
Un vielh òme de Sent Sever, cada còp que minjava artichauts, que didèva : « Aqueths artichauts, qu’ei un moriment de hami.. ! ».
Que vlèva díder, ça’m par, que minjar artichauts e deishava la hami au vente.
Un vieillard de Saint Sever de Rustan, disait, à chaque fois qu’il mangeait des artichauts : "Ces artichauts, c’est la famine..!"
Il voulait dire que les artichauts ne remplissaient pas l’estomac.
Moriment.
En gascon, « un moriment » est une grave défaillance physique qui peut aller jusqu’à la perte de connaissance.
La douleur causée par une crise cardiaque est appelée « un moriment de còr ».
« Lo moriment de hami » c’est la faim extrême, la famine.
L’étymologie est simple : morir + suffixe -ment.
Ce vieux mot gascon est présent également dans les autres dialectes occitans :
• Un moriment (languedocien) : syncope, agonie, défaillance.
• Un moriment (provençal alpin) : évanouissement
• un moriment de còr (provençal) : arrêt du cœur.
Si l’on remonte à l’occitan du Moyen-Âge, le mot « morimen » est employé comme forme secondaire mais courante pour « monumen » ou « monimen ». Ces trois mots ont le même sens : tombeau, sépulcre, « le saint sépulcre ».
On a donc l’emploi, avec le même sens, de deux mots d’origine différente : monumen (latin « moneo » = faire souvenir) et morimen (latin populaire « morire » = mourir). Mort et monument s’unissent dans ces mots pour désigner le sépulcre..
De façon extraordinaire, c’est ce sens qu’a gardé le gascon du Lavedan. Dans le dictionnaire de Jean Bourdette, on lit :
« mourimen » n.m. Chapelle spécialement décorée pour recevoir le Jeudi Saint la « Sainte Réserve » (hostie consacrée avec laquelle communiera le seul prêtre qui dira la messe le Vendredi Saint).







