Lòcs (toponymie, paysage...) de Berson

Blayais

Berson

Loumède

en graphie alibertine :

Lomeda
Prononcer "Louméde". "L’Omeda / L’Ouméde" (lo bòsc d’omes / l’ormaie), pr’amor (...)

olom, alom, aulom, om / orme

Prononcer "ouloum".
Variante : om (prononcer "oum") ; peut-être aussi òm (prononcer "om") ?

omet, aumet : ormeau

Berganton (p. 91) donne "oumerac" (omerac) pour ormaie, en considérant un suffixe -ac au sens collectif.

Encore une lomeda en Blayais !

prepausat per Vincent P. ;

 

 
Blayais

Berson

Lomède

en graphie alibertine :

Lomeda
Prononcer "Louméde". "L’Omeda / L’Ouméde" (lo bòsc d’omes / l’ormaie), pr’amor (...)

olom, alom, aulom, om / orme

Prononcer "ouloum".
Variante : om (prononcer "oum") ; peut-être aussi òm (prononcer "om") ?

omet, aumet : ormeau

Berganton (p. 91) donne "oumerac" (omerac) pour ormaie, en considérant un suffixe -ac au sens collectif.


Le nom ne figure plus sur les cartes IGN actuelles, il faut aller le chercher sur les cartes anciennes. Dans tous les cas, il prouve l’abondance d’ormaies dans l’ancien Blayais pré-viticole, tant le toponyme est transparent en gascon, langue qui n’était plus parlée sur les lieux lors des premières enquêtes linguistiques à disposition.


Loumède

prepausat per Vincent P. ;

 

 
Blayais

Berson

Pouyau
Pojau / Pouyaw

en graphie alibertine :

Lo Pojau

pei, poei, poi, pui / colline, hauteur

Prononcer " puï ".

Ce mot, sous ses nombreuses variantes, est une source inépuisable de noms propres, dans tout le domaine occitano-catalan.

variantes : poi (prononcer " pouï "), puèi, poèi, pèi (très fréquent en Bordelais et Médoc dans les noms de lieux, sous la forme "pey"), pèch (variante orthographique de "pèi").
"puch" semble être de la même famille, probablement une variante orthographique de "pui".
Signalons enfin puèg (languedocien) et puig (catalan), qui se prononcent plutôt "puech" et "poutch"...

Tout cela vient du latin "podium" (hauteur).
Dérivés :
pojòu, pujòu, qu’on retrouve sous les formes francisées "Poujeau" ou "Puyôo" et en languedocien sous les formes "poujol" et "pujol"
Berganton (p. 119) parle d’une "interchangeabilité" entre "puyau, puyèu, puyò" (pujau, pujèu, pujòu).
pojada (montée -fr. "poujade", "pouyade")


Berson est une commune du Blayais, petit pays du Nord-Gironde, dans l’ancien Bordelais, dont on sait que la langue, dite gavache, était d’oïl, plus précisément un poitevin-saintongeais, sur substrat gascon.

A ce titre, la toponymie du Blayais est encore quasiment à moitié gasconne, avec parfois des formes très caractéristiques.

A première vue, Pouyau fait partie de cette série gasconne : on ne peut pas y voir autre chose qu’un dérivé* du latin podium "puy" avec le suffixe à valeur qualitative -au, du latin -al(em). D’ailleurs, Pouyau est un patronyme gascon connu en Béarn et dans les Landes.

* : La question de la forme locale de podium en gascon est extraordinairement complexe : j’ai la certitude cependant qu’en gascon de ces confins girondins, il s’agissait de "pey".

Seul hic : on trouve à Saint-Martin-du-Coux (17) un lieu-dit "Pouyau de Gruau". Or, ce village est en Haute-Saintonge, il convient donc de trouver une explication plus englobante, qui ne passe par le substrat gascon.

Tout d’abord, il n’est pas impossible que dans les deux cas, il s’agisse du patronyme gascon, apporté dans la contrée par un migrant. D’ailleurs, le lieu-dit Pouyau de Berson est plat comme la main.

Reste qu’il peut tout de même s’agir d’une formation locale : en effet, à l’intervocalique, -j- se prononce "y" en gascon du Nord-Gironde, ainsi qu’en limousin. D’où les nombreux lieux-dits La Pouyade du Limousin, de la Charente limousine et du Nord-Gironde.

Ainsi donc, Pouyau ne s’inscrit pas nécessairement dans une série de toponymes gascons très typés, mais plus largement dans une série de toponymes d’oc. Il est certain néanmoins que cette forme est conforme à ce que l’on sait de la langue d’oc au nord de la Dordogne, qu’elle soit nord-gasconne ou limousine, en continuum.

Quant au toponyme saintongeais, il est clair, à mon sens, qu’il s’inscrit dans la toponymie d’oc très dense de la Haute-Saintonge, de substrat limousin très net, dès lors que l’on s’amuse à prendre une carte IGN et que l’on a l’œil.

prepausat per Vincent P. ;