Les "Chroniques médoquines (2018-2020)" de Christian Coulon Dont une sur l’emploi des "locaux" dans la vigne...

- Tederic Merger

Elles sont parues récemment aux éditions Confluences.
C’est l’occasion de confronter Région Gascogne Prospective, qui observe spécialement le Médoc, au regard de cet autre observateur sagace - et médoquin, lui ! - qu’est Christian Coulon.
Pour commencer, cette chronique sur l’emploi systématique de migrants pour le travail saisonnier de la vigne :

Les raisins de la misère en Médoc : à propos du livre d’Ixchel Delaporte sur les travailleurs saisonniers du Médoc

Que deviennent alors les « locaux » ? Ils sont, nous dit Ixchel Delaporte, « les bêtes noires des employeurs qui leur préfèrent des migrants dociles ».
Par ailleurs, quand on touche les minimas sociaux l’embauche en travail saisonnier n’est guère incitative « puisque la rémunération très faible fait baisser le niveau de l’allocation ».

"Désamour" réciproque :
 les employeurs du vignoble médoquin ne veulent pas de main d’oeuvre locale ;
 celle-ci ne veut pas non plus ce type d’emploi, trop dur, voire dangereux à cause des pesticides, qui ne vaut pas la peine quand elle bénéficie des "minimas sociaux".

A la suite d’Ixchel Delaporte, Christian Coulon fustige "un capitalisme peu éthique", surtout dans le monde des grands crus, moins dans le "monde traditionnel de la vigne" qui lui est cher, mais qu’il voit perdre du terrain.

Pour des tenants, comme nous, d’un Médoc médoquin, le gâchis est préoccupant : le savoir de la vigne n’est plus transmis dans la population locale, qui perd son attachement au terroir, et finira même peut-être par quitter le Médoc.
Un savoir parcellaire est sans doute transmis aux saisonniers qui viennent de loin (du Maroc, de Mauritanie...), mais ce sont des intermittents du Médoc, qui risquent de ne rien transmettre à leur tour ! Une culture locale se perd...

Or le problème est général (il est peut-être mondial) :

Au printemps dernier, en pleine épidémie de COVID, la Chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne a organisé à grands frais et grand stress l’acheminement et le séjour de saisonniers marocains ; ça avait l’air vital pour les agriculteurs !
Pourtant le taux de chômage est réputé élevé en Lot-et-Garonne, et les allocataires du RSA nombreux.
Autrefois, les jeunes (ou moins jeunes ?) "locaux" gagnaient de l’argent en travaillant dans les champs ; ça ne se fait plus guère : même désamour réciproque que dans le vignoble du Médoc !
Les agriculteurs eux-mêmes, qui recourent à la main d’oeuvre saisonnière étrangère, sont conscients qu’il y a quelque chose qui cloche...
Lors des dernières élections départementales, les candidats "les 47", émanation de la Coordination rurale dans le Département du Lot-et-Garonne où ils tiennent la Chambre d’agriculture, ont mis le sujet sur la table. Conformisme départemental, mais offre politique nouvelle à droite
Mais les Départements n’ont guère le pouvoir d’expérimenter des rapprochements entre les employeurs et les demandeurs d’emploi locaux...
Alors le Médoc !

Un gran de sau ?

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