellation "nord-languedocien", acceptable pour les lingüistes, ne peut nommer une identité populaire.

      J’ai fortement envie de promouvoir "Guyenne/guyennais" comme région d’appartenance, et si je veux fonder cette région sur une base lingüistique, je suis obligé d’y mettre les pays albigeois, et aussi, au nord, les pays "orlhagués" (aurillacais).

      Or, il sera difficile, je suppose, de faire accepter aux albigeois d’être de Guyenne, vu que même les rouergats qui, eux, ont fait partie de la Guyenne de l’Ancien Régime, ne s’en réclament plus.

      Je cherche aussi une définition simple du domaine guyennais :
      On pourrait dire que c’est la région occitane entre Auvergne, Limousin, Gascogne et Languedoc (ce dernier au sens du domaine "sud-languedocien").
      Mais c’est embêtant d’avoir une délimitation en négatif.
      On pourrait aussi être plus géographique en disant que c’est le versant du Bassin aquitain entre Garonne et Massif Central. Mais là, le sud du Limousin serait inclus.

      Pour finir, je rappelle que pour la promotion du triangle gascon, il serait très commode de populariser aussi le triangle guyennais (finalement, ce serait bien un triangle si on y inclut l’Albigeois). C’est pour ça que, comme gasconiste, je réfléchis très fort à la Guyenne !
      Il n’y a pas de (grande) Gascogne sans (grande) Guyenne !

      La Gascogne transcende les régions administratives Aquitaine et Midi-Pyrénées au sud de la Garonne. Cette nouvelle Guyenne la transcenderait au nord de Garonne !

      L’usage du mot "Guyenne" renforcerait l’usage du mot "Gascogne", et inversement.

      Et l’ensemble Gascogne+Guyenne formerait tout le Bassin aquitain sauf les pays sud-languedociens à l’est et au sud de Toulouse.

      J’ai en arrière-pensée la constitution d’une région fusionnant Aquitaine et Midi-Pyrénées, qui serait donc Gascogne-Guyenne-Languedoc (toulousain).

    • Petite illustration de mes travaux et des intuitions que je peux prouver : je ferai des "analyses" complètes sur mon blog dès que j’aurai le temps.

      Voici le morphotype de la région de Cancon (Guyenne agenaise) : http://farm3.static.flickr.com/2444/3879004687_00147a1fa4.jpg

      Remarquez la ressemblance avec celui obtenu en Bouriane (la région de Gourdon) : http://farm4.static.flickr.com/3634/3485035284_21258e29f0.jpg

      Et de la région d’Albi : http://farm4.static.flickr.com/3460/3380241029_57e03df5a6.jpg

      Par contre dès qu’on passe la Garonne, en Albret, c’est tout différent : http://farm4.static.flickr.com/3565/3392478672_3a417702f9.jpg

      Et si l’on s’enfonce dans le Gers (Armagnac Blanc autour d’Auch), on a clairement un autre type (la fameuse tête en triangle) : http://farm4.static.flickr.com/3592/3322995463_53373cd98e.jpg

      De la même manière, en entrant en pays sud-languedocien avec la Montagne Noire (à comparer avec Albi) : http://farm4.static.flickr.com/3607/3598238448_a348a412b2.jpg

      C’est le début des pays ibériques de France qui annoncent la Catalogne : exemple du morphotype du Conflent http://farm4.static.flickr.com/3107/3173733693_595cb674fb.jpg
      Je ferai des cartes. En voici une que je n’ai pas communiquée puisqu’elle n’intéresse pas la Gascogne : remarquez la différenciation Nord-Sud.

      http://farm3.static.flickr.com/2632/3677378346_dfeaa4081f_b.jpg

      (le pays de Mazamet s’appelle le Vaurois, ce sera corrigé dans la version finale)

    • Adiu Vincent !
      Ici dans les "forums" SPIP de Gascogne-débat, ce n’est pas comme dans les grans de sau : on peut saisir d’emblée des enrichissements graphiques, et surtout faire des liens web en utilisant l’icône marquée "spip" avec une main.
      Cela m’évite de retravailler le texte pour activer les liens, ce que j’ai dû faire cette fois.
      Amistats.
      Tederic

    • Pierre Deffontaines, dans son livre de 1932 "La moyenne Garonne - Agenais Bas-Quercy" (réimpression par Librairie Quesseveur, Agen, 2000), apporte de l’eau au moulin d’une Guyenne qui serait le piémont du Massif central, comme la Gascogne serait le piémont des Pyrénées.

