Cornaus et maisons de la lande bordelaise Au prisme des premières sources écrites (XIIIe-XVIe siècle)

- Vincent P.

De la lecture de confinement (embarrament en gascon ?) : voici un texte très intéressant sur l’organisation spatiale de la lande bordelaise à travers les sources anciennes à compter du XIIIème siècle.

Lo Camin Gleisau
Chemin conduisant à l’église ou au cimetière paroissial.

cornau = hameau
À la lecture de ce texte, la lande bordelaise apparaît pleinement landaise, constituée d’immenses paroisses, divisées en cornaus reliés à l’église paroissiale via le camin gleysau, les cornaus étant eux-mêmes divisés en maynes.

Ce mode d’organisation, qui n’est pas sans rappeler les frairies bretonnes ou les parroquias galiciennes, était celui de la toute proche périphérie bordelaise : Le Bouscat, Caudéran. Autrement dit, le monde landais a toujours été aux portes de Bordeaux.

En tout cas, peut-être de quoi inspirer les décideurs publics des pays landais au moment d’aménager ! Et de remplacer le mot français quartier par le vieux mot de cournau !

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Grans de sau

  • Article très intéressant. Le mot cournau existe dans le dictionnaire de Pierre Méaule avec le sens de carrefour, parcelle en coin, quartier à l’orée de la lande. Félix Arnaudin ne le donne que comme médiéval. Je ne l’ai jamais entendu autrement qu’en toponymie et en patronymie et les gens ne savent plus ce que ça signifie. Dans la bouche des gasconisants locaux, je n’ai jamais entendu que cartié (majoritaire), cartey et aussi couartey. Enfin à Biscarrosse il n’y a pas de camin glisey mais bel et bien un camin missey, qui reliait le très populeux quartier d’En Mayotte (et ses annexes) au nord et le bourg, à 5 kilomètres de distance vers le sud.
    Lexique français-gascon d’Escource et de la Grande Lande

    Article du dico d’Arnaudin

    cartié s.m. Quartier d’une commune, mot qui se traduit assez mal par « hameau ». => cartéy.
    N.B. : (dimin.) cartiéyrot « petit quartier ».
    VAR. Syn. : On dit aussi cartéy à Biscarrosse et dans quelques lieux du pays de Buch : Mios, Biganos.
    HIST. : Cette forme fr. a dû s’introduire en gascon vers les XVIIe et XVIIIe siècles, mais
    nous ignorons quel mot plus ancien elle a remplacé, car nous n’avons aucune preuve qu’un plus ancien couarté, conforme à la phonétique gasconne, l’ait précédé. En tout cas, couartéy « quartier » n’existe, mais à l’époque contemporaine et sans attestations textuelles, que dans le pays de Buch (La Teste, Gujan). Il est plus vraisemblable de penser que le gallicisme cartié s’est substitué au vieux mot médiéval cornau, cournau, bien documenté dans les textes et qui semble avoir eu le même sens.

  • Oubli

    Couartey est très régulièrement employé par Bernard Darmuzey, dit Lou Beurnat dou Maçoun, aussi bien à l’oral qu’à l’écrit.
    Pour l’entendre parler, il faut aller écouter un reportage de Viure al País du 12 novembre 2017.
    Je mets en PJ l’intégralité de la transcription que j’ai faite. C’est le dernier état du gascon biscarrossais par un locuteur naturel né à la fin des années 1930.

  • Bien que je sois plutôt hostile aux archaismes et trouve stupide de faire la chasse aux "francismes" quand ils ont des siècles de présence, ce mot de "cornau", si simplement gascon (et présent encore en onomastique chez tous les "Ducournau" qu’on voudra) mériterait d’être réhabilité, à côté de "quartier"(ou "quartey"). J’essaierai d’employer les deux à l’avenir.
    Passionnante étude en tous cas, que celle d’un maitre de conférence à l’Université de Savoie (que n’enseigne-t-il pas plutôt parmi nous !) : elle fait revivre des temps anciens d’une façon rarement atteinte par des études érudites.


Un gran de sau ?

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