Lòcs (toponymie, paysage...) de Camblanes-et-Meynac

Créonnais Entre-deux-Mers

Camblanes-et-Meynac

Tabastayre
Tabastaire

Surnom d’une personne violente ou tapageuse.


 

 
Créonnais Entre-deux-Mers

Camblanes-et-Meynac

Meynac

en graphie alibertine :

Meinac
Prononcer "Meÿnac".


Petit miracle sur les coteaux de Garonne, rive droite : le monde de Jean Balde, encore intact, autour de la petite église à clocher-mur de Meynac !

Latresne, Floirac, Bouliac, Cenon et autres communes de la rive droite, souvent désormais dans Bordeaux-Métropole, ont connu des bouleversements d’ampleur, mais la campagne bordelaise d’Entre-deux-Mers survit à Meynac, dans un environnement en apparence protégé du mitage pavillonnaire.

En apparence seulement, car les lotissements sont là, masqués par des arbres, comme si le site de Meynac avait été préservé délibérément : la présence d’un vignoble a probablement joué. En contrebas néanmoins, près du ruisseau de Moulinan, l’on constate un début de lèpre californienne, caractérisée notamment par ses étranges toitures argentées.

Dans tous les cas, avec cette belle église à clocher-mur, qui pourrait tout aussi bien être perdue dans la lande, entre Bordelais et Bazadais, c’est tout un univers bordelais que j’ose dire gascon qui se fait évident.

Les vieux patronymes de défunts en témoignent mais qui saurait encore prononcer Roudey correctement ?

prepausat per Vincent P. ;

 

 
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Camblanes-et-Meynac

Mouillac, Mouliac

OpenStreetMap : Moulia
IGN : Mouillac
FANTOIR : Mouillac, Mouliac
CN (Section A feuille unique : Lapalu) : Mouillac
Peu de vraisemblance d’un moulin à cet endroit.


 

 
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Drouillard

en graphie alibertine :

(lo) Drolhar
Prononcer "Lou Droulyà". La terminaison -ar parait acceptable sur un nom de (...)

drolh / chêne roure ou lanugineux

Prononcer "drouil".
« droulh : Chêne roure (quercus robur) et chêne lanugineux (quercus pubescens). » [Palay]
Multidiccionari francés-occitan

Le gran de sau ci-dessous de Danièl situe ce mot dans une lignée pré-indo-européenne :

Dans certains coins du Béarn, Bonnut par exemple, lo drolh était l’un des deux noms donnés au chêne taillé en têtard, l’autre étant cogoish. Un groupe de chênes taillés de cette façon était un drolhet, d’où vraisemblablement le patronyme Drouilhet .
En Guyenne on utilisait les mots drolh/druelh/drulh pour désigner l’alisier.
On retrouve sous ces termes la racine pré-indo-européenne deru / dóru , signifiant primitivement "ferme, solide", et ultérieurement "chêne" (l’arbre par excellence à cette époque lointaine) et ensuite par extension "arbre", et qui a donné en latin duru(m) , "dur, solide (comme un arbre)", en grec ancien drys , "chêne", en anglais tree , "arbre", en allemand treu , primitivement "solide, résistant, épais", et de nos jours "fidèle", et en français les mots "druide, dryade, dur, dru".

Remarques :
 L’alisier et le chêne appartiennent à des familles bien distinctes.
 Pour l’adjectif droulh, Palay donne curieusement une définition qui est à l’opposé de la dureté : « Qui n’a pas de résistance ; qui manque de vigueur, d’énergie ; se dit aussi d’un bois qui casse facilement- : huste droulhe, bois mou. »

dérivé (qu’on trouve en onomastique gasconne) : drolhet ("Drouilhet"...), sans doute un bois planté de l’espèce d’arbres considérée

Drouillard est cependant un nom gabaye.


 

 
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Cluzeau

en graphie alibertine :

(lo) Clusèth, Clusèu
Prononcer "(lou) Cluzèt".

clusèth, clusèu / grotte ou vallée resserrée

En occitan central : clusèl
En fait, "clusèu" semble très périphérique par rapport au domaine gascon, et doit sa place dans ce lexique gascon à la nécessité d’expliquer quelques noms de châteaux du Bordelais, vers Libourne et St-Emilion, donc justement aux confins de la grande Gascogne.

Mise à jour 2020 :
La poursuite du travail sur la toponymie nord-gasconne fait apparaitre des Cluset... qui semblent attester la forme clusèth, pendant gascon logique du languedocien clusèl.

