Mots
contar
conter et compter français viennent tous deux du même latin ‘computare’, dont le premier sens est calculer, compter, supputer. La graphie compter est une réfection étymologique apparue au XVe s. pour différencier les deux significations.
Le gascon eut contar, devenu counta ou counda en langue moderne, avec les deux sens.
La graphie occitane a suivi le modèle français avec contar pour conter et en inventant comptar pour compter.
voir aussi :contaire / conteur d'histoires
Prononcer "countaÿre".
pensar
Tout part du latin ‘pendere’, « laisser pendre les plateaux d’une balance, [d’où] peser »
qui donne de façon classique pénë pour « pendre » en gascon moderne.
Le participe passé ‘pensus’ donne le neutre ‘pensum’ « chose pesée », qui, devenu substantif, désignait « le poids de laine que l’esclave devait filer par jour », d’où par extension « tâche quotidienne [de la fileuse] » et plus généralement, « tâche, fonction, devoir ».
‘pensum’ a donné le verbe latin ‘pensare’ sur lequel je vais revenir, et par une évolution phonétique naturelle, les français peis (vers 1165), et pois (v. 1170) qui se prononçait [pwès], tout comme ‘mensem’ a donné meis (Chanson de Roland, vers 1180) puis mois . Par fausse étymologie rattachant pois au latin ‘pondus’ (cf. le français pondéré ou l’anglais pound, poids d’une livre d’argent), poids est apparu vers 1450. Mais l’espagnol a peso (d’où peseta) et mes, et le gascon, pés, et més, tout simplement.
‘pensare’ a d’abord signifié « peser » physiquement, puis « peser, apprécier » ; d’où l’évolution phonétique normale vers le français peser, le gascon pesa ; et à partir du sens d’« apprécier » est venu le sens de « penser » et sa notation savante penser peu avant l’an 1000. Enfin, à partir d’expressions comme penser de au sens de « prendre soin de, se préoccuper de » (1165), puis penser quelqu’un au sens de « en prendre soin, le soigner » (1310-1340), penser a pris le sens du moderne « panser », cette orthographe apparue en 1453 n’ayant supplanté l’étymologique penser qu’au cours du XVIIIe s. Et le gascon en est resté à pensa dans les deux acceptions.
Palay, meilleur lexicologue que lexicographe, sépare les deux acceptions en deux entrées successives pensà, mais les réunit dans les dérivés ; par exemple :
pensàblë,-e ; adj. — Présumable, probable ; qui peut être pansé,-e.
pensamén ; sm. — Souci, tracas d’esprit ; action de réfléchir ; pansement.
Et une conclusion gasconne, tad arridë ûn drin : lou filousofë que ditz « Que pénsi, labétz que soy » mentrë qui lou vailét de l’escuderie que ditz « que pénsi, labétz que boùxi » (je pense donc j’essuie, en frottant).
Références, pour le latin et le français : Dic. latin-français de Gaffiot et historique de la langue française d’Alain Rey.
Quòra i a pas mei de hen au rastelèir...
...los chivaus se baten.
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
Parla, papèir, taisa-te, lenga !
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
vernatar, vernadar
Prononcer ’’bernatà’’, ’bernadà’’.
Langon, XVIIe siècle.
Noté aussi en toponymie dans le Marmandais, je crois. vèrn = vergne, aulne
Noms damb "vernatar, vernadar" :
-
Vernadars
Bernadas
-
(lo) Vernatar
Bernata
Bernatha
Bernata (Fourques-sur-Garonne / Horcas de Garona (Hourques de Garoune))
Le Bernata (Lannux)
Bernata (Anos)
Bernata (Artix)
Chemin du Bernata (Bérenx)
Bernata (Bergouey-Viellenave)
Le Bernata (Bidache)
Lotissement Bernata (Boeil-Bezing)
Darrè Bernata (Buzy)
Bernata (Laruns)
Bernata (Laguian-Mazous)
Bernata (Monein / Monenh)
Bernata (Montaut)
Chemin de la Grange de Bernata (Pontacq)
Bernata (Rontignon / Hrontinhon)
Bernata (Arcizans-Avant)
Le Bernata (Caixon)
Rue du Bernata (Laloubère)
Le Bernata (Pouyastruc)
Bernata (Saint-Pastous)
Bernata (Saint-Savin)
Bernata (Siarrouy)
-
(los) Vernatars
Bernatas
Bernatas (Serres-Castet)
BERNATAS (Saint-Justin)
Aous Bernatas (Cahuzac-sur-Adour / Caüsac d’Ador)
Bernatas (Bazordan)
Quartier dous Bernatas (Sainte-Colome)
Bernatas (Bazordan)
Bernatas (Fréchou-Fréchet)
Bernatas (Génos)
Les Bernatas (Sénac)
-
Bernatjusan
Bernajuzan
Bernatjuzan
Bernajusan
-
(lo) Vernadar
Bernada
Bernada (Baleyssagues)
Le Bernada (Saint-Laurent-Médoc)
LE BERNADA (Castelnau-de-Médoc)
LE BERNADA (Listrac-Médoc)
Le Bernada (Arsac)
Bernada (Blanquefort)
Bernada (Saint-Estèphe)
Bernada (Noaillan)
Bernadas (Hostens)
Bernadas (Sauternes)
Bernadas (Naujan-et-Postiac)
Le Bernadet, Bernada ? (Sarbazan)
Bernadas (Coutures)
Bernadas (Astaffort / Astahòrt)
Bernadas (Aiguillon)
Bernadas (Aiguillon)
Bernadas (Sainte-Terre)
Bernadas (Le Passage)
Bernadas (Fustignac)
Bernadas (Bouzin)
Bernadas (Peyrissas)
Bernadas (Saint-Laurent)
D’un comerçant e d’un pòrc, ne coneishen la fortuna qu’a la mòrt
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
En abriu ne quitis pas un hiu...
