M. Guy Mondorge a compris Jean Lafitte [Forum Yahoo GVasconha-doman 2010-12-24 n° 10322]

- Jean Lafitte

Ci-après l'adresse et le contenu du blog de M. Guy Mondorge, conseiller général du canton d'Anglet, suivi du message que j'ai mis sur ce blog.
Je suggère aux membres de la liste d'encourager M. Mondorge.


http://guy.mondorge.over-blog.com/article-le-conseil-general-et-les-langues-regionales-63294639.html

 

Le Conseil
Général et les langues régionales

Session Budget primitif 2011 du
CG64 :

J’ai été
amené à intervenir sur le rapport 405 portant sur les langues
régionales.

Ce rapport,
présenté avec emphase par l’exécutif du Conseil Général (Mr
Brisson pour le
Basque et Mr Dupont pour le Gascon/Béarnais), a pour objet
l’intervention du
département dans le financement d’actions destinées à aider
l’usage ou
l’enseignement de ces langues dans le département.

Si je
partage complètement l’importance du rôle que peut jouer le CG64
dans le
soutien aux 2 cultures régionales, j’ai été obligé de m’abstenir
sur ce rapport
en m’expliquant sur les raisons qui me poussaient à le faire (5
autres
conseillers se sont également abstenu et 4 ont voté contre, 2 de
gauche et 2 de
droite)

Plusieurs
points de ce rapport me paraissent inacceptables :

1- Un point
important, la formation des agents du CG64 aux langues
régionales..Ce point est
dénaturé par sa mise en oeuvre (60 agents seraient formés au
basque contre
seulement 34 au gascon, sous le prétexte que la demande des
agents serait plus
forte pour l’un que pour l’autre. Je reste persuadé que la
politique d’une
collectivité locale ne doit pas être définie par la demande des
agents, mais
par les objectifs que cette collectivité se donne. La réponse à
ces objectifs
doit être proportionnée à la taille du territoire et au nombre
de citoyens
concernés. En fonction de ce critère, il était de la
responsabilité du CG64 de
décider d’un nombre égal de formations pour ces 2 langues.

2-Un constat
cité dans ce rapport fait état (je cite) « d’une évolution
disparate de
ces langues en fonction d’un contexte historique, sociologique
ou
sociolinguistique différent ». Cela ne peut justifier que le
CG64 amplifie
le phénomène en (je cite) « tenant compte de cette réalité ».

Le devoir
républicain du CG64 est au contraire de rétablir l’équilibre.
Alors que le
financement de soutien aux langues régionales tel qu’il existe
actuellement est
complètement déséquilibré au profit du basque, en particulier en
raison de
financements provenant d’un état voisin , le gascon, qui ne peut
s’adosser qu’à
l’état français, nécessiterait un soutien financier particulier
du CG64 et du
Conseil Régional nettement supérieur à ce qu’il est
actuellement.

En outre il
nous faut exiger dans l’enseignement public la mise en place
d’options
gascon/béarnais sur l’ensemble de la zone linguistique
concernée, Bas Adour et
Communauté d’agglomération ACBA inclus.

3- Il est
indispensable de définir une zone de territorialité où s’impose
le trilinguisme
Basque/Gascon/Français. Il ne peut être admissible (je cite) que
« sur les
bâtiments du Conseil Général la signalétique soit bilingue
français-occitan sur
le Béarn et français-basque sur le territoire du Pays Basque »

Qui a défini
le « territoire du Pays Basque » ? Qui, à part Mr Brisson et ses
services, a défini l’unicité bilingue basque-français sur les
collèges Endarra
d’Anglet, Marracq de Bayonne et Fal de Biarritz - ? Qui a défini
le seul
bilinguisme basque sur les MSD d’Anglet, de Bayonne de
Biarritz ?

Et notre
département étant jusqu’à ce jour unique, pourquoi la
signalétique dans les
services dépendant du Conseil Général ne serait pas trilingue
sur l’ensemble du
territoire du département, un bascophone pouvant fort bien vivre
à Pau et un
gasconophone à St Jean Pied de Port ?

Pour ces 3
raisons, Formation des agents, Financement de l’aide et
Territorialité de la
signalétique, je ne pouvais que m’abstenir sur ce rapport,
respectant ainsi les
avancées significatives mais très mal déclinées qu’il comporte.

