Noms

En graphie alibertine :   (lo) Camiòt

Prononcer "(lou) Camiòtt".
Si c’est un diminutif de camin, il est rare en toponymie.

camin / chemin

camin herrat : chemin solide, empierré (expression ancienne)
camin brostèr : chemin forestier
camin barrièr : chemin de ronde
caminassa (prononcer "caminasse") : grand chemin
caminar : cheminer
et aussi caminada : accion de har camin ; tragècte ; passejada, itinerari (diccionari gascon de Pèir Morà)

Prumèr diccionari tot en gascon : lo de Pèir Morà !


 
 

En graphie alibertine :   Bernatchic

Bernat Bernadina / Bernard

Bien prononcer le "t" final.


 
 

En graphie alibertine :   Nautuc

Prononciation : "Naoutuc"
Arnaut perd souvent son "Ar" initial, et gagne une terminaison, ici la terminaison "uc", dont le sens est à préciser.

Arnaut Arnauda / Arnaude / Arnaud

Comme le dit J.Tosti, sur son site des noms, "nom de personne d’origine germanique (arn = aigle + wald < waldan = gouverner)".


 
 

En graphie alibertine :   Pessarto

sarto / tailleur

Prononcer "sartou" en mettant l’accent tonique sur "sar".
Variante : sarte ("sarté" avec l’accent tonique sur sar)

Pèir, Pèr Pèira / Peÿ / Pierre

Pèir Berland defenot la libertat de Bordèu !

Dérivés :

Dérivés ou variantes [Alis-Aiguillon] : Peyre Peyroton Peychot

Futurs parents amoureux de Bordeaux et de sa région, vous souhaitez que votre fils s’attache lui aussi à ce pays et défende ses couleurs...
Appelez-le Pey ou Pèir* !
C’est "Pierre" en gascon de la région de Bordeaux.
C’est le prénom de Pey Berland, homme d’Etat, homme du peuple, homme de coeur et homme de religion, qui a défendu la liberté de Bordeaux contre le roi de France.

*"Pèir" est la graphie occitane normalisée de "Pey".
Il s’agit d’un seul et unique prénom qui se prononce " Pèÿ ".

La forme "Pey" est plus connue, et attestée officiellement. Vous n’aurez aucune difficulté à la faire enregistrer par l’Etat Civil : sinon, il devrait suffire d’invoquer Pey Berland et les multiples "Saint Pey" de la région...

La forme graphique Pèir, plus moderne et audacieuse, est moins évidente à prononcer pour la majorité des gens.
Il vous faudra donc faire, si vous la choisissez, l’effort pédagogique pour qu’ils ne prononcent pas "Pèrr"...

Pèir est la version nord-gasconne (en gros, département de la Gironde nord du département des Landes) de "Pèr" (ne pas prononcer le "r") qu’on trouve dans le reste de la Gascogne (voir les multiples "Saint Pé...").

A noter pour finir : le gascon permet une forme féminine différente du masculin, "Pèira", à prononcer entre "Pèïre" et "Pèïro". Profitons-en ?-)


 
 

En graphie alibertine :   (lo) Pleishòt

Prononcer "(lou) Pléchòtt"...

plèish / haie

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« esplechade sf. – Emondage des haies ; essartage.
esplechadis sm. – Branches d’émondage.
plechè plechade sm. – Suite, ensemble de plèchs. »


 
 

En graphie alibertine :   (lo) Luc vielh

luc / forêt

Et plus exactement bois sacré.
Vient du latin "lucus" (bois, forêt). Présent dans de nombreux noms de lieu gascons (Lucmau par exemple), mais le mot semble avoir disparu de l’usage depuis longtemps, peut-être en même temps que les croyances qui lui étaient associées.
J. Tosti signale une forme féminine de "luc" : luque (luca en normalizat) ; luga (lugue) existe aussi.

dérivé fréquent en toponymie gasconne : lugat

vielh / vieux

Prononcer "bieÿ".
vielha (prononcer entre "bieÿe" et"bieÿo") : vieille
vielhòt (prononcer "bieÿòt") : petit vieux


 
 

En graphie alibertine :   (lo) Pradilhòt

Prononcer "(lou) Pradilhòtt".

prat / pré

dérivés :
prada, pradèra : prairie
pradèu : airial
pradina (prononcer "pradine"...) est présent en toponymie nord-gasconne, et devait avoir un sens précis qui nous échappe.


 
 

En graphie alibertine :   Estevenon

Estéven Estevena / Estébe / Estébène / Stéphane / Stéphanie

Prononcer le féminin entre "Estébène" et "Estébèno" et le masculin entre "Estébé" et "Estébéng".

