Landes, terre des possibles.

- Gerard Saint-Gaudens

« Landes, terre des possibles » se présente comme une nouvelle marque (on dirait plutôt bannière), créée par un groupe de Landais de tous horizons, entrepreneurs, fonctionnaires, etc… non précisé mais qui souligne son unité dans des proclamations comme « nous ressentons, tous, etc… » .
La lecture de leur site permet de résumer ainsi leur ambition :
Etre au service de l’attractivité des Landes.

Plus précisément, il s’agit :

 de conforter l’image des filières existantes,
 d’attirer de nouvelles filières (caractérisées par l’innovation et le caractère responsable et durable).

Concrètement,
 « d’offrir un monde de possibles », adjectif non explicité.
 montrer que les Landes permettent un équilibre entre vie privée et professionnelle, modernité et traditions,
 d’équilibrer ouverture d’esprit et fierté locale,
Afin « d’attirer de nouveaux talents et de nouvelles ressources,… tout en renforçant la fierté de ceux qui y vivent ».
Finalement « venir dans les Landes, c’est la promesse d’avoir un potentiel pour se déployer ».
« Nos valeurs : solidarité, courage, partage, simplicité. »

Deux images centrales veulent illustrer cette ambition :
 Une image de banda et de jeune public de féria en rouge et blanc,
 un groupe (sans doute celui représentant le « Nous ») : en majorité féminin, tous jeunes (pas de seniors, peu ou pas d’âge mûr), auquel ne manque ni une ou deux personnes de couleur ni un handicapé apparent.

Qu’en comprendre ?
L’intention de départ est louable (l’équilibre entre accueil et renforcement de l’existant, entre modernité et traditions) encore faudrait-il expliciter ces deux équilibres par du « comment » et aussi préciser de quelle fierté et de quelles traditions il s’agit. Un lien entre activités nouvelles et potentiel effectif (le bois ? l’océan, quoi d’autre ?) ne serait pas de trop.
Rappelons qu’une marque (ou bannière) est normalement portée par une entreprise ou un produit, supposés convenir au contenu de la bannière ou le représenter.
Les valeurs assumées sont assez révélatrices de la personnalité gasconne (manquerait "authenticité" si le terme n’était déjà bien galvaudé).

Toutefois le ton général, l’accent mis sur l’équilibre vie privée/professionnelle, les paysages, etc… et les images choisies ne diffèrent guère de toutes celles qui, ici ou là, tentent d’accueillir des cadres d’entreprises déjà installées ou espérées, voire des touristes en mal de destination, par des images sympathiques mais assez convenues, il faut bien le dire.
Et aussi on peut se demander si le territoire référentiel choisi est bien le bon : les Landes comme département.
On peut sans doute déceler une volonté d’imitation du Pays basque voisin (comme souvent) mais enfin celui-ci a su, décennie après décennie, imposer une identité visuelle forte (où les clins d’œil à la spécificité linguistique sont légions, abstraction faite de la réalité derrière l’image) et les Landes ne sont pas, toutes seules, à ce niveau actuellement.
Ne serait-ce pas le moment de s’ouvrir à une dimension plus vaste, telle les pays gascons ou aquitains ? Evidemment, on voit bien en consultant les mentions légales que l’initiative est celle du Département, comme entité administrative, ce qui limite par nature sa portée.
Enfin, une telle marque ou bannière n’a de sens que portée par la société civile, entrepreneurs de tous secteurs en tête. Et pour l’instant, on ne les voit pas. L’auteur de ces lignes avait, il y a quelques années, fait un travail préparatoire à la création d’une bannière « Produit en pays gascons » qui pourrait à tout moment être repris, si un groupe d’entrepreneurs y avait de l’intérêt, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent. Serait-ce l’occasion ?

Voir en ligne : https://marque-landes.fr/

Grans de sau

  • Que peut on attendre de plus d’une campagne publicitaire organisée par une collectivité territoriale dont la substance est in fine l’attractivité économique ?

