Bonjour à tous,
Le débat sur Ibos/Ibòs et Laruns/Laruntz me fait sortir de ma "tute".
D'abord Ibos/Ibòs : j'ai montré que quand les anciens écrivaient "o", c'est
qu'ils prononçaient [o], "prononciatioô naturala de la vocala o" selon les
mots mêmes d'Arnaud de Salette (1583) ; et quand ils ont eu à marquer [ou]
(j'use des lettres françaises, n'ayant pas ici d'alphabet phonétique),
opposé à [u] noté par "u" et [o] noté par "o", ils l'ont écrit "ou" comme
les Grecs jadis et, vers la même époque, les Français qui connaissaient le
même problème.
Donc en se privant de la graphie "ou" jugée sottement "succursaliste" du
français et en donnant à "o" la valeur [ou] qu'il n'avait jamais eue, les
pionniers de la graphie occitane ont été obligés d'inventer "ò" pour [o],
rendant inextricable la notation de [o] en syllabe non tonique (ex. "solide"
dans les Landes, "arcolan" dans le GersŠ) et donnant l’impression que tous
ces "ò" étaient ouverts, alors qu’un grand nombre sont fermés, comme dans la
diphtongue [ow] ou tout bêtement le mot "o" (oui) ou "soy" (je suis, en
Bigorre). La seule solution respectueuse du passé (bien compris) et pratique
pour le présent, c’est d’écrire Ibos et BedousŠ Je ne désespère pas que les
tenants de la graphie occitane le comprennent un jour...
J’observe néanmoins que la seule forme rencontrée dans le Cartulaire de
Bigorre récemment édité par le Professeur Xavier Ravier est "Iuos", donc
avec un "u" intervocalique certainement prononcé [w], comme c’est normal
dans cette région de Gascogne (ce qui exclut les étymons en ibb- évoqués
dans le Dic. Topo des Htes-Pyrénées et écartés d’ailleurs par M.
Grosclaude). La prononciation actuelle [ibos] notée dans ce Dic. est
certainement moderne, induite par la graphie officielle, elle-même due à
l’influence béarnaise, puisque selon ce Dic. topo., la première graphie en
-b- est dans un texte de 1541 conservé aux archives des Pyrénées-Atlantiques
(les Vicomtes de Béarn ont été longtemps Comtes de Bigorre).
Pour Laruns, comme l’écrit très justement Txatti, on ne voit » pas en quoi
"Laruntz" fait plus "occitan" que "Laruns" ». Je rappellerai même que
l’occitaniste avéré Michel Grosclaude a réussi à écrire » ORTHOGRAPHE
RESTITUÉE : Laruns » dont on n’a d’attestation datée de 1154 que dans une
citation de Marca puis chez Cassini au XVIIIe s., alors que "Laruntz" est
bien attesté dans les anciens textes béarnais (pas occitans !).
Voici ce que j’ai écrit dans Ligam-DiGaM :
LD 12, oct. 1998, p. 48 : De la medixa faiçon, Laruns que’s legerà [larus],
com lo diluns [dilus], au lòc de [laruns] ; ací, la grafia vielha Laruntz
(1270, 1328, 5 còps en los actes de Bernat de Luntz e en 1596) que’ns dicta
Larunts.
LD 14, oct. 1999, p. 22 : Permor de la generalisacion [que je préconisais
par ailleurs à l’instar de la norme officielle aranaise] de -tz a tot çò qui
n’ei pas plurau de mots en -t, -th o -d (cf. p. 46), que devem corregir en
-tz los toponimes ja estudiats : Laruntz, Gurtz, Jöèrtz e Lhèrtz, totas
grafias atestadas en los tèstes ancians.
LD 20, oct. 2002, p. 35 : Notat un quartièr Arruntz a Ustaritz : e seré un
testimòni indirèct de la basquitud de Laruntz biarnés e soletin ?
Logiquement, la graphie classique cohérente écrit "diluns, bens, tavans",
etc. mais "Laruntz, dentz ou hentz, avantz", etc.
Et la graphie moderne tout aussi cohérente notera "dilûns, bêns, tavâns",
etc. et "Laruns, déns ou héns, avans", etc.
Hèt beroy.
J.L.
Ibos/Ibòs et Laruns/Laruntz lafitte.yan [Forum Yahoo GVasconha-doman 2007-01-18 n° 7903]