...en mai hèi çò que te plai.
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
Quòra la grua passa haut, devath l’ala [...]
... quand la grue passe bas, sous l’aile elle porte la glace.
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
cavilhon
Prononcer entre cabillou et cabilloung.
Dérivé de cavilha (cabilhe...), cheville en gascon quand une métathèse ne donne pas calhiva (caillibe...)...
Quòra la grua vai covar, pren ton saucle, vai sauclar !
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
Perqué voler maridar la Jana quòra digun la vòu ?
Perké boulé marida la Jane core digun la baou ?
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
Quòra lo sorelh raja sus la candèla, pren garda boèr a ta henèra
Core lou sourell raje su la candèle, prén garde, bouè, a ta hénère !
[Denise Laffargue]
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
Quan lo merle vai au prat, quilha la coeta, baisha lo cap.
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
horucar
Prononcer "hourucà".
horuca-plèish / houruque-plèch : « sm. – Litt. qui troue la haie, moineau friquet. Syn. trauque-sègues »
Multidiccionari francés-occitan
Es bien praube, la marçada, se ne dèisha pas una merlada !
A bousauts de’n gahar la pensade prégoune...
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
agraula
Prononcer "agrawle"...
Usité en gascon moderne en Bordelais, Entre-deux-Mers.
Vanta’te, ma tanta, si digun te vanta !
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
Pagar e morir, an totjorn lo temps
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
Uèit jorns devath una gauja !
"Si tu passais huit jours sans manger, tu ne ferais pas le difficile !"
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
L’ivèrn n’es pas bastard, se ne vèn pas dedòra, vèn tard.
D’actualitat !
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
Dau cap o de l’esquia, semblan son pairin o sa mairia
Jo, n’èi pas comprés !
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
Bareja nèva, bareja bien
Tout nouveau tout beau...
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
A tu, hilha... enten, tu, nòra !
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
arrendar
rendà,-tà, arrendà v. – Faire une rente ; mettre un bien en ferme ; renter. Palay (version provisoire)
dicod’Òc
arrendar en català
en castellano : arrendar un apartamento (comme louer en français, semble fonctionner dans les deux sens : aussi bien le propriétaire que le locataire louent - était-ce le cas en gascon ?)
arrebèc
On trouve des "Larrebec" (donc L’Arrebèc) dans la toponymie gasconne*, et je pense là plutôt au sens physique que donne Palay "Lous arrebècs dou camp") qu’au sens de personne impertinente (qu’on pourrait cependant imaginer venir d’un chafre).
arrebèc,-que adj. – Impertinent,-e ; subs. - Riposte impertinente ; personne qui se rebèque. Palay (version provisoire)
arrebèc (G.) sm. – Contour, détour. Lous arrebècs dou camp. Palay (version provisoire)
arrebecà-s v. – Se rebéquer.
Multidiccionari francés-occitan
* Et aussi, par exemple, « les Arrebecs, 33125 Louchats »
Noms damb "arrebèc" :
-
L’Arrebèc
L’église de Rébec (Birac-sur-Trec)
Larrébec (Sainte-Christie-d’Armagnac / Senta Cristia d’Armanhac)
Rebec (Mios)
Les Arrebecs (Louchats)
Larrébec (Parleboscq)
Rébec (Cordes-Tolosannes)
Larrébie ? Larrébec ? (Calonges)
Rebec (Saint-Cirice)
Larrébec (Fourcés /Hourcés)
Larrébecq (Bonnegarde)
Rébec (Garganvillar)
-
Rebequet
La Rébéquette (Sempesserre)
Le nouveau Rebequet (Villenave-d’Ornon / Vilanava d’Ornon / Bilenabe)
Rébéquet (Fargues (de Langon))
Places de Rébuquet (Moulon)
Rébéquet (Cazac)
Rébéquet (Goudex)
Rébéquet (Castéra-Bouzet / Casterar-Boset)
Rébéquet (Aiguillon)
Rébéquet (Laplume)
Rebequet (Cours-de-Monségur)
Prat de Rébéquet (Montesquieu-Volvestre)
Rébéquet (Montesquieu-Volvestre)
Rébéquet (La Bastide-de-Besplas)
Rébéquet (Herran)
Es bien praube l’hagòt que ne tròba pas sa liga !
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
La pèth es pus pròcha que la camisa
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac
pavon
Prononcer entre "pabou", "paboung", "pawoun"...
variantes : pavan (prononcer "pawan"...), pau
Pour "se pavaner", les dictionnaires gascons ne donnent guère "pavonà’s", qu’on aurait pu attendre, mais :
"bragar ; predar ; princejar ; arrodar ; har la gòda (≈ faire le beau. Orthez, Chal.) ; se gaubejar Lom. ; encarà’s Méd. ; palaisar* Bx." [Per Noste - Dicod’Oc]
* se palaÿser : je l’ai entendu en français régional bordelais
Minja, minja, que ne sas pas que te minjerà !
La graphie "minlle" est de l’auteur du dictionnaire, Denise Laffargue, et correspond à peu près à "minye".
Petit dictionnaire gascon de Denise Laffargue, d’entre Marmande et Clairac

