Toustém enta Loïc LAFITTEJann [Forum Yahoo GVasconha-doman 2006-09-10 n° 7065]

- Jean Lafitte

Puxque ço qui èy escriut e pourtè quauquarré a Loïc, que perseguéxi en
arrespounë à las soûes questioûns sus la « mîe » grafie moudèrnë :

> J'ai vu aussi que vous écriviez « gascoûn » avec à la fois le n occitan et le
> oû fébusien.

Oui : le -n « occitan » est bel et bien un -n gascon, car une grande partie
du domaine le prononce ; l¹accent circonflexe, c¹est l¹indication visuelle de
la différence qui fait que « gascoûn » ne peut rimer avec « coun » ; il
indique aux Béarnais et Bigourdans que le -n est muet et le ³ou² plus ou
moins nasalisé ; aux autres que le ³ou² est fortement nasalisé et le -n
³vélarisé², comme dans camping ; l¹absence d¹accent circonflexe indique un -n
dental et une voyelle pas ou peu nasalisée : Jan que minje plân ou Yan que
minye plân.
En classique : Jann que minja plan ou Yann que minya plan.

Même en classique, une étude serrée des prononciaiotn sur l¹Atlas
linguistique m¹a obligé à constater que j (ou g + e ou i) ne pouvait être
graphie englobante, car dans bien des endroits, on a des réalisations en yod
ou ³j² suivant les mots ou la position, et en l¹état de la langue, c¹est
très compliqué de donner des règles. C¹est plus simple que ceux qui savent
écrivent j ou y selon leur prononciation, et ceux qui ne savent pas sauront
au moins comment il faut prononcer.

> Si j¹ai bien compris, x = ch français et ch = tch ? Mais n¹y
> a-t-il pas des mots où le x a la valeur [ks] comme en français ? Comme
> « extraordinari » par exemple ?

Question réglée en systématisant ce que l¹ancienne langue faisait souvent et
que même les occitanistes ont fait parfois : si x ne vaut pas [†] ³ch², on le
emplace par sa valeur réelle : estraourdinàri / estraordinari ; alibert a
³esperiéncia² dans son Dic., et quelqueq autes du même genre. Les auteurs
aussi le font.

voici ce que je viens d’écrire dans un compte-rendu d’un livre de Taupiac à
paraitre dans Ligam-DiGaM n° 27 :
x étymologique fait systématiquement place à sa valeur phonétique actuelle
en italien (mots parents de ceux de Lapassade : espresso, esterno, testo,
esemplo, esiliato, esotico, fissar, Massimiano et riflessione), au moins une
fois en catalan pour le nom de la lettre ³ixe², ics (Dic. català-francès de
l’Enciclopèdia, 1996), et de-ci, de-là, par des auteurs de qualité ;
notamment : icsa pour ³ixe² (Alibert, Gramatica, p. 8 et P. Bec, Manuel
pratiqueŠ, p. 28) et tous ceux cités dans le L-D précédent, pp. 40-41 ; chez
Taupiac lui-même on lit certes paroxitonica dans son Pichon Dic.Š de 1977
(p. 27, ligne 5) mais occitonics à la ligne 8 ; et ce sont bien les
occitanistes qui ont doublé Artix de son nom béarnais Artics, attesté dès le
XIIIe s. Au demeurant, comment Taupiac peut-il voir dans » ficsar [une]
graphie sotte si nous voulons nous intégrer dans la Romania Â » et approuver
la Real Academia Española d’avoir admis en 1952 les graphies » non pas
étymologique[s] mais phonologique[s] sicología et nemotecnia. » et renoncé « 
à la graphie étymologique internationale psicología Â » (154)

>> la graphie occitane est voulue par le mouvement occitaniste comme un premier
>> pas vers >l’unification linguistique

> une manie bien française...

Quio, malaye !

>> Un exemple : Jan que minja plan : dans le le 1er -an , le n se prononce, pas
>> dans le second ; comment le savoir ?
>> Dans vaquèr, le -r est muet, dans esquèr (= gauche, difficile), il s’entend ;
>> comment le savoir ?
>> Et le féminin de vaquèr est vaquèra (un seul r), celui d’esquèr, esquèrra (2
>> r).

> Donc quelles sont les solutions que vous avez retenues ?

Moderne : pas de problème : vaquè (je garde le v- qui est un clin-d’oeil
pour aider à comprendre) et esquèr (Palay : baquè et esquèr)
Classique : vaquèr et esquèrr (Coromines le grand linguiste catalan, dans
son ouvrage sur le Val d’Aran, l’a fait avant moi) ; la langue ancienne aussi
 : murr, torr.

Pour -n final, voir plus haut.

> Y a-t-il un ouvrage
> ou bien un site internet où vous expliquez toutes les modifications
> orthographiques que vous préconisez pour les deux graphies ?

Hélas non, pour le moment.

Encore que quelqu’un devait mettre ma thèse sur internet.
Je ne sais trop où c’en est.

Et j’en prépare l’édition, mais suis trop occupé par d’autres travaux...
comme par mes réponses aux gens sympas comme vous !

Le Dic. Gascon-Béarnias - Français d’Éric Chaplain applique la majeure
partie de mes propositions ³classiques². <editions.pyremonde@wanadoo.fr>

>> -"plò" : paraula que non conèishi pas
>
> = « beaucoup  » en gascoû de Tramezaygues. Que lÂ’èy troubat en Atlas Lingüistic
> de Gascougna. QuÂ’i a plò de mouts quÂ’an ua prounounciacioû estragna. QuÂ’èy
> torna coupiat ua lista de mouts e de frasas dens aqueth dialècte. Si bos,
> queÂ’p poux lÂ’enbia.

[plo] est la prononciation locale du classique plan, moderne plân : n muet
en Aure comme alentour, a fermé en o ; moderne local : plôn. La classique
écrirait plò, mais le ³o² n’est pas ouvert comme le laisse entendre l’accent
grave ; encore un problème que la classique n’a pa prévu (Alibert connaissait
très mal le gascon). La solurion classique est niveleuse : » on écrit plan
et vous prononcez comme vous en avez l’habitude » ; ce qui fait une belle
jambe au Rennais qui veut apprendre le gascon...

> Que cerqui líbes sus eth gascoû de Bigorra, pramou quÂ’èy bist oey sus internet
> qu’era Vath dÂ’Aura n’ey pas en Biarn (je sais, ça doit paraître débile, mais
> je ne crois pas que sur les cartes de France il y ait les limites du Béarn....
> Je ne les connaissais pas avant d’avoir fait une recherche spéciale
> aujourd’hui). Mès enas gramatiques gascounes ou biarneses, qu’i a a cops

causes

> sus eths dialèctes bigourdâns. Qu’ey estragn, se Bigorre n’ey pas en Biarn...

La Bigorre ne hou pas yamey ³en² Biarn, mes qu’avou souvén per Coumtë lou
Vescoumtë de Biarn...

> E counexetz líbes sus eth bigourdân ?

J’ai plus de Bigourdans que de Béarnais à mon cours de gascon, mais ils ne
m’ont jamais signalé de libvre spécial, en dehoors du très bon dic. Atau
que’s ditz ; mais la graphie classique rend mal la prononciation...

Amisats,

J.L.


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