      Il étudie dans ce livre une partie de la Guyenne, voisine de la Gascogne, et même de double appartenance guyenno-gasconne pour ce qui est de l’arribère garonnaise.

      Page 397, évoquant les anciennes routes qui desservaient la "moyenne Garonne", il écrit ceci [passages mis en gras par moi] :

      "Les deux voies, Ténarèze et Clermontés, conduisaient chacune à leur montagne, Pyrénées ou Auvergne ; elles étaient disposées symétriquement des deux côtés de la Garonne ; elles dataient l’une et l’autre de la toute première vie de relations ; relations transversales naturelles, délaissées ensuite par les conceptions routières surajoutées au cours de l’histoire. Elles sont les preuves de la grande influence exercée par les montagnes ; les pays de Moyenne Garonne ont une physionomie de lointain piémont ; beaucoup d’élements leur ont été fournis par la montagne et c’est là un des traits qui les distinguent du bassin parisien."

      L’Agenais, que Deffontaines situe plutôt sur l’arribère et la rive droite de Garonne, et donc selon lui hors Gascogne, aurait donc reçu une double influence : celle du Massif central qui le fait guyennais, mais aussi celle des Pyrénées, qui le fait un peu gascon.

      Deffontaines signale plusieurs fois l’installation en Agenais, récurrente au cours des siècles, de montagnols venus aussi bien du Massif central que des Pyrénées, pour qui l’Agenais était un "pays de cocagne".

      L’examen des noms de soldats morts en 14-18 dans une commune comme Clairac me fait penser à un poids relativement plus grand de l’immigration auvergnate ou rouergate que de l’immigration pyrénéenne (donc gasconne).

      La partie de l’Agenais qui est considérée comme de langue gasconne, du Port Sainte Marie jusqu’à la Réole, ne garderait-elle pas une toponymie plus gasconne que les noms de famille présents en début de 20e siècle ?
      Si c’est confirmé (il faudrait l’étudier très précisément), cela voudrait dire que l’immigration du Massif Central a été plus forte ces derniers siècles que l’immigration gasconne, mais qu’elle n’a pas totalement changé le fond lingüistique gascon de cette frange de la rive droite de Garonne.

      Rappelons aussi que le Duché de Gascogne a englobé, aux alentours de l’an 1000, tout l’Agenais.

      L’Agenais, surtout dans sa façade garonnaise, serait donc une partie de Guyenne qui a depuis longtemps reçu une influence gasconne.
      Les habitants s’en souviennent, en s’y définissant encore volontiers comme gascons.

    • Ben oui, chaque fois que j’evoque le cas de Bordeaux c’est la levée de boucliers !

      Bordeaux c’est a 90% la Guyenne et le Bordelais aussi.
      On fait maintenant arriver la Gascogne aux portes de Blaye.
      Desolé, mon amie est native d’un village du Blayais, ou sa famille est implantée depuis plusieurs siecles et ils ne se sont jamais dits ou considerés gascons !
      Pour eux la Gascogne c’est un pays qui commence bien apres Bordeaux et exclusivement rive gauche ; comme pour beaucoup de vieux bordelais.
      Il faudrait peut etre aussi demander aux habitants du "cru" ce qu’ils en pensent avant de les rattacher à une culture et une origine qu’ils ne connaissent absolument pas !
      La bas on ne dit pas "u can" on dit "un cheun", le mode de partage des biens familliaux y etait totalement differents des pays gascons, le mode d’exploitation du sol aussi : tres peu de metayage, du fermage et du "prix fait" pour les vignes...

      La Gironde est un departement aussi "batard" que les Landes ; quand je dit qu’un Pauillacais ou un Blayais ou un Libournais n’ont rien de commun avec un Bazadais ou un habitant de Giscos, ouvrons les yeux et regardons la verité en face.