Le spécialiste du gascon Jean LAFITTE nous signale ceci :
"Attention à la graphie et à l’accent tonique :
C’est Estéven avec -n muet, qui donne le nom de famille Estève, variante
de Estephe célèbre en Médoc !
"

"Estéven" est donc à prononcer avec l’accent tonique sur "té", et le "n" final ne s’entend pas forcément.
Il semblerait même, d’après J. Lafitte, qu’il ne s’entende plus nulle part, mais Gasconha.com a peut-être mal compris (c’est assez compliqué !)


 
 

En graphie alibertine :   Horca gran

horc, horca / fourche

Prononcer "hourque" ou "hourco".
horc : confluent, vieux mot pour "lieu planté d’arbres", carrefour [C. Larronde]
horcada : petite forêt (ancien) [C. Larronde]
horcut, horcuda (hourcut, hourcude...) : fourchu, fourchue

furca en latin médiéval : forêt usagère, selon BBF

grand / grand

Seul le gascon du Nord (Médoc, Bordelais...) garde le "d" : grand, féminin granda (prononcer "grande").
Sinon, le féminin est grana (prononcer entre "grane" et "grano").

Mais attention : le gascon emploie parfois, pour dire "grand" (ou "gros"), l’augmentatif "às".
Exemple :
platàs : plat très très copieux


 
 

En graphie alibertine :   (lo) Vimiar

Prononcer "(lou) Bimià".

vimi, vime / osier

Prononcer "bimi" avec l’accent tonique sur bi.
variante : vime

JF Laterrade donne aussi ausar (prononcer "aouzà").


 
 

En graphie alibertine :   (lo) Sequèr

Prononcer "(lou) Séquè"...

sequèra / sécheresse

la sequèra (prononcer "la séquère"), lo sequèr (prononcer "lou séquè") : la sécheresse (féminin, masculin)


 
 

En graphie alibertine :   (la) Borbora

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« bourbourà,-bourì v. – Bouillir à gros bouillons. »


 
 

En graphie alibertine :   (lo) Tojèr

Prononcer "(lou) Toujè"...

toja / thuie

Prononcer entre "touje", "touye", "toujo", "touyo".
La forme tuja existe aussi.

Petit ajonc épineux autrefois beaucoup utilisé pour faire la litière du bétail et donc le sostratge, sorte de fumier.
Le tojar (prononcer entre "touyà" et "toujà") est un terrain de lande où pousse la toja.
tojet (prononcer entre "touyét" et "toujét") pourrait bien avoir le même sens.

L’équivalent français "thuie" a été trouvé chez l’écrivain gascon Pesquidoux, mais il n’est pas certain qu’il soit passé dans l’usage commun.

Un proverbe tiré de V. Lespy (proverbes du pays de Béarn - éditions Lacour) :
Non cau pas tròp usar la haus si vòlin que cope la toja.
Il ne faut pas trop user la faux si on veut qu’elle coupe la "toja".


 
 

En graphie alibertine :   Vira-l'Aolha

aolha / brebis

Prononcer entre "aouille" et "aouillo" ;
Autres formes :
agolha, oelha, aoelha, olha...
dérivés :
aolhèir, aolhèr, aoelhèr, agolhèir... (berger)

MP3 - 51.5 ko
Quan las aolhas mian l’aolhèr, s’entecan.

virar / tourner

Prononcer "bira".
dérivés :
arrevirar : traduire, convertir ?
arrevira-Marion, arrevira-moquira (prononcer "arrébire-mouquire") : taloche, gifle
virada (prononcer entre "birado" et "birade") et viraplec : virage, tournant
virolet (prononcer "biroulét") : néologisme proposé pour "rond point"
viradís : « Propre à être retourné- : terre biradisse. Mal équilibré. cargamén biradìs. » [Palay]


 
 

En graphie alibertine :   Pecava

/ pied

En plus de la signification "pied = partie du corps humain", apparait souvent dans les noms de lieu pour désigner le bas (ou même le commencement ?) d’un élément du paysage.

cava / cave

Prononcer entre "cabe", "cavo", "cawe", "cawo".
C’est le nom commun "cave" mais aussi le féminin de l’adjectif "cau" (prononcer entre "caou" et "caw"), qui veut dire "creux" ou "profond".


 
 

En graphie alibertine :   (lo) Poi negue

pei, poei, poi, pui / colline, hauteur

Prononcer " puï ".

