Amics,
Dans son message d'hier vendredi 22:26, V. Poudampa évoque les relations
inter-gasconnes, voire inter-françaises où l'on trouve toujours quelqu'un à
mépriser, comme inculte et arriéré. C'est là sans doute un trait de la
nature humaine, et l'on sait par l’Évangile que les Juifs ne prisaient guère
les Samaritains et que ceux de Jérusalem méprisaient leurs compatriotes
Galiléens...
Quand mon grand-père arriva à Rochefort pour faire son service dans les
troupes coloniales, vers 1883, son intelligence ou au moins son esprit
éveillé lui valut ce compliment : » Pas trop couillon pour un Landais. Â »
Et V. Poudampa achève par ces mots : » ...même s’il est en voie
d’extinction, on peut dire que le parler noir est l’étendard de la Gascogne,
au même titre que la langue pyrénéenne. La négation de ces deux variantes
par les félibres a favorisé l’idée d’Occitanie. »
» étendard » est joli, mais suppose un consensus des Gascons, comme pour
tout étendard qu’on arbore ; je dirais plus linguistiquement que ces parlers
sont » caractéristiques de la Gascogne », mais ça frappe moins !
En revanche, je ne vois pas trop le lien entre l’oubli de ces parlers
spécifiques et l’idée d’Occitanie, née en dehors de la Gascogne. Mais il est
sans doute exact que l’ignorance des traits propres du gascon et notamment
de ceux particulièrement vivaces dans ces régions a favorisé l’acceptation
de l’idée d’Occitanie par les premiers occitanistes gascons, » orphelins »
d’un Félibrige qui s’ » ère aclapat ».
Quitte à paraitre enfourcher un de mes [récents]Â dadas, je rappellerai
ici que, auto-centré sur le Béarn qui avait le premier créé une école
félibréenne, donc sur le béarnais, le Félibrige de l’Escole Gastoû Febus a
pratiquement ignoré le [w] intervocalique, pourtant vivant sur plus de la
moitié du domaine gascon ; en privilégiant le [ß], il a donc rapproché le
standard littéraire du languedocien.
Mais en refusant le -o féminin et en conservant le -e, auquel Halip semble
donner sa préférence pour le standard, le Félibrige béarnais a refusé un pas
qui fut propre des occitanistes.
Vous savez que je préconise moi aussi ce -e, tellement plus facile à lire
correctement sans apprentissage que le -a étymologique... et nettement moins
fréquent dans notre écrit médiéval.
Bonsoir à tous.
J.L.
Ignorance et mépris lafitte.yan [Forum Yahoo GVasconha-doman 2006-12-24 n° 7811]





