- Tederic Merger

baren ? varen ?

français : marais desséché, lande marécageuse, bas-fond interdunaire

Prononcer "barén".
La graphie alibertine varen peut-être envisagée selon l’étymologie.
La forme féminine varena, barena (baréne, barenne...) semble exister.
Une concentration de lòcs portant ce mot existe en pointe médoquine, écrits "Baren" ou "Barin".
A Carcans, les lieux désignés par "Barin" semblent exclusivement des pièces d’eau, d’après la carte d’état major du 19e siècle.
Jusqu’à quand ce mot était-il en usage ?
Origine celtique var (eau) ?
Mais les barene sont les parties marécageuses à fleur d’eau de la lagune de Venise... Si le mot est de la même famille, cela justifie la graphie avec un b, parce qu’à notre connaissance, le vénitien ne transforme pas le v en b.*

* Jean Franville nous apprend que, au contraire, l’ancien vénitien transformait le v en b. Cela simplifie les choses en confirmant l’étymologie celtique var et conduirait à choisir la graphie varen.
https://warewenna.wordpress.com/annexes-2/a-nouveaux-elements-2/un-element-primordial-le-betacisme/

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Grans de sau

  • Cela aurait pu venir de vallis comme, semble-t-il, variscomba/variconha "précipice, bas-fond’’, mais c’est plutôt issu de *barranca si l’on en croit https://apps.atilf.fr/lecteurFEW/index.php/page/lire/e/27602 étant donné le maintien du-r- en languedocien. Cependant, on attendrait alors un -rr- .

    Ce mot est cité par Alain Viaut, je crois, dans son livre sur les Tradinaires. Il est encore usité, voir :
     http://www.sepanso.org/reserves/cousseau_p.php
     https://www.google.fr/url?sa=t&source=web&rct=j&url=http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/librairie/carnet-Etang_Cousseau.pdf&ved=2ahUKEwjO9ciepJzbAhXHShQKHT9DDXUQFjABegQIBxAB&usg=AOvVaw1wvPS0XbkDH6jAYWxnEjNC
     https://www.google.fr/url?sa=t&source=web&rct=j&url=http://www.mairie-lacanau.fr/fileadmin/redacteur/PDF/Environnement/Sentier_de_la_Reserve_Naturelle_de_l_Etang_de_Cousseau.pdf&ved=2ahUKEwjO9ciepJzbAhXHShQKHT9DDXUQFjAEegQIAxAB&usg=AOvVaw1YbDVvWShTOun-afdUyOw0 ( où il est précisé que le mot est gascon)

  • Entre précipice (barranca, baringo...) et bas-fond, il peut y avoir une passerelle, mais ce n’est pas évident.

    Barinco
    Prononcer "Baríncou", donc en mettant l’accent tonique sur "rin". Vincent.P (...)


    Alors il faudrait écrire bar(r)en en alibertin. C’est embêtant de ne pas savoir !
    Est-ce que le c de barenc ne devrait pas ressortir dans les dérivés ? Or on a barenat et pas barencat en Médoc, et surtout on a la forme féminine la baréne et pas la barénque...
    Et l’hypothèse celtique var, qui donnerait bien bar aussi bien en gascon qu’en languedocien ? « l’hydronyme ver- / var- « eau, rivière » et qui se retrouve dans les noms de la Vire et du Var. » [ https://fr.wikipedia.org/wiki/Varenne ]
  • Le Cahier des paysages du "Pays Médoc" (sur le site du PNR de Médoc) écrit "barun" : « lettes et baruns »
    Il n’a pas fait le rapprochement avec la forme féminine barène et non "barune".

  • De toute évidence, celui qui a écrit ’’barun’’ devait penser à la prononciation ’’bareun’’ et pas ’’barün’’

  • Bonjour,
    Message pour Tederic Merger
    Pourriez-vous m’indiquer la référence exacte du Cahier des paysages du Médoc où est écrit "lettes et baruns" ?

    J’effectue des recherches à ce sujet et cela me serait bien utile.

    Merci

  • D’après ce que je vois, le lien figurant ci-dessus n’est plus bon, mais en cherchant par un moteur de recherche Le Cahier des paysages du "Pays Médoc", le fichier est téléchargeable depuis le site du PNR du Médoc.

    Je me permets de citer ici la question que vous m’avez posée à la suite, parce que le sujet est fascinant* et mérite d’être partagé :

    Mes interrogations portent sur ce point : quelle est la différence entre la lette et le barun ? Il me semble avoir compris que la lette désignait un espace végétalisé inter et postdunaire alors que le barun désigne une zone marécageuse inter ou intradunaire. D’après mes recherches, se trouvaient au sommet des dunes des cuvettes humides végétalisées, les baruns. Existent-ils encore ? Qu’en est-il alors de crohots ? Sans doute des "creux" humides et végétalisées où venait paître et s’abreuver le bétail, vaches marines et lédons, vestiges de pièces d’eau désormais asséchées à cause du boisement des cordons dunaires littoraux. Certains sont-ils encore en eau ? Je crois qu’il existe des barins en eau dans la réserve de Cousseau.

