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Navèth nom !

 

Repertòris de conjugasons en gascon garonés e vasadés

Gaby BALLOUX - Daniel SERE - Nicole LAPORTE

lundi 9 octobre 2017, par Gaby

Regions de :

Auròs - Boglon - Cadilhac - Capsiuts - Castèth Gelós - Granhòs - Hoalhèrs - Lengon - Marmanda - lo Mas - Milhan - la Rèula - Sent Macari - Tonens - Vasats - Vilandraut



Grans de sau

  • Un grand merci à Gaby pour tout le travail qu’il abat depuis des années, avec beaucoup d’opiniâtreté et aussi de modestie.
    J’ai beaucoup aimé une des remarques qu’il fait, au sujet de l’accentuation rhizotonique des personnes 4 et 5. C’est un fait passé sous silence ou bien méconnu de la plupart des normalisateurs alors qu’il concerne plus de la moitié du domaine gascon et que beaucoup d’endroits de l’autre moitié connaissent le polymorphisme à ce sujet. C’est une des preuves de la grande cohérence et stabilité du gascon occidental face à l’émiettement des variantes orientales et surtout méridionales. Il suffit de consulter le volume 5 de l’ALG et observer la complexité des cartes vers le sud et le sud-est. Alors, quand certains normalisateurs mettent en avant des formes marginales en nous expliquant que ce doit être la norme, il est bon d’avoir des travaux de ce genre sous les yeux pour relativiser certaines affirmations.
    Ensuite, tout ce que nous pouvons faire aujourd’hui c’est ça, forger des outils en espérant que quelqu’un les utilisera un jour. Et surtout laisser la parole à tous ceux qui connaissent très bien la langue de leur terroir et qu’on n’écoute pas ou bien à qui on ne donne pas la parole parce qu’ils n’ont pas le titre universitaire qui convient. C’est bien dommageable. Félix Arnaudin serait méprisé par bon nombre d’universitaires aujourd’hui. Il l’était à son époque et en souffrait d’ailleurs. Et pourtant, quel fin connaisseur de son dialecte landais quand on lit les écrits de certains savant patentés de l’époque, qui écrivaient beaucoup de bêtises puisqu’ils se contentaient de leur savoir livresque et académique sans aller jamais sur le terrain.
    Je me souviens d’un ponte occitaniste, spécialiste ayant reçu le sceau de la faculté, grand spécialiste autoproclamé de l’ensemble du domaine d’oc, qui sait mieux parler gascon que les Gascons eux-mêmes et qui, un jour, s’est permis de railler avec beaucoup de mépris le "petit botaniste bordelais", en parlant de Gaby.
    Cette outrecuidance pourrait prêter à rire mais elle n’est pas du tout risible car elle est insupportable.
    Il faut donc travailler, produire, publier, donner à ceux qui sont curieux de la matière. Il faut que le plus large public ait accès avec facilité et gratuitement, si possible, à tous ces travaux.

  • L’opiniâtreté et la modestie avec lesquelles Gaby a réalisé ce gros travail de collectage et de mise en forme et dont parle Halip à juste titre, ne sont pas usurpées.
    Je me réjouis que nous soyons tous les trois, Gaby, Halip et moi, sur la même longueur d’ondes en ce qui concerne l’accentuation rhizotonique des personnes 4 et 5. Jusque dans le milieu des années 80 du siècle dernier, encore imprégné de la foi occitaniste, je pensais qu’il s’agissait d’une prononciation marginale, voire défectueuse, propre à la région marmandaise. Or, il n’en est rien car cette prononciation est un trait essentiel du gascon occidental même si, de façon sporadique, elle a pu être employée de concert avec la prononciation non-rhizotonique. Et ce n’est qu’à la suite de la lecture de documents épars dans les Per Noste de l’époque, de l’Almanach de la Gascogne de 1985, du volume 5 de l’ALG et, cerise sur le gâteau, de "Les veas de le lenga gascona", par Philippe Lartigue (Halip), édition de 1998, que j’ai eu la vision définitive de l’étendue géographique et non marginale de cette façon de prononcer en mettant l’accent tonique sur la première syllabe des personnes 4 e 5, non seulement au présent du subjonctif mais aussi au présent de l’indicatif.
    L’anecdote de Halip sur le mépris du monde universitaire pour les "sans-grade" n’est en rien une vue de l’esprit, hélas. Mais ne généralisons pas car s’il y a pas mal d’ânes et d’ânesses diplômé(e)s pleins de morgue et de mépris envers les pauvres bougres privés de titres, il y en a d’autres qui relèvent le niveau, bien qu’ils ne courent pas les rues.
    Si je voulais être méchant et sans crainte de m’attirer des histoires du genre tempête dans un verre d’eau, j’aurais moi aussi des anecdotes à ce sujet qui seraient une preuve de plus de ce mépris des gradés pour la valetaille censée être bête de nature, travers dont le milieu universitaire n’est pas, hélas, le seul dépositaire.
    Et je partage entièrement avec Halip son amertume au sujet du caractère insupportable de l’outrecuidance exercée à l’encontre du "petit botaniste bordelais". Mieux vaut être un petit botaniste intelligent qu’un grand âne (indûment ?) diplômé.

  • Comme il est agréable de te lire Daniel.
    Ainsi que je viens de l’écrire à Gaby, je soutiens toujours ceux qui travaillent sérieusement et qui savent de quoi ils parlent, titre universitaire ou pas.
    Il y a de tout chez les universitaires, c’est vrai, des modestes et d’autres beaucoup moins. Il y a aussi des faux modestes, qui jouent l’humilité mais ont une très haute opinion d’eux-mêmes. J’ai eu l’occasion de voir tout ça.
    Cependant, il ne faut pas non plus tomber dans une espèce de populisme démagogique et a priori anti intellectuels. Mais il faut reconnaître que, parfois, si vous n’êtes pas titulaire du bon diplôme, certains "saberuts" vous toisent, malgré des airs faussement amicaux et avenants. Je connais des amoureux du patrimoine, chercheurs autodidactes passionnés, dont les écrits et les recherches sont d’une grande qualité et même d’un haut niveau. L’exemple de Gaby est très parlant.
    Etre titulaire d’un doctorat, d’une agrégation ou plus modestement d’un DEA ou d’un CAPES (je parle pour moi. D’autant plus que mon DEA, pour sympathique qu’il est, n’a obtenu que la mention bien et je considère que seule la mention très bien est digne d’ouvrir les portes de la thèse), est la récompense de beaucoup de travail mais n’est pas l’assurance, ad vitam aeternam, d’une compétence incritiquable. Les universitaires et les profs disent et écrivent parfois des bêtises, aucun diplôme ne met à l’abri de ça. Ensuite, l’intelligence est de savoir reconnaître qu’on s’est trompé, même si celui qui formule la critique n’a pas fréquenté les bancs de la FAC.

