Lòcs (toponymie, paysage...) de Brugnens

Lomagne

Brugnens

Malerbe


 

 
Lomagne

Brugnens

Le Mounon

en graphie alibertine :

Monon

Ramon prenom mascle / Raymond

Prononcer entre "Ramou" et "Ramoung".

Attesté dans les registres de la Jurada de Bordèu en 1406 (Ramon Guarssias ou Ramon Guassias) et en 1407 (Ramon d’Orinha*).
Nombreux diminutifs ou "hypocoristiques" (dérivés où la première syllabe a été perdue) : Monic, Monon...

*Orinha : peut-être la localité orthographiée de nos jours "Origne"


 

 
Lomagne

Brugnens

Le Picharrot

en graphie alibertine :

(lo) Pisharòt ? Picharòt ? (la) Pisharòta
Prononcer le t final. La Pisharòta : forme féminine (prononcer "Picharòto", (...)

pishar / pisser

Prononcer "pichà".

pisha (prononcer "piche", "picho"...) : pisse, écoulement (très présent en toponymie)
Mais Palay donne plutôt pich (mot masculin) :
« Urine, pissat ; par anal. source jaillissante, filet d’eau jaillissant, cascade »

dérivé :
pishadèir (prononcer "pichadèÿ") ou pishadèr (prononcer "pichadè") : pissotière

En Bordelais, pishadeir, pishaduir (?) :
Nom énigmatique qui semble avoir désigné un quasi-pays :
 « picheduy, surnom donné par les landais du nord au pays viticole girondin » selon Palay rapporté par Matthias Koch
 « pays où il pleut toujours, lieu bas où se rendent les eaux » selon Mistral rapporté par Matthias Koch ; Mistral le fait dériver du verbe gascon "picha/pissa".
Pourtant la toponymie bordelaise ne semble pas présenter ce nom, sauf un lieu-dit ancien à Bègles en bord de Garonne sur les actuels "Petit Port" et "Grand Port" : le "Pichedhuy, Picheduy, Pichaduy, Pissaduy, Pisseduy, de la Reyne, Reyna..." (Matthias Koch)

pisha-viste (prononcer "piche-biste" - littéralement "pisse-vite" en français) : "sorte de culotte-pantalon que les femmes portaient sous la jupe, qui avait la particularité de ne pas être cousu entre les jambes".
[Association du patrimoine de Saint-Médard-en-Jalles - article dans le journal "Sud-Ouest"]

Probablement lié :
pishèir (présent en toponymie nord-gasconne sous la forme pichey)

Peut-être pas lié, mais avec des interférences possibles :
pishèr (pichè) : « sm. – Mesure de capacité (environ deux litres 1/2) ; pichet, grosse bouteille, jatte. » [Palay]


 

 
Lomagne

Brugnens

Trinquetuile

en graphie alibertine :

Trencateula, Trencateule

teula, teule / tuile

teula (prononcer "téwle", "téwlo"...) : féminin
teule (prononcer "téwle*", ""téwlo"...) : masculin
* avec un é qui ne reçoit pas l’accent tonique

Dérivés :
teulèra (téwlère, téwlèro) ou teulèira (téwleÿre) : tuilerie
teulèr ou teulèir (prononcer "téoulèï") : tuilier
teulada : toiture
teula-malhada : génoise
« En Gascogne, la référence à la « mode génoise » a disparu et la génoise est appelée téule-malhade [Simin Palay] » [Génoise (architecture)]

trencar / trancher

Prononcer "tréncà".


 

 
Lomagne

Brugnens

Mahourat

en graphie alibertine :

(lo) Mauhorat
Prononcer "(lou) Maouhouratt".

mau / mal, mauvais

Prononcer "maou", ("aou" étant une diphtongue).
féminin "mauvaise" : mau comme le masculin, ou mala (prononcer entre "malo" et "mala").

horat / trou

Prononcer "hourat".


 

 
Lomagne

Brugnens

Lasserre

en graphie alibertine :

Lassèrra + (la) Sèrra
Prononcer "La Sèrre", "La Sèrro"...

sèrra / colline ou chaîne de collines

Ou ensemble de collines.
Prononcer entre "sèrre" et "sèrro".
serròt (prononcer "seurròt" en pays de "parlar negue") doit être un diminutif, dont la signification exacte est à précisér.

sarra peut être une variante de sèrra.


 

 
Lomagne

Brugnens

Las Gourgues

en graphie alibertine :

Lasgorgas + (las) Gorgas

gorga / trou d'eau

Prononcer entre "gourgue" et "gourgo".
gorg (prononcer "gourc") : gouffre, trou plein d’eau, en particulier sous une cascade.
En général, un "gorg" a de l’eau claire et une "gorga" un fond vaseux tel que mare ou bourbier profond.
En Bazadais, bassin d’un moulin ou réservoir d’eau pour l’alimentation d’une usine.
[A. Champ]

Palay, Lespy et le TdF donnent toute une série de dérivés, notamment avec le préfixe en :

engourgà-s, s’embourber, se mouiller les pieds
engourgadé sm. – Lieu où l’on s’embourbe.


 

 
Lomagne

Brugnens

Labernèse
La Vernesa / La Vernézo

en graphie alibertine :

(la) Vernesa
Prononcer "(la) Bernézo"... Probablement variante de Verneda.

vèrn / vergne, aulne

Prononcer "bèrn".
Viendrait du gaulois "vernos".
dérivés :
Vernet, verneda, vernhet, vernheda
= aulnaie
Le masculin "vernet" désigne un bois plus petit que le féminin :
vernhet < vernheda
(explication de L. Vernhet)
Le "vèrn" était autrefois planté en bord de rivière pour bien le tenir par ses racines.
Et de son bois, on faisait des "esclòps " (d’où l’expression "arbre aux sabots").
"bois léger et imputrescible, il servit à confectionner jougs de boeuf et esclops. Avec l’écorce, on peut faire de la teinture brun-oranger et avec le bois un chauffage qui laisse très peu de cendres". [Guy Suire]

"Bois rouge, arbre de 25 à 30 m. Bois recherché en menuiserie, ébénisterie. Ecorce utilisée en décoctions contre l’angine et pharyngites."
[Gilles Granereau]


 

 
Lomagne

Brugnens

La Ribère

en graphie alibertine :

Larribèra + (l')Arribèra +(la) Ribèra
Prononcer "Larribère", "Larribèro"...

arriba / rive

Prononcer entre "arribe" et "arribo".
riba en Nord-Gascogne.

arribèra, arribèira : plaine ou large vallée


 

 
Lomagne

Brugnens

La Cassaigne

en graphie alibertine :

Lacassanha + (la) Cassanha

casso, casse, cassi / chêne

cassi est plutôt girondin, une autre forme gasconne est casso (prononcer "cassou" en accentuant la première syllabe), et casse existe aussi.
En langue gauloise : cassanos

"cassi-casso-casse" est-il plutôt le chêne pédonculé , le chêne tauzin étant "tausin" ?*
Dérivés (pour dire "chênaie" :)
cassiar (masc.), cassia o cassièra (fem.), cassiet, cassieda, cassoeda, cassanha (le si courant "cassagne"

*Le basque a deux mots différents : haritz pour "chêne pédonculé", ametz pour "chêne tauzin". Au Pays basque, le premier était particulièrement révéré.

Ostau deus Cassos / Oustaou dous Cassous
Proposition de typographie gasconne.
Tederic M.