Couraud

Couraud semble extérieur à la Gascogne, plutôt du domaine poitevin par exemple.
Dans la toponymie gasconne, il ne peut guère apparaitre que si la lettre finale d a été rajoutée (inutilement).


 
Variante(s) graphique(s) :

Coureau

L’explication de Coureau pourrait varier selon l’endroit.
Le Coureau ou Courau landais n’est pas forcément celui du Libournais... Mais peut-être que si !

Courau


  en graphie alibertine :

(lo) Corrau

Prononcer "(lou) Courràw".
"corrau" (avec deux r) semble apparenté au "corral" castillan (parcours pour des animaux) ?
On trouve le nom de lieu "Courraou" (40, 47).

Attention, grande confusion entre corau et corrau, qui sont deux mots différents !

(lo) Corau
Prononcer "(lou) Couràw". Attention, grande confusion entre corau et corrau, (...)


Le fil de discussion qui suit essaye de démêler tout ça.

corrau / basse-cour, parc ou parcours à bestiaux, bercail

Prononcer "courràw" sans oublier de rouler le double r pour distinguer de corau.
"espace de parcours" (ce qui englobe les sentiers et les espaces ouverts devant les maisons) [Gaby]
Voir le mot espagnol corral.

Grans de sau

  • Courraou "corrau" a le sens de bohémien, gitan (on dit un gitane en français du sud-ouest) en Lot-et-Garonne (Duras, Villeneuve ...)

    Palay donne : "Enclos ; parc, bercail ; le bien autour de la maison, de la ferme ; en B.-L., spécialement, la cour devant la maison ; dans les L. on appelle courraùs des sentiers aménagés dans les emplacements de pièges pour les oiseaux de passage, et aussi tout autre sentier."

  • On m’avait dit à Ilheu (65), pour le mot "corau" (coeur de chêne) : Bastit en avet, bastit tad a eth, bastit en corau, bastit coma cau".

    Pour bohémien, je n’ai jamais entendu ce mot. On m’avait dit "eths chico" (es chícous) dans la Neste.

  • courraut,-e (Gironde) s. Mendiant,-e, trimard. (Palay)

    Un corau (un couraou) : un coureau bateau de 60 tonnes - sur la Garonne (Roger Gaston)

  • Voilà, côté landais c’est un sentier.

  • Corau/corrau
    S’il s’agit d’un seul mot, il aurait donc six significations différentes selon le lieu de Gascogne où il serait connu (ou l’aurait été) :
    Cœur de chêne/sentier spécifique ou pas/bohémien/vagabond/bateau garonnais de 60 tonnes/enclos,parc,cour devant une maison.

    Première réaction : au secours ! Vivement un gascon commun pour en finir avec cette insécurité lexicale paralysante …
    Seconde réaction, plus mesurée ou moins paniquée : il ne s’agit peut-être pas du même mot mais de deux, voire trois, différents :
    Corau (avec un seul r) : viendrait de « còr » le cœur, d’où « cœur de chêne » (le sens que j’avais en tête) ;
    Voire : Corau, venant de « cort », d’où le sens de « cour de ferme »… Mais en ce cas l’étymologie empêcherait (?) que le t final ait disparu, comme l’indiquent Cortau et cortalh pour ce même sens… A moins que la cour de ferme soit perçue comme un lieu clos et le « cœur » de l’exploitation agricole ?
    Corrau (avec 2 r) : viendrait du verbe « correr » (courir) ? D’où le sens de bohémien, tzigane et par extension vagabond, toutes gens nomades qui « courrent » sur les chemins …
    Enfin « corrau / ou corau pour le bateau ? Je suis perplexe : le mot ressemble étrangement au « coralin » de l’Adour que je n’ai jamais vu écrit qu’avec un seul r.

  • A mon avis c’est encore plus simple :

    còr —> corau "bois de coeur"
    — > corau "bateau" (fait de bois de coeur) —> coralin

    córrer —> corrau "espace de parcours" (ce qui englobe les sentiers et les espaces ouverts devant les maisons)
    —> corraud "vagabond, mendiant, bohémien"

    • Je remarque que l’abbé Foix envisage la racine courre (courir) pour ce sens d’embarcation.
      J’avais pensé que ce bateau nommé courau/corau tenait son nom de son bois de construction (boïs couraou, bois très dur, nous dit l’abbé)... Bon, je pense que c’est plutôt ça : un bateau ne court pas ?