  • Plan hèit, Gaby.E’ns poderés explicar mès au fons aquò de l’"accentuacion rizotonica" ?La mia biblia(wikipediana) qu’es muda a-d-aqueth perpaus.En beth leger lèu hèit lo ton document e lo pòst de Daniel(qui’m haso pensar un momentet qu’era un ahar de botanistas -sabs ,los rizòmes e atau - !) qu’èi comprès qu’au menx aquò que tocava las duas permeras fòrmas de l’indicatiu plurau ; arren mès ? Com e’s pòt explicar aquèth fénomène ? E n’esto pas jamèi comentat preus especialisteas deu gascon , tipe Rohlfs e autes ?

  • Bonsoir Gérard,

    Rhizotonique, un mot bien compliqué pour un phénomène bien simple d’accentuation tonique. Une petite explication :

    Allières y consacre une note dans l’A.L.G. où il énonce que la Gascogne, contre le reste de la Romania (hors roumain), connaît des flexions rhizotoniques aux présents de l’indicatif et du subjonctif des trois classes . Le maximum d’intensité de ce phénomène se
    situe en gascon occidental (hors le Bas-Médoc, le Bordelais, le Bas-Adour, la Gascogne méridionale et orientale) où l’on trouve même des impératifs forts . Voici comment se présentent les personnes 4 et 5 des verbes des trois classes aux temps concernés :

    Indicatif présent : càntam, càntatz
    crédem, crédetz
    bem, betz
    séntem, séntetz

    Subjonctif présent : càntim, càntitz
    crédim, créditz
    bim, bitz
    séntim, séntitz

    Subjonctif imparfait : canssim, canssitz
    cressim, cressitz
    sassim, sassitz
    senssim, senssitz

    Le gascon occidental possède un système verbal très homogène et, dans un but de normalisation, très simple. Accent tonique très stable,
    -i- généralisé au subjonctif.

    On oppose donc rhizotonie à téléotonie, c’est à dire :

    canti, cantas, cantam, cantatz, cantan

    C’est en fait la même accentuation qu’en français :

    je chant(e), tu chant(es), il chant(e), nous chantons, vous chantez, ils chantent

    Donc, le système accentuel du gascon occidental est très original et individualise encore un peu plus notre langue face au français, entre autres. Si on observe bien la carte ALG qui y correspond, on s’aperçoit que cette forme très gasconne et très originale est majoritaire, si on considère toutes les communes téléotoniques qui connaissent en fait le polymorphisme. Donc, en toute logique, la forme normée devrait être celle là.

  • Merci Halip, c’est très clair quoiqu’un peu perturbant pour moi qui ai toujours privilégié des formes occidentales dans mon gascon "commun méridional" sans jamais avoir repéré ce phénomène.Et a priori je partage ta conclusion qui ne sera pas facile à faire prévaloir.L’avenir le dira s’il y en a un.
    Question subsidiaire puisque tu connais-bien le basque:y trouve-t-on un phénomène analogue qui pourrait placer cette rhizotonie au rang des buttes -témoins d’ éléments grammaticaux communs aux deux langues ?

  • Gérard,

    Pour Allières, l’unification tonique du gascon occidental est peut-être à relier à la faible sensibilité des Basques à l’accent et il postule que, sous l’effet du substrat, les locuteurs du gascon occidental n’auraient pas adopté ou bien abandonné cette particularité (téléotonie) considérée comme étrangère. Il remarque que le maximum de cette unification tonique se retrouve en gascon "noir". Il relie aussi au basque la non fermeture, en position prétonique, des voyelles qui sont ouvertes en syllabe tonique comme dans le verbe còier/còser, phénomène se généralisant à tous les temps en allant vers le sud-ouest de la zone « noire ».
    Le basque entretient une relation particulière avec le castillan et surtout avec le gascon dans le domaine du vocalisme tonique puisqu’il ne possède que trois degrés d’aperture dans la série palatale et élimine l’opposition é-è. Il ne possède que deux lieux d’articulation, si l’on ne tient pas compte du souletin (très influencé par le béarnais qui possède un système à 4 degrés). Jacques Allières donne un tableau du vocalisme tonique dans son ouvrage Manuel pratique de basque et note qu’il possède « Cinq voyelles, comme en castillan (et en gascon occidental), réparties en trois degrés d’aperture et deux séries de localisation, palatale et vélaire ».
    Allières, toujours, jette un pont entre l’imparfait bref gascon des verbes de seconde classe -qui a une répercussion sur le conditionnel et a vraisemblablement mené à la création d’un nouveau prétérit modelé sur FUĪ- et le basque qui ne possède qu’un seul tiroir simple du passé au lieu de deux.
    Allières avait la double compétence basque-gascon, et nous savons à quel très haut niveau il l’avait. Il était membre de l’Académie de la langue basque et reconnu comme un éminent bascologue par les Basques eux mêmes. Jean-Baptiste Orpustan a écrit de lui : « ses ouvrages sur les Basques et la langue basque, mondialement connus, font et feront autorité, tout comme la description systématique de la conjugaison basque, qu’il fut le premier à formaliser avec la rigueur et la clarté voulues, ou ses comparaisons entre le basque et le gascon. »
    Donc, le gascon occidental et sud-occidental est resté le plus influencé par le substrat vasco-aquitain et il se prête bien plus à la normalisation que les variantes orientales, où règne un plus grand morcellement du fait de l’influence-interférence (qui désorganise et déstabilise le système gascon) de plus en plus marquée avec les dialectes languedociens beaucoup moins typés et originaux que ne l’est le gascon, surtout celui de l’ouest.

  • A tous

    Je vous invite à vous reporter à la carte ALG donnée par Gaby dans sa conjugaison garonnaise et bazadaise, celle qui traite de l’accentuation rhizotonique des personnes 4 et 5 au présent de l’indicatif. Regardez bien son aire d’extension, les zones où elle existe de manière hybride et aussi toutes les localités marquées d’une croix qui la connaissent en concurrence avec l’accentuation téléotonique. Tout porte à croire qu’il s’agit de la forme gasconne originelle et il est tout à fait incroyable que ce soit la téléotonie qui ait été choisie comme norme, en laissant croire bien malhonnêtement (sans doute dans un but d’alignement sur l’occitan) que la rhizotonie est marginale, ce qui est au mieux une grave méconnaissance du gascon et, au pire, un mensonge éhonté à des fins idéologiques.

  • Encore merci à Halip pour ces précisions ,pas faciles à comprendre immédiatement par des non-linguistes comme moi mais il faut bien dans de tels cas utiliser des mots précis,même d’accès difficile.
    Je n’avais pas vu les cartes de Gaby ;elles montrent malheureusement que ces phénomènes probablement originels et propres à la langue gasconne sont repérables essentiellement dans des zones où l’emploi de la langue n’est plus,au mieux, que très résiduel (centrées sur la Gironde hors bazadais ) ce qui rendrait difficile leur reconnaissance normative.