    Avant de me demander si la dimension territoriale est la bonne, je me demanderais si la démarche n’est pas vaine et sans danger :
    _déstructuration du territoire pour des visées mercantiles court-termistes, qu’on fait avaler par une soi disant "protection des traditions"
    _développement des résidences secondaires,aseptisation des modes de vie
    _tourisme saisonnier et emploi précarisé, soumis aux aléas d’investissements extérieurs
    _la néo-ruralité qui n’est pas un mal en soi mais qui sans orchestration engendre des conflictualités d’usage et de représentation du "vivre ensemble" (quelle sera la place des paloumayres dans cette symphonie, je me le demande), et qui aboutit plutôt sur du "vivre à côté".
    _des dommages architecturaux quasi irréversibles
    _des pratiques culturelles folklorisées et ostentatoires, chargées de marqueurs identitaires, abstraction faite de la réalité derrière l’image comme dit Gérard

    Les Landes... pas loin de Bordeaux ni du pays Basque un peu moins beau, un peu moins cher mais plus sauvage, plus authentique, le vrai écrin secret de nature et de repos, tout ceci dans le dynamisme et la bonne humeur. Une destination parfaite pour cadres audacieux.

    De plus, on y vend l’espace, denrée de plus en plus chère.
    La nature, marchandisée comme un grand parc d’attraction.
    La foret, qui n’est autre qu’une pinède acidopihile à vocation industrielle dont la plantation effectuée dans la violence a détruit le mode de vie des Gascons des Landes, qui a bien peu d’un "milieu naturel" puisqu’anthropisé de A à Z (un développement durable pour une biodiversité ultra réduite étant le seul enjeu réel), mais qu’importe, ça fait "sauvage" et avec les chevaux qui courrent sur la plage, c’est une belle image d’Epinal qui contraste avec les littoraux surchargés de résidences.

    Le petit plus : dans la confusion arbitraire de l’étiquette "Sud Ouest" : il y a des autochtones, tauromachie et bandas, qui assurent le dépaysement, rustres mais bons vivants, on y cohabitera joyeusement dans la grande mascarade de la diversité culturelle.

    Est ce un mal nécessaire afin d’assurer la vitalité économique, voir une opportunité en tant que vitrine et source d’enjeux pour la défense du patrimoine culturel ? Là est une autre question.
    A titre personnel, je n’arrive pas à passer au dessus du ton général décrit justement par Gérard, je cite, "les images choisies ne diffèrent guère de toutes celles qui, ici ou là, tentent d’accueillir des cadres d’entreprises déjà installées ou espérées, voire des touristes en mal de destination, par des images sympathiques mais assez convenues, il faut bien le dire."

  • Jo :
    « Les Landes... pas loin de Bordeaux ni du pays Basque un peu moins beau, un peu moins cher mais plus sauvage, plus authentique »
    Je pense qu’il faut rajouter une virgule après "pays Basque" : ce n’est pas le pays Basque qui est "un peu moins beau, un peu moins cher"... je suppose"... pourquoi, d’ailleurs ?

    Je partage globalement l’insatisfaction de Gerard et Jo.
    Mais pour ne pas passer pour des "piche-biague" (pisse-vinaigre), que vous n’êtes pas de toute façon, ni moi... je propose de creuser plusieurs choses :
     la "simplicité", des exemples ? on doit voisiner ici avec l’idée de la simplicité campagnarde, donc la ruralité... mais justement, la population augmente rapidement dans certaines zones de ce département, et le périurbain n’est pas la ruralité.
    Et si la "marque landes" marchait, je vous laisse imaginer...
     le bois, l’océan : Gérard essaye gentiment de donner un contenu aux idées vagues de la marque ; certaines photos du site de la marque évoquent certes le bois et l’océan, mais pas le texte, qui reste dans des généralités, dans la banalité... et de toute façon, tout le département des Landes n’est pas landais (!) ni océanique...
     l’attractivité économique ? j’ai déjà écrit ici sur le thème de l’attractivité, dans le sens d’un art de vivre gascon à proposer
    Les tableaux de l’attractivité gasconne
    - eux parlent d’un "esprit landais" ; il faut quand même répondre à ce genre de programme publicitaire qu’est la "marque Landes"... répondre en étant plus précis, plus sélectif, plus profond. Facile à dire ! Sur quoi voulons-nous mettre l’accent ? Sur ce qu’ils ne montrent pas : la vieille lande (lapsus : je voulais écrire "langue") et l’accent, les courses landaises, les maisons vasconnes ?

    PS : sans le faire exprès, j’ai déclenché la vidéo en page d’accueil... musique planante... l’océan, les pins, les bains (le thermalisme), "Armagnac is back" (il faut que ce soit en anglais, forcément !), un restau gastronomique...

  • Tederic, effectivement la phrase était à lire avec une virgule :
    Ce sont les bien les Landes qui sont un peu moins cheres que la cote basque ou le bordelais , aux paysages moins pittoresques, mais authentiques et sauvages ( selon la réthorique publicitaire) etc.. et non, bien sur, l’inverse


Un gran de sau ?

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