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français : il risque à pleuvoir

On ajoute "à" après le verbe "risquer".
Pourquoi ? que n’ai pas briga de rasons.
[Julian]

Une étude approfondie serait nécessaire, et pour commencer, s’assurer de la forme gasconne locale (tonneinquaise ?).
Je vois deux hypothèses :
1) la forme gasconne locale est "risca a plàver". Alors le français local est directement dérivé du gascon, et le "a" vient de la nuit des temps (aquitains, celtes...?).
Vérifier aussi comment on dit dans le reste de la Gascogne.
2) Le "a" est une "hyper-correction" :
comme souvent le français met "à" là où le gascon/occitan met "de", les locuteurs natifs gascons ont cru bien faire en remplaçant le "de" gascon par un "à" français.
Dans le même genre que l’hyper-correction, je considère que le "r" "franco-gascon" (et "franco-basque" ?) très "rrh" est le résultat un peu exagéré de l’essai des locuteurs gascons pour passer du "r" roulé gascon au "r" français.
[Tederic]

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Grans de sau

  • Très curieux car dans ma famille, et je n’ai jamais trouvé ça ailleurs, on dira : il risque pleuvoir. si bien que pour moi "il risque de pleuvoir" sonne toujours exotique !

  • Réponse de Nicole Laporte, locutrice native de Bernos-Beaulac que j’ai interrogée à ce sujet :

    En français il me semble correct de dire "il risque pleuvoir" mais dans la région on dit souvent "il risque de pleuvoir" d’où "risque dé plawe".

    La forme standard française est donc perçue comme marginale.

    Et vous qui n’êtes pas originaires de Gironde, comment dites-vous ?

  • Tout simplement, "il risque pleuvoir", je n’ai jamais entendu ça !

  • Et avec un autre verbe que pleuvoir,tu dirais comment ?

  • Toujours entendu dire "il risque de" avec n’importe quel verbe !

  • Ce serait donc peut-être un "bazadisme"... Tederic, qu’en est-il en Albret ?

  • "Qu’am la pluja !" Qu’am le pluye ! (en negue)
    Celà signifiait non pas qu’il pleuvait, mais qu’il y avait menace de pluie (gros nuages, légères gouttes). Une signification différente de "risque de pluie" me semble-t-il, que je n’ai jamais entendu, terme peut-être plus général..

  • Que’m sembla, shètz d’espiar, qu’es escriut en Arnaudin : "qu’amaga de plàver"

  • Ah, tè. En Broustics e Brigàlhes lo Pierre Vergez qu’emplega lo torn : “amacat de” (= au risque de, menaçant de) :
    “…Lous quilhebéts de les cabales espaurides, amacat de-m tua…”
    De raproishar de amac (= geste menaçant).

  •  Voir aussi :

    N’y abè pas méy amacs de prigglade (J.-V. Lalanne - L’orage ne menaçait plus…)


     Il s’agit en fait d’un de ces mots gascons dont la richesse sémantique défie le mot-à-mot (défaut de trop de “petits dictionnaires”), avec peut-être plusieurs étymologies entrecroisées. Le sens général de amacat/amagat est 1. dissimulé, 2. prêt à tout, sur ses gardes, réactif, dégourdi, plein de repartie…

    N’abèn pas, ni la santat, ni lou coussudè de l’estoumac, coum la beroye Madelou, la hilhe dou nouste mouliè… Nou soun pas atau amacades coum ère (elles ne sont pas vives, dégourdies comme elle)… / Que-b prègui de créde, Moussu, que si abi ûe autan béroye sinte, que seri amacat de me la desbroumba dessus en m’en anan ta-u lhèyt… (je risquerais /je serais tenté de me l’oublier dessus). / Lou nebout que calé que-m tirassi p’ou bras coum qui mie û abugle ; autedemén qu’èri amacat de péri sus las carrères ! / La mayroulère… qu’éy amacat de debisa quoate hores d’arrelotye chens escoupi (elle est capable de parler quatre heures d’affilée sans cracher). (Noter qu’ici amacat est attribut, mais reste invariable.) (Hourcadut)
    Tè, sé réspoun lou biéilh, né souy pas amacat adare (J.-V. Lalanne - glosé : commode, prêt)


     Le verbe amacar a (entre autres) le sens de préparer, apprêter :

    Yanète, éntàu sé, que-m bats amaca, si-b plats, un platot de moulue àu gratin. / Dues besies, pes descàus, qu’amacaben las pelhes é tout ço que calé énta plega ue mourte. (Lacoste)


     D’où le sens d’Arnaudin : Qu’amaga de plàver (il se prépare à pleuvoir, il menace de pleuvoir - PN : que vòu plàver, que va voler plàver).
    (Hourcadut)
     Je pense que le amacat (de) de Vergez s’analyse : a macat (de). Pour Salies, Palay donne a mac de, au risque de…

  • Dictionnaire Pierre Méaule et Félix Arnaudin

    menacer v. amagar, maquejar, miaçar
    ménager v. amagar.

    Dictionnaire Germain Lalanne

    faire semblant=har en semblantz, amagar
    pardonner, arranger= perdonar, amagar

  • Atau donc, segon lo contèxte, amagaire que’s poiré enténer com lo fr. menaçant… o com lo fr. accomodant.
    Nhauta illustracion d’aquera polisemia qui tant m’engranha a la nosta lenco.

  • Entà jo, amacat,-ada : emplegat sonque per : commode, pratique, aisé,e, facile à utiliser, à portée de main.

  • « Agen amagá ‘cacher, couvrir, voiler’, Gers ‘réunir, serrer, mettre à l’abri’, BagnèresB. ‘tendre, montrer (le poing), dans un geste de menace’, bearn. ‘faire signe de menace, menacer ; dissimuler, cacher, réunir ; v. r. s’assembler (en mauvaise part)’, Teste ‘ne pas menacer en vain’ […] Bearn. amagat m. ‘geste de menace ; action de ranger’, Ferrère am magatch ‘en cachette’ […] Bearn. a l’amagade. […] bearn. amagadementz ‘clandestinement’. […] Bearn. amagatuère f. ‘menace sans importance [… Bearn. amaguilhá ‘rassembler par poignées ; raccomoder ; arranger’. - Bearn. desamagá ‘découvrir, ôter de sa cachette ; v. r. perdre l’habitude de’. […] Bearn. Dax a sous-mac ‘à la dérobée’ ; bearn. amac ‘geste de menace ; semblant’, Salies a mac de ‘au risque de’. Land. amacá ‘v. a. arranger ; v. r. mal accoutrer’, Salies v. r. ‘s’approcher ; s’assortir’ ; land. ha en amacan ‘agir secrètement’. Bearn. sousmaquè ‘sournois’. […] Lomagne agamouti-se ‘s’affaisser, se ratatiner’. » (FEW 16 p. 497, entrée magan (got.))

  • En Comenge, que disen "amagar" per díser "estujar", qu’es lo mòt corrènt.

    A Nistòs, ua vesia sovent que’m disè "que vòu plòier", quèn amaguèva de plàver.


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