  • Gérard

    En ce qui concerne la rhizotonie, elle n’a absolument rien de résiduel. La carte ALG montre exactement le contraire. Elle est majoritaire, surtout si on considère la zone hybride et tous les points d’enquête téléotoniques où elle est connue. Regarde bien la carte dont nous parlons. Il s’agit de bien plus que la Gironde. Je crois que nous ne nous comprenons pas. C’est l’accentuation téléotonique qui est marginale en Gascogne et il est incroyable qu’elle ait été érigée en norme. Moi, en tout cas, elle ne me concerne pas, comme au moins 50% des Gascons, et je ne l’emploie pas ni à l’écrit ni à l’oral. Je ne vois pas en vertu de quel principe. Tout comme le V intervocalique prononcé B dans la norme alors que W est largement majoritaire en Gascogne (et même dans les zones reculées à gasconité maximum). Ou encore prendre pour norme les conjugaisons -ava- face à -èva-. En vertu de quel principe la norme devrait être béarnaise (ou un simili béarnais de cuisine. Et d’ailleurs, quel béarnais ? Ca existe LE béarnais ?) contre 80% du domaine gascon ?
    Que les béarnais normalisent leur dialecte, soit. Mais quand il s’agit de normalisation du gascon dans son ensemble, on tient compte de toute l’aire linguistique, même si les zones les plus conservatrices sont à privilégier face aux zones marginales. Et le Béarn n’est pas la zone la plus conservatrice, comme le prouve par A+B l’ALG. On normalise sur des critères objectifs et scientifiquement étudiés, par sur des présupposés plus ou moins légitimes. Quant à l’aspect résiduel de la pratique du gascon, le Béarn ne me semble pas en très bonne forme. Je vous mets au défi, à Pau par exemple, d’entrer dans 20 boutiques, de vous adresser en béarnais au commerçant et d’attendre qu’il vous comprenne puis vous réponde. Dans la rue, adressez la parole à 100 personnes et vous me direz combien vous ont compris et répondu. Donc, la supposée pratique de la langue en Béarn reste une vue de l’esprit et utiliser cet argument pour justifier le béarnocentrisme est insuffisant. Mais je sais que tu n’es pas un grand fan de ce béarnocentrisme et que tu as une vision bien plus large du gascon dans toutes ses variantes, dont aucune n’est illégitime et dont chacune devrait apporter sa pierre à l’édifice. Bon, il faut tout de même que je corrige mes paquets de copies parce que la journée va finir et ce ne sera pas fait.

    Bonne journée à tous.

  • Halip,

    Merci beaucoup pour ces précisions que j’aurais eu du mal à formuler aussi bien que toi.
    Je tiens à te dire combien j’approuve ce que tu dis à propos de la rhizotonie. Je la pratique depuis longtemps lorsqu’il m’arrive d’écrire en gascon, non pas tant parce qu’elle était en usage à Marmande et ses environs, mais parce qu’à mes yeux c’est la meilleure candidate à des fins normatives.
    Or, si nous tenons à ce que le gascon ne disparaisse pas complètement, la moins mauvaise façon serait de lui donner une forme normée, standardisée, susceptible d’être enseignable et enseignée comme toute langue digne de ce nom. Et je vois très bien le gascon sud-occidental comme bonne base de cette langue à naître, avec bien entendu la participation des autres dialectes.

    Gérard,

    C’est exact que ces phénomènes typiquement gascons sont repérables essentiellement dans une zone où la langue n’est plus que très résiduelle (doux euphémisme) mais existe-t-il encore un seul endroit de nos jours où le gascon soit pratiqué d’une manière autre que résiduelle, voire "très résiduelle" ?
    Si l’on se base sur ce critère de résidualité, alors nous pouvons abandonner d’ores et déjà tout espoir de normalisation ou de standardisation du gascon.

  • Je suis bien d’accord avec vous tous, si ce n’est que, pour bâtir une norme gasconne, je verrais plutôt un gascon central (Bazadais-Albret-Marsan-Armagnac), pour avoir une proximité avec le maximum de dialectes.

  • Gaby, quand tu mets le dialecte bazadais et celui de l’Albret dans le gascon
    central, j’ai quelques doutes sur leur haut degré de centralité. Par contre pour le gascon du Marsan et celui de l’Armagnac, je suis d’accord. Personnellement je n’ai rien contre un gascon central mais alors avec la prononciation occidentale et la conjugaison rhizotomique. Il n’y aurait rien d’incongru à bidouiller un truc de ce genre. Lorsque l’allemand a été normé et standardisé, ce fut sous une forme centro-méridionale avec la prononciation des dialectes du nord.

  • Je pense avoir bien compris ce qu’écrivait Halip au sujet des cartes de Gaby.En effet la plupart des phénomènes observés dépassent les parlers girondins et parfois forment bien la majorité de la superficie des pays gascons (et la majorité des communes). Mais ils semblent surtout représentés dans des pays où la langue est à peine résiduelle(Gironde hors Bazadais) et /ou la population est bien clairsemée(nord des Landes).
    Une précision : j’entends par non résiduel ou moins résiduel : un peu plus d’usage dans le monde rural certes, pas dans les villes grandes ou moyennes ( Pau n’est pas mieux loti que Tarbes, Dax ou Auch) mais aussi une utilisation emblématique à laquelle on se réfère plus ou moins et aussi une présence spécifique de la langue comme dans le chant choral. De ces divers points de vue le Béarn est quand même mieux loti que les pays girondins par exemple mais aussi sans doute landais , marmandais ou armagnacais.Il faudrait y ajouter la densité d’œuvres publiées et le nombre de militants de la langue ;là aussi le Béarn a je crois un avantage.
    Finalement trois critères possibles s’esquissent pour l’émergence d’une forme à peu près commune :
    - l’authenticité gasconne pour laquelle nous nous accordons à donner une prime aux formes sud-occidentales ,
    - le caractère plus ou moins résiduel de l’emploi de la langue dans le secteur géographique considéré
    - la centralité géographique mentionnée ci-dessus.

    Que valent ces trois critères ?

    Le premier court le risque d’être considéré comme discriminant abusivement tout le nord et l’est gascon au nom d’une hyergasconité réelle ou supposée.Il a cependant pour lui des réalités avérées par les linguistes les plus sérieux.Il parait bien être une pierre d’angle d’un éventuel gascon commun ;
    - le second est de nature à faire grincer des dents hors Béarn c’est-à-dire dans la grande majorité des pays gascons mais comment ignorer les rapports de force dans ce domaine comme dans d’autres ? Ce gascon commun n’a des chances de voir le jour et d’être largement accepté que ‘il l’est en particulier en Béarn ,pays dont on connait l’attachement acharné à son particularisme ;il ne faudrait pas un jour se retrouver avec deux normes ,l’une pour un gascon général,l’autre pour le béarnais (cf ce qui est arrivé pour d’autres raisons au néo-norvégien …).Bref je ne crois personnellement pas à un gascon commun trop fortement éloigné de la « koiné » béarnaise.Mais où commence le « trop » ?
    - le troisième aurait beaucoup plus de poids si l’emploi de la langue était encore important voire massif ;il s’agirait de ne mécontenter gravement personne parmi les nombreux locuteurs .Bien qu’on n’en soit plus du tout là,je pense que c’est quand même un argument de bon sens :des normalisateurs devraient avoir constamment en tête les solutions de ces parlers centraux (dont la définition devrait se fonder sur une observation affûtée de l’ALG).
    Mais ce critères suffisent-ils ? Il me semble qu’en tout état de cause ,les parlers les plus périphériques ont à apporter à l’affaire,ne serait-ce que dans leurs vocabulaires spécifiques voire uniques :pour périphériques qu’ils soient les parlers du pays de Buch et de la vallée de la Garonne charroient par exemple tout le vocabulaire maritime, celui de la flore et de la faune de ces territoires,inconnus ailleurs le plus souvent.De plus Gaby a fait plusieurs fois remarquer les capacités de création adjectivale des parlers girondins qui pourraient enrichir le vocabulaire commun de bien des nuances.
    Reste à trouver l’aréopage de linguistes reconnus par tous et légitimes pour ce travail ; ce n’est pas la plus mince affaire !