      Libourne est une ville tres proche culturellement du Perigord.
      Et que l’on se mefie des soi disant types architecturaux urbains qui ont pris naissance pour une grande part au 18eme a une epoque où les classes aisées revaient de posseder leur hotel particulier qui etait souvent bati par des ouvriers intinerants et qui eux suivaient la "mode" et les canons d’architecture en vigueur a Paris souvent.
      Voir la difference entre les "chateaux" de vins du bordelais et les maisons de "maitre" du Gers des Landes ou du Bearn.
      Mefions nous aussi beaucoup des noms de maisons a consonance Gasconne : dans beaucoup de cas, voir plus de 80%, ce n’est pas le nom d’origine de la maison mais le nom d’un nouveau propriétaire ; si un émigré gascon l’a achetée a l’epoque et bé ca change !
      Un autre exemple :la proprieté de mon amie s’appelle "les Caillaux".
      Moi en bon gascon je fais le raprochement caillau -calhaou et la tronche enfarinée je sort ma science.
      Manquat perdiou ! ha non on me dit, c’est parce que le createur de la propriété devait s’appeller caillaux !!
      Mefions nous donc des assimilations faciles.

      Et meme l’accent, on a pas le meme, moi on voit de suite que je suis pas originaire de Bourg, Blaye ou Saint Savin !
      Vous connaissez les 2 plats "emblematiques" de la grande Gascogne ? L’escaoutoun et le "pastis".
      Le premier etait le plat de base des familles "pauvres" ou des jours maigres, le second le dessert par excellence des jours de fetes.
      Je n’ai jamais entendu dire qu’en Bordelais ces 2 la figuraient aux menus !
      C’est peut etre aussi un des signes d’une certaine difference culturelle.
      On pourrait en parler des heures...

    • C’est le ruisseau de Plassac qui, depuis le XIVe siècle, marque la frontière entre le pays de Bourg (d’oc, gascon avec certes assez peu de signes distinctifs propres par rapport aux autres langues d’oc) et le Blayais,de langue (et d’accent)d’oil.
      Il y a peut-être une différence légère d’accent entre un gascon du sud et un habitant de Bourg mais une plus grande encore entre le premier et un habitant de Blaye.
      Ledit ruisseau, tellement insignifiant qu’on ne le remarque pas en passant en voiture, est ainsi une des grandes (et stables) frontières linguistiques en France avec le (ou la ?) Vidourle séparant occitan et provençal du côté de Sommières.
      Une revanche sur la géographie par la linguistique, en somme !

    • Les bourgeais mangeaient-ils de la cruchade ?

      Mais si on parle langue (la langue parlée dans les campagnes en 1900, parce que maintenant...), la limite entre (nord-)gascon et poitevin-saintongeais (autrement dit "gabaye" ou "gabach") passe entre Blaye et Bourg sur Gironde.

      Cela doit encore s’entendre dans l’accent des autochtones quand ils parlent français : il doit y avoir un changement d’accent sur cette limite qui passe entre Blaye et Bourg.

      Quelques références :

      - Un enregistrement audio de Saint-André de Cubzac
      C’est du gascon ! Même s’il y a des interférences avec le français et peut-être avec le limousin, on reconnait les mots "hami" (faim), "cauhar" (chauffer), "ausèths"...

      - Villeneuve-de-Blaye est la commune gasconophone la plus septentrionale sur la rive droite de la Gironde.

