- Tederic Merger

en graphie alibertine :
(la) Hilhòla

hilhòu, hilhòla / filleul, filleule

Prononcer respectivement "hilyòw", "hilyòle"... hilh = fils


 

Grans de sau

  • Il existe à Marmande une presqu’île d’une centaine d’hectares environ constituée par la plaine inondable entre la Garonne et le ruisseau nommé Le Trec, et qui correspond au lieu-dit "La Filhole’.
    On pense tout de suite à la filhòla/la hilhòla, la filleule. Mais est-ce vraiment le sens du nom de ce lieu-dit ? Il est permis d’en douter.
    Pour l’historien marmandais Jean Condou "une "filhole" est un de ces clochetons qui encadre la base d’un clocher.".
    Villard de Honnecourt, un maître d’oeuvre nordiste du XIIIème siècle parlait effectivement de "fillole" au sujet de ce genre de clochetons, "fillole" étant en vieux français le terme usuel à la place de "filleule" qui était alors en usage à la cour du roi.
    Mais on peut se demander ce que vient faire cette histoire de clochetons avec notre lieu-dit.
    Par contre, la langue catalane, idiome-frère de notre gascon, pourrait nous mettre sur la bonne voie. En effet, l’une des nombreuses acceptions de fillola est la suivante, camí secundari que condueix des d’una carretera o camí principal a un lloc desviat d’aquest.
    Le castillan n’est pas en reste puisque dans cette langue-soeur une hijuela est, entre autres, un camino o vereda que atraviesa desde el camino real o principal a los pueblos u otros sitios algo desviados de él.
    Il n’est donc pas interdit de penser qu’en vieil occitan et en vieux gascon filhòla et hilhòla aient pu avoir aussi un sens toponymique similaire.
    Il serait intéressant de savoir si d’éventuels intervenants pouvaient nous éclairer davantage sur l’origine de la "filleule" marmandaise

  • Mistral dans son TDF pourrait nous donner un indice de l’origine de la dénomination "la Filhòla" pour cette plaine inondable de Garonne.
    Il donne pour "Fiholo ... Hilholo ... " les sens suivants : filleule ; rigole d’irrigation, canal de dérivation, rejeton de plante. Il cite "la maire e li fiholo", la tige et les branches, la rivière et ses dérivations. Il dit que les villes du Bordelais s’intitulaient autrefois "alliées et filleules de Bordeaux".
    On peut donc voir dans ce terme de "Filhòla" le sens de "secondaire par rapport à une entité principale".
    La situation de cette presqu’île située entre le Trec et la Garonne, pourrait indiquer la présence d’une ancienne dérivation d’une partie des eaux du Trec vers la Garonne.
    À moins que les drainages importants nécessaires à l’assèchement de ce terrain marécageux aient nécessité un grand fossé de drainage et un fossé secondaire dénommé "la filhòla".


Un gran de sau ?

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