      Andriu nous a mentionné plus haut le courau, bateau aussi sur Garonne.

      Ce mot corau est très riche, et participe à des expressions fortes, d’ailleurs difficiles à traduire, à cause de l’évolution du sens depuis le mot coeur en passant par le coeur du bois, donc l’idée de courage, de solidité... :
      gascon de bon corau (gascon de bonne lignée, de bonne étoffe, de bon bois...) !

  • Je viens de créer dans la base le mot corrau avec deux r.
    Je pense qu’en toponymie gasconne (et surtout landaise), si marquée par l’élevage, même si on trouve "Coureau" ou "Courau" avec un seul r, il s’agit le plus souvent de corrau comme espace en relation avec le bétail.
    En Bordelais et Médoc, il y avait d’autres mots pour désigner ce genre de choses, mais peut-être avec des nuances que nous ne connaissons plus, par exemple parc et cortiu.

    Pour mettre un peu d’ordre, au moins dans la base de Gasconha.com, sur ce point qui est obscurci par les errements de nos aïeux qui, à l’écrit, mélangeaient le rr et le r, je pense aussi créer deux noms normats séparés, correspondant aux deux mots corau et corrau.
    Mais souvent il sera impossible de dire auquel de ces deux se rattachera un nom de personne ou de lieu en graphie officielle française.

    corraud ou corraut dans le sens de "vagabond, mendiant, bohémien" est un troisième mot, dont l’existence a pu accroître la confusion.

  • Il me semble que corrau, airiau, peguilhèira étaient des lieux ouverts alors que cortiu, parc/pargau/pargada étaient enclos.

  • Oui, d’accord avec Gaby : corraud => c’est "córrer" (qu’i es tanben en lo diccionari de Vigneau preu Basadés) - et même "lo corrau" : l’indret d’on pòden córrer !

    Gérard, et c’est reparti !, un gascon comun ne cambiarà pas arré a l’esperit uman que da nuanças, sèns particulars pròpias a les personas, aus indrets. Qu’es aquò lo lexic, le semantica... le varietat... a mens que vulhin normalizar tanben le diversitat... Se badan davant ua lenga on un mòt n’a pas sonqu’un sèns... be puiràn cercar bèra pausa percè aquesta n’exista pas... Enfin, si le lenga dab un sèns per un mòt qu’exista !! Qu’es l’occitan normat poirit qu’entèni a l’universitat ! Aquí, que truca vertadèrament com l’uniformacion de’queth lengadocian de farlabica a ponut ua lenga prauba, shètz sabor nada.

    E puish, aquiras diferenças... aquera diversitat, e vira digun d’apréner le nòsta lenga ? E i a dejà digun qui avossi dit "non, qu’es tròp ric, n’ac aprenerèi pas" ? Ne m’ac pensi pas... E puish, de tota mòda, 1000 annadas de gascon e de riquèr lingüistic ne’s desfaçaràn pas atau, per l’impausicion de les mans d’un gascon miragle...

  • Se prenen lo Littré, per exemple, que pòden arribar a les medishas conclusions quèn veden le vermiada de mòts desconeishuts dehen : qu’es tròp complicat, que cau simplificar lo francés, qu’ac cau tornar normalizar, ce’s puirén díser bèths uns !

  • En Marensin le "corau" [coraw] comme le "casso" [Cassou] désigne également le chêne.
    A la limite de Léon-Moliets, le tuc du Courau [coraw].

  • 10.Renaud
    Qu’aimari non hascis pas ua caricatura de la mia posicion:de segur,n’imagini pas un gascon on "un mot non poderé aver sonqu’un sens" e las nuanças que son com l’alen d’ua lenga.Mes se continuas a voler ua lenga dont los mots cambian de sens cada 50 kilometras,qu’es la mort assegurada per la lenga !(mes benlèu que ’m tòca a jo adara de caricaturizar un chicòt...