Lòcs (toponymie, paysage...) de Saint-Julien-d’Armagnac

Eauzan / Eusan

Saint-Julien-d'Armagnac

Hiouère
Hivèra ?

en graphie alibertine :

L'Ivèrn

ivèrn / hiver

Prononcer "iwèr", "iwèrn", "ibèr"...

On aurait pu penser à hiuguèra "fougère", sauf que dans cette zone ce serait heuguèra. Donc il pourrait plutôt s’agir d’un féminin *hivèra, ou *hivaire/hivaira, cf l’oïl fieffeur.

prepausat per Gaby ;

 

 
Eauzan / Eusan

Saint-Julien-d'Armagnac

Le Chin

en graphie alibertine :

(lo) Chin
Prononcer "(lou) Tchinn"...


 

 
Eauzan / Eusan

Saint-Julien-d'Armagnac

Le Maysouot

en graphie alibertine :

(lo) Maisoòt

maison / maison

Prononcer entre "mayzou" et "mayzoung".
La forme "mason" (prononcer entre "mazou" et "mazoung") existe aussi.

FANTOIR : Le Maysouot, Meysouot


 

 
Eauzan / Eusan

Saint-Julien-d'Armagnac

Bordes

en graphie alibertine :

(las) Bòrdas
Prononcer "(las) Bòrdas", "(las) Bòrdos"...

bòrda / ferme, métairie, grange

Ou grange.
Prononcer entre "bordo" et "borde" ;
Dérivés :
bordeta (prononcer "bourdette" ; petite bòrda), bordiu (ferme ou métaierie) et ses dérivés bordilèr (métayer), bordilòt (diminutif de "bordiu"), bordilar (attesté dans "Siedlung und Landschaft (...)" p. 328)
bordau ("bourdaou" indiqué comme "grange-étable" (p.40) par "Quand l’Ariège changea de siècle", de Pierre Salies aux éditions Milan/Résonances (1982))
bordalèr métayer, « habitant d’un hameau, d’un bourdalà » [Palay]
bordalat (hameau)
bordèra : regroupement de bòrdas ?
bordar (prononcer "bourdà") :
« bourdà sm. Ferme, borde avec tout ce qu’elle contient et comporte- : bétail et cheptel mort. En Lav. emplacement d’une borde tombée en ruines. » [Palay]
« Bourdar Bordar (vers le pays basque) métairie »[Lespy]

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Eauzan / Eusan

Saint-Julien-d'Armagnac

Cassagne

en graphie alibertine :

Lacassanha + (la) Cassanha

casso, casse, cassi / chêne

cassi est plutôt girondin, une autre forme gasconne est casso (prononcer "cassou" en accentuant la première syllabe), et casse existe aussi.
En langue gauloise : cassanos

"cassi-casso-casse" est-il plutôt le chêne pédonculé , le chêne tauzin étant "tausin" ?*
Dérivés (pour dire "chênaie" :)
cassiar (masc.), cassia o cassièra (fem.), cassiet, cassieda, cassoeda, cassanha (le si courant "cassagne"

*Le basque a deux mots différents : haritz pour "chêne pédonculé", ametz pour "chêne tauzin". Au Pays basque, le premier était particulièrement révéré.

Ostau deus Cassos / Oustaou dous Cassous
Proposition de typographie gasconne.
Tederic M.

 

 
Eauzan / Eusan

Saint-Julien-d'Armagnac

Gassion

en graphie alibertine :

Gassion
Semble un dérivé de Gassie(s).

Gassia prenom mascle

Prononcer plutôt Gassie (en faisant entendre le "e").
C’est bien un nom masculin, dérivant du nom vascon Garsia, porté par des ducs de Gascogne jusqu’à l’an 1000 environ.

Ce Garsia (ou Garcia) serait plus précisément une adaptation castillane du nom de personne vascon "Hortza, Artza o Hartze", qui signifiait tout simplement "Ours". Le basque moderne dit toujours "Hartza".

Arnaud-Garcias de Goth a été frère du pape Clément V.
"Garcia", si courant en Espagne comme nom de famille, a bien sûr la même origine.
Et pourquoi ne pas choisir cette forme Garcia, plus connue, et qui ferait un clin d’oeil à Federico Garcia Lorca, le célèbre poète espagnol ?


 

 
Eauzan / Eusan

Saint-Julien-d'Armagnac

Gourgues

en graphie alibertine :

Lasgorgas + (las) Gorgas

gorga / trou d'eau

Prononcer entre "gourgue" et "gourgo".
gorg (prononcer "gourc") : gouffre, trou plein d’eau, en particulier sous une cascade.
En général, un "gorg" a de l’eau claire et une "gorga" un fond vaseux tel que mare ou bourbier profond.
En Bazadais, bassin d’un moulin ou réservoir d’eau pour l’alimentation d’une usine.
[A. Champ]

Palay, Lespy et le TdF donnent toute une série de dérivés, notamment avec le préfixe en :

engourgà-s, s’embourber, se mouiller les pieds
engourgadé sm. – Lieu où l’on s’embourbe.