  • La zone 7 de la carte des dialectes gascons, qu’on trouve sur ce site, semble être tout à fait appropriée pour servir de base à une norme gasconne.
    On peut cependant très fortement douter de l’émergence de ce gascon normé et redouter que c’est une espèce de gnirgou pseudo-béarnais de pacotille (mal compris et mal maîtrisé à l’écrit comme à l’oral, parfois par ceux-là même qui le promeuvent) qui continuera à être imposé à la totalité des Gascons, de Soulac à Gavarnie et de Mimizan à Colomiers, par leur faute d’ailleurs.

  • Danièl :

    Certes... alors disons ’’central’’ au sens géographique. Cela dit, le bazadais tel que décrit par Vigneau à la fin du XIXe s. est un gascon quand même assez typé (mis à part l’absence de l’énonciatif ’’que’’ ou encore le prétérit en ’’-t’’). On y trouvait en effet des mots comme ’’pr’amor, pujà que’’, des ’’arr-’’ à foison, des ’’h’’ bien aspirés, des conjugaisons pas périphériques pour deux sous (’’estoi, pòts, voi, respóner’’)... Mais pourquoi pas se baser avant tout sur le Marsan / la Petite Lande, avec lou Moun comme ville centrale de la Gascogne : je crois bien que c’est un secteur avec la finale -a prononcée ’’e’’, les subjonctifs en -i- et les conjugaisons rhizotoniques et en ’’-ar’’>’’-èva’’ (comme à l’ouest), mais avec -s- dans ’’díser, vàser’’ et des conjugaisons en ’’-er’’>’’-èva’’ (comme à l’est).

    Mettons maintenant cela en pratique en comparant le gascon ’’référentiel’’ et le gascon central que je propose :

    REF. // CENTRAL :
    abòr(r) // bassa
    civada // civasa
    qu’avetz // qu’atz
    qu’ajas // qu’augis
    escoba // bareja (ultra-majoritaire... en languedocien aussi !)
    hèra // -> là c’est plus compliqué : ’’hòrt’’ à l’ouest, ’’redde’’ à l’est : un polymorphisme à garder ?
    escone’s (ultra-minoitaire bigourdan !) // s’estujar
    cadièra // cadèira
    camparòu (nettement oriental !) // ceth (/cep)
    calicas ? (je n’ai pas le dico de Per Noste sous la main) / cochicas
    coja // cuja
    dar // balhar
    dimèrcs (très minoritaire) // dimècres
    puishque // pusque
    volerí // vorrí
    ...

    Essai avec la parabole :

    1) Dans mon dialecte :
    Un òme avèva dus goiats. Lo pus june dishut a son pair : Fau que pusqui me’n anar e que vegi país. Partatjatz vòste ben e balhatz-me çò que divi auger. - Ò, mon dròlle, dishut lo pair, coma vodràs. Ès un meishant e seràs punit. Apui dubrit una tireta, partatgèt son ben e ne’n hasut duas parts.

    2) En béarnais de fac :
    Un òmi qu’avè(va) dus gojats. Lo mei joen que digó au son pair : Que cau que posqui me’n anar e que vedi país. Partatjatz lo vòste ben e datz-me çò que devi aver. - Òc, mon dròlle, digó lo pair, com voleràs. Qu’ès un maishant e que seràs castigat. Puish qu’obrí ua tireta, que partatgè lo son ben e que’n hasó duas parts.

    3) En gascon central :
    Un òmi qu’avèva dus goiats. Lo mèi joen que .... a son pair : Que cau que posqui me’n anar e que ... país. Partatjatz vòste ben e balhatz-me çò que devi aver. - Ò, mon dròlle, ... lo pair, com vorràs. Qu’ès un maishant e que seràs castigat. ..... aubrí/aubric ua tireta, que partatgè(c) son ben e que’n ...... duas parts.

    (On voit d’ailleurs que les 2 derniers ne diffèrent pas tant que ça, ce qui peut te plaire, Gérard)

  • Je suis tout à fait d’accord pour un gascon "central" au sens géographique, c’est-à-dire celui de la zone 7 délimitée par Halip.
    C’est, en effet, celui qui pourrait servir de base pour élaborer un gascon référentiel, normé, standard. Et si chacun de nous pouvait apporter sa petite pierre en toute modestie et humilité, petit à petit nous pourrions contribuer à créer un bel édifice autre que le simili-béarnais de fac.
    Sachant, bien entendu, qu’un certain nombre d’entre nous n’aura jamais la possibilité d’en voir l’aboutissement si aboutissement il devait y avoir.
    Les contributeurs les plus mis à contribution étant alors, bien évidemment, les gens de cette aire dialectale centrale qui auraient encore une bonne connaissance des parlers usités naguère dans cette zone. Mais je crains que ce ne soit beaucoup demander de nos jours...

    Pour faire écho à ton essai avec la parabole, voici la version que j’en donnerais en "marmandais" :

    Un òme avèu’ dus goiats. Lo pus joen digot a son pair : Fau que posqui me’n anar e que vesi de peís. Partatjatz vòste bien e balhatz-me çò que divi àuger. - Ò, mon dròlle, digot lo pair, coma vodràs. Sès un meishant e seràs punit. Pui drubit una tireta, partatgèt son bien e ne’n hasot duvas parts.

    Pour finir, une petite digression au sujet de la "centralité" de certains mots. Tu cites comme "centrale" la forme civasa. C’est discutable car en marmandais, parler périphérique s’il en est, je me souviens fort bien qu’on disait la civada et pas la civasa. A moins que les deux versions n’aient été concurrentes dans cette région garonnaise ouverte à tous les vents, ceux du nord, du sud, de l’est et de l’ouest. Mais si tel était le cas, je n’en ai pas le moindre souvenir. Peut-être que ceux qui ont la chance d’avoir l’ALG sous la main pourraient nous éclairer au sujet de la répartition géographique de civasa et de civada. Il y aurait, je pense, des études à faire sur la mutation du -d- roman intervocalique en -s- dans notre gascon occidental, tout en gardant à l’esprit qu’une aire dialectale, un dialecte, un sous-dialecte, un micro-dialecte (un parler local) n’ont absolument rien de monolithique ni de découpé à l’emporte-pièce.

