Département du Gers Un débat Facebook sur son attractivité

- Tederic MERGER

A partir de l’annonce sur Facebook de cet article de la Dépêche sur l’évolution démographique du Gers, le débat a viré sur l’attractivité du Département en général.
Certes, les intervenants ne forment pas un échantillon représentatif, mais la liberté des réponses compense ce biais ; et dans l’ensemble, leur contenu est inquiétant...

(L’orthographe des citations à lire plus bas n’est pas corrigée !)

Le Gers se vide, car enclavé ?

D’abord, tout le Gers ne se vide pas, puisque Toulouse irradie les "Portes de Gascogne" !
Mais les commentaires de Facebook ressassent la fuite des jeunes, le manque d’emploi, de perspectives, de "transports", l’ennui :

« Pas d’usine pas de boulot, l’arrivée de là 2 x 2 voies, Rocade Auch Toulouse Auch arrive trop tard »

« Les jeunes partent faire des études à Toulouse ou à Bordeaux mais ne reviennent pas car il n’y a pas de travail leur correspondant dans le Gers. Ils travaillent donc à Toulouse, Paris, à l’étranger... Et rentrent peu car pas d’infrastructures de transports suffisantes, les voies ferrées pour le transport voyageurs ou marchandises ont disparu. »

« Département mort, que des vieux, des racistes, aucun loisir pour les jeunes. Quel ennui. Les paysages, les tracteurs et les canards ça va 2 secondes. »

« Pas de boulot, pas d’industrie ....... Le Gers c’est beau mais pas d’avenir a part pour les agriculteurs et ceux qui touchent le RSA !! »

« En général si vous faites quelques études après-bac, vous ne revenez pas, pas de travail, pas de vie possible »

« Le gers c est la MORT »

« Pas de travail
Pas de transport »


Région Gascogne Prospective

Réponses de/pour Régaspros :

L’attrait des jeunes vers Bordeaux et Toulouse

 « Une métropole comme Toulouse est forcément plus attractive, surtout pour les jeunes, que des contrées rurales avec de petites villes : "Le monde attire le monde".

La "plaque métropolitaine" de Toulouse
La "plaque métropolitaine" de Toulouse
CoDev de "Toulouse Métropole"

Mais la métropole toulousaine, si elle rayonne sur l’est du département du Gers, ne peut et ne doit pas l’englober en totalité.
Il faut donc savoir cultiver un art de vivre rural, un monde de campagnes et de petites villes, certes moins vibrant, moins attirant pour une partie de la jeunesse que le monde métropolitain. »

 L’opposition ville-campagne a toujours existé.
Le plein et le vide se complètent. Et entre le plein et le vide, il y a des degrés : Auch [1], par exemple, c’est la ville, mais pas la métropole.

 Les grosses infrastructures de transports (autoroute, train) se créent ou se développent naturellement là où la population desservie est suffisante, donc là où il y a des grandes villes.
Leur absence est aussi bien une conséquence qu’une cause de la dépopulation. Raisonnons systémique !
Créer une autoroute dans un désert ne supprime pas le désert ; c’est un investissement disproportionné.

La faute à la gauche ?

« Des politiques bobo écolos roso ont voulu faire du Gers une maison de retraite, un territoire de repli pour d’autres bobos ecolos, des artistes, des néo ruraux, des pré retraités de naissance, tous donneurs de leçons de vie avec leurs associations bien vivre dans le gers, etc. Sans considérer qu’il fallait déjà vivre dans un gers sans dispositif de santé digne de ce nom, avec des écoles qui ferment, avec des services qui périclite en qualité, sans voies de communication qui attirent les entreprises »

« Trop longtemps un département de gauchos maintenant le résultat est la
Fallait bien voter, hein les castors ! »

Réponses de/pour Régaspros :

On sent poindre une instrumentalisation politique...
Or :
 La dépopulation du département du Gers a commencé au 19e siècle, bien avant que les socialistes conquièrent des bastions électoraux.
 La fermeture des écoles est plus une conséquence qu’une cause de la dépopulation, et les élus locaux ("gauchos" ou non !) n’y peuvent pas grand chose.
 Ce département n’est pas naturellement sur un axe de passage comme le sillon garonnais Bordeaux-Toulouse. La géographie physique joue aussi !