Tresor dóu Felibrige :
Multidiccionari francés-occitan

CLUSÈU (rom. clusel, cluzel, b. lat. clusellum),s. m. Grotte à découvert, en Périgord, v. cauno, ràfi ; Le Cluseau, Le Clusel, nom de lieu fréquent dans la Dordogne.

clusèu serait la forme nord-occitane (limousine) correspondante, et pourrait avoir pénétré les confins nord de la Gascogne bordelaise.


 

 
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Cerres

Rapport avec le mystérieux Céris de Latresne ?
Céris

Dans ce cas, le i de Céris ne porterait pas l’accent tonique, ce qui est parfaitement possible.


 

 
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chemin de Garistoy

Il conduit à Listoy, il doit donc y avoir un rapport étroit entre Listoy et Garistoy !


 

 
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chemin de la Rouye

en graphie alibertine :

L'Arrolha
Prononcer "L’Arrouilhe".

arrolha, arrulha, arrelha / rouille, ruisseau

Le mot "rouille" est une mauvaise francisation, semble-t-il. Peut-être que la couleur rouille de certains ruisseaux landais a facilité l’erreur ?
Le "a" de début de "arrolha" a aussi été confondu avec le "a" de "la" rouille...
"arrolha" viendrait du bas-latin "arrogium" (Nicolaï) ou du latin "arrugia" (Fenié).
On peut penser que le mot castillan arroyo est de la même origine.
Et probablement aussi le basque arroila.

Il semble que le masculin "arrolh" (prononcer "arrouil") existe aussi, avec le même sens de rigole, ruisseau, fossé.

LA PALABRA DEL DÍA (www.elcastellano.org) donne la préférence à une origine prélatine :
"arroyo
Es uno de los pocos vocablos hispánicos prerromanos, que sobrevivieron a la latinización de la Península Ibérica.
En su origen, se refería a un ’canal artificial para el paso del agua’ y más tarde las ’largas galerías de las minas’, generalmente túneles muy estrechos por los que apenas podían pasar los mineros y con esa denotación fue acogido por los romanos y empleado por Plinio.

La palabra castellana se extendió al portugués arroio y se mantuvo en el vasco arroil (foso, desfiladero entre montes).
En varios dialectos italianos aparecen formas como ruga, roggia, con el sentido de ’acequia’ o ’canal’.

Sin embargo, Covarrubias supone en su diccionario (1611) que la palabra está formada por el artículo árabe al antepuesto a la voz latina rivus, o a su diminutivo rivulus o, tal vez, el griego ryo (yo fluyo). Esta hipótesis se descarta actualmente."

Le bas-latin a pu adopter et diffuser ce mot pré-latin, hispanique. Pour le mot espagnol arroyo, l’explication donnée plus haut suggère son entrée directe dans le lexique, à partir du mot pré-latin.
Pour ce qui concerne l’espace aquitain, nous n’avons aucun élément pour affirmer que cette racine existait avant la latinisation, et donc le gascon l’aurait reçu par ricochet.

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

« arroulhe sf. Rigole ; ornière ; fossé ; canal ; l’outil appelé arroulh. Syn. arrélhe. »
Remarque : la forme arrélhe a un homonyme, soc (pièce de charrue) qui, justement, sert à creuser un sillon !

Lespy :
« ARROULHE, Arrolhe, Arrulhe rigole, ornière profonde, fossé, canal »
Les exemples donnés par Lespy utilisent beaucoup la forme arrulhe.
Lespy signale aussi une extension du sens à un terrain limité par des arrulhes, par exemple "un verger conquis sur le marais".

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arrolha, arrulha, arrelha à partir de arrugula

Voie récente.
"la Rouye" doit être le "ruisseau de Moulinan".


 

 
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La Peyre

en graphie alibertine :

Lapèira + (la) Pèira
Prononcer entre "La Peÿre" et "La Peÿro".

pèira / pierre

Apparait généralement sous la forme "peyre" dans les noms propres.
dérivés :
peirós (pierreux), peirèra ou peirèira (carrière*)
peiruisha : résidu de pierres [G. Balloux]
peirèr (prononcer "peÿrè") ou peirèir : tailleur de pierre

* "carrèra" ne veut pas dire "carrière", mais "rue".


 

 
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Camblanes-et-Meynac

chemin Lafitte

en graphie alibertine :

Lahita + (la) Hita
Prononcer entre "lahitte" et "Lahito".

hita / borne, limite de propriété.

Forme les noms très courants en Gascogne "Lafitte" ou (plus gascon) "Lahitte".
Vient du latin "ficta", limite de propriété.

hitar :
« hita, hitère s. – Lieu où il y a des hites. Palay »
Multidiccionari francés-occitan