    Je vais tenter une première réponse dans mon gran de sau suivant, où je dirai sans doute mon incompétence !-)

    *sujet fascinant, parce que nous avons ici trois mots localisés dans l’univers des dunes littorales entre bassin d’Arcachon et Pointe de Grave, et qui désignent des objets très proches, mais qui étaient vraisemblablement différents pour les autochtones, commes les différente sortes de neige pour les eskimos !-)

  • Je précise d’abord que je ne suis pas sur le terrain des dunes du Médoc, et que les éléments que j’apporte viennent surtout de la consultation des cartes anciennes et de leur exploitation dans la base des noms et lòcs de Gasconha.com.

     j’utilise en français les formes respectives les plus courantes : barin, crohot, lède ;

     le crohot est généralement comparé à un cratère au sommet d’une dune, elle-même comparée à un volcan ;

     la lède (ou léde, ou léte en allant vers le sud) est le plus souvent définie comme un "vallon interdunaire" ; petite nuance avec le crohot, donc...

     le barin serait un bas-fond interdunaire, mais plus largement un marais desséché ou une lande marécageuse ; je remarque qu’on trouve des toponymes "Barin" bien à l’intérieur des terres médoquines, par exemple à Lesparre et Saint-Laurent-Médoc ; et le trait distinctif du barin semble l’humidité, qui ne semble pas systématiquement associée à la lède, et peut-être encore moins au crohot.

    Voici les liens vers les contenus de la base pour ces trois mots, dont les toponymes (lòcs) associés :
    croòt = cratère au sommet d'une dunebaren ? varen ? = marais desséché, lande marécageuse, bas-fond interdunaire
    leda = letteleta = lette

  • Ici en nord Médoc ce sont les barens (prononcer barins) ou barènes (barenas en occitan) terres basses et humides près des zones marécageuses — barène ardilouze, baren de la matte sur Vendays-Montalivet).
    B ou V pour l’orthographe il me semble que cela vient de la prononciation gasconne - le V se prononce B
    A propos de lette : Ici dans le nord Médoc j’entends lède, mais les deux existent quant à la définition j’ai la même que Tédéric Merger. Voici ce que modestement je puis dire.

  • Merci Régine.
    Justement je voulais re-mentionner cette forme féminine barène qui crée des toponymes bien plus largement que sur la coste médouquine, avec la question du rapport - et de confusions possibles - avec le mot varenne qu’on trouve dans le monde français.
    A propos de vocabulaire dans ce même domaine, il y a la lagune :
    Lagune hagnouse, Lagune de la Vache* ardilouze, Lagune merdouze !
    Tot acò en Medòc !

    La question géographique, historique et environnementale sous-jacente, c’est la tendance au dessèchement, par l’action humaine, de toutes ces zones humides.
    Je suppose que le travail que fait S. Gazagne qui nous a interrogés ci-dessus porte en plein là-dessus.
    Comme toujours, la connaissance du passé peut aider des actions présentes.

    * Mais attention, il ne s’agit pas ici des fameuses vaches de lède, ni d’aucune vache d’ailleurs !

  • Une remarque :

    "barènes (barenas en occitan) "

    Barènes, quelle que soit la manière dont c’est écrit, est un mot gascon. Ce n’est pas le mot français pour "barenas". Cela va induire en erreur les néophytes, comme quand on leur fait croire que (formes écrites) MARMANDE est français et MARMANDA gascon , ce qui va les mener à croire que la prononciation "Marmande" est du français et "MarmandÀ" du gascon, alors que c’est tout faux puisque "Marmande" est gascon et "MarmandÀ" n’existe pas. Ou encore, quand on fait croire, mettons, que SAINT PEY est français et SENT PÈIR gascon... alors qu’en français ce serait "Saint Pierre"... et que "Pèir" n’est même pas la forme traditionnelle je crois (on écrivait -ey au Moyen Age, il me semble)

    Bref ! Je déblatère, mais ce n’est pas un détail anodin. Qu’on écrive CASTET, CASTÈTH, CASTEIG, CASTEIGT ou même... KASSTETT... du moment que c’est prononcé "castèt" c’est du gascon.

    Les néophytes doivent comprendre ça, que par exemple s’ils s’appellent Ardilley :) Arrosères ou Dupouy c’est du gascon, du pur gascon et rien d’autre, au lieu qu’on les bassine avec un catéchisme sur la graphie normalisée qui serait la seule vraie graphie occitane de tous temps et de partout. Ca crée de bons petits militants mais ça ne muscle pas la cervelle (pour ceux qui s’intéresseront ensuite à l’onomastique, notamment).


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