Ce mot, sous ses nombreuses variantes, est une source inépuisable de noms propres, dans tout le domaine occitano-catalan.

variantes : poi (prononcer " pouï "), puèi, poèi, pèi (très fréquent en Bordelais et Médoc dans les noms de lieux, sous la forme "pey"), pèch (variante orthographique de "pèi").
"puch" semble être de la même famille, probablement une variante orthographique de "pui".
Signalons enfin puèg (languedocien) et puig (catalan), qui se prononcent plutôt "puech" et "poutch"...

Tout cela vient du latin "podium" (hauteur).
Dérivés :
pojòu, pujòu, qu’on retrouve sous les formes francisées "Poujeau" ou "Puyôo" et en languedocien sous les formes "poujol" et "pujol"
Berganton (p. 119) parle d’une "interchangeabilité" entre "puyau, puyèu, puyò" (pujau, pujèu, pujòu).
pojada (montée -fr. "poujade", "pouyade")

negre, negue / noir

Prononcer "négré" avec l’accent tonique sur "né".

variantes :
negue ou néguer (celui-ci étant une variante orthographique du précédent).
En "parler noir" landais (parlar negue), "negue" se prononce "neugue".


 
 

En graphie alibertine :   Camp arroi

camp / champ

Souvent prononcé "cam", sans faire entendre le p final.
campanha : campagne

arroi, arroja / rouge

Prononcer "arrouÿ".
La forme "roi" (prononcer "rouÿ") existe aussi.
Féminin : arroja ("arrouÿe", "arrouÿo"...)


 
 

En graphie alibertine :   Camp major

camp / champ

Souvent prononcé "cam", sans faire entendre le p final.
campanha : campagne

major / majeur

ou "principal".
Prononcer entre "mayou" et "majou".
Synonyme : màger


 
 

En graphie alibertine :   Sarragorga

gorga / trou d'eau

Prononcer entre "gourgue" et "gourgo".
gorg (prononcer "gourc") : gouffre, trou plein d’eau, en particulier sous une cascade.
En général, un "gorg" a de l’eau claire et une "gorga" un fond vaseux tel que mare ou bourbier profond.
En Bazadais, bassin d’un moulin ou réservoir d’eau pour l’alimentation d’une usine.
[A. Champ]

Palay, Lespy et le TdF donnent toute une série de dérivés, notamment avec le préfixe en :

engourgà-s, s’embourber, se mouiller les pieds
engourgadé sm. – Lieu où l’on s’embourbe.


 
 

En graphie alibertine :   (lo) Poi cort

pei, poei, poi, pui / colline, hauteur

Prononcer " puï ".

Ce mot, sous ses nombreuses variantes, est une source inépuisable de noms propres, dans tout le domaine occitano-catalan.

variantes : poi (prononcer " pouï "), puèi, poèi, pèi (très fréquent en Bordelais et Médoc dans les noms de lieux, sous la forme "pey"), pèch (variante orthographique de "pèi").
"puch" semble être de la même famille, probablement une variante orthographique de "pui".
Signalons enfin puèg (languedocien) et puig (catalan), qui se prononcent plutôt "puech" et "poutch"...

Tout cela vient du latin "podium" (hauteur).
Dérivés :
pojòu, pujòu, qu’on retrouve sous les formes francisées "Poujeau" ou "Puyôo" et en languedocien sous les formes "poujol" et "pujol"
Berganton (p. 119) parle d’une "interchangeabilité" entre "puyau, puyèu, puyò" (pujau, pujèu, pujòu).
pojada (montée -fr. "poujade", "pouyade")

cort / cour

Prononcer "court".

synonyme : pati (accent tonique sur "pa")

dérivé :
cortiu : courtil, parc couvert en chaume, bergerie (P. Morèu)
cortia (courtie, courtìo) : id.

MP3 - 72.7 ko
Vau mei un cortiu que sie lo vòste
... qu’un castèth que ne sie pas !

Le "Dictionnaire de la langue gauloise" (Xavier Delamarre, Editions Errance, 30 euros) donne une piste sur l’origine :
"GORTIA : haie , enclos
Des mots des dialectes romans, provençal "gorsa" haie, buisson epais",
limousin "gorso", lombard "gorz" id.
etc. et surtout les toponymes Gorses (Lot), Gorze
(Moselle), Gorcy (Meurthe-et-Moselle), Lagorce
(Ardeche, Gironde, 1171 "de Gorcia"), Gorzone en
Italie (de gortione) remontent à une forme gauloise
"gortia" haie, designation metonymique de l’enclos
"gorto-" de "ghorto" continué par le vieil irlandais
gort "champ" gallois "garth" "champ, enclos", vieux
breton "(g)orth" "enclos".
Même provenance que le latin "hortus", grec "khortos", enclos.