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Labégorre : le peintre gascon du tournant du millénaire ?

Si un peintre actuel peut être considéré comme essentiellement gascon c’est sans doute Labégorre.

vendredi 15 septembre 2017, par Gerard Saint-Gaudens

Serge Labégorre est un peintre gascon : né à Talence en 1932, de parents originaires l’un du Béarn, l’autre du Libournais.
Il vit et travaille toujours à Fronsac après avoir vécu dans plusieurs villes et villages de la région et une jeunesse marquée par des séjours fréquents dans le Barétous de ses aieux et à Biarritz.
Est-il pour cela un « peintre gascon » ? Et du reste qu’est-ce qu’un peintre gascon, la Gascogne en a-t-elle seulement produit ? Réponse pas évidente.
Pas sûr que les Gascons aient été un peuple « pictural ». Une recherche sur internet bornée aux époques récentes donnera des noms comme Etienne Mondineau, le peintre de l’Albret ou Henri Brun, coiffeur et peintre à Cologne dans le Gers (tiens, tiens, un peintre coiffeur ? N’avions-nous pas déjà un poète coiffeur il y a longtemps avec Jasmin, gascon proclamé tout en étant en fait bon occitan comme tous les habitants d’Agen ?).
Raymond Sourgens ou Alex Lizal, côté landais peuvent sans doute aussi être considérés comme peintres gascons. Tous ces noms du reste évoquent des paysages locaux, des dessins ou des peintures de fermes ou de colombiers, de scènes paysannes. Il faudrait sans doute ajouter,un peu à part, Odilon Redon, le peintre du Médoc (mais pas seulement) au XIXè siècle, le peintre des paysages sombres et inquiétants.
Rien de tel ou à peu près chez Serge Labégorre. On peut certes trouver dans son œuvre peinte quelques tableaux évoquant des lieux gascons, souvent reéinterprétés par cet expressionniste à la limite de l’abstraction. Mais c’est surtout autrement, d’une manière en quelques sorte spirituelle qu’il me semble relever de la gasconité, à côté de son état civil et de ses lieux de résidence.
Par les couleurs d’abord qui frappent immédiatement celui qui découvre son œuvre : noirs et rouges profonds et multiples, se heurtant souvent et parfois s’harmonisant comme nos paysages flamboyants d’été (je pense ici à ce que j’avais écrit ici jadis de l’œuvre romanesque francophone de Christian Laborde) ; plus rarement des gris de nuages et de pluie, une couleur fréquente dans nos pays éloignés de la continuelle splendeur méditerranéenne.
Ensuite par le mélange d’ironie pessimiste et de scepticisme qui émane des portraits plutôt sombres qu’il fait de ses personnages. Le gascon, quoique plutôt exubérant (comme la peinture de Labégorre me parait être), n’a rien en effet d’un méridional joyeux et expansif, prompt à la galéjade (cf ce qu’en écrivait Manciet dans la Revue de Psychologie des Peuples, un numéro qui n’en finit pas de sortir -ou plutôt de ne pas sortir- de mes caisses d’archives…). Personnages qu’il aime toutefois certainement, à sa façon, quand il ne s’agirait que des portraits de son entourage familial, pas ménagé pour autant dans le genre visage à coup de serpe. Bref, des tableaux jamais « jolis », rarement « beaux » d’ailleurs mais toujours profondément expressifs.
A tort ou à raison tout cela me parait correspondre bien à l’esprit gascon. Mais peut-être nos lecteurs /contributeurs verront-ils les choses autrement.

En tous cas je conseille vivement la visite du Fonds Labégorre créé par une des filles du peintre à Seignosse (à côté de Capbreton/Hossegor) dans la zone artisanale de Labian ; les oeuvres exposées valent le détour, tout comme l’excellente cuisine à la fois familiale et imaginative de Sophie Labégorre, également restauratrice en ce lieu inattendu !


Voir en ligne : Le Fonds Labégorre



Grans de sau

  • Sa ferme de Miramont, à Aramits, serait digne de figurer dans les lòcs de Gasconha.com !

    Ses quais de Libourne y sont déjà.
    Libourne - A l’avant des entrepôts

    Le site du Fonds Labégorre dit une appartenance aquitaine (pas gasconne - faut pas rêver) : « Exposition MAURIN LABEGORRE, Trois grands Aquitains »
    Le sculpteur Hugues Maurin est originaire de Tonneins, ville qu’il peine parfois à reconnaitre, selon ce bon article de Sud-Ouest qui lui est consacré.

    Ensuite, l’emplacement du Fonds dans une zone artisanale qui, comme elles le font toutes, dévore la terre végétale et invite à s’y rendre en voiture, je suis contre !

  • Qu’ei amusant. Jo tanben que soi vadut a Talença d’ua mair biarnèsa e d’un pair girondin...

  • A propos de Hugues Maurin(ces tonneinquais sont décidemment partout !),qui vit à Claouey(avec Y j’espère) et pas au Cap Ferret:l’article est intéressant bien qu’il transforme Ignace de Loyola en un Ladislas inconnu au bataillon !
    Quant aux zones artisanales voilà un autre sujet de débat .Personnellement je ne suis pas contre et les préfère cent fois (puisqu’ils regroupent par définition des locaux en un site unique) au mitage effarant né des maisons construites au hasard Balthazar sur des anciens champs laissés vacants par la disparition des agriculteurs traditionnnels . Et dans le cas du Fonds Labégorre c’était sans doute le seul moyen de trouver à prix relativement modique le grand espace nécessaire à l’exposition de toutes les oeuvres du peintre(et des époux Maurin accessoirement en ce moment) ;le prix des boutiques à Hossegor/Capbreton, ce doit être une autre affaire !
    E que caleré benlèu que jltrobat e’s decide a pintrar taben se credem a l’influéncia deus lòcs de neixença !

  • Je fais un nette différence entre les abords de bourgs et villes colonisés par la grande distribution de façon plus ou moins anarchique ,entrainant la désertification des anciennes zones commerciales * et les zones artisanales regroupant dans un espace déterminé ,également en bordure des bourgs,des activités qui n’auraient pas forcément leur place dans les bourgs parce que nécessitant des espaces que celui-ci n’offre pas:ateliers divers,zones de stockage voire petites usines locales.Et avec un coût moindre comme dit plus haut.C’est le cas de la ZA de Labian dont je doute qu’elle ait enlevé de quelconques activités au bourg de Seignosse qui ne se porte pas si mal.Mais il est vrai que la différence ne saute pas toujours aux yeux d’autant que la nature des ZA tend parfois à dévier vers le commercial quand la ZA ne se remplit pas des activités initialement prévues .

    * à Tyrosse,cas emblématique, celui de la zone Leclerc sur l’ancienne N 10 un peu après la sortie du bourg ,qui désertifie chaque année davantage la place du Foirail,ancien centre commercial du village.

  • Le hasard fait que le Musée de Borda à Dax (rue des Carmes) abrite une exposition Etienne Mondineu (le peintre de l’Albret) jusqu’à la fin du mois .Pas inintéressant.




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