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Le réveil des régions

mercredi 7 mai 2014, par Castetgelos

La nature hyper centralisée, politique et administrative de la France, a son origine dans le fait historique qu’elle est une nation construite par un État et non une nation qui s’est dotée d’un État.

Or, le réveil des régions auquel nous assistons actuellement, axé sur l’idée de travailler, de décider et de vivre au pays, prépare pour demain l’aménagement d’un pouvoir national affranchi de ce modèle d’État qui ne semble pas pouvoir maintenir longtemps encore son statu quo.

À plus ou moins long terme, comme cela s’est passé dans les pays voisins, l’État français centralisé dont la haute administration planifie la fonction légalisée par voie parlementaire, n’aura d’autre perspective que de transférer aux régions certaines de ses responsabilités, tout en continuant d’assurer les fonctions régaliennes qui lui incombent.

Ce processus a déjà été mis en partie en pratique mais de façon telle qu’il n’a pas suffi à entamer un pouvoir étatique toujours seul décisionnaire.
Cependant, la pression montante d’une opinion qui désavoue l’instauration de structures administratives normalisées, toutes ressemblantes décidées en haut lieu sans consultation populaire et au mépris de la spécificité de chaque région le remet aujourd’hui en question.
Cependant ces transferts de compétences ont eu pour effet positif d’initier le passage de la forme d’organisation verticale à un schéma horizontal de pouvoir régional décisionnel qui laisse conjecturer que dans un avenir pas si lointain, les réponses aux questions locales pourraient moins appartenir à l’État qu’aux acteurs régionaux.

Par ailleurs, les pesanteurs de la réglementation européenne et les enchaînements de la mondialisation qui ajoutent encore aux empêchements de l’État à vouloir tout gérer rendent aléatoires ses facultés à assurer désormais à lui seul la résolution de tous les questionnements.

Le réaménagement annoncé des collectivités territoriales présente une chance pour les Gascons demandeurs d’un traitement d’équité pour leur région.
La Gascogne, grande province historique de jure sous l’Ancien Régime, a été supprimée à la Révolution conjointement avec d’autres anciennes provinces qui sont aujourd’hui réapparues en collectivités territoriales, alors qu’elle-même reste officiellement exclue de la vie nationale, rayée de la carte depuis plus de deux siècles.
Néanmoins, malgré cette discrimination qui entache le principe républicain d’égalité entre les citoyens et relève de la négation des droits de l’homme, la Gascogne continue à s’affirmer en région de facto culturellement et économiquement bien vivante.
Sa dimension et sa cohérence territoriales, sa densité démographique, sa potentialité économique, ses ressources énergétiques naturelles renouvelables qui satisfont aux exigences européennes la situent en équipollent des régions et des pays européens considérés par Bruxelles comme des paradigmes fiables.
D’autre part, sa spécificité identitaire, culturelle, linguistique et historique lui confère la capacité d’intégrer les implications de la mondialisation sans que cela suppose son inféodation à l’uniformité.

Il semble que le temps soit venu pour les régionalistes Gascons de rendre leur voix audible dans les lieux de décision en réunissant leurs talents au sein d’un organisme menant des activités de réflexions et de propositions, de communication et d’interventions aptes à être reprises par les représentants des formations intellectuelles, économiques et politiques.



Grans de sau

  • Je suis d’accord que nous n’avons pas à craindre le débat territorial, il est une aubaine. Mais nous n’avons pas eu la possibilité de faire entendre nos idées en amont, avec suffisamment de précocité. Pour parler de façon pragmatique, il me semble difficile d’échapper au redécoupage hallucinant prévu par Paris, à savoir la fusion d’Aquitaine avec Poitou-Charentes, parallèle de celle de Midi-Pyrénées avec Languedoc-Roussillon.

    Ce redécoupage serait cataclysmique pour nous, il entérinerait la mise en orbite de la Gascogne de l’Est autour d’un ensemble languedocien (ce qui est le souhait de nombreux occitanistes, mais ils n’influent en rien), et celle de la Gascogne de l’Ouest, fantasmée comme une Californie atlantique. On est en plein dans des fantasmes ahuris de géographes incompétents, je suis vraiment atterré par le niveau du débat, notre classe politique est inculte.

    Le vrai débat évidemment, c’est celui de l’exfiltration des métropoles que sont Bordeaux et Toulouse : nous devons nous débarrasser de ces deux villes qui vivent une réalité nouvelle, distincte. Leur influence est néfaste sur ce qu’il reste de Gascogne et ces villes rayonneraient d’autant mieux si elles se géraient elles-mêmes, hors le cadre du département.

    Il est complètement contradictoire de souhaiter la métropolisation, et parallèlement élaborer de grandes régions centrées autour de ces métropoles. La France est vraiment un pays demeuré.

  • "Il semble que le temps soit venu pour les régionalistes Gascons de rendre leur voix audible dans les lieux de décision en réunissant leurs talents au sein d’un organisme menant des activités de réflexions et de propositions, de communication et d’interventions aptes à être reprises"

    Anem, cunda dap ju ke pots. Kwan, un, a kin oro ?

  • Brême et Hambourg sont deux villes-Länder, comme il existe un Etat cantonal de Bâle-Ville.

    Le découpage administratif des Etats européens connaît ce mode d’administration : Greater London, City Councils, Madrid, etc. Mais la France applique toujours le modèle : un centre omnipotent (et bientôt impotent) et une périphérie administrée.

  • Allez voir, par curiosité, l’article de Libération intitulé : Le redécoupage des régions, paru le 11 avril dernier sous la plume de Quentin Girard et Baptiste Bouthier.

  • Le Couserans depuis toujours de culture gasconne. On nous a arraché à nos origines depuis la création des départements.
    Je ressens comme une nouvelle injustice de voir que le Midi-Pyrénées fusionne avec le Lanquedoc-Roussillon.
    On devrait pouvoir s’exprimer devant les urnes pour de tels changements, pour que la Gascogne soit de nouveau réunie.
    J’ai trouvé une pétition pour que le Midi-Pyrénées fusionne avec l’Aquitaine.

    Voir en ligne : pétition




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