Mots

- Jean Lafitte

contar

français : conter, compter

conter et compter français viennent tous deux du même latin ‘computare’, dont le premier sens est calculer, compter, supputer. La graphie compter est une réfection étymologique apparue au XVe s. pour différencier les deux significations.

Le gascon eut contar, devenu counta ou counda en langue moderne, avec les deux sens.

La graphie occitane a suivi le modèle français avec contar pour conter et en inventant comptar pour compter.

voir aussi :

contaire / conteur d'histoires

Prononcer "countaÿre".


 

- Jean Lafitte

pensar

français : penser, panser

Tout part du latin ‘pendere’, « laisser pendre les plateaux d’une balance, [d’où] peser »
qui donne de façon classique pénë pour « pendre » en gascon moderne.

Le participe passé ‘pensus’ donne le neutre ‘pensum’ « chose pesée », qui, devenu substantif, désignait « le poids de laine que l’esclave devait filer par jour », d’où par extension « tâche quotidienne [de la fileuse] » et plus généralement, « tâche, fonction, devoir ».

‘pensum’ a donné le verbe latin ‘pensare’ sur lequel je vais revenir, et par une évolution phonétique naturelle, les français peis (vers 1165), et pois (v. 1170) qui se prononçait [pwès], tout comme ‘mensem’ a donné meis (Chanson de Roland, vers 1180) puis mois . Par fausse étymologie rattachant pois au latin ‘pondus’ (cf. le français pondéré ou l’anglais pound, poids d’une livre d’argent), poids est apparu vers 1450. Mais l’espagnol a peso (d’où peseta) et mes, et le gascon, pés, et més, tout simplement.

‘pensare’ a d’abord signifié « peser » physiquement, puis « peser, apprécier » ; d’où l’évolution phonétique normale vers le français peser, le gascon pesa ; et à partir du sens d’« apprécier » est venu le sens de « penser » et sa notation savante penser peu avant l’an 1000. Enfin, à partir d’expressions comme penser de au sens de « prendre soin de, se préoccuper de » (1165), puis penser quelqu’un au sens de « en prendre soin, le soigner » (1310-1340), penser a pris le sens du moderne « panser », cette orthographe apparue en 1453 n’ayant supplanté l’étymologique penser qu’au cours du XVIIIe s. Et le gascon en est resté à pensa dans les deux acceptions.

Palay, meilleur lexicologue que lexicographe, sépare les deux acceptions en deux entrées successives pensà, mais les réunit dans les dérivés ; par exemple :
pensàblë,-e ; adj. — Présumable, probable ; qui peut être pansé,-e.
pensamén ; sm. — Souci, tracas d’esprit ; action de réfléchir ; pansement.

Et une conclusion gasconne, tad arridë ûn drin : lou filousofë que ditz « Que pénsi, labétz que soy » mentrë qui lou vailét de l’escuderie que ditz « que pénsi, labétz que boùxi » (je pense donc j’essuie, en frottant).

Références, pour le latin et le français : Dic. latin-français de Gaffiot et historique de la langue française d’Alain Rey.


 

- Tederic Merger

Quòra i a pas mei de hen au rastelèir...

français : Quand il n'y a plus de foin au râtelier...

...los chivaus se baten.
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac


 
 

- Gaby

vernatar, vernadar

français : aulnaie

Prononcer ’’bernatà’’, ’bernadà’’.

Langon, XVIIe siècle.
Noté aussi en toponymie dans le Marmandais, je crois. vèrn = vergne, aulne

Noms damb "vernatar, vernadar" :


 
 

- Tederic Merger

En abriu ne quitis pas un hiu...

français : En avril ne te découvre pas d'un fil...

...en mai hèi çò que te plai.
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac


 

- Tederic Merger

Quòra la grua passa haut, devath l’ala [...]

français : Quand la grue passe haut, sous l'aile [...]

