Notre région, c’est la Gascogne !


 
Navèth nom !

 

La Gascogne, le pays imaginaire du vrai luxe !

Christian Millau : "Dieu est-il gascon ?"

dimanche 11 février 2007, par Tederic Merger

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Christian Millau, l’un des auteurs du "Gault et Millau", a écrit en 2006 "Dieu est-il gascon ?" (aux Editions du Rocher).

En voici quelques extraits commentés :

D’abord sur le cadrage gascon (Millau n’est pas gascon d’origine) :

"Mais la Gascogne est mon pays.
Je n’y ai pas de maison, aucune terre, pas même un bout de vigne
entre Mouton-Rothschild et Lafitte, ni de truffière à Sarlat, de
palombière dans les Landes, de chasse en Béarn, de studio à Saint
Jean de Luz ou de caveau à Arcangues, entre Luis Mariano et les
amoureux qui se bécotent sur les bancs du plus aimable cimetière du
monde."

On remarque que Millau voit la Gascogne en très grand : il y inclut
le Périgord, le Quercy et le Pays basque.

Mais pas Poitou-Charentes, le Limousin ni l’Auvergne, dit-il ailleurs.

Alors, quels critères pour la frontière ? Le Périgord gascon de
Christian Millau s’arrête-t-il au terroir truffier ?

Il se protège à l’avance de ce genre d’objections :

"J’ai renoncé à la trouver [la Gascogne] sur les cartes de géographie
et dans les livres d’histoire.
Je vous conseille d’en faire autant,
car c’est un casse-tête inextricable et sans espoir."

"Le gascon est une langue. Une langue romane.
Alors, si l’on pense que la langue est un pays, on s’en tire sans
trop de mal.
Puisque l’on parle occitan dans la presque totalité du Bassin
aquitain - pays basque excepté - que l’on soit dans le Bordelais,
dans les Landes, en Armagnac, en Chalosse, au Béarn, en Bigorre, en
Albret, en Ariège, à Auch, à Lourdes ou à Toulouse, on est gascon
."

La démonstration n’est pas sans faille (l’occitan ne s’arrête pas au
bassin aquitain...), mès rai ("mais bon"), la conclusion est
sympathique.

Et pour en finir :
"Puisque la Gascogne est un pays imaginaire, j’y ai fait entrer tout
ce qui me paraissait le mériter
."

Ah, lavetz... vist atau...

Une fois ce cadre défini, venons-en à l’essentiel.
Et l’essentiel, pour Millau, c’est le luxe, mais dans une conception
renouvelée.
Il cite Coco Chanel :
"Certains croient que le luxe est le contraire de la pauvreté, alors
que c’est le contraire de la vulgarité
".

Et il continue :
"Et si le vrai luxe avait tout simplement changé de cap ?
Je sais à présent où le trouver : dans quelques campagnes où la
simplicité, la générosité et la pureté font encore barrage à ce faux
luxe insupportable.
Une salade de haricots verts du jardin, un confit sorti de la cave ou
un chou farci
, rencontrés au hasard d’une ferme, d’une maison noble
ou d’un bistrot de village, sont pour moi les derniers refuges de ce
vrai luxe qui est en train de nous échapper."

On comprend donc que pour Millau, la Gascogne est une terre
d’élection du "vrai luxe", le luxe qui ne s’achète pas
, mais se crée
par le travail, le goût, la maturation lente, la transmission d’une
génération à l’autre, et se partage entre amis, ou dans une relation
d’hospitalité.

A propos de travail, Millau explique celui nécessaire à la
fabrication d’une bonne tourtière : les longues heures passées en
cuisine par les femmes gasconnes anonymes et modestes
(au contraire
de leur mari restaurateur qui se pavane en salle), pour obtenir une
pâte fine comme du papier à cigarette :

"S’il existe encore une demi-douzaine de vaillantes à se décarcasser
de la sorte, c’est tout le bout du monde. La bonne idée serait
d’installer en Gascogne quelques cuisinières de Marrakech que ce
travail ne découragera pas".

Eh bien, Christian Millau, j’ai une bonne nouvelle : les cuisinières
de Marrakech sont là !
Elles sont arrivées en Gascogne, j’en vois
dans les cités de la fertile vallée de la Garonne, où leurs maris
sont venus travailler la terre.
Elles n’ont pas encore appris la recette de la tourtière, mais nous
sommes là pour servir de passeurs !-)

On peut donc partager l’espoir de l’auteur :
"Il n’est pas insensé de penser que l’on peut, si peu que ce soit,
contribuer à métamorphoser un déclin en nouvelle chance, et n’est-ce
pas encourager l’avenir que de se souvenir d’un passé encore proche ?"

C’est bien l’esprit "Gasconha".

Bravo, Osca, Aupa !






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