E conéishetz lou Figuigers ?

- Tederic Merger

« Dans Figuigers, il y a “ fi ” pour figues, “ gui ” pour guit (c’est le nom gascon du canard) et GERS. Le tout désigne un canard élevé en plein air, dans le Gers, engraissé aux figues et au maïs et farci de son foie gras. »

« Cette recette developpée par l’Association Gersoise pour la Promotion du Foie Gras et s’inspire d’une vieille recette gasconne, le canard farci de son propre foie gras et d’une tradition plus que millénaire : l’engraissement à base de figues. »

"de son propre foie gras"... ça ne doit guère changer le goût, mais c’est peut-être un garde-fou contre des pratiques trop industrielles ?

Difficile d’apprécier, quelques années après, si ce figuigers a percé chez les consommateurs gourmands.
Des fermes le proposent, en tout cas pour noël et cap d’an, par exemple :
 la Ferme d’en Castéra à Castelnau-Barbarens(Castelnau-Barbarens)
En Castéra

 La ferme du Cousteau à Peyrusse-Massas

et si des producteurs gascons hors du département du Gers veulent le proposer ? Figuilandes ? Figui-HautesPyrénées ? FiguiLotetGaronne ?

Voir en ligne : http://www.foie-gras-gers.com/figui...

Grans de sau

  • Il faudrait insister pour que figuigers devienne higuigers.On est en Gascogne,non ?

    • La réponse risquerait d’être cinglante :
      « Avec "Higuigers", personne ne va plus comprendre qu’il s’agit de figues. »
      Pour continuer à discuter sur ce nom (difficile à changer comme tout nom qui a un début de notoriété ; il désigne comme un label, avec un cahier des charges à respecter) :
      ça fait plaisir que le mot guit (canard) ait contribué à sa formation, mais dans "Figuigers", il est comme noyé dans la figue et le Gers !
      Dans une Gascogne plus gasconne, on aurait osé "Guit de higues" ou même "(lou) Higuit"...

  • Figuigers date au moins de 2001 !
    Un verger de collection de figuiers avait été créé à Gimont (dès 1996).
    La Dépêche :
    « L’avenir du verger s’appuie sur l’expérimentation et le comportement bien mesurés des variétés actuelles de figuiers, tout comme sur la recherche de nouvelles collections, elles aussi aptes au séchage et à l’utilisation par la filière gras. »

    En 2018, la Dépêche « nous apprend que le verger de collection de figuiers planté à Gimont se trouve en plein sur la trajectoire de la déviation de la RN 124 ». Transplantation impossible, mais il était prévu de faire des plants. A suivre...

    Ce qui est en jeu, c’est une filière figues.
    Dépassons Figuigers ! il s’agit de remettre la figue, fraîche ou sèchée, dans nos habitudes alimentaires.
    La figue fraîche n’est goûteuse que quand elle est frippée, donc quand elle est laide, et en plus ça ne dure pas longtemps... d’où son insuccès dans l’économie du fruit industriel où l’aspect lisse et la durée de conservation passent avant la saveur...
    Donc, le débouché naturel de la figue fraîche est en circuit court, sur nos marchés ou - encore mieux - dans nos jardins cueillie sur l’arbre !
    Bien entendu, nous avons perdu le savoir-faire ancien quant au séchage ; il faut le retrouver (sachant que les différentes espèces de figues s’y prêtent plus ou moins).
    Bref, tout un monde à redécouvrir, et une démarche qui peut très bien s’inscrire dans une Gasconha navèra / Gascougne nawère ! En synergie par exemple avec le surf : ce doit être un très bon aliment pour les surfaires...
    Les tableaux de l’attractivité gasconne Facteurs, objets, politiques... (article évolutif !)

  • Oui mais le surf et le Gers ,"ça fait deux" ! Finalement, je trouve ce nom très mal venu : outre le f initial de figues ,le Gers entretient l’idée fausse d une identité gersoise (ça me rapelle quelquun de ma connaissance qui se dit "gerlandaise", de père gersois et de mère landaise ...au lieu se se dire gasconne.
    Pour la filière figues, il faudrait un vrai nom gascon évocateur, qui ne se déguise pas, type "Higues de Gascogne". Mais pour la raison donnée par Tederic, cette filière aura du mal à se concrétiser.

    • J’ai mentionné le surf non à propos du Gers mais à propos des figues, considérant que les surfaires pouvaient avoir profit à en manger. Plutôt des figues sèches peut-être, mais je n’exclus pas que dans les zones côtières où on pratique le surf, il y ait des figuiers... peut-être peux-tu répondre à la question, Gérard, tu es plus côtier que moi !
      Je prévois de me documenter sur l’apport nutritionnel des figues que je présume intéressant...

      Quant au "Figuigers" :
      Il nous appartient de critiquer le nom, et aussi le caractère trop étroitement gersois de l’entreprise.
      D’un autre côté, l’idée d’une filière figue en relation avec le foie gras est intéressante, et le produit "Figuigers" lui-même est probablement succulent !