      - Une citation de Charles Grellet-Balguerie (1850) rapportée dans "Histoire et géographie des parlers poitevins et saintongeais" de Eric Nowak (chez PyréMonde), p.63 et suivantes :
      "En 1850 Charles Grellet-Balguerie (92) écrit : « la limite des deux races [sic] : Gabaye c’est-à-dire Santone, la plus
      nombreuse, et Gasconne, répandue autour de Bourg [...] » s’étend « jusqu’au ruisseau ou chenal qui sépare Roc de Tau, Villeneuve, Saint-Ciers de Canesse, en Gabay, de Gauriac, pays gascon, et à partir de ce point, le long de la Gironde [...]. » « le territoire qu’occupent encore les Gascons des Bourgez et Cubzaguez ne forme qu’une bien étroite bande ou lisière riveraine. [...] Ce sont d’abord les quatre paroisses de Gauriac, Comps, Bayon, Camilliac, connues sous le nom général de Roc ou La Roque, où l’on parle un patois particulier qu’on retrouve à la Lustre [gascon donc], puis les paroisses de Touveyras, Lalibarde, Bourg, et en partie celles de Samonac, Lansac, jusqu’au village des Androns, Tauriac, Marcamps, où le langage est une autre variété de gascon [...]. La ligne de démarcation des deux races [sic] se poursuit dans le Cubzaguez entre Saint-Laurent-d’Arce, le château de Peujard, [...] et Virsac, entre Gauriaguet et Aubie, etc. »
      On verra plus loin que sur des points de détail la limite qu’il donne n’est
      pas tout à fait exacte. Mais, pour un précurseur. il est très proche de la vérité. En outre, il accompagne ce constat de remarques sociolinguistiques : « Chacune de ces contrées (Bourgez et Cubzaguez) est comme partagée elle-même en deux, tant les populations qu’elles renferment diffèrent essentiellement entre elles de types, de moeurs et de langage. [...]
      Ces deux catégories d’habitants se sont eux-mêmes considérés, de tout temps comme aujourd’hui, comme deux peuples étrangers l’un à l’autre ou d’origine différente.
      Et ils ont raison en ce sens. Les premiers, les riverains et leurs plus proches compatriotes au sud-ouest [les Gascons donc], auxquels de plus nombreuses relations avec les cités pouvaient inspirer l’idée d’une supériorité quelconque, ont toujours désigné leurs voisins du nord-est et leur pays, par les termes dédaigneux de Gabay, Gabatches, Gabatcherie, aussi usités en Espagne. [...] C’est dire assez que ces deux peuples ne sont pas congénérés, qu’ils appartiennent à deux races [sic] distinctes dans le principe, mais toutes deux autochtones et originaires du sol qu’ils se partagent.
      Les caractères primitifs des deux races sont encore permanens et visibles par tout observateur attentif. »"


      Oui, le gascon remontait jusque sur la rive droite de la Dordogne !
      Pas le gascon de l’Armagnac ou de la Chalosse, bien sûr !

      Maintenant, si on parle culture, tout se complique :
      Où s’arrêtent l’escauton et la cruchade ?
      Mais pas plus qu’être paloumayre, il ne faut manger de la cruchade pour être gascon !
      Même le confit, délimite-t-il la Gascogne ?

      Il serait intéressant de faire des cartes du confit, de la cruchade/escauton, des clochers-mur, des lieux-dits qui font référence aux cagots, de l’architecture vasconne basilicale à ossature bois, et bien d’autres, pour voir si ça coïncide avec la carte des parlers gascons...
      Je pense qu’il n’y aura jamais correspondance totale.

      Cette question des limites est cruciale.
      Comme la Gascogne n’a pas de limite officielle qui s’impose à tous, il faut un critère très rigoureux : la langue.
      Pour moi, le critère roi de délimitation de la Gascogne, c’est la langue. Elle synthétise l’histoire du peuple.

      Bien sûr, en Bourgeais, Cubzagais, Libournais, on est à la frontière de la Gascogne. On est loin de "l’hyperGascogne", et on est proche du pays gabaye, du Périgord et de la Guyenne, au point même qu’on peut admettre une double appartenance "Guyenne et Gascogne".

      Je renvoie à mon article Faut-il être paloumayre pour être gascon ?.

  • Retour sur ce livre, que j’aime bien, mais qui mérite d’être critiqué :

    En début du chapitre "La vie intellectuelle en Guyenne", on lit ceci :

    "Indiquons d’abord que le terme Guyenne est une corruption d’Aquitaine.
    Les habitants de la Guyenne ne s’appellent pas Guyennais, mais Aquitains ou Gascons. Par Gascons, nous ne voulons pas entendre seulement les gens de l’Armagnac ou du Gers, mais tous ceux de la vaste contrée unifiée à la fois par la communauté de la langue d’oc et la communauté du tempérament et qui, sous le même climat moral, ont la même façon de s’exprimer, de sentir et de vivre.
    L’homme de Guyenne - nous le nommerons souvent le Gascon, comme le faisait Montaigne - fait partie d’une race qui est à l’image de sa terre et de son ciel."

    On remarque que la réduction du "gascon" aux "gens de l’Armagnac ou du Gers" rôde pas loin derrière.
    Mais le plus curieux, c’est ce choix de distinguer nettement les territoires de Gascogne et de Guyenne, et d’adopter, pourtant, le qualificatif "gascon" indifféremment pour les habitants des deux territoires !

    Cela vient peut-être du fait que la Guyenne administrative de l’Ancien régime incluait des pays gascons par la langue.
    Puisqu’on pouvait donc être gascon et "de Guyenne", il était plus facile d’étendre le qualificatif "gascon" à tous les guyennais (rouergats compris !).

