- Tederic Merger

pèrja, pèrsha

français : perche, bâton

Palay :
Multidiccionari francés-occitan

pèrjà, pèrje C. perchà, pèrche.
perchade sf. – « Perchée » , la superficie d’une perche carrée (vieux).
perchà sf. – Percher, mesurer des terrains à la perche ; par ext., arpenter. Palay
perchadoù sm. – Arpenteur (vx).
perchàyrẹ sm. – Placeur de perche.

Lespy :
Ha a la perche. F. Past. (Faire à la perche), jouer au « jette-perche. »

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Grans de sau

  • Pourquoi tu mélanges les graphies ? :O

    Alibertin : pèrja, pèrsha (pèrxa)
    Phonétique ou autre : pèrje, pèrche

    Il n’y a pas de "pèrcha" (qui se dirait "pèrtye")

    • Je ne veux surtout pas mélanger les graphies, mais comme j’avais vu "Laperge" en graphie normalisée...
      Je comprends donc que "Laperge" est la graphie française, et je vais le créer comme tel.
      La voyelle finale atonique est donc a en graphie alibertine.

      L’autre question est la notation en graphie alibertine de ce qui semble prononcé ch ou j. En effet, si ce n’est jamais prononcé ty, il faut mettre sh ou j dans le système alibertin.
      Mais je suis toujours influencé par la prononciation de mots comme chai, marchand, chabrot peut-être, qui semblent venir d’oïl ou du nord-occitan et se prononcer avec le ty. Et si c’était le cas de "pèrche" ?
      Bon, pour l’instant, je vais tout aligner sur pèrja, pèrsha.

  • Tederic, tu dis que chai, marchand et chabrot se prononcent avec le ty. Tu en es sûr ? J’ai toujours entendu tyay mais aussi shabrott, marshan, tout comme shibaou et non pas tyibaou.
    Je ne voudrais pas relancer les histoires de graphie qui sont anecdotiques en dehors de l’aranais devenu une langue élaborée en standard, mais je me demande s’il ne faudrait pas prendre en considération la solution qui consiste à garder le ch du mot d’emprunt au français quelle que soit la prononciation ty ou sh : chai, chabrot, marchand, chivau, chèna (francisme pour cadena). Gardons à l’esprit qu’une adéquation graphie-phonie idéale et parfaite est une vue de l’esprit, quelle que soit la langue concernée, les cas les plus caricaturaux concernant le français et l’anglais. Ou alors il faudrait utiliser l’alphabet phonétique international.

  • Adiu Danièu !
    Non, je n’en suis pas sûr.
    Une fois à Réaup il y a 5 ans j’ai parlé en gascon avec une vieille dame, et il m’est resté le souvenir qu’elle disait "tyaÿ".
    Je ne sais plus si ma mère disait "tyibàw". Il faut absolument que je demande à un des derniers locuteurs à Réaup.
    Pour "Marchand", je me base sur les toponymes Martian, Martiangue, Martiandon... Gasconha.com a un article là-dessus : Marthan martiang martchand martchant (Saint Symphorien 33).
    Enfin, il me semble que Fauché dans son "gascon de Tonneins" explique que dans les mots qui ont le ch plus ou moins emprunté à des parlers plus nordiques on prononce "t mouillé".
    Dans mon traitement des lòcs, je ne peux pas éluder cette question, puisque je note les noms à la fois en graphie alibertine et en graphie franco-phonétique (toute bricolée soit-elle, il faut bien que j’y choisisse entre ch, tch, ty...).
    Plus profondément, c’est la compréhension des toponymes et de leur origine qui est aussi en jeu. Par exemple, si on passe à côté du fait que Marchand peut se prononcer "Martyan", on va chercher une autre explication aux lòcs Martian...
    Bref, le sujet, qui interfère aussi avec le chuintement du s, est important pour notre travail de transmission.

    Si le ch d’emprunt se prononce "t mouillé" (ou "ty"), la graphie alibertine le note ch sauf à la fin des mots.
    Je suis a priori assez favorable à la solution que tu proposes, garder le ch du mot d’emprunt au français quelle que soit la prononciation ty ou sh* ; "shibau" m’a toujours heurté... Mais je ne me vois pas comme un théoricien de la graphie, plutôt comme un utilisateur soucieux de cohérence.

    *Dans le cas où "perche" est emprunté au français (je n’en sais rien), il faudrait alors écrire pèrcha quelle que soit la prononciation ; et proposer "pèrtye" en franco-phonétique si on suppose le t mouillé ?

  • Chai "tyay" oui évidemment.

    Mais "marchan", "chabrot". Tout écrire "ch" serait justement antipédagogique : comment saurait-on alors la prononciation ?