... quand la grue passe bas, sous l’aile elle porte la glace.
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac


 
 

- Tederic Merger

cavilhon

français : cabillou, petite queue au dessus du béret

Prononcer entre cabillou et cabilloung.
Dérivé de cavilha (cabilhe...), cheville en gascon quand une métathèse ne donne pas calhiva (caillibe...)...

voir aussi :

 
 

- Tederic Merger

Perqué voler maridar la Jana quòra digun la vòu ?

français : Pourquoi vouloir marier la Jeanne quand personne ne la veut ?

Perké boulé marida la Jane core digun la baou ?
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac


 

- Tederic Merger

Quòra lo sorelh raja sus la candèla, pren garda boèr a ta henèra

français : Quand le soleil brille sur la chandelle, prends garde bouvier à ta meule de foin

Core lou sourell raje su la candèle, prén garde, bouè, a ta hénère !
[Denise Laffargue]
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac


 
 

- Tederic Merger

horucar

français : fouiller, fureter

Prononcer "hourucà".

horuca-plèish / houruque-plèch : « sm. – Litt. qui troue la haie, moineau friquet. Syn. trauque-sègues »
Multidiccionari francés-occitan


 

- Tederic Merger

Es bien praube, la marçada, se ne dèisha pas una merlada !

français : Elle est bien pauvre, la marsade, si elle ne laisse pas une merlade !

A bousauts de’n gahar la pensade prégoune...
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac


 

- Tederic Merger

agraula

français : corbeau

Prononcer "agrawle"...
Usité en gascon moderne en Bordelais, Entre-deux-Mers.


 
 
 

- Tederic Merger

Uèit jorns devath una gauja !

français : Huit jours dans une cage !

"Si tu passais huit jours sans manger, tu ne ferais pas le difficile !"
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac


 
 

- Tederic Merger

Dau cap o de l’esquia, semblan son pairin o sa mairia

français : De le tête ou du dos, on ressemble à son parrain ou à sa marraine

Jo, n’èi pas comprés !
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac


 
 

- Tederic Merger

A tu, hilha... enten, tu, nòra !

français : A toi, ma fille... entends, toi, ma bru !
A tu hille, éntén tu nore !
Tederic M.


Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac


 

- Tederic Merger

arrendar

français : renter, mettre en ferme, louer ?

rendà,-tà, arrendà v. – Faire une rente ; mettre un bien en ferme ; renter. Palay (version provisoire)
dicod’Òc

arrendar en català
en castellano : arrendar un apartamento (comme louer en français, semble fonctionner dans les deux sens : aussi bien le propriétaire que le locataire louent - était-ce le cas en gascon ?)


 

- Tederic Merger

arrebèc

français : contour, détour... revêche !

On trouve des "Larrebec" (donc L’Arrebèc) dans la toponymie gasconne*, et je pense là plutôt au sens physique que donne Palay "Lous arrebècs dou camp") qu’au sens de personne impertinente (qu’on pourrait cependant imaginer venir d’un chafre).

arrebèc,-que adj. – Impertinent,-e ; subs. - Riposte impertinente ; personne qui se rebèque. Palay (version provisoire)
arrebèc (G.) sm. – Contour, détour. Lous arrebècs dou camp. Palay (version provisoire)
arrebecà-s v. – Se rebéquer.
Multidiccionari francés-occitan

* Et aussi, par exemple, « les Arrebecs, 33125 Louchats »


 
 
 

- Tederic Merger

pavon

français : paon

Prononcer entre "pabou", "paboung", "pawoun"...
variantes : pavan (prononcer "pawan"...), pau

Pour "se pavaner", les dictionnaires gascons ne donnent guère "pavonà’s", qu’on aurait pu attendre, mais :
"bragar ; predar ; princejar ; arrodar ; har la gòda (≈ faire le beau. Orthez, Chal.) ; se gaubejar Lom. ; encarà’s Méd. ; palaisar* Bx." [Per Noste - Dicod’Oc]

* se palaÿser : je l’ai entendu en français régional bordelais


 

- Tederic Merger

Minja, minja, que ne sas pas que te minjerà !

français : Mange, mange, tu ne sais pas ce qui te mangera !

La graphie "minlle" est de l’auteur du dictionnaire, Denise Laffargue, et correspond à peu près à "minye".
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac