Bonjour à tous,
Notre ami Louis Dollo nous signale un article du Monde relatif à des
Lapons de Suède dont la langue et la culture sont menacées :
« Les Sami de Suède ont peu d'aide à attendre des autorités suédoises.
Leurs plus grandes chances sont au Conseil de l'Europe et à l'ONU ».
L'autre jour, il nous signalait un autre article du Monde sur les avis
de diverses personnalités politiques quant à la portée de l'article 75-1
de la Constitution sur les langues régionales.
Celui-là, j'ai pris le temps de le lire.
Mais finalement, je commence à en avoir par-dessus la tête des
gémissements sur les langues et cultures menacées de disparition.
Car il en est ainsi depuis que le monde est monde, et il ne peut en être
autrement. Que reste-t-il de la langue et de la culture de l’Égypte
pharaonique ? De celle d’Éphèse qu’évoquait un documentaire hier soir à
la télévision ? Et c’était pourtant autre chose, je pense, que la langue
et la culture de ce petit peuple lapon. Certes, toute culture est
respectable, comme toute croyance, parce qu’il y a un homme derrière.
Mais les hommes meurent, et les enfants ne gardent pas TOUT l’héritage,
les vide-greniers et autres brocantes en témoignent, quand ce ne sont
pas les décharges, autorisées ou sauvages. Et que d’écrits précieux ont
été brulés par les héritiers !
Tant qu’il y aura des hommes, il y aura des peuples plus habiles, plus
"dégourdis", plus intelligents même, ou mieux organisés pour profiter de
leurs « grosses têtes  », et des élites qui sauront les entrainer vers la
prospérité, et même étendre leur puissance sur d’autres peuples qui
n’auront pas su réunir ou utiliser les mêmes atouts.
Il y aura des conquérants et des conquis. Et ceux-ci adopteront souvent
la langue et la culture de leurs conquérants, pour des avantages qui y
seront liés. Pourquoi donc parlons-nous des langues romanes ?
Mais aussi le contraire : la Grêce vaincu conquit Rome par sa culture ;
les Francs dominants se latinisèrent au contact des Gaulois eux-même
latinisés.
Et sans conquête, pour leurs affaires et leur administration, les
Basques du nord adoptèrent au Moyen-Âge le gascon, « langue de prestige
 » (dixit Ricardo Cierbide Maitinena, de l’université basque de
St-Sébastien).
Aussi, je me demande de qui se moque Mme Lebranchu quand elle voit dans
cet article 75-1 : « une forme de réparation, par rapport au combat mené
contre les langues régionales sous la IIIe République  ».
Il n’y avait donc aucun élu breton dans les allées du pouvoir de la IIIe
? ni aucun instit. breton interdisant de parler breton ?
Démagogie, un point, c’est tout. Car je la suppose assez cultivée —
elle fut Garde des Sceaux — pour savoir tout ce que j’évoque ci-dessus.
Alors, essayons de sauver ce qui reste de notre héritage gascon, sans le
repeindre au ripolin de l’Occitanie, et cessons de mettre sur le dos des
autres, la France du nord par exemple, la disparition de ce que nous
prenons pour des valeurs éternelles, et qui n’était souvent que «
superstructures  » d’une économie rurale, pour parler comme Marx.
Boune noéyt.
Langues et cultures menacées lafitte.yan [Forum Yahoo GVasconha-doman 2008-08-03 n° 9041]