Samedi 18 décembre 2010Monsieur
le Conseiller
général,

J'approuve
pleinement votre attitude et ses justifications, qui dénotent de
votre part une
connaissance exacte du fond eu problème et une excellente
conception
républicaine du rôle des institutions publiques. C'est, hélas,
particulièrement
rare chez les élus de tous niveaux et de tous bords, à l'image
de leurs
mandants, malheureusement aussi.

Bon courage, je vous aiderai en
tout ce qui
sera de mes capacités.

 

Jean Lafitte

Docteur en sciences du langgae
pour un thèse
sur le gascon, et D.E.S. de droit.

 

Boun Nadau, Moussu Counselhè
yenerau !

 

J.L.

Vos commentaires

  • Le 24 décembre 2010 à 15:44, par Vincent.P Re : M. Guy Mondorge a compris

    --- Dans Gasconha-doman@yahoogroupes.fr, Jean Lafitte <lafitte.yan@...> a écrit :
    >
    > Ci-après l'adresse et le contenu du blog de M. Guy Mondorge, conseiller
    > général du canton d'Anglet, suivi du message que j'ai mis sur ce blog.
    > Je suggère aux membres de la liste d'encourager M. Mondorge.

    Adishatz,

    Il n'y a plus rien à faire en Bas-Adour à mon avis : la force financière de la communauté basque d'Espagne est trop forte et il est assez miraculeux que par souci de rééquilibrer les choses, le Béarn profite quelque peu du dynamisme basque. Le prix à payer est celui de l'abandon du BAB et à cet égard, l'argument "économique" est imparable : la demande est basque dans l'agglomération bayonnaise.

    Pour le reste, sans être trop poujadiste, il me semble une fois de plus que les impôts béarnais et bas-aturins servent à financer la visibilité du basque en Pays Basque et qu'afin de faire passer la pilule, on concède des bribes aux Gascons. Rien de nouveau sous le soleil de Pau : il est connu de tous que le Conseil Général favorise le Pays Basque depuis les années 70 et que le Béarn industrialisé et saccagé subventionne.

    A ce titre, dans un souci de communion, la signalétique trilingue serait formidable mais il s'agit là d'un fantasme que ne peuvent partager que quelques vasconnistes, qui quand ils sont basques savent que le gascon est traditionnellement la langue romane administrative des Basques, qui quand ils sont gascons ont parfaitement conscience de ce que les pays gascons partagent avec les pays basques. Je pense malheureusement que la fracture entre Basques et Gascons est chaque année plus grande, sur de nombreux points, sur le plan plus spécifiquement culturel on ne peut pas dire que la victoire de l'occitanisme en Béarn ait véritablement aidé. On se retrouve devant la situation suivante que deux communautés qui se connaissaient intimement et se savaient au fond liées par un même mode de vie ont divergé à partir des années 70 dans leurs aspirations, les uns par influence des événements espagnols, les autres par dégénérescence de la culture régionale (l'occitanisme étant un abâtardissement parmi d'autres).

    Répondre à ce message


Un gran de sau ?

(connexion facultative)
[Se connecter]
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document

Dans la même rubrique :

  • La biraga.
    Los noms gascons de l’ « ivraie ». 2 novembre 2025, par VERDIER Gilles
    En gascon de l’Astarac e deu Rustan, çò qu’aperam en (…)
  • Eth Bèut.
    Le Béout. 16 septembre 2025, par VERDIER Gilles
    Le nom du Béout (montagne surplombant Lourdes) en gascon.
  • Un chenin.
    Un mot bien vivant à la racine oubliée... 19 août 2025, par VERDIER Gilles
    « Che’u Menau, qu’ei un chenin deu diable.. ! » "Chez (…)
  • LO FLISQUET E ERA CLAVETA...
    L’horloge biologique des gascons... 6 août 2025, par VERDIER Gilles
    Une étrange croyance a subsisté jusqu’au XXème siècle en (…)
  • Hemna e caulet...
    Un vieux proverbe passé de mode. 2 juillet 2025, par VERDIER Gilles
    Explication d’un proverbe gascon étrange.
  • Un gatge...
    Le machin, truc des bigourdans. Ce n’est pas un gatget..! 20 juin 2025, par VERDIER Gilles
    Les dérivés de sens du mot gascon "gatge".