Le vide en partie comblé par des "RSAistes" et des "étrangers" ?

« votre seule chance c’est de toucher le RSA ici, le Gersois fier n’accepte pas la situation du minimum social c’est un être qui s’éteint et ils quittent son département, qui celui-ci encourage l’installation de tous migrants / étrangers »

« auch est devenu Afrique Land, tous ces étrangers pour la majorité ne travaille pas, ne s intégrent pas ! »

Réponses de/pour Régaspros :

 Les bénéficiaires du RSA (Revenu de Solidarité Active) qui, venant parfois de loin, s’installent dans les zones désertées ne doivent pas être stigmatisés, au contraire ! ils comblent un vide, et peuvent contribuer à une vie nouvelle.

"Relever le niveau social"... ... e ditz lo maire de Tonens

 Des propositions de réforme du RSA sont bienvenues, pour donner plus d’autonomie aux Départements (qui le paient !) pour inclure ses bénéficiaires dans une politique de développement local.

 Les "étrangers" (qui ne touchent pas forcément le RSA) : eux non plus ne sont pas à stigmatiser, mais à respecter, à inclure, et finalement à mobiliser pareillement pour le développement local. Plus facile à dire qu’à appliquer, bien sûr...

Si encore la marginalité économique préservait l’art de vivre ancien !
Transmission de la cuisine gasconne Hit-parade de la piperade e tout acò...

« la Gastronomie n’y est plus également »

« même la gastronomie c’est de la m.... (hyper industrialisée) et les paysages bah que de l’agriculture intense avec aucune haies.... les paysans ont disparu pour devenir des chefs d’entreprise subventionnés en panneau solaire par l’union Européenne. »

« son essence gasconne, sa manière de vivre, son rythme d’existence tant à disparaître »

Et sa langue, ou le souvenir de sa langue (gasconne) ? e lou patoués, macarèu ?

A nous de jouer !

Notre rôle à nous, promoteurs d’une nouvelle Gascogne, serait d’ébaucher une attractivité alternative pour cette mosaïque de pays sans grande ville qu’est la Gascogne - sans se limiter, d’ailleurs, au département du Gers.
L’attractivité Médoc, Landes de Gascogne, Albret, Astarac, Portes de Gascogne, Couserans...

Un de nos amis va en ce sens :

« La multiplication des lotissements et l’abandon des centres de nos villages n’est plus souhaitable. C’est un modèle qui n’est plus viable, et qui n’est pas forcément un signe de qualité de vie. Au maire d’en tenir compte ? »

Nos élus locaux relaient des politiques nationales de revitalisation des centre-bourgs, mais sont-ils vraiment proactifs là-dessus ? ils autorisent souvent le déménagement commercial vers la périphérie, et donc cassent une convivialité piétonne en cœur de bourg ou de ville.
Mais soyons justes : ils ne font que s’inscrire dans une civilisation automobile qui nous dépasse tous !


Esprit Bastide

Voie ferrée Auch-Agen : demandes pour développer le frêt

Que s’i parla deu tornar de la linha de trin Aush-Agen

Notes

[1aire d’attraction d’Auch : 64 667 hab. (2023) (pour comparaison : aire d’Agen : 121 539 hab. (2023)). Vers 1800, les populations d’Auch et d’Agen n’étaient pas si différentes, environ 8000 hab. pour la première, environ 10000 pour la seconde ; mais Agen est sur une voie de passage (canal, train, route, autoroute...).

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Un gran de sau ?

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