  • Justement, d’après l’ALF (voir en ligne), civasa est la forme centrale et civada, shovada sont plus périphériques. En Bazadais on dit ’’ciwaze’’ et Masson disait ’’cibaze’’, mais aux Esseintes ’’cibade’’. Je pense que si les formes en -ada existent ailleurs qu’en gascon maritime, c’est parce que cela vient de -ata latin et pas d’un s, c, d o qué sabi. Halip nous dira ce qu’il en pense !

  • Que sui desolat mes que n’èi un sadoth de pleitejar causas dijà batudas e arrebatudas sus aqueth site...

  • Aquera pleitejada n’es pas mèi obligatòria que las autas ,Renaud .Que pòdes parlar de çò qui vulhis aqui e deixar aus autes çò d’aute.

  • Je vais répondre comme Renaud. Je n’ai plus envie de perdre de temps avec ça.
    Rien de personnel Gaby, tu t’en doutes bien, mais ça ne m’intéresse plus.
    Je pense avoir fait ma part et je passe à autre chose pour ça, pour la carte et tout le reste.
    Je pense que je n’interviendrai plus sur aucun sujet.

  • En ce qui me concerne, je n’aurai vraiment fait ma part que lorsque j’aurai terminé ce projet (à long terme) de dictionnaire de garonnais/bazadais qui se veut complet et collaboratif (je l’ai interrompu il y a plusieurs mois et ne le reprendrai sérieusement que dans plusieurs mois), ainsi que des collectages (j’ai des pistes en val de Garonne, Bazadais, Duraquois, voire Benauge). Mais autrement, je suis d’accord avec Halip : je ne me fais aucune illusion sur le devenir du gascon, de l’occitan, de la Gascogne, de la Guyenne et de leur culture. Nous qui avons une réflexion sur l’ancrage territorial d’un ensemble langue-culture-mode de vie (hum, ce n’est peut-être pas clair) , nous nous comptons sur les doigts de la main. Si j’ai des enfants, je leur transmettrai mon gascon garonnais large mais en sachant que ça ne leur servira à rien dans la vie, sinon à parler entre nous pour ne pas être compris.

    L’avenir, dans quelques décennies, ce sera un petit noyau d’occitanistes (dont la profession sera en lien avec l’occitan) avec une langue de plus en plus uniformisée par le bas et ’’déterritorialisée’’, quelques manifestations folkloriques, quelques calandretas et sections bilingues hétéroclites qui feront la fierté desdits occitanistes, quelques panneaux bilingues que 0,0001 % des gens sauront prononcer... L’accent se perdra (moi-même, étrangement, j’ai un accent plus limousin que girondin), les autochtones diront tous ’’Saint-Pé-d’Castè’’, ’’P’tit Piqué’’, ’’Sondès’’ (Sendets) et autres ’’Côtrè’’ (Cauterets), La tradition des chants polyphoniques perdurera peut-être davantage.

    Mais je ne fais que répéter ce que nous pensons tous ici, n’est-ce pas (au moins les plus pessimistes mais réalistes).

    Il m’arrive souvent, pour ne pas dire tout le temps, lorsque je participe à des actions gasconistes ou occitanistes même fort intéressantes et agréables, de me dire : Mès qué foti achí ? A qué sèrv ? Qué cambiarà ? Concernís pas digun ! etc. Cela me met mal à l’aise, me fait réfléchir, de passer une grande partie de son temps à faire des choses plaisantes mais inutiles.

    Voilà voilà.

    Passer à autre chose... Je n’attends que ça : d’avoir un boulot stable, de préférence dans un parc naturel régional où l’on peut oeuvrer pour le développement local. En attendant, je continue mes recherches gascono-guyennaises pour faire partie de ceux (comme Halip, Renaud, Tederic, les Fénié, A.Viaut, P.Lavaud...) qui laissent quelque chose pour les générations futures d’occitanistes s’ils daignent s’y pencher, et pour que ça rejoigne le domaine public sinon (archives départementales...).

  • Devant cette épidémie imprévue et soudaine de défaitisme absolu ( c’est quoi, la pleine lune, l’équinoxe qui approche ?) ,je propose à notre cher webmestre de fermer définitivement gasconha.com puisqu’aussi bien rien ne sert à rien.Je vais m’intéresser dorénavant au seul chant choral et oublier tout cela .S’il me reste un peu de temps je vais essayer de boursicoter ce que je n’ai jamais sû faire (et qui m’emm... de toutes façons mais c’est sans doute plus normal que s’intéresser au gascon en ce XXIè siècle) et , tè , pourquoi pas aussi, réapprendre le bridge pour la quatrième fois depuis l’âge de 18 ans.
    Bon dessèir !
    GSG

  • Allons Messieurs , ne perdez pas courage , nous sommes plus nombreux qu’il n’y parait . Vous êtes les meilleurs d’entre nous , c’est vous les gardiens de la flamme : tâche ingrate et sans fin ...Permettez que nous vous en remercions , et surtout continuez sans faiblir , car vous nous êtes indispensable .Merci encore .

  • Si ce n’étaient les documents amassés depuis des années sur ce site que Tederic a eu le grand mérite de créer et de faire vivre, je lui conseillerais de le clore définitivement car même les plus intéressés par le fait gascon baissent les bras, moi y compris.
    C’est un truisme de dire que le gascon, l’occitan, tout ça ne sert à rien dans la vie. Mais combien de choses servent-elles réellement dans la vie si l’on se cantonne à la dimension strictement matérielle et utilitaire ?
    Je comprends que Renaud et d’autres en aient marre qu’on ressasse toujours les mêmes choses. C’est pourquoi dorénavant si je veux m’adresser à quelque amateur de la chose gasconne comme Tederic, Halip ou Gaby ou d’autres encore s’ils le souhaitent, je le ferai en privé afin de ne pas importuner qui que ce soit sur ce site que je ne manquerai pas néanmoins de consulter quotidiennement tant qu’il existe encore.
    Désormais, si j’en ai le temps et l’opportunité, je me consacrerai à l’étude du gascon de la zone 7 si bien délimitée par Halip, relire encore et encore les écrits de ce dernier sur le gascon occidental, correspondre avec Gaby s’il juge que ça puisse encore lui être utile, et vogue la galère.
    Avant de quitter les lieux, je tiens à adresser un grand merci à Tederic pour son site qui aurait pu perdurer si le fait gascon reposait de nos jours sur quoi que ce soit de tangible.

  • Pour ceux qui tomberaient par malchance (per mauescasença !) sur le passage du gran de sau précédent où Daniel parle de Gasconha.com "qui aurait pu perdurer" :
    Gasconha.com perdure et devrait perdurer !
    C’est si la Gascogne et le gascon se portaient bien qu’on pourrait l’arrêter...

