Benauge Entre-deux-Mers

Targon

Montarouch

en graphie alibertine :

Montarroi ? Montarroish ?
Prononcer "Mountarrouch".

arroi, arroja / rouge

Prononcer "arrouÿ".
La forme "roi" (prononcer "rouÿ") existe aussi.
Féminin : arroja ("arrouÿe", "arrouÿo"...)

arroish / raide, escarpé, aride, brûlé par le soleil

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« arroùch,-e adj. – Raide, escarpé, aride ; brûlé par le soleil. V. arrabén. N. de p. Arrouix, Rouch. »


Pour les initiés, cela semble encore un exemple de "a" prosthétique en Entre-deux-Mers*.
Pas loin, on trouve "Espiet", et "Camiac", qui semblent avoir la disparition du "n" intervocalique, autre trait gascon.
Sounatz, troumpetes e clarouns !-)
Comme toujours, je suis gêné pour transcrire en graphie gasconne, alibertine ou pas, ce "ch" qu’on trouve aussi dans "puch", par exemple.

[Tederic M.]


 

Grans de sau

  • Et on peut pousser jusqu’à Branne qui atteste de la simplification parallèle de -nd- et Mouliets-et-Villemartin.
    A mon avis rien d’étonnant :
    l’Entre-Deux-Mers oriental relevait du Bazadais à la forte gasconnité.
    Tout cela est à mettre en balance avec les toponymes aquitains des rives de la Dordogne.

  • Cela dit, pour être précis, Targon est en Bénauge, donc dans la dépendance de Bordeaux et non de Bazas.

  • Sur la carte est indiquée une chapelle ruinée : probablement que Montarouch est une ancienne paroisse au Nord de Targon, d’où un maintien de cette forme hyper-gasconne alors que la micro-toponymie, plus récente et volatile, a suivi les évolutions dialectales des parlers gascons de l’Entre-Deux-Mers.

    De plus en plus je suis persuadé qu’initialement le Nord-Gascogne était tout aussi gascon que la Gascogne plus méridionale, notamment du fait qu’on retrouve d’un bout à l’autre de la Gascogne partout les mêmes formations toponymiques.
    Il est possible que les implantations gavaches aient coupé physiquement une bonne partie de l’Entre-Deux-Mers et aient agi dans le sens de la "périgourdinisation" des dialectes gascons de la contrée (comme cela a dû également se passer en Agenais à la marge sur quelques villages).

    On trouve à Béguey un lieu-dit Bélesteins, qui rappelle Belesten en Vallée d’Ossau et l’ancien nom de Bostens, Balesten, qui semblent des toponymes aquitaniques. Cf Farbos à Podensac sur l’autre rive mais si proche.

  • La carte des grandes limites de la Gascogne montre que le Haut Entre-deux-Mers a fait partie de la Novempopulanie, ce qui semble rejoindre ce que tu dis, Vincent ("l’Entre-Deux-Mers oriental relevait du Bazadais").

    Cela signifie-t-il que les vasates étaient à cheval sur Garonne ? Si oui, ça donne un substrat aquitain, donc un degré de gasconnité assez fort.
    Le fait que le gascon d’Entre-deux-Mers du 19e siècle ait, au contraire, un caractère gascon peu affirmé, est l’indice d’un brassage avec des populations non ou moins gasconnes, qui a pu commencer dès la fin de la Novempopulanie : tout l’Entre-deux-Mers était géographiquement dans la zone d’influence bordelaise dont la gasconnité était plus récente (vers les années 900-1000, avec ce qui semble l’apogée du duché de Gascogne) et plus mélangée.

  • Oui, c’est une ancienne commanderie, templière je crois.

    Noté "de Monte Rubeo" au XIVe (Nicolaï 1938). Donc forme nord-gasconne (?) ancienne de "rouge", sans l’influence du français, vs la forme méridionale "arrouy".

  • Non, évidemment pas arroi, c’est arroix "escarpé, brûlé par le soleil"...

    • Gaby, je te trouve très catégorique dans ton revirement !
      Je vais créer le mot arroish qui a bien selon Palay la signification que tu dis (« arroùch,-e adj. – Raide, escarpé, aride ; brûlé par le soleil. V. arrabén. N. de p. Arrouix, Rouch. »), et je trouve bien des toponymes Taparouch et Echarouch, mais en Couserans !
      Les Arrouchs

      Mais pour les Testarouch (Mios - Pays de Buch), Broustarouche (St Symphorien) et autres Arrouch et Montarouch de l’Entre-deux-Mers (les Arrouchs à Loupes...), ne faut-il pas garder l’hypothèse rouge ?

  • Tèsta arroixa "monticule escarpé ou aride" ou tasta arroixa "fourré sec, grillé"
    Brosta arroixa "fourré sec, grillé"
    Arrouch est aussi un patronyme ( il y a peut-être un autre sens qui nous échappe).
    Cela me semble cohérent, alors qu’un passage de "j" à "ch", systématique qui plus est, me semble douteux.


Un gran de sau ?

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