- Tederic Merger

Bésaume Queyran Rive droite gasconne Anneau gascon Marmandais

Marmande

La maison Deldon


C’est comme quand on apprend l’existence d’un notable en lisant dans la presse son avis de décès...
Cette maison, située sur la route de Bordeaux, risque fort de disparaître dans un projet immobilier privé qui inclut habitations et commerces.
La municipalité rétorque aux critiques (qui disent aussi que ça va contre le discours de revitalisation du centre-ville et de lutte contre l’étalement urbain) que "c’est un bon projet", donc la messe semble dite...

Mais si j’étale ce dossier sur Gasconha.com, c’est qu’il y a là un aspect identitaire régional, vascon.
"Le Républicain", hebdo local, du 29/04/10, a rapporté que selon Jean Guérard, adjoint à l’urbanisme, la maison est "sans intérêt autre que la peinture extérieure".

On retombe une fois de plus dans le débat sur le "néo-basque" ou le "basco-landais". Voir la maison noire à Agen.

Au même moment où la municipalité de Marmande juge sans intérêt la maison Deldon, qui peut plaire à l’oeil et projeter une image identitaire forte, elle fait acheter à prix d’or par la Communauté de communes de Val de Garonne (CCVG pour les intimes) la Maison du Prince noir, une demeure d’aspect médiéval, supposée devenir le "totem" du tourisme marmandais... Mais cette dernière ne rayonne pas "vascon" comme la Maison Deldon.

Alors, une proposition à la ville de Marmande : pour le futur Musée de la Tomate (que la municipalité a envisagé de mettre dans la maison du Prince noir !), c’est la maison Deldon qui serait l’idéal ! Il y a à la fois l’espace pour un parking et pour des cultures de démonstration ou de conservatoire de la tomate.
Parée de rouge comme elle est, la maison Deldon peut être le totem de la tomate marmandaise !

Nòta :
Il y a surement un rapport entre la maison Deldon de Marmande et la Maison de villégiature dite villa Allez Stade, actuellement Moun Oustal, construite à Hossegor par l’architecte Robert Maurice pour Max Deldon, garagiste à Marmande.


 

Grans de sau

  • La réaction de la municipalité de Marmande est typique des comportements issus du transfert de la compétence en matière d’urbanisme aux communes.
    Ces dernières se lancent généralement dans des projets d’ampleur mal ficelés sans possibilité pour le préfet d’en sanctionner l’opportunité.

    A cet égard, la grande mode est en effet à racheter une belle maison (la maison dite du Prince Noir est du XVIIème, mais elle me semble largement remaniée), de la dénaturer alors que la logique voudrait que de tels édifices de qualité reviennent à des gens qui auront l’argent et la passion à consacrer à ce petit patrimoine.
    Je ne crois pas que l’idéal soit un centre-ville dont toutes les maisons un peu historiques deviendraient des musées fréquentés de personne, il faut aussi savoir conserver le secret des maisons privées, anciennement familiales.

    Quant au dédain pour le basco-landais, il est total, par manque d’éducation (en ceci les acteurs régionalistes sont grandement fautifs de ne pas avoir entretenu nos images d’Epinal vasconnes : pin, emban, noms gascons, typographie basque, ...).
    C’est aussi la victoire finale de la maison bourgeoise garonnaise, qui plait toujours parce que plus conforme aux canons classiques français dont nos édiles et la population sont imprégnés, et qui avait largement supplanté en vallée de la Garonne les maisons vasconnes.
    D’une certaine manière, la vallée de la Garonne s’est définitivement coupée sentimentalement du foyer "Sud-Sud-Ouest" (l’Hyper-Gascogne) pour rejoindre un grand Sud indifférencié.
    Le discrédit sur le basco-landais qui n’est plus senti que comme une excentricité est terrifiant dans ce qu’il signifie. Il est ramené au même niveau que le pittoresque arcachonnais (qui pour moi est un style lourdingue et dont la visée orientaliste me parait hors propos, pourtant il a ses défenseurs acharnés, cf le sauvetage de la maison en face du Leclerc de Talence).

    NB : Au fait, Marmande ferait mieux de réfléchir à l’esthétique de ses abords, primordiaux pour le tourisme.
    Le touriste n’apprécie guère l’impossibilité d’avoir une vue d’ensemble de la ville, les zones industrielles mal placées, la lèpre pavillonnaire.

    Réponse de Gasconha.com :
    A propos de la maison du Prince noir (on est bien d’accord : ce n’est pas la Maison Deldon ci-dessus !) :
    Elle est habitée par une famille jusqu’à ce jour, d’après ce qui figure sur la boîte aux lettres.
    On peut penser qu’elle a été restaurée avec amour, d’après ce qui dépasse de ses murs.
    On comprend l’envie de rendre public ce qui est privé et parait précieux. Il faut voir aussi si la collectivité a les moyens d’acheter et d’entretenir ce genre de bijou.
    Et comme tu le dis, Vincent, il est précieux aussi que des familles continuent à habiter et à bichonner les maisons du centre ville.

  • Maison "Deldon" est inapproprié, c’était la maison de monsieur Armand LAPERCHE, corps de ferme dont il avait hérité et fait agrandir et " transformer " dans l’esprit "basque" en vogue début des années 50.
    adi chats

    Réponse de Gasconha.com :
    Merci pour vos précisions.


Un gran de sau ?

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