  • Pardon, Tederic, pour m’être exprimé comme un pied au sujet de l’avenir du site. Si tu veux tu peux détruire mon message aussi inutile que dérisoire. Je te souhaite néanmoins un bon dimanche ainsi qu’à tous les participants de Gasconha.com.

  • Bonjour,

    J’ecris ce message juste pour exprimer le fait que j’aime fréquenter ce site, comme sûrement beaucoup d’autres qui ne participent pas de façon active, mais suivent (en silence) les discussions et les articles de gasconha.com.

    Dans mon cas par exemple, trentenaire et très débutant en gascon, c’est dur de trouver des ressources "fiables" ou basées sur d’autres parlers que le béarnais, comme le landais du Marensin et des alentours par exemple (j’attends d’ailleurs avec impatience le livre de Renaud Lassalle !).
    J’ai telechargé les applications pan-occitanes dicod’oc, le dictionnaire me semble très bien car il comporte, entre autres, le dictionnaire de per noste... mais en ce qui concerne les conjugaisons (l’application vèrb’oc), il y a des choses qui me paraissent étranges comme le fait qu’ils mettent deux variantes pour le verbe aver à l’imparfait (avèvi / aví) ; par contre ils ne proposent que avem et avetz aux 1pp et 2pp mais pas am et atz. Bref, c’est un véritable labyrinthe pour celui qui veut s’y mettre.
     
    Sinon, Je trouve intéressant ce débat entre gascon "normé" et gascon "local" car il faut une porte d’entrée pour les apprenants comme moi, mais laquelle ? Et, d’autre part, il y a très peu de "modèles" ou de médias autres que les gascons les plus méridionaux (radio pais ...) si on veut écouter d’autres variantes comme le landais maritime / negue, etc. Bref, c’est compliqué !!!

    À mon avis, il faut savoir être souple - et pas psychorigide - par rapport à ce genre de questionnement en regardant ce qui se passe par exemple au pays basque. Les euskaldun berri ("nouveaux bascophones") commencent dans la majorité des cas à apprendre le Batua (basque unifié) mais rien ne l’empêchera ensuite d’utiliser des systèmes verbaux ou expressions plus propres au pays basque nord, en l’occurrence ceux du bas-navarro-labourdin qui sert, en pratique, comme "norme" en pays basque nord, à la radio ou dans les discussions de tous les jours.

    Voilà, désolé pour ce message confus et merci pour ce site à qui je souhaite une longue vie !

  • E bé, entenut, Tederic ! Après tot, qu’as rason : çò de dit qu’es dit.
    Que i a una auta vita après una Gasconha chimerica, fantasmada e fantomatica coma l’arlesiana de Biset.
    Après l’occitanisme, adara que vau díser adiu au gasconisme. La vita es fugaça e n’èi pas enveja de me l’abracar mèi.
    Bon coratge e bon vent !

  • Entà abracar los arrecasts que veden ací suu site, que’m pensi quauques personas qu’an lo sentit de tornvirar. Pleitejadas sus le normalisacion, sus le dialectalisacion, n’am dijà avut a hinda-handa. Com ic disè Halip, totas les manèitas qu’am ací entà har un tribalh deus grans.

    Je dirais, sans vouloir aucunement porter atteinte à Tederic et à son travail gigantesque, que le site est un peu victime de son côté "horra-borra". Ne pourrait-on pas faire comme un sélection des contributions les plus essentielles ? Par exemple, d’avoir au même endroit, toutes les contributions à télécharger (manifeste gascon, cartes toponymiques, études des dialectes, mémoires) au lieu de les avoir noyées dans la masse ? Bien-sûr, c’est très facile à dire étant donnée que je manie pas l’informatique...

    • Adiu Renaud !

      Les contenus de Gasconha.com sont classés par rubriques et sous-rubriques, et étiquetés par des mots clés (voir les deux lignes d’icônes en bas de page : la première, ce sont des mots-clés, la deuxième les rubriques).
      Parmi ces mots clés, il y a les mots clés de punts comunaus/pays qui forment une arborescence de pays (à peaufiner), et qui permettent d’étiqueter les contenus qui se rattachent précisément à une commune, un pays mineur ou majeur...

      Mais pour chercher dans une grande masse de documents, rien ne vaut la recherche dans le texte intégral du contenu.
      Celle-ci est permise par la zone "Rechercher" en haut à droite des pages du site.
      A ce sujet, il faut se rappeler que les documents genre .pdf ou .docx ne permettent pas ce type de recherche sur Gasconha.com. Pour ceux-ci, elle se limite aux titres et aux textes d’accompagnement.
      Mais de toute façon, cet outil de recherche interne au site Gasconha.com est assez fruste, et je vous suggère d’utiliser à fond les moteurs de recherche les plus puissants, comme Google : en rajoutant "Gasconha" ou (encore mieux) "Gasconha.com" à votre recherche, vous avez de bonnes chances de trouver ce que vous cherchez sur Gasconha.com.

      Ensuite, la souillarde du site a son propre moteur de recherche, et aussi son arborescence selon de nombreux critères.
      Mais hélas - et c’est un gros souci - sa partie "Documents", donc sa "médiathèque", n’est pas correctement accessible par les non administrateurs.
      Voici un point que je voudrais résoudre : faire que les auteurs non administrateurs, et en fait tous les inscrits au site, puissent y accéder ! (j’ai déjà cherché mais n’ai pas trouvé).

      Donc (hélas encore !) pour les administrateurs seuls :
      Dans la souillarde par le menu déroulant Edition, si vous choisissez Documents, vous accédez à la médiathèque.
      Là vous pouvez affiner votre recherche selon de nombreux critères.
      Vous avez par exemple une première répartition par médias :
      Tous les médias
      Images (7103)
      Bandes-son (1269)
      Séquences (0)
      Autres (124)
      Si vous choisissez "Autres", vous tombez sur les documents .pdf, .rtf, .docx etc... ces documents même qui ne sont pas directement cherchables en texte intégral par le moteur interne au site.
      Vous pouvez choisir de les afficher d’un seul coup, sur une même page : http://gasconha.com/ecrire/?exec=documents&media=file&debut_galerie=-1#pagination_galerie

      Donc, il reste beaucoup à faire, et je remercie Renaud de m’avoir aiguillonné !
      Comme tous les outils, ceux de Gasconha.com sont imparfaits, mais il faut aussi apprendre à les manipuler.
      Il m’arrive souvent de rechercher un contenu que je sais exister sur Gasconha.com, et de ne pas le trouver du premier coup.
      Mais connaissant (et encore pas parfaitement) la "panoplie", je finis par y arriver, en général.
      Mais je le répète, les outils de recherche grand puplic marchent très bien sur Gasconha.com, si on rajoute le mot gasconha aux mots de la recherche.
      Exemple :
      Je viens d’essayer à l’instant une recherche bazadais gasconha par Google :
      Les 6 premiers liens et les 5 premières images données par Google sont de Gasconha.com !

