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Le souvenir du "patois gascon", c’est le souvenir, la nostalgie, d’un monde perdu.
L’auteur évoque son grand-père... Il parle de la saveur des mots (gascons).
Et les quelques pages en accès libre à ce jour laissent bien entrevoir, pour chaque mot, une tranche de vie savoureuse. armòtas = bouillie de farine de maïs
Par exemple la préparation des armotos, jusqu’à leur dégustation...
Mais quant à la transmission de bribes de langue, le feuilletage du livre montre nombre d’incohérences, d’erreurs orthographiques, et de maladresses dé touto méno (de toutes sortes : "lou alambic", "la pleish"...).
L’auteur s’excuse dans son avant-propos :
« l’orthographe, sans doute, n’est pas toujours conforme à la norme : elle est née de la mémoire, du son, du goût des mots prononcés - non des manuels »
Si l’auteur n’est pas linguiste, il aurait dû se faire aider par d’autres :
le soin de la cohérence orthographique, et la rigueur en général, ne sont pas un snobisme d’intellos, mais le moyen de ne pas perdre le lecteur, qui risque, sinon, de ne pas capter le son des mots, donc leur saveur.
Exemples, pour aider le lecteur :
– dans le livre, la finale féminine non accentuée est notée parfois A comme en graphie alibertine, mais le plus souvent O :
APARELH DE RADIO A GALENA
TAPISSARIA
mais
AGASSO
agassa, agaça = pie
Comment le lecteur profane va-t-il capter que le son de "GALENA" est en réalité GALÉNO, avec le même O non accentué (qui ne porte pas l’accent tonique - non tonique pour faire court) que le O final de AGASSO ?
Comment va-t-il capter, dans "TAPISSARIA" le son TAPISSARÏO ?
– la notation de l’accent tonique (qui manque !) :
ARRAJADÉ
ARRELOTGÉ
L’Arrajadèr
Prononcer "L’Arrajadè"...
Comment le lecteur profane va-t-il capter que ARRAJADÉ (arrajader en norme alibertine [1]) a l’accent tonique sur DÉ, alors que ARRELOTGÉ (arrelòtge en norme alibertine) a l’accent tonique sur LO ?
– le R final non prononcé :
TRUQUAR
« Truqua, truqua ! » entendait-on lors les fêtes de village au moment du jeu des cruches
truc = coup, choc
Comment le lecteur profane va-t-il capter que TRUQUAR (infininitif du verbe) se prononce TRUCA, puis faire la différence avec le « Truqua, truqua ! » qui suit ?
Même moi (!), j’ai une hésitation sur ce dernier, et sa prononciation ; je suppose que c’est l’impératif truco (truca en alibertin), avec le même o atonique qu’on a dans les finales féminines évoquées plus haut.
Bref, un micmac terrible où le lecteur formé dans le moule francophone ne peut que se noyer...
Autres bizarreries déroutantes :
– l’élision de l’article, qui est brouillée :
AILH (lou)
ALAMBIC (lou)
UEU (lou)
uèu = oeuf
On ne dit pas "lou ailh", "lou alambic" "lou ueu", mais l’a(i)lh, l’alambic, l’uèu... (passons sur la graphie "AILH" qui est bâtarde, mais peut aider le profane...)
– Mauvaise coupure :
AGUILLOUNÈS (lous)
du nom du bâton la guillado
Ce la guillado coupe malencontreusement le mot l’aguillado, et du coup, le lien avec AGUILLOUNÈS est légèrement brouillé...
Et passons sur les erreurs qu’une relecture soigneuse aurait pu éviter :
par exemple (turget au lieu de turguet...) turguet = maïs
Le problème de l’édition papier, c’est qu’une fois le livre imprimé, il faut attendre une hypothétique réédition !
Je serai plus positif dans mon commentaire, à venir, sur le lexique de Jean Dartigolles, des landes de Cernès, qui est de la même veine, mais plus rigoureux sur les points évoqués ci-dessus.








