Benauge Entre-deux-Mers

Verdelais


 

Bois de l’Encre / Bòi de Lancra

On parle de "bois de l’encre" et de la "rouille du bois de l’encre".
Mais on trouve "bois de Lancre" dans le cadastre ancien : il devait appartenir aux Spens de Lancre, une grande famille du coin, je crois.
Le ruisseau (la rolha) a été déformé en Lanère. Lancre / Lanère... il n’y a qu’un pas d’un point de vue typographique !! :)
[Gaby]


 

Grans de sau

  • Grande famille en effet, d’origine basque, et dont le plus illustre représentant (d’une branche éteinte) fut Pierre de Rosteguy de Lancre, qui se disait gascon au passage.

    fr.wikipedia.org

    Moi ce que j’ai remarqué dans l’étude des patronymes et des toponymes de cette région de l’Entre-Deux-Mers, c’est la proportion somme toute importante de noms tirés d’un lieu d’origine pyrénéenne (Le Basque, Bigourdan, ...) ou de familles d’ascendance béarnaise voire basque (Charritte est un patronyme de la région).
    La généalogie d’un François Mauriac fait par exemple état d’une grand-mère bigourdane.
    Il y a eu comme un tropisme, peut-être ancien, de migrations pyrénéennes en Bordelais.

  • Oui, Charritte : famille de viticulteurs verdelaisiens.
    Mais je crois bien que les patronymes gavaches sont les plus nombreux. Pour ne parler que de Verdelais et des environs, je citerai : Décriteau (importants propriétaires à Verdelais), Baritaut, Rousseau, Peynon, Peynaud (en toponymie au moins), Charrau (idem), Janau, Bouchard, Bonneau, Gemin, Grenouilleau (ancien maire sous la Révolution), Favereau (notables), Duperrain, Massieu, Moreau, Rapin (ancien maire), Ribereau, Siodo (= Siaudeau), Terrier (ancien maire), Parenteau, Charron, etc.
    Cela dit, il y a chez nous des patronymes d’oc bien implantés : Fonteyraud, Castaing, Tauzin, Bouey, Poutays, Troubat, Sentieys, Birac, Balade, Solacroup, Barrot, Martet, etc. etc.
    Valà, aquò’ra la minuta patronimica !

  • Il convient aussi de vérifier patronyme par patronyme la trajectoire sur Geneanet et Géopatronyme, tout en faisant attention à certaines fantaisies orthographiques qui tendent à franciser des patronymes.


     Décriteau : patronyme qui s’implante à Verdelais au XXème siècle, Geneanet montre qu’il est bourguignon avant cette date.


     Baritaut : très localisé autour de Saint-Pierre-d’Aurillac, déjà à Castets-en-Dorthe au XVIIème siècle. Il existe des foyers vendéens éteints, ainsi que saintongeais, il est logique d’imaginer un patronyme gavache, variante de Bariteau.

    Le patronyme s’est fossilisé dans une forme qui est désormais uniquement girondine.


     Peynon : le maintien du yod en oïl est improbable, on aurait Penon. Le patronyme est très localisé autour de Cadillac. L’autre souche identifiée serait auvergnate.


     Janau : patronyme inconnu en Gironde, il est périgourdin.


     Grenouilleau : patronyme gavache très clair, concentré autour de Saint-Ferme, qui a essaimé. L’autre souche est en Maine-et-Loire, ce qui donne une idée des villages-souche de départ.


     Duperrain : pas attesté en Gironde de manière ancienne, les deux souches sont soit périgourdine, soit toulousaine (vallée de la Lèze, donc en Gascogne). Les patronymes en du + quelque chose ne sont pas très gavaches.


     Massieu : totalement d’oc en apparence, très concentré en Gironde, homonyme en Normandie fortuit. -ieu est le francisation classique du suffixe -iu.


     Parenteau : attesté en Gironde mais seulement en Grande Gavacherie en Cubzadais. Très clairement d’entre Gironde et Loire.

    Il ne faut pas oublier qu’au XIXème siècle, les gens ont bougé intensément et ont pu faire souche. Dans les deux sens : on trouve de nombreux gens d’oc qui vont se marier au XIXème siècle dans la Grande Gavacherie ainsi qu’en Haute-Saintonge (on trouve toujours un ou deux noms gascons et périgourdins sur les monuments aux morts des Charentes méridionales).


     Ribereau : patronyme de la Charente essentiellement, attesté en Grande Gavacherie avec en effet, ponctuellement une présence dans les Graves.

  • Pour un exemple de généalogie depuis le XVIème siècle dans la région de Sauveterre-de-Guyenne :

    http://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&v=CHARRIAUT&m=N

    Le patronyme Charriaut semble gavache mais il n’est attesté nulle part ailleurs qu’en Gironde. Il semble assez clairement la variante du patronyme vendéen Charrieau : il y a donc eu une vraie tendance à localement transcrire -eau de l’oïl en -aut.

    Fin XVIème siècle, en tout cas, il y a déjà des Charriaut à Courpiac, non loin de Sauveterre-de-Guyenne, anciennement de Bazadais, en Entre-deux-Mers.

    Les patronymes qui apparaissent ensuite dans la généalogie montrent que les migrants ont fait souche dans les familles autochtones aux noms gascons : Liautey, Garitey, Tillac, Coursolle, Faure, Causat, Augey, Gahuses, Gassies, Despujols, Cazaux, Cousiney, Dupuch, ...

    A compter de la moitié du XIXème siècle, on va chercher son épouse plus loin via une probable rencontre à Bordeaux : une migrante espagnole, une rétaise, une fille des îles, ... C’est très manifeste en Gironde pour les généalogies que j’ai étudiées.

    Je remarque que les prénoms sont gascons parfois. Guilhem Coquilleau né à Mourens en 1669. Peyronne Charriaut de Courpiac. Arnaude Charriaut un siècle plus tard, toujours à Courpiac.

    On trouve évidemment des patronymes gavaches au sens large, qui font partie du paysage : Chastanet (limousino-périgourdin), Chaperon (Charente limousine), Chassaigne (périgourdin), Chassereau (saintongeais), Archambeau (saintongeais), ...

    Les généalogies en tout cas nous permettent de comprendre ce qui s’est passé : l’élément local a absorbé les migrations gavaches au sens large, qui semblent beaucoup plus diversifiées qu’on ne le dit (on détecte beaucoup d’implantations limousines).

  • Décriteau : le patronyme a fait un passage par Bordeaux et Bazas au XIXe siècle avant de s’implanter en val de Garonne.

    Janau : à Verdelais au XVIIIe siècle seulement.


Un gran de sau ?

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