Gasconité lafitte.yan [Forum Yahoo GVasconha-doman 2008-10-14 n° 9087]

- Jean Lafitte

Rebonjour,

Je viens de lire avec le plus grand plaisir le message de Daniel Séré
d'hier dimanche 20:39. C'est équilibré et tient tout à fait la route.
Les insinuations, procès d'intention, voire injures ne font pas avancer
notre cause d'un pouce, la dévalorisent au contraire au yeux de M. 
Toutlemonde.

Donc bravo Daniel, et bravo à la « liste » qui permet de telles expressions.

J.L.

Vos commentaires

  • Le 15 octobre 2008 à 15:15, par daniel sere Re : Gasconité

    Ouf ! Me voilà rassuré ;-),

    J'ai craint un moment que mon message n'ait été que pure perte de temps
    ou que, par un côté un peu répétitif, il n'ait donné lieu qu'à un
    désintérêt unanime. Or, je vois qu'il a attiré la bienveillante
    attention d'au moins une personne, et pas des moindres. Tant mieux !
    Cette question de "gascon(n)ité", lorsqu'elle est abordée de manière
    claire et explicite à l'instar de la carte dressée par Philippe/Halip
    Lartigue, ne peut que contribuer à éclairer le débat sur le "gascon
    dialecte ou langue" pour éviter justement qu'il ne dégénère en une
    guéguerre fratricide entre occitanistes purs et durs et
    langues-d'ocistes non moins intransigeants. Pour parodier les si justes
    propos de Jean Lafitte, je dirais que de telles dérives idéologiques ne
    font pas avancer notre cause d'un pouce et que, qui plus est, elle s'en
    voit d'autant dévalorisée. Comme si la cause de nos langues de France
    n'avait pas assez d'ennemis comme ça... quand elles ne sont pas purement
    et simplement assimilées à des émanations d'un passé sulfureux. Il n'y
    a pas besoin de faire de longues recherches sur la "Toile" pour
    constater la virulence (je suis gentil) des propos échangés entre
    tenants de l'une ou l'autre idéologie et de ceux, en écho, émanant des
    ennemis de nos langues qui, mettant tout le monde dans le même sac,
    n'ont que mépris "pour les imbéciles heureux/cons qui sont nés quelque
    part", et qui, incapables de voir plus loin que leur monolinguisme
    avéré, seront toujours les ennemis d'un plurilinguisme bien compris en
    tant que "plus" culturel.

    Pour en revenir au gascon, en dépit de sa genèse précoce et originale au
    sein d'une romanité encore à l'état d'ébauche, le fait de décréter qu'il
    soit "dialecte" ou "langue" ne saurait reposer sur des critères
    exclusivement linguistiques. Le gascon pyrénéen pourrait être considéré
    comme "langue gasconne" et le gascon des confins garonnais comme
    "dialecte occitan(-gascon)" si l'on oubliait que ces deux variétés sont
    reliées par une foule d'intermédiaires. Or, on part d'un gascon bien
    typé pour aboutir à un occitan proprement dit, avec entre les deux un
    glacis-tampon intermédiaire, l'aire des parlers garonnais, partiellement
    gascons mais aussi partiellement occitans au sens strict, compte tenu de
    leur taux de gascon(n)ité inférieur à 50 %. A-t-on dès lors affaire à
    un seul dia-système ou à deux dia-systèmes différents bien que très
    proches ? A une échelle supérieure la même question se pose au sujet de
    la Romania des linguistes tout entière. L'absence de toute échelle
    capable de dire à partir de quel taux de différenciation on passe du
    dialecte à la langue et qui, en outre, remporterait l'unanimité des
    linguistes et des dialectologues, n'est pas pour contribuer à éclaircir
    les choses. Pour dénouer ce noeud gordien proche de la quadrature du
    cercle, seule l'approche sociolinguistique convient. Selon cette
    optique, est "langue" tout idiome qui fait l'objet d'une élaboration
    voulue, consciente, débouchant sur une codification, une standardisation
    apte à un enseignement digne de ce nom, soutenue par une académie ou
    instance en tenant lieu, et aussi par une communauté consciente
    d'elle-même. C'est ainsi que l'on peut parler d'une langue
    luxembourgeoise et d'une langue monégasque, lesquelles, privées de toute
    codification voulue et acceptée, ne seraient restées qu'un dialecte
    allemand (à la limite du haut-allemand et du bas-allemand) pour la
    première et un dialecte roman (à la limite de l'italo-roman et de
    l'occitano-roman) pour la seconde. Peut-on parler aussi, pareillement,
    d'une langue occitane, d'une langue gasconne, d'une langue béarnaise,
    d'une langue niçoise, d'une langue provençale, ou même d'une langue
    cévenole, etc, ? Et laquelle de ces "langues" collerait avec une vision
    sociolinguistique digne de ce nom ? Autrement dit de quelle réalité
    sociolinguistique authentique et crédible pourraient se prévaloir les
    partisans de l'une ou l'autre ? Autant de questions pour combien de
    réponses acceptables et crédibles !?

    Cordialement,

    D.S.

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