Jòc entaus saberuts en lenga Tederic M.

- Tederic Merger

C’est à Bazens, dans la rue qui monte (voir Street View du loc Bazens).

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J’ai une idée du sens de l’inscription, sans être sûr, mais j’attends vos propositions avant de la dévoiler.

Grans de sau

  • Bon, Tederic, saberut, je ne sais pas, surtout en occitan languedocien : "aisi" est en effet une forme de ce côté là. Quant à "biscar"(bisca), le français régional bordelais me fait traduire"ici, on ne rigole pas "ou"on ne se moque pas". En gascon, je ne suis pas sûr qu’on puisse employer cette forme mais je n’ai pas de dictionnaire sous la main pour traquer le"parçan" où sa se serait éventuellement dit ! Ai-je gagné au concours ?

  • Le parler de Bazens est garonnais, avec un substrat gascon plus fort qu’ailleurs, en provenance du Port-Sainte-Marie.

    Ce qui est clair, à mon sens, s’agissant d’une inscription en graphie phonétique, c’est que biscan doit être une forme secondaire de biscam, seconde personne du pluriel du verbe "biscà". Il y a des parlers d’oc en effet qui ne prononcent pas -m final (le castillan en est également incapable).

    Je remarque, mais la forme française a pu jouer, que "pas" est écrit "pas", et non "pa", qui me semble la prononciation guyennaise des communes voisines, au vocalisme bien plus lâche.

    "Ici, on ne bisque pas." Bisquer, c’est enrager, non ?

  • Pourquoi "biscan" ne serait elle pas la 3ème personne du pluriel du verbe biscà(biscar). "ici ils ne bisquent pas" dans le sens de raler ou rouspéter.
    A noter Vincent que biscam serait plutôt la 1ère personne du pluriel et que biscatz serait la deuxième. Enfin je pense...

    • Ouuups, c’est évidemment une erreur de plume, tout dans mon texte indiquait la 1ère personne du pluriel.

      Pour le reste, ce ne peut pas être la troisième personne du pluriel, car ce n’est pas en graphie alibertine (le tréma sur le i le prouve) et les autochtones prononcent alors "’biscon", que jamais personne n’aurait naturellement l’idée de graphier "biscan".

      Au pire, c’est le gérondif, mais cela n’a pas de sens dans la phrase.

  • Et pourtant moi je conjugue à l’indicatiu : Bisqui,Biscas,Bisca,Biscam,Biscatz,Biscan.
    Mais bien sûr personne n’aurait l’idée de le conjuguer comme cela....

    • Nous analysons une inscription en langue d’oc graphiée par des autochtones, avant la généralisation de la graphie alibertine. Il est écrit : Aïsi, en lieu et place de : Aicí. L’inscription doit dater des années 50.

      Il est donc impossible, dans cette optique, qu’un locuteur naturel ait transcrit "Biscan", ce qu’il prononçait "Biscon", qui est certes graphié "biscan" en alibertin.

  • Vous êtes donc partis sur le verbe bisca(r)...
    Je n’y avais pas pensé.
    Je trouve ceci sur le Multidiccionari francés-occitan :
    biscà v. – Bisquer, se dépiter, pester, endêver. (Palay)
    Bisquer, endêver, se dépiter, pester (Tresor dóu Felibrige)

    J’étais parti sur une explication beaucoup plus tortueuse, voire tirée par les cheveux, qui supposait aussi une mécoupure et une graphie vraiment très franco-phonétique. Je ne la mets pas encore au bourrier mais j’attends d’autres propositions.
    J’y reviendrai la semaine prochaine quand "La letr@ deu dimenge" (nouveautés du site) aura aussi posé la question aux abonnés de "G(V)asconha doman".

  • " Ici on ne s’emmerde pas !" Lo Bèth

  • Après avoir relu les réponses, je pense que Vincent P. ("Ici, on ne bisque pas." Bisquer, c’est enrager, non ?) et Lo Bèth (" Ici on ne s’emmerde pas !") ont la bonne.
    Sauf que "s’emmerder", Mossur Lo Bèth, c’est peut-être un peu trop grossier : le verbe "biscar" ne semble pas l’être.

