- Tederic Merger

Médoc Landes de Gascogne

Saint-Laurent-Médoc

L’Horte, Lorthe

Cadastre napoléonien : Jalle de Lorthe, Moulin de l’Orthe...
Cassini et IGN 1950 : L’Orthe
IGN : L’Horthe
FANTOIR : LORTHE, MARAIS DE LORTHE

Cette cacophonie sur la manière d’écrire le nom est agaçante.

Le th - normalement utilisé en français pour les mots d’origine grecque - n’a pas ici de raison d’être : il résulte peut-être du déplacement du H initial (Horte) qui, lui, peut-être étymologique s’il s’agit de la racine hort* qu’on trouve dans horticulture.

Manifestement, ce H initial, s’il est écrit, n’est pas soufflé, sinon on aurait des attestations "La Horte". C’est normal en gascon : le H latin n’y est pas soufflé, c’est le F latin qui devient un H soufflé (bohat) !

Le plus simple serait d’écrire "Lorte" ; "L’Orte" indique qu’il y a eu un mot "Orte" (c’est probablement le cas) ; "L’Horte" conserve le H de l’étymologie latine supposée.

Le nom normat (en graphie alibertine) choisi pour Gasconha.com est pour l’instant L’Òrta, avec l’hypothèse d’une étymologie latine qui aurait donné òrt ou òrta (forme féminine) en gascon.

L’IGN adopte présentement la graphie la plus inutilement chargée, avec deux h !

La question de la graphie de ce nom de lieu devient importante quand, en 2019, la ferme de l’Horte devient la Maison du nouveau Parc Naturel Régional (PNR) du Médoc.
L’assemblade médocaine ou médoquine
Et la fête inaugurale du PNR s’y est déroulée ce 12 octobre 2019, "l’Assemblade médocaine", avec la perspective d’une assemblade chaque année. Beau succès, d’ailleurs ! nous préparons un article là-dessus.

Pour le Département de la Gironde, c’est la "ferme du Lhorte" ! le "du" est manifestement erroné.
Pour la Région Nouvelle-Aquitaine (qui a largement participé à la création de ce PNR), et pour le PNR lui-même, c’est "la Ferme de Lorthe".

Pour ceux qui vont sur Facebook, la nouvelle Maison du Médoc, donc à la ferme de l’Horte, est en photo ici, sur la page de l’Association des riverains du lac de Lacanau, grâce à une coupure de journal.


 

Grans de sau

  • Cette curieuse graphie -rth- se retrouve dans quelques textes gascons anciens, cf.
    « et le reson per so quar le parthide sera assabentade… »
    cité par Joan de Peiroton ici. Et elle explique des graphies françaises actuelles comme Orthez, pays d’Orthe, Arthez, barthe
    Ce -th- n’est pas notre /c/, /tj/, /ʧ/ de chacar, empach o castèth. C’est le traitement du -t- plus ou moins blésé juste après un -r- apical, entre /t/ et un /θ/ anglais. Pour en prendre conscience, dire en roulant très fortement les -r- :
    « Hartèra, tè ! »…
    Il est intéressant que certains scripteurs anciens aient ressenti le besoin d’enregistrer ce -rth- blésé, même s’il n’a aucun rôle phonologique.
    Autres exemples :
     … mas la proprietat… perthien ad aqueg qui ac ha goadanhat. (Fors de Béarn)
     … aparthiences … (Charte accordée à la bastide de Rebenacq, 1347.)
     … et no abe de que se enterther a ssi medixs (ibid.) … (Baron béarnais au XVe s.)
     … registrat a six carthes deu cinquoal volum deus Eftabliments … (Privilètges deu Pays de Bearn)
     … aixi que aperthien far a bous et leyaux subyectz. (Syndics de Béarn)
     … Et tropes causes vos he encoere a diser ; mes are no las poyretz arthier. (Récits d’Histoire sainte) — etc.

  • Si Muret est Gasc. Murèth, le pays Murétin est-il Gasc. Murétin ou Muréthin ?

  • Muretin est récent, sinon ce serait Murerin , n’est-ce pas ?


Un gran de sau ?

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