      Enfin, je vois Gasconha.com comme un site généraliste, et je l’ai toujours voulu grand public (sans transiger sur la qualité), même si ça n’empêche pas qu’il serve aussi à des chercheurs.
      Un de ses grands principes d’accès, c’est la promenade en sautant d’un contenu à un autre, d’un mot à un nom gascon, puis aux lòcs qui portent ce nom, puis aux contenus qui ont le même mot-clé ou la même rubrique que ce lòc, etc.

      C’est moi qui réponds ici, parce que j’ai fondé le site et je suis encore (de fait) responsable de sa conception, y compris bien sûr de ses défauts de conception, tout en étant maintenant accompagné par 3 autres administrateurs.

      Mon intention pour le devenir du site est de continuer à le simplifier. Mais je souhaiterais qu’on garde ce qui fait à mon avis sa force : les liens entre les mots gascons (paraulas), les noms gascons, les lòcs, qui permettent des allées et venues infinies dans le monde gascon, avec sa langue d’origine comme liant.

      JPEG - 78.4 ko
      Liens entre les principaux objets de Gasconha.com (2017)
      Je prétends qu’un des points forts de Gasconha.com se situe ici !
    • Que torni sus l’accès au contengut de Gasconha.com :

      Les contribution à télécharger dont parle Renaud sont dans le site sous quelques principaux formats : .pdf, .docx, .doc, .txt...
      Or, par la zone de recherche de Gasconha.com (en haut à droite), en mettant par exemple .docx comme mot de recherche, on a dans les résultats, colonne de droite, les documents de ce format.
      Si on clique alors en bas de cette colonne sur "Afficher tout", la colonne les affiche tous, par exemple :
      - les 51 documents .pdf
      - les 31 documents .docx

  • 1) la forme normée d’une langue, arbitraire, est une référence admise. Cependant, si on enseigne le King’s english, l’anglais réellement parlé est bien autre chose.

    2) pour nombre de langues, surtout en pays germaniques et italiques, la "haute langue" coexiste avec les parlers, parfois codifiés. Le napolitain, le Schwytzer-Ditsch étaient naguère très employés. La diglossie est normale suivant les cercles d’appartenance (situation totalement exclue dans le système français).

    3) Si le gascon avait continué sa vie de langue sociale et bénéficié d’un Etat aux XIXe et XXe ss, la langue se serait régulée a) par le jeu des relations humaines, b) par l’intervention des institutions. Cette action normative spontanée et/ou volontaire aurait eu à tenir compte du terrain et des opinions, notamment du poids des écrivains. On aurait assisté à des conflits. Mais à la fin, une norme scolaire et médiatique (deux pôles différents en principe) se serait imposée par nécessité.

    4) Auraient joué inévitablement : le poids d’une ville comme Bordeaux, le poids des villes moyennes, les migrations intérieure de la Montagne et des Landes vers le nord, le poids des "Sudistes" dans la fonction publique, les Eglises...

    5) La graphie aurait-elle suivi la norme ancienne (Lespy), la norme des Reclams, la norme IEO, ou autre ? Là aussi il y aurait eu conflits et résolution.

    6) Mais cela suppose plus d’un siècle de maturation qui ne s’est pas faite, sinon par approximation et sans emprise sur la société.

    7) L’avenir du gascon est qu’il survivra aussi comme langue mythique, ce qui est un aspect qu’il ne faut pas négliger.
    Si des écoles bilingues n’ont pour fin que de transmettre une langue qui ne se reproduit pratiquement plus et n’est plus langue sociale depuis des décennies (même au niveau de la commune), leur avenir est limité.
    Un enseignement scolaire minimal mais généralisé du gascon n’étant pas envisagé, on voit que le moteur de ces écoles devrait être la défense et l’illustration du pays (même en français). Or la notion d’Occitanie une (i. e. peuple occitan, etc.) fait écran à l’identification d’une Gascogne qui aurait retrouvé sa nationalité. C’est connu et commenté sur ce site (cercatz), pas la peine d’y revenir.

    8) Historiquement les langue unitaires se constituent par la prépondérance d’un dialecte sur les autres (cas du grec, du néerlandais, du tchèque) plus ou moins amendé par les grammairiens (d’où parfois des bidouillages et des fautes de dictionnaires partout). Ne parlons pas des variations graphiques (tchèque, hongrois, polonais, lituanien). Quand au français, c’est le comble de l’artifice.
    Les grandes langues normées qui nous apparaissent impeccables sont pleines d’aberrations masquées par l’habitude.

    9) Le gascon de référence est nécessaire, ne serait-ce que pour les étudiants. Surtout pour la conjugaison.
    C’était assez le projet de M. Grosclaude : langue "moyenne" à chercher entre Pau et Mont-de Marsan, Dax et Auch. Même si le vocabulaire doit être pris partout.
    Pour apprendre une langue dans l’état du gascon, il n’y a que deux solutions : a) soit partir d’un parler vivant, soit d’une langue normée de référence, et aller ensuite de l’une à l’autre de ces deux ressources. Ce qui suppose des outils (simples, pédagogiques) tel que *"de la langue standard aux parlers", ou *"du parler de X à la langue commune". Il est évident que la confection de tels manuels demanderait de bons connaisseurs qui puissent répondre clairement aux demandes de fond :"pourquoi dit-on... alors qu’on écrit...?" "Ici on dit..., est-ce une faute ?" Questions lassantes certes, mais de fond.

    Il est donc indispensable que ceux qui sont bien informés fassent passer aux autres leurs savoirs. Un bienfait n’est jamais perdu.

    Un très grand merci donc pour vos commentaires et explications.

  • Je suis de ceux qui pensent que c’est la vitalité d’une langue qui mène à sa normalisation, et non l’inverse. Aucune normalisation du gascon ne mènera à son renouveau, donc pourquoi normaliser, finalement ? (À part pour s’adonner à un exercice intellectuel tout à fait sympathique) Par contre, des actions pour développer la culture gasconne me semblent judicieuses, et l’intérêt pour la langue viendra après...ou pas

  • Absolument d’accord avec la dernière remarque non signée (33).

    Merci de ce long exposé Tederic !

  • Per díser : " Cada còp qu’un poder per la fòrça s’es establit, qu’una fòrça s’es installada e qu’una majoritat vèn pesar sus las espaulas e sas esprits ; cada còp qu’un punhat d’òmes en quauque lòc, qu’un quite òme sol se senten devenir los mens fòrts ... la Libertat se bota en camin ..." Marcèu ESQUIEU

    • Lo Bèth, n’èi pas tot comprès dens la citacion d’Esquieu : "los mens fòrts" o "los més (mei) fòrts" ?

