La disparition du gersois Tederic Merger [Forum Yahoo GVasconha-doman 2002-10-21 n° 620]

Adishatz, Kaixo !

Depuis longtemps, ça me démange de parler ici de la "transgasconne",
autrement dit de la route des morceaux du gros Airbus A380 entre Pauillac
(port sur l'estuaire de la Gironde) et Toulouse.

J'ai mon opinion sur ce genre de projets, que vous pouvez deviner en allant
sur mon site perso, mais ce n'est pas le lieu ici de débats généraux sur
les transports, l'écologie ou l'intervention des pouvoirs publics en économie.

Par contre, je relève dans "Sud-Ouest" la déclaration de Claude Sainrapt
(27 sept. 2002), maire de Cazaubon-Barbotan :

"Je respecte la nature, mais la seule espèce en voie de disparition dans le
Gers, c'est le Gersois. Et c'est la seule que j'ai envie de sauver."

Lavetz... La question que je pose, c'est : "keski" peut avoir conduit la
Gascogne centrale, alias "le Gers", à une telle extrémité ? Par quel
cheminement historique ce pays plutôt favorisé par la nature serait-il en
voie de désertification humaine ? Pourquoi le salut ne peut-il venir que
d'entreprises extérieures ? Et si Airbus avait choisi Hambourg ou Bordeaux,
les Gersois allaient donc devoir s'exiler ?
Bien sûr, je caricature, et Claude Sainrapt pourrait me répondre que
"certes, Airbus ne peut pas tout résoudre, et que d'autres actions
énergiques sont engagées localement par les autorités pour sauver le
gersois"... Mès totun, allez, je donne mon interprétation, qui doit
s'appliquer bien au delà du "Gers" : à force de s'aplatir devant les
puissants (en général parisiens) et de fonctionner en leur demandant des
miettes du gâteau, on ne sait plus faire le gâteau soi-même.

Vos commentaires

  • Le 21 octobre 2002 à 17:03, par louis Re : [G(V)asconha doman] La disparition du gersois

    At 12:52 21/10/02 +0200, Tedric wrote:
    >Adishatz, Kaixo !
    >[...]
    >Par contre, je relève dans "Sud-Ouest" la déclaration de Claude Sainrapt
    >(27 sept. 2002), maire de Cazaubon-Barbotan :
    >"Je respecte la nature, mais la seule espèce en voie de disparition dans le
    >Gers, c'est le Gersois. Et c'est la seule que j'ai envie de sauver."

    Je crois que Roselyne Bachelot a fait la même phrase au sujet des chasseurs :-)

    >Lavetz... La question que je pose, c'est : "keski" peut avoir conduit la
    >Gascogne centrale, alias "le Gers", à une telle extrémité ? Par quel
    >cheminement historique ce pays plutôt favorisé par la nature serait-il en
    >voie de désertification humaine ? Pourquoi le salut ne peut-il venir que
    >d'entreprises extérieures ? Et si Airbus avait choisi Hambourg ou Bordeaux,
    >les Gersois allaient donc devoir s'exiler ?

    Je pense que Gersois tout comme bigourdans de la plaine ou des vallées,
    couseranais, basques, béarnais... ou barcelonnais (de Barcelonette dans els
    Alpes) ont été habitués a quittter le pays pour partir parfois bien au-delà
    des villes et se retrouver au Canada, USA; Mexique, Argentine, etc....
    Je ne crois pas que la Gironde et Bordeaux aient connu un tel exode ? Il me
    semble m^me que c'était l'inverse avec l'arrivée d'anglais.
    Ce qui pousse à faire ça ? L'estomac vide !

    au mois de mai dernier j'ai accuilli un vieux couple de la Neworleans
    (Louisiane - USA) qui revenait sur la terre de leurs ancêtres. Le grand
    père était parti avec sa famille pour trouver du travaille en Louisiane et
    au cours d'un voyage en Bigorre est mort à Tarbes. Le reste de la famille
    n'est jamais revenu en France. Pour donner une idée de ce qu'avait pu être
    l'immigration à cette époque, surtout au moment de guerres napoléoniennes
    et après, ce vieux couple me disait en visitant le cimetiére de Pouyastruc
    : "j'ai l'impression d'être dans ma rue à Neworlénas, on y retropuve les
    mêmes nom"

    Est ce que pour le Gers, la situation n'est pas similaire aujourd'hui :
    vivre au pays en ayant du travail au pays ou parrtir et travailler ailleurs ?
    Ceci dit, je doute que le passage des morceaux d'Airbus donne du travail
    aux gersois. Mais c'est un autre probléme.
    Dans les Hautes-Pyrénées, le débat actuel c'est le ferroutage et la
    traversée centrale des Pyrénées. Est ce une bonne chose de l'accepter chez
    nous ? Y a-t-il un vrai chômage dans les vallées ? Il ne semble pas. Le
    tourisme a inversé une situation ancienne.