    Martian : la prononciation "ty" pourrait avoir été réservée à des patronymes d’origine française .

  • Gaby, tu dis que ce serait antipédagogique. Si je voulais te taquiner en toute amitié, je te demanderais si tu galèges ou si tu péguèges. :-D
    Peut-on parler sans rire de "pédagogie" alors qu’il n’y a pas le moindre consensus quant à une graphie unanimement acceptée et donc susceptible de pouvoir être enseignée comme l’est toute langue moderne digne de ce nom. A la rigueur, on pourrait peut-être parler de "pédagogies" au pluriel puisqu’il y a presque autant de graphies que de "pédagogues" : classique ou occitane, moderne ou fébusienne, lafitienne classique, lafitienne moderne, aranaise inspirée de la graphie classique, celle de l’IBG, et j’en oublie certainement pas mal d’autres. Où sont les linguistes, les philologues, les auteurs et autres intellectuels capables de se concerter sans s’étriper et de se mettre enfin d’accord tant que le gascon n’est pas tombé à tout jamais dans les oubliettes du temps ? Mais ça urge ! Les Basques ont eu l’intelligence et la volonté de faire ça tant qu’il était encore grand temps, avant que le basque ne disparaisse totalement, mais les Gascons... pauvres de nous !

  • Adiu Tederic !

    La prononciation du graphème "ch" étant la même dans le Marmandais que dans le Néraquais, tu peux donc te fier à ce que t’avait dit cette vieille dame de Réaup : lo chai se prononçait bien "lou tyaÿ" et lo mosquit de chai (mouskítt dé tyaÿ) était la drosophile ou mouche du vinaigre, en français local "moucheron des vendanges".
    Le "ch" d’emprunt au français ne se prononçait pas systématiquement "ty", cela dépendait des mots et des lieux également. Par exemple chaminèia se disait "tyaminèye" dans les Landes mais "shaminèye" dans la vallée de la Garonne. Alors que marchand et chabròt se prononçaient partout "marshàn" et "shabrò(t)" si l’on en croit le Thesoc en ligne. De même que pèrcha, chèna se prononçaient "pèrshe", "shène"et non pas "pèrtye" et "tyène".
    Moi non plus je ne me vois pas comme un théoricien de la graphie gasconne car je n’en ai ni la capacité ni l’envie, bien que ce sujet m’intéresse fortement. J’essaie de rester fidèle néanmoins à celle concoctée naguère par Jean Lafitte à partir de la graphie "classique" et toujours utilisée par Philippe Lartigue. C’est celle qui, en l’absence totale du moindre consensus, me paraît la plus à même de donner au gascon le titre de langue de culture qu’il aurait bien mérité... si la Gascogne avait voulu.

  • La question continue à me turlupiner, et les écrits que nous avons en graphie dite patoisante, c’est-à-dire bricolée par des locuteurs natifs, peuvent nous aider.
    Par exemple, Tozy, de Nérac, écrit quelque chose comme "cathia" (ou "cathya" - je n’ai pas le texte sous les yeux ce soir), ce qui indique le t mouillé pour le verbe cachar, qui semble être un francisme pour cacher.
    Cela est confirmé par Fauché et son "gascon de Tonneins" : catchio-mizèro.
    Le verbe coucher doit donner la même chose : "coutyà"...

  • Oui, c’est "coutyà" -> cochar
    Par contre "se fachà" -> se faixar (certes il vaut mieux s’esmalir p. ex.)

  • Adixatz Tederic e Gabí,
    En effet, cachar et cochar sont bien des francismes. Cachar, qui se prononce (katyà) ou (kashà) selon les endroits, peut être facilement remplacé par estujar. Par contre, cochar, prononcé majoritairement (kutyà) selon le Thesoc, fait partie du lexique courant.
    Se fachar, au sens de "se mettre en colère et prononcé (fashà), doit être remplacé bien évidemment par s’esmalir. Mais surtout pas écrit se faixar comme s’il s’agissait de se mettre une faixa catalane. De plus ça défigure complètement ce francisme tout comme si on écrivait coixar dans le cas de la prononciation (kushà).

  • Un exemple de nom de lòc pour lequel cette incertitude sur les sons est agaçante :
    Cassoua de Peychiche à Bourideys (IGN), pour lequel le Cadastre napoléonien écrit "Cassoua dou Peytiche" ; cette graphie avec un t pourrait indiquer un t mouillé, mais ce n’est pas sûr...
    Ce nom pourrait être délicieux, mais comment le savourer sans le comprendre ni savoir le prononcer ?

  • Chez moi per-ye= longue pièce de bois qui remplace la chaîne pour traîner certains outils aratoires.


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