Adixat amics,
Cette fois, j¹ai bien en original le message de Halip daté du 14 et contenu
dans l¹envoi groupé du 15 ; simple oubli de ma part.
Je suis pleinement d¹accord avec ce qu¹il écrit sur la place de
l¹enseignement dans la transmission de la langue, et sur le devoir des
enseignants ; c¹est précisément parce que j¹avais reçu la charge du cours de
gascon de l¹I.E.O.-Paris en 1989 que j¹ai entrepris les études qui m¹ont
mené à lancer Ligam-DiGaM puis à la thèse (mais celle-ci n¹était pas du tout
prévue ni même imaginée avant 2001 !). Je cite Halip :
« Or, trop souvent, nous n¹avons qu¹une connaissance parcellaire de la
langue que nous sommes censés enseigner et nous ne faisons que répéter les
idioties que pondent les laboratoires occitanistes. Je ne crois pas que nous
manquions de bonne foi, je nous reproche simplement de ne jamais remettre en
cause les mandarins occitanistes, qu¹ils soient renégats gascons ou autres,
qui eux même n¹ont parfois qu¹une connaissance approximative de l¹idiome.
Donc, absence d¹esprit critique, de réflexion et surtout de travail régulier
et sérieux sur notre pratique linguistique. Or, je pense que l¹acquisition
d¹une langue devenue quasi étrangère réclame un travail quotidien afin de se
perfectionner. Je vais enfoncer le clou. Pour ce qui est du CAPES
d¹occitan-langue d¹oc, ce n¹est absolument pas la compétence linguistique
qui est jugée (du moins quand je l¹ai passé) car certains lauréats, et pas
des plus mal classés, n¹auraient jamais réussi un CAPES d¹anglais ou
d¹espagnol avec un si faible niveau de langue.
Par contre, j¹ai une vraie peine de le voir plein de ranc¦ur envers les
pauvres gens qui, ayant reçu de leur famille une langue que tout
dévalorisait autour d¹eux, ne l¹ont pas transmise à leur descendance pour
qui ils espéraient une meilleure condition. Jésus voyant les gens de son
pays courir après lui parce qu¹il faisait des miracles a dit « J¹ai pitié de
cette foule ». Moi, j¹ai pitié de ces générations de besogneux qui ne m¹on
pas transmis le gascon. Et je suis reconnaissant aux occitanistes de Béarn
(surtout M. Grosclaude dans Lo gascon lèu e plan, Roger Lapassade par toute
son ¦uvre et sa chaleur humaine) de m¹avoir donné une image valorisante de
cette langue et permis concrètement de me la réapproprier.
Et le Félibrige affaibli par le vieillissement des cadres, dû à mon avis à
la longévité de Palay à sa tête, n¹était plus en mesure d¹en faire autant.
Mais je pense que les occitanistes on commis une erreur stratégique énorme
en adoptant sans études préalables la graphie occitane livrée clés en mains
par les Languedociens. Je ne vais pas refaire ici le Hors-série de
Ligam-DiGaM n° 10 sur ce sujet. Cela a eu pour effet de prolonger le mépris
à l¹égard de la langue vivante des vieilles gens, alors qu¹on aurait dû
d¹abord les rendre fières de leur savoir pour démultiplier l¹action des
enseignants.
Je suis bien conscient que remettre en usage la graphie moderne ne suffira
pas à prolonger la langue, et je suis d¹accord avec Halip pour admettre que
les jeunes élèves apprennent la classique plus vite que celle de
l¹anglais ; mais ça irait encore plus vite pour la moderne qui diffère moins
de la française qu¹ils sont censés posséder, et surtout ouvrirait le
dialogue entre générations.
Sinon, en tant que contribuable, je pense qu¹enseigner le gascon à des
enfants qui ne l¹entendent qu'à l¹école, c¹est de l¹argent jeté par les
fenêtres, et tant qu¹à apprendre une langue qu¹on ne parle pas dans la vie
courante, il vaut mieux apprendre le latin, porte ouverte vers toutes les
langues romanes... même le gascon, ancien et moderne.
Hèt beroy.
J.L.
Transmission et graphie LAFITTEJann [Forum Yahoo GVasconha-doman 2006-09-16 n° 7085]