    Si on veut promouvoir à la fois la Gascogne et la Guyenne, il faut maintenant sortir de cette bizarrerie qui nuit à la lisibilité des deux régions : les habitants de la Gascogne seront gascons, et les habitants de la Guyenne guyennais ! C’est tellement plus simple et logique...

  • Bonjour,

    Tederic a raison, comme souvent d’ailleurs.

    La "Guyenne" d’ancien régime englobait généralement tout le pays de Born, de Sanguinet jusqu’à St Julien et Lévignacq.
    Le Born était d’ailleurs dans l’évêché et l’archevêché de Bordeaux.

    Mais, contrairement au Buch qui a très tôt regardé vers Bordeaux, il était aussi attiré vers le sud et était rattaché à la vicomté de Tartas et à la sénéchaussée des Lannes (cf.carte de Nicolas de Fer, fin 17e). Il y a d’ailleurs des isoglosses majeures qui séparent le Born du Buch.

    En fait, le pays de Born était éloigné de tout centre urbain de quelque importance ; loin de Bordeaux, un charroi mettait de deux à trois jours pour y aller (depuis Biscarrosse), loin de Dax , loin de Bayonne... Le born a aussi été rattaché au département des Landes et pas à celui de la Gironde, il y avait donc une espèce de conscience selon laquelle le Born était en Gascogne (malgré les divisions administratives d’Ancien régime) et le Buch en Guyenne, même si l’influence de Bordeaux arrive jusqu’à Mimizan car après, c’est Dax et Bayonne.

    On remarque d’ailleurs un autre faisceau secondaire d’isoglosses entre Mimizan, qui regarde vers le Nord et le Nord-Ouest, vers la Grande-Lande (en fait un sous-dialecte "grand-landais" assez cohérent qui recouvre, grosso modo, les cantons de Parentis, Pissos, Mimizan et Sabres), et Bias qui regarde vers le Sud, vers le Marensin.

    Le parler de Mimizan est donc à peu près identique à celui de Biscarrosse ou de Labouheyre quand celui de Bias est véritablement celui du Marensin. D’ailleurs, dans les projets de régionalisation de l’Etat français du Maréchal Pétain, les trois cantons de Parentis, Pissos et Sore étaient rattachés au Bordelais. Je peux cependant vous affirmer qu’il n’y a strictement aucune conscience "guyennaise " dans le Born. Pour nous la Guyenne c’est la Gironde.

    P.Lartigue

  • Saint-Salvy-de-la-Balme ? San’salbi day Rots ... écrit Sant Salvi dels Ròcs.

    Je ne comprends pas. Si en languedocien du Tarn, dels se prononce "day", ça coûte quoi d’écrire Sant Salvi dai Ròcs. Ròcs à la rigueur, l’hésitation cs/ts est fréquente, même si quand Grosclaude graphiait, il respectait la prononciation populaire (ainsi Artics qui est un Artitz basque, inversement Vielambic, qui est villa ambitus > Vielambits).

    Le Truel, village du Rouergue, prononcé Lou Truèl. Pourquoi ressusciter une forme mouillée Lo Truèlh ? C’est là un trait définitif des parlers centraux que la perte de mouillure ! Le Vibal, prononcé Lou Bibal, graphié Lo Bisbal ... Je suis franchement dubitatif également sur l’obsession à graphier j quelque chose qui se prononce ts ... Toulonjac est très certainement une forme étymologique, mais comment le locuteur naturel va-t-il reconnaître son Toulountsac dans le Tolonjac des panneaux ? Surtout quand ch se prononce aussi ts ... On pourrait fusionner les deux graphèmes. Lacroix-Barrez, prononcé La Crouy de Barrés : pourquoi écrire La Crotz ? La Croi respecte aussi bien la graphie alibertine !

    Autres exemples d’archaïsme en Aveyron : Rodèsla pour Rodelle, Rutlac pour Rullac, Sant Africa pour Saint Afrique prononcé localement Sent Africa, Sant Cosme pour Saint-Come prononcé Sankume, Flavinh pour
    Flavin prononcé Flabin (avec n final rouergat, muet ailleurs), ...