    GSG a répondu : "ici, on ne rigole pas" ou "on ne se moque pas"
    Certes, "biscar" veut dire "ne pas rigoler".
    Mais l’expression livrée à votre sagacité est "Aïsi biscan pas" ; ici on ne bisque pas...
    Deux négations font une affirmation ; si bisquer contient la négation de rigoler, ne pas bisquer permet justement de rigoler, et en tout cas de ne pas s’en faire... !
    biscar = bisquer, enrager

    Pour ma part, j’étais parti sur une forme du verbe "víver" qui peut avoir des formes en -isqu : "visqui" peut vouloir dire "je vis" ou est-ce que c’est seulement au subjonctif ?
    Bref, ensuite je me suis dit qu’en Guyenne*, peut-être que "pas" pouvait transcrire "patz" (paix)...
    Pour finir, je tablais sur une mécoupure et une approximation des sons pour arriver à la traduction : "Ici je vis en paix".
    Remarquez : par ce chemin tortueux, j’arrivais presque à la bonne réponse !-) Mais enfin...

    *Le mot "aïsi" pour "ici" peut plaider pour une origine guyennaise ou languedocienne du parler utilisé. Dans une localité proche de la Guyenne lingüistique comme Bazens, ce n’est pas étonnant.

  • Sur le "Petit dictionnaire" de ma compatriote et amie Denise
    Laffargue, je note : "bisca"= faire damner ; en clair, emmerder.
    J’ai hésité devant l’évidente grossièreté.
    Mais comme dit Nicolas :
    "Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement
    Et les mots pour le dire arrivent aisément." Lo Bèth.

  • biscar : jo, que pensi que biscar vau diser "jalouser" ou "enrager" de mens en Bigorra hauta en sò deths toïs !

  • Biscar, c’est éprouver du dépit, de la frustation, râler, rager.
    Hèser/har biscar quauqu’un, c’est faire râler qqn, le faire fâcher, le dépiter. Ce verbe est connu aussi en français sous la forme "bisquer". Son origine remonterait à l’italien dialectal "biscare", s’emporter (voir le lien ci-dessous).

    http://www.cnrtl.fr/etymologie/bisquer

  • Je connais assez bien (bon, j´espére) quelques "dialectes" italiens et je n´avais rencontré "biscâ" que dans l´ouest de la Liguria, à Ventimiglia ; j´ai trouvé souvent le mot sur la web cumpagniadiventimigliusi

    (écrivez sur google biscâ et le nom de cette web par exemple)

    j´avais toujours cru, donc, qu´il s´agissait d´un emprunt au provençal ou au français. Mais je vois maintenant qu´il y a un ancient bizza, colére

    http://www.etimo.it/?term=bizza&find=Cerca

  • bonjour, dans mon text ça devrait être "l´oest de la Liguria", la partie en contact avec les Alpes-Marittimes ;-)

    [oui, j’avais cru déceler l’erreur ; c’est maintenant corrigé !
    Tederic M., webmèste]

  • Que soi tonenquès
    J’ai entendu et j’entends encore l’expression " arrête de le faire bisquer !!"
    Qui veut tout simplement dire :arrête de l’embêter ,de le faire râler.

  • Julian, soi marmandés. L’espression en francés locau "Arrête de le faire bisquer" es pas sonque tonenquesa perqué l’empleguèvann correntament a Marmanda. Pensi pas tapauc que siqui estrictament gascona perqué èra tabé coneixuda en lengadocian. Per contra, sèi pas s’es enquèra bienn emplegada praus joens au jorn d’anuit.

  • Une utilisation du même verbe, relativement loin de notre Gascogne, en un pays si différent : l’inscription se trouve sur un cabanon des calanques de Sormiou, sur le territoire communal de Marseille (où l’accent est absolument mort).

    J’ai assez de mal avec le provençal, surtout en graphie mistralienne (donc plus authentique, et fidèle aux sons) : je ne comprends pas exactement le sens. "On ne râle pas quand on y est", quelque chose comme ça je suppose.


Un gran de sau ?

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