    Louis

    E-mail : l.dollo@wanadoo.fr
    Le site de la montagne Pyrénéenne : http://www.pyrenees-pireneus.com
    La liste de dialogue des Pyrénées : http://www.cimes.info
    La lettre d'information des Pyrénées, pour s'abonner gratuitement, envoyer
    un mail vide à : mailto:transpyrenees-subscribe@clubs.voila.fr

    Répondre à ce message

  • Le 24 octobre 2002 à 16:12, par Tederic Merger Re : [G(V)asconha doman] La disparition du gersois

    Adishatz, kaixo guzier !


    > >"Je respecte la nature, mais la seule espèce en voie de disparition dans le
    > >Gers, c'est le Gersois. Et c'est la seule que j'ai envie de sauver."
    >
    >Je crois que Roselyne Bachelot a fait la même phrase au sujet des
    >chasseurs :-)

    E oc, pareish que los caçaires tanben dispareishen chic a chic. Leur nombre
    diminue progressivement. Et la chasse elle-même a dû beaucoup changer,
    entre autres à cause de la modification des populations animales et des
    milieux naturels.


    >Je pense que Gersois tout comme bigourdans de la plaine ou des vallées,
    >couseranais, basques, béarnais... ou barcelonnais (de Barcelonette dans els
    >Alpes) ont été habitués a quittter le pays pour partir parfois bien au-delà
    >des villes et se retrouver au Canada, USA; Mexique, Argentine, etc....
    >Je ne crois pas que la Gironde et Bordeaux aient connu un tel exode ? Il me
    >semble m^me que c'était l'inverse avec l'arrivée d'anglais.
    >Ce qui pousse à faire ça ? L'estomac vide !


    Pour la Gironde et Bordeaux, je ne sais pas. Bonne question. Bordeaux a dû
    absorber une partie de l'excédent de population des campagnes, et même des
    Pyrénées (i a avut ua imigracion aranesa a Bordèu). Tou(te)s ne partaient
    pas en Amérique.
    Sais-tu, Louis, par quels ports partaient les émigrants ? Moi, j'ai eu une
    arrière-grand-mère qui est revenue du Pérou par La Rochelle. Beaucoup
    partaient par Bordeaux, j'imagine, et probablement que des campagnards des
    alentours de Bordeaux prenaient aussi ces bateaux ?

    Il est possible que ce passé ait laissé l'habitude de voir dans
    l'émigration la solution au problème de subsistance.
    "Viure al pais" ("viver au pais" en gascon, et en basque, comment on dit ?)
    serait donc encore considéré comme irréalisable, bien que la population de
    départements comme le Gers ou les Hautes Pyrénées aient déjà diminué de
    presque moitié à l'issue de la plus forte période d'émigration.

    En fait, les choses ont évolué : si les gens continuent à attendre le salut
    de l'extérieur, c'est maintenant parfois en espérant des implantations
    industrielles ou autres, téléguidées de l'extérieur.

    La question que j'essayais de poser à partir de la réaction de l'élu de
    Barbotan, c'est l'aptitude à penser le développement économique local d'une
    manière plus autonome. Davantage compter sur ses propres forces... Puisse
    la volonté de décentralisation annoncée par le gouvernement actuel aller
    dans ce sens ! En gascon, "Malaja !" ("Si seulement", "plaise au ciel", il
    y a une villa "Malaye" à St Jean de Luz, je crois).


    >Dans les Hautes-Pyrénées, le débat actuel c'est le ferroutage et la
    >traversée centrale des Pyrénées. Est ce une bonne chose de l'accepter chez
    >nous ? Y a-t-il un vrai chômage dans les vallées ? Il ne semble pas. Le
    >tourisme a inversé une situation ancienne.

    A mon avis, c'est malsain et risqué de tout miser sur le tourisme. Mais
    mieux vaut le tourisme que rien.


    Tederic MERGER
    http://tederic.free.fr
    http://www.oest-gasconha.com
    http://prenoms.occitans.free.fr
    http://lo.gaskoi.free.fr

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