      Mais je voulais dire à tous, devant les réactions défaitistes d’hier :
      Nous - nosauts - qui voulons sauver quelque chose de notre héritage gascon, sommes tout petits par rapport à au moins deux forces qui nous sont contraires :
      - la volonté d’uniformisation de l’Etat français, que je nomme "le jacobinisme", mais qui était déjà en germe dans l’Ancien régime ;
      ex : pas de TV ou de radio publique vraiment régionale, pas de droit de cité public pour les accents non standards ; toute affirmation identitaire régionale est suspecte, ridiculisée ou stigmatisée...
      - le soft-power anglo-américain.
      ex : dans les villages gascons, c’est la danse country qui est en vogue ; les groupes de chanteurs jeunes chantent en anglais ; quand on cherche un nom de marque ou de groupe musical, on se tourne vers l’anglais...

      Ensuite, nous avons la chance d’être dans une société ouverte et pluraliste où les minorités ont droit à la parole et des espaces pour se faire entendre.
      Si notre discours est adapté, il peut gagner du terrain.

      Enfin, la vie a un sens si on défend ce qu’on pense et ce qu’on sent, sans attendre d’être populaire.
      « Résiste ! Prouve que tu existes ! »

      PS :
      Pour revenir sur la recherche dans le site Gasconha.com...
      Pour ceux qui veulent une longue - très longue - liste des contenus de Gasconha.com, cliquer sur "Plan du site" en bas de chaque page (ou http://www.gasconha.com/spip.php?page=plan) : la liste met une dizaine de secondes à se charger tellement elle est longue ; il y a beaucoup du contenu, des milliers d’items classés par rubrique et notamment les documents .pdf, .docx etc., sauf les grans de sau qui sont pourtant une part essentielle du contenu.

    • Per ço qu’es "d’un punhat d’òmes" :
      "i a quauquaurren que ditz a son còr e a sas tripas, quauquarren de doç e d’amar coma l’auba que les i ditz ; "Ganharam , pasque som los mens fòrts !"
      Marceau ESQUIEU

  • Tu écris, Tederic, que "notre société est ouverte et pluraliste, où les minorités ont droit à la parole et des espaces pour se faire entendre". Je mettrai de grosses réserves :
    - La société dans laquelle nous sommes a ses propres normes, qui ne nous sont pas favorables.
    - La notion de minorité y est utilisée de différentes manières, desquelles nous ne sommes pas les arbitres...
    - Elle n’est pluraliste qu’en apparence, elle tend vers la coercition et l’uniformité.
    - Nous sommes simplement tolérés.
    - Son ouverture interdit notoirement de "s’ouvrir à soi-même". D’où le carcan du basic english, qui est la nouvelle étape de l’aliénation.

    Liée à une société traditionnelle-rurale qui est morte, à un patrimoine relégué par l’ambiance actuelle (abolition des repères historiques, destruction des références chronologiques), à un monde qui est maintenant celui des "vieux" (on ne peut plus faire semblant de vivre dans les années 1960, ni même 1980), la langue ne peut guère changer d’image, à moins de retourner ce handicap.
    Ce n’est pas la langue qui sauvera le pays, c’est l’inverse, si elle est associée à des actions intéressantes. Mais les décideurs, ceux que la société suit, localement et plus encore au Centre, dans quel sens vont-ils ?
    "Les choses étant ce qu’elles sont", ce n’est pas une raison pour ne rien faire, bien entendu. Après tout, prenons la liberté de faire ce qu’il nous plaît.

    • Car PJM,
      J’approuve ta phrase
      « Ce n’est pas la langue qui sauvera le pays, c’est l’inverse, si elle est associée à des actions intéressantes. »
      C’est notre défi. Mais quelles actions intéressantes ?...
      A la base, nous sommes ici surtout des amoureux de la langue du pays, du gascon, quoi.
      Mais être amoureux de quelque chose qui semble devoir mourir, c’est démoralisant, et je pense que ça explique les réactions défaitistes qui ont été partagées ici récemment.
      Pour rebondir, il faut, à partir de notre amour - et de notre connaissance - de la langue, montrer et interpréter nos pays gascons.
      C’est ce que s’efforce de faire Gasconha.com depuis le début : vous avez remarqué que la rubrique langue n’est qu’une rubrique parmi d’autres ; on parle aussi sur ce site de maison vasconne, de paysages menacés, de courses landaises...
      Mais je remarque que c’est toujours la langue qui passionne ici. Il y a un danger : que ça nous coupe de la population, que ça fasse de nous des derniers mohicans qui ressassent le passé.
      La langue, oui, mais en interaction avec la vie de nos pays, au passé, au présent, au futur !

      Je passe du nous au je : quand je vois un ancien airial qui s’appelle "Paloumè"*,
      Paloumé
      parce que je sais le gascon, je sais que c’était peut-être un lieu où se plaisaient les palombes... Ces oiseaux sauvages avaient tant d’importance qu’ils pouvaient donner leur nom à un lieu, dans un monde où on n’était pourtant guère porté à la frivolité...
      Mais c’était aussi un lieu habité par l’homme. Qu’est-il devenu ? Pourquoi ces airiaux sont-ils devenus souvent des résidences secondaires, ou des résidences principales de gens qui travaillent à 30 km, gardées par des chiens méchants et des alarmes, quant ils ne sont pas abandonnés ?
      Est-ce que c’est définitif ? Est-ce qu’un jour, une vie économique complète y renaitra ? Qui viendra y habiter ?
      Est-ce qu’une nouvelle dynamique animera un jour nos campagnes ? Pouvons nous y aider ?
      Que de questions !
      Notre sensibilité pour la langue perdue devrait nous donner une sensibilité et un arrière-plan historique qui nous permette de relativiser les évolutions les plus récentes. Nous savons que des mondes peuvent disparaître, et donc que celui qu’on nous présente aujourd’hui comme inévitable disparaitra aussi...

      * Je vois que Google a déjà indexé ce lòc Paloumè que j’ai créé sur Gasconha.com il y a trois jours !

  • Le message 33 était de moi, j’ai oublié de signer !

  • Adixat,

    Tederic dit : "A la base, nous sommes ici surtout des amoureux de la langue du pays, du gascon, quoi."

    Beaucoup d’entre nous mais pas tous ! Je me permets de réagir car je ne suis pas dans ce cas. Je m’explique : j’adore le patois mais ce n’est pas ce qui m’a amené sur ce site, ni ma motivation principale pour y participer.
    Depuis que je fréquente gasconha.com, j’ai pu voir que la langue occupe beaucoup de place sur le site (plus comme objet que comme vecteur de discussion, paradoxe significatif et assumé -bon an mal an)). Régulièrement je lis l’un ou l’autre des intervenants dire qu’il est venu à la Gascogne en s’intéressant à sa langue.

    Cela ne me pose aucun problème et jusque là je n’ai jamais relevé. Je le fais ce soir, en me disant que peut-être c’est utile que vous sachiez qu’on peut s’intéresser à la Gascogne selon une approche où la langue n’a pas été le moteur principal...

    et peut-être portè-je témoignage pour quelques autres lecteurs de ce site ?

    Bam... kei tut so ki buli dize e adaro ke baw drumi ! Purtappe plâ !




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