
L’Université Toulouse II-le Mirail devient "Toulouse Jean-Jaurès"
En 2014 l’université du Mirail avait choisi de changer de nom pour devenir l’université Jean Jaurès.
Pourtant, quel beau nom pour une université : "le Mirail" = poste d’observation ! miralh = miroir, tour d'observation
Mais l’université craignait d’être par son nom « associée à un échec ». [1]
L’échec d’un projet gigantàs...
Dans les années 1960, le maire socialiste de Toulouse, Louis Bazerque, a voulu construire une deuxième ville de Toulouse, rive gauche (donc pour nous, coustat gascoun !) dans l’esprit "cité radieuse" du Corbusier. Il visait les 100 000 habitants !

Enfin, c’est ce qui était prévu : la population du Mirail n’a pas atteint ces chiffres gigantàs.
L’architecte Georges Candilis en était le concepteur en chef.
Le Mirail : un projet de « quasi-ville nouvelle » au destin de grand ensemble
La ville nouvelle devait comprendre plusieurs quartiers :
Bèrahont
Prononcer "Bèrehoun".
– Le premier construit, et le plus conforme au plan d’origine : Bellefontaine. Qu’u vam aperar Bèrahont !-)

(Toulouse)
Reynerie, Reynery
– Le second, Reynerie - peut-être Reinèri pour nous, c’est à l’étude ! - était commencé quand la volonté politique a fortement faibli...
En 2025, la destruction des énormes "tripodes" de logements de l’architecte Candilis, rongés notamment par le trafic de drogue, est en cours ou prévue.
Le Monde : Au Mirail à Toulouse, habitants, squatteurs et trafiquants se partagent un immeuble fantôme en attente de démolition
– Sur le troisième quartier, le lieu-dit d’origine "le Mirail", l’université (non prévue au départ !) a été construite - et déjà reconstruite ! - et aussi des habitations, mais en s’éloignant de plus en plus de l’idée maîtresse de Candilis, la dalle piétonne, lieu de vie au dessus des voies automobiles.

(Toulouse)
Le Mirail
La ville nouvelle a vite été rabaissée à un grand ensemble, subissant peu à peu l’image dégradée, la stigmatisation, des grands ensembles.
Perqué n’a pas marchat ?
La dispersion des acteurs :

(Colomiers)
Le Falcou
Colomiers
– C’était le projet du maire de Toulouse, expressément limité au territoire communal, sans concertation avec les autres communes de la métropole naissante, qui développaient en même temps leur propre projet d’urbanisation, par exemple Colomiers, qui se bâtissait à bas bruit sa ville nouvelle.
– Même sur la commune de Toulouse, le projet du Mirail n’a pas fédéré autant qu’il aurait fallu : ni les investisseurs privés, ni peut-être des propriétaires fonciers aganits, ne s’y retrouvaient...
Ces intérêts divergents ont contribué à la défaite de Louis Bazerque à l’élection municipale de 1971, dont un enjeu a précisément été cette opération du Mirail, et son remplacement par Pierre Baudis le vainqueur. L’architecte Candilis est parti.
– Le gouvernement français - dont le ministre Edgar Pisani qui insistait sur l’intérêt de mener l’expérience jusqu’au bout [2] - a d’abord soutenu le projet, puis l’a plus ou moins lâché...
La concurrence du désir automobile et pavillonnaire :
Les premiers habitants ont commencé à partir pour vivre en pavillon...
La proposition urbaine de l’architecte Candilis - une artère piétonne centrale, sur dalle... - n’a pas séduit les masses.

Ci-dessous une vidéo de 1970 où il s’explique (cliquez pour accepter les conditions de l’INA !) :
– Survolant le vieux Toulouse, il le juge « malade, envahi par la voiture » ; « mais quand même l’homme peut vivre ici, il trouve les activités urbaines nécessaires ».
– Survolant la rive gauche, il déplore « le vieux et le neuf, l’un à côté de l’autre, sans aucune unité ».
– Arrivé au Mirail, plus loin encore sur la rive gauche, il défend son projet de vraie ville - comme le vieux Toulouse, peut-on comprendre - mais où la voiture est remise à sa place :
« je peux pas accepter que tous nos plans d’urbanisme aient pour première préoccupation la voiture et pas l’homme »
A la fin de la vidéo, il se dit conscient des « faiblesses de cette réalisation » ; « ce qu’on a fait [qui, "on" ?] ces dernières années ne correspond pas du tout ni aux aspirations des gens ni au progrès et aux conditions nouvelles qui nous permettent de faire des choses mieux ». Déjà un constat de demi-échec ?
TOULOUSE 31- BELLEFONTAINE @ GEORGES CANDILIS, Alexis Josic et Shadrach Woods Architectes de la ZUP du MIRAIL dailymotion.com/video/xn4t4q... Le projet du Mirail a été conçu à l’origine comme un vrai projet de ville neuve destiné à accueillir au terme de sa réalisation 100000 hbts sur 800 ha.
— Mémoire2cité (@memoire2cite.bsky.social) 20 octobre 2024 à 12:26

Le Mirail #2 Basso Cambo

Le Mirail #3 Reynerie et Bellefontaine, restes de rêve

Le Mirail #4 Le "Mirail Mirail" (quartier de l’Université)







