Gabardan Gascogne médiane Landes de Gascogne

Gabarret

- Vincent P.


 

Rue d’Armagnac

L’observation des petites villes gasconnes est au cœur de Gasconha.com et Gabarret m’a fait bien triste impression la semaine dernière, même si c’est à mitiger. Le bourg n’est guère plus qu’une artère pour les voitures, presque un obstacle en vérité. Les rues de la petite ville sont dans un état avancé de déprise commerciale : même la pharmacie est partie !

Comment redonner vie à Gabarret, et avant toute chose, à son centre ? La rue d’Armagnac est ainsi dans son jus, c’est indéniable, elle n’a pas souffert de travaux de réfection modernes, souvent esthétiquement douteux : nous sommes encore en 1975. Cependant, tout autant qu’elle est dans son jus, cette rue est dans son bitume : il faisait une chaleur terrible la semaine dernière, errer dans la ville était un supplice.

Un peu de végétation serait donc la bienvenue ! Et, sacrilège, je m’y essaie, peut-être que la solution viendra d’une ébauche de piétonnisation de Gabarret, pour que les gens aient envie de revenir vivre en centre-bourg. Car pour le reste, le patrimoine de Gabarret est attachant : sans posséder de monument d’ampleur, l’homogénéité lando-armagnacaise des formes architecturales est appréciable, et tant de pans de bois se cachent derrière les crépis !

Et qui sait si un jour le train ne reviendra pas à Gabarret ...


 

Grans de sau

  • D’après ce que je vois sur le web, Gabarret a encore deux pharmacies.
    Celle que tu as vue fermée, Vincent, s’est déplacée de la rue du Marsan à l’avenue du Marcadieu, en dehors du centre-bourg. (Gabarret)
    Le Marcadieu, Mercadieu, Marcadiou

    Evolution générale : à Tonneins aussi, j’ai vu les pharmacies quitter le centre-ville (il en reste une sur quatre).
    No parking no business, e tout acò...
    C’est donc - pas de grosse surprise - le centre-bourg de Gabarret qui est en crise, car inadapté à la voiture, mais pas forcément Gabarret dans sa globalité, qui garde apparemment sa fonction de centre commercial rural, avec par exemple son U Express et son Gamm Vert en sortie (sud) de ville...

  • Le déplacement des pharmacies et autres installations médicales à l’extérieur des bourgs importants semble bien orchestré par une vague récente de centres commerciaux centrés sur le médical.
    Je l’ai constaté à St Vincent de Tyrosse qui a maintenant au moins deux pharmacies à un bon kilomètre du centre et plus aucune dans celui-ci (il y en avait trois il y a trois ans).

    On me dit que les promoteurs de ces centres font un chantage auprès des pharmacies du bourg, par ailleurs contents de pouvoir agrandir leurs locaux : si vous ne venez pas,nous attirerons de nouvelles pharmacies dans notre nouveau centre commercial.
    Et les élus municipaux paraissent bien démunis pour empêcher cet exode.

  • Poursuite de l’exploration de Gabarret par le web (avant une "descente" sur place que je sens imminente) :
    La pharmacie qui s’est déplacée sur l’avenue de Marcadieu est située - ce ne doit pas être un hasard - près de la "Résidence (ou Maison de retraite) des Ajoncs".
    Elle est donc toujours en plein gavarret, puisque ce mot signifie un lieu où il y a des ajoncs (gaouarre/gavarra) !

    (lo) Gavarret
    Prononcer (lou) "Gabarrét" ou "Gawarrét". Lieu où il y a de la gavarra (...)

  • La voici, la pharmacie nouvelle !
    Elle s’insère dans ce qu’on pourrait appeler un quartier du soin (EHPAD, Maison de santé, soin aux animaux, aussi, avec un centre vétérinaire...).
    Il semble qu’il y a eu par là, déjà, un hôpital, puisqu’il y a l’avenue de l’Hôpital.

    On comprend donc la logique du déplacement de la pharmacie qui était rue de Marsan, où son départ crée une friche commerciale spectaculaire dans une rue déjà en déprise commerciale.

    Un tel quartier périphérique "du soin" s’inscrit dans un urbanisme qui privilégie l’accès automobile par sauts de puce successifs : on stationne en urgence pour acheter son pain, puis on rejoint le parking du supermarché "U Express", puis on reprend sa voiture pour aller à la pharmacie... Peut-être qu’on combinera cette dernière course avec une visite à pied à un proche qui réside "aux Ajoncs" (l’EHPAD), mais au total, on ne fait plus ses courses à pied, même après avoir garé sa voiture sur un parking central...
    On saute de parking en parking, "à l’américaine", avec la consommation d’espace et d’énergie* qui en découle...
    * mais pas tellement de l’énergie corporelle...

    Et après, on dit que l’automobile est quasi-indispensable en zone rurale...

  • Après ce pistage de la pharmacie fermée (rue de Marsan, et non rue d’Armagnac) qui nous a conduit dans le nouveau "quartier du soin" au fond de l’avenue du Mercadieu, revenons au point de départ :

     une mode bizarre semble avoir conduit aux plaques de rue respectives "Rue ARMAGNAC" et "Rue MARSAN" ; la banque nationale d’adresses a pour l’instant "rue du Marsan" et "rue d’Armagnac" ; c’est mieux mais pas tout à fait cohérent : si on choisit de mettre un article comme dans "rue du Marsan" ("du" inclut l’article), il faut écrire "rue de l’Armagnac", mais c’est un peu lourd ; "rue de Marsan" et "rue d’Armagnac" conviendraient...

     Mais ces choix Armagnac et Marsan (de quelles années datent-ils ?) sont géographiquement et identitairement plutôt pertinents : la rue d’Armagnac va vers le sud, vers l’Armagnac*, la rue de Marsan vers l’ouest, vers le Marsan ! Pour compléter cette logique, il aurait fallu que la rue du Fort, qui va vers le nord, s’appelât "rue d’Albret" !

    * Mais Gabarret appartient maintenant à la CC "Landes d’Armagnac", et ne devrait donc pas voir l’Armagnac comme extérieur...

  • Je ne suis pas très sensible au "municipalisme" landais : je pense que le petit patriotisme communal, héritier en large partie du socialisme municipal de la IIIème République, est le fruit de nombreux errements en matière d’aménagement du territoire.


Un gran de sau ?

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