 

 
Eauzan / Eusan

Saint-Julien-d'Armagnac

Hourtic

en graphie alibertine :

Hortic + Fortic
Prononcer "Hourtic".

hòrt / fort

feminin : "hòrta"
Le gascon a transformé les "f" en "h".
"hòrt" veut aussi dire "beaucoup" dans certains coins de la Gascogne : "Que’n i a hòrt" = "Il y en a beaucoup"

Hortic prenom mascle / Hourtic

"Hortic de LOYT né vers 1580"
[Henri LOUIT -
louith.free.fr]

Probablement un diminutif affectueux de "hòrt" (fort) ; c’est même quasi-certain !
Avec un suffixe, selon une règle connue en langue d’oc, le son "o" passe à "ou" (notation française) dès qu’il y a un suffixe qui crée une syllabe supplémentaire qui reçoit l’accent tonique.

Gasconha.com devrait peut-être aussi avoir le prénom racine "Hòrt", si celui-ci a été attribué isolément, sans suffixe et sans composition avec d’autres prénoms (cas par exemple de Horsans = "Hòrt" (fort) + "Sans".
prenom mascle Horsans


 

 
Eauzan / Eusan

Saint-Julien-d'Armagnac

Pichot

en graphie alibertine :

(lo) Pishòt
prononcer "(lou) Pichott". "Un pishòt de gat", c’est un pipi de chat. Est-ce (...)

pishar / pisser

Prononcer "pichà".

pisha (prononcer "piche", "picho"...) : pisse, écoulement (très présent en toponymie)
Mais Palay donne plutôt pich (mot masculin) :
« Urine, pissat ; par anal. source jaillissante, filet d’eau jaillissant, cascade »

dérivé :
pishadèir (prononcer "pichadèÿ") ou pishadèr (prononcer "pichadè") : pissotière

En Bordelais, pishadeir, pishaduir (?) :
Nom énigmatique qui semble avoir désigné un quasi-pays :
 « picheduy, surnom donné par les landais du nord au pays viticole girondin » selon Palay rapporté par Matthias Koch
 « pays où il pleut toujours, lieu bas où se rendent les eaux » selon Mistral rapporté par Matthias Koch ; Mistral le fait dériver du verbe gascon "picha/pissa".
Pourtant la toponymie bordelaise ne semble pas présenter ce nom, sauf un lieu-dit ancien à Bègles en bord de Garonne sur les actuels "Petit Port" et "Grand Port" : le "Pichedhuy, Picheduy, Pichaduy, Pissaduy, Pisseduy, de la Reyne, Reyna..." (Matthias Koch)

pisha-viste (prononcer "piche-biste" - littéralement "pisse-vite" en français) : "sorte de culotte-pantalon que les femmes portaient sous la jupe, qui avait la particularité de ne pas être cousu entre les jambes".
[Association du patrimoine de Saint-Médard-en-Jalles - article dans le journal "Sud-Ouest"]

Probablement lié :
pishèir (présent en toponymie nord-gasconne sous la forme pichey)

Peut-être pas lié, mais avec des interférences possibles :
pishèr (pichè) : « sm. – Mesure de capacité (environ deux litres 1/2) ; pichet, grosse bouteille, jatte. » [Palay]

Pichòt
Prononcer "Pitchòt", "Pityòt"... Très difficile de savoir si les nombreux (...)

petit / petit

Prononcer "pétitt" ou "petitt".

Il y a d’autres mots qui veulent dire aussi "petit" en gascon : pichòt (prononcer "pitchot"), pichòi (prononcer "pitchoÿ"), pichon (prononcer entre "pitchou" et "pitchoung"), chicòi et chiquet (prononcer "tchicoÿ" et "tchiquét" - un chic, un thic, un chiquet : un peu, un petit peu...)

Mais le gascon emploie souvent des diminutifs au lieu de "petit" :
"un ostalet" au lieu de "un petit ostau"

petita (prononcer entre "pétite" et "pétito") : petite

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Barbotan-Cazaubon : Centre de loisirs LOU PETIT GASCOUN
Tederic M.

 

 
Eauzan / Eusan

Saint-Julien-d'Armagnac

Planté

en graphie alibertine :

(lo) Plantèr
Prononcer "(lou) Plantè".

plantèir, plantèr, planton / parcelle récemment cultivée

Prononcer respectivement "plantèÿ", "plantè", "plantou(ng)".
Jeune vigne par exemple.
[Flor de vinha - A. Viaut]

plantèr (prononcer "plantè") est la forme gasconne majoritaire.

Synonyme dans le Bazadais, mais bien plus largement, semble-t-il, en Gascogne, Guyenne et Haut Languedoc : planton (prononcer entre "plantou" et "plantoung").