    Et puis évidemment, dans le Lot, la démonstration de l’inapplication de la graphie alibertine : on ne peut pas décemment écrire Albinhac quelque chose qui se prononce Olbinyà ou Lanzac quelque chose dit Lonyà. Ce n’est pas pédagogique, ce n’est pas naturel, c’est mépriser les transformations que les habitants du Quercy ont fait subir au latin. Pas plus normal de ne pas écrire Lo Boishon pour le Bouyssou car s se prononce "j" dans les parlers du Lot (donc pas d’histoire de s chuinté sauf à l’initiale) : Grèzes devrait s’écrire Grejas et non pas Gresas.

    Je rappelle qu’en gascon du Magnoac ou du Bordelais, connu pour certaines mutations consonantiques (cosina>codina, casau>cadau, ...), on note les évolutions.

    Continuons à jouer dans le Lot !

    Assier écrit Assièr ? Oshiè !
    Baladou écrit Valadon ? Bolodou !
    Calviac ? Kolbià !
    Capdenac ? Kodenàt !
    Cézac écrit Cesac ! Sejàt !
    Espédaillac écrit Espedalhac ? Epédolyà !
    Figeac écrit Fijac ? Fitsà !
    Frayssinet écrit Fraissinet ? Froyshiné !
    Goujounac écrit Gojonac ? Goutsounà !
    Labastide écrit La Bastida ? Lo Botido !
    Luzech écrit Lusèg ? Lujè !
    Mayrac écrit Mairac ? Moyrà !
    Padirac ? Podirà !
    Prayssac écrit Praissac ? Proyshà !
    Les Quatre Routes écrit Las Quatre Rotas ? Loy Katre Routoy !
    Sénaillac écrit Senalhac ? Shenolyà !
    Le Vigan écrit Lo Vigan ? Lou Bio !

    Allez, par pitié, du sérieux. La graphie alibertine n’est pas applicable aux parlers du Quercy sauf à faire des contorsions intellectuelles démoniaques. Peut-être faudra-t-il en déduire que c’est une autre langue ... En tout cas, pas du languedocien !

  • Basse-Guyenne

    Les déterminatifs haut et bas sont depuis très longtemps employés pour distinguer des parties d’un territoire. L’usage est plus divers qu’il n’y paraît. La partie haute est très souvent celle du levant. Parfois c’est la plus proche du chef-lieu, tête des voies de communication. Parfois le relief est pris en considération. Des confusions peuvent se produire : on se trompe souvent sur la basse Auvergne, la plus montueuse, etc. (L’usage est d’écrire avec majuscule et trait d’union quand la région a un statut administratif ancien ou moderne : la Basse-Lorraine, mais le bas Lubéron.)

    Le nom de Haute-Guyenne a été donné en 1779 à une circonscription expérimentale conçue par Necker, correspondant à la généralité de Montauban et remplaçant les États provinciaux : Rouergue, Quercy et vicomté de Turenne (ce qui montre que la notion était susceptible de restrictions). Auparavant Basse- et Haute-Guyenne se répartissaient les pays de l’immense généralité de Guyenne. À la Haute-Guyenne sous la juridiction de Toulouse : les pays gascons du Sud-Est, avec l’Armagnac ; le Quercy et le Rouergue. À la Basse-Guyenne (vers l’estuaire et la mer) sous juridiction de Bordeaux : la Lande, le Bazadais, la Gascogne maritime, le Labourd, le Bordelais, le Condomais ; le Périgord, l’Agenais, le Limousin, la Saintonge. Cette construction consécutive aux annexions françaises fut bouleversée par l’établissement progressif des provinces. Le Limousin et la Saintonge accédèrent au rang de provinces, le nom de Haute-Guyenne devint un synonyme de Quercy. La Basse-Guyenne avait vécu.
    Cette désignation administrative de Basse-Guyenne n’aurait pas été possible si l’on n’avait eu la notion antique d’un haut et d’un bas, sans doute déterminée par le cours de la Garonne (voire les vents d’autan) : le vécu a précédé l’administratif. Elle reparaît de temps en temps et s’avère pratique pour nommer la « Guyenne gasconne », étant entendu que « Guyenne bordelaise » et « Petite Guyenne » ont des champs historiques beaucoup plus restreints (Bordeaux et les pays immédiatement voisins).

    Les défenseurs de la Guyenne gasconne, en Gironde, dans une partie du dépt des Landes et sur les rives de la Garonne, pourraient relever le nom de Basse-Guyenne, Baixa Guiana* pour nommer leurs régions.

    *ix ou x selon que i audible ou pas localement.




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