  • Avec "lo Higuitgèrs” on intégrait higa, guit, hitge et Gèrs.
    Mais bon, trop tard… et comme Tederic le fait remarquer, 90% des gens n’auraient pas su le prononcer…
    C’est déjà bien qu’on n’ait pas cherché à bricoler un nom à consonnance anglaise, allez.

  • Sur la côte comme à l’intérieur, une grande partie des Landes de Gascogne(une cartographie intéressante à faire , une de plus !) ne conçoit pas une maison rurale sans un figuier(voir certaines poésies d’Isidore Salles,par exemple).
    Mais tous les figuiers ne sont pas de même qualité et ne se prêtent pas aux mêmes utilisations. Le mien est assez misérable (peut-être dû à sa situation) et donne plutôt des figues de printemps, pas bonnes en fruit mais aptes à la confiture, les figues d’automne avortant généralement, hélas, du moins jusqu’à présent.
    Si ce site devient un forum horticole, peut-être un contributeur me dira-t-il ce que je dois faire pour améliorer la situation !
    Au-delà de l’horticole, si l’on passe au gastronomique, un coup d’oeil sur Qwant, mon moteur de recherche habituel (non à Google !), donne trois pistes intéressantes mais rien sur une production de figues sèches en Gascogne destinées aux sportifs, surfeurs, pyrénéistes ou coureurs cyclistes. Avis aux arboriculteurs gascons qui voudraient exploiter ce filon !
    Par contre, pour les figues fraiches, ce dessert alcoolisé à l’armagnac :
    https://www.bienmanger.com/1F4027_Figues_Rafraichies_Armagnac.html
    Et pour les figues sèches,
    une recette de canard au floc les intégrant :
    https://www.grazia.fr/cuisine/recettes/canard-au-floc-de-gascogne-et-topinambours-aux-fi
    et une pub gratuite et désintéressée de ma part pour le domaine du Pillardon ( 32320 Bassouès) qui produit et commercialise en direct (entre autres) du pain d’épices au floc blanc et aux figues sèches de Gascogne(sa partie gersoise en fait et à nouveau !) :
    https://www.pourdebon.com/domaine-apicole-du-pillardon-s72

    • Je ne vais pas devenir horticulteur, ni ce forum horticole !
      Mais j’essaye d’approfondir un peu, pour étayer mes a-priori favorables au figuier et à son fruit (qui en fait n’en serait pas un, mais passons...).
      Pour l’instant, pas de diagnostic, même a vista de nas, sur ton figuier, Gérard.

      Une expérience : j’ai récemment coupé un figuier qui ne produisait que des figues qui ne murissaient jamais ; je comprends d’après mes lectures qu’il s’agissait probablement d’un figuier mâle, dit "caprifiguier", qui a l’utilité d’héberger un insecte pollinisateur pour des figuiers femelles.
      Heureusement, « certaines variétés (dites de type commun) sont auto fertiles et peuvent fructifier sans besoin de pollinisation ».

      J’apprends aussi qu’il est facile de faire des boutures de figuier (chercher par moteur de recherche).
      Donc, pour qui a un terrain qui peut accueillir des figuiers, je préconise de faire des boutures à partir de figuiers locaux qui donnent satisfaction.
      Les figuiers poussent assez vite, au bout de quelques années on peut avoir des figues.
      Faire des essais multiples de bouture ne coûte que le temps passé ; ensuite, il faut du suivi et de l’arrosage... Mais on récolte les fruits de son effort !
      https://jardinage.lemonde.fr/dossier-1073-bouturer-figuier.html

  • A Jan l’Aisit, bonjour :
    pas sûr que 90% des gens n’auraient pas sû le prononcer Higuitgers ; pour le coup, pas de problème de lecture d’une graphie "occitane"par exemple, ça se dit comme c’est écrit.
    Les producteurs et distributeurs basques se donnent bien souvent des noms plus compliqués à prononcer par des francophones et ça semble marcher.
    En fait, Figuigers est simplement une manifestation de paresse mentale et de conformisme franco-départemental.

    • Il faut distinguer deux choses :
       la facilité à prononcer ce qui est écrit : "Higuitgèrs"*, qui ne pose aucun problème de graphie, n’aurait pas été insurmontable à prononcer pour... une partie de la population ;
       la capacité du nom d’évoquer immédiatement des choses connues : là, Figuigers évoque facilement la figue et le Gers, le guit pas du tout ! Et même si on entendait "guit", la plupart des gens maintenant ne comprendrait pas.

      Si on avait la fiertat gascoune comme les basques ont la fierté basque, on aurait cependant osé quelque chose comme "Higuitgèrs", bien trouvé, Jan l’Aisit, pour caser les 4 mots higa, guit, hitge, Gèrs !
      La question de l’horizon Gers est encore un autre problème.


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