Notre région, c’est la Gascogne !


lundi 27 juillet 2015, par Gaby

vasiu

français : qui pousse bien (arbre)

Prononcer "bazîw". Du verbe vàser "croître"
En Bazadais notamment.





Grans de sau

  • C’est amusant parce que "basiw" (avec le son "ss" ) veut dire au contraire stérile dans les Pyrénées...

    D’ailleurs si je peux me permettre, ce verbe "vaser" est l’équivalent de "vader" avec l’alternance d/z qui existe sur de nombreux mots. Ne faut-il pas écrire "vazer" et "vaziu" (le s se justifie pas, il n’est pas étymologique et le son est z non ?) plutôt ?
    (Je fait un effort pour m’intéresser à la sainte Graphie, moi j’écrirais baziu ou baziw...)
    bassiu

  • Palay donne « basiu »,-o (G.)_ C.basoùs,-e ; adj. Vaseux,-euse

  • C’est précisément ce genre de contradiction de vocabulaire interdialectale à l’intérieur de l’aire gasconne qui me parait redoutable et totalement dissuasive pour des néo-locuteurs.
    Evidemment, vadiu /vasiu au sens de "qui pousse bien" est assez sympathique et on aurait envie de l’adopter mais la contradiction avec le sens "montagnard" est plus que gênante.
    De plus Palay, comme le dictionnaire de Per Noste, donne "esterle " (et aussi vaciu", je crois) pour stérile et la seule entrée de "vasiu" est bien "vaseux".
    Autant il est intéressant de noter ces micro-appellations et possible de les employer dans un cercle très localement restreint, autant il serait préférable de les oublier dès lors qu’on vise à un emploi plus large en espérant être compris de plus de dix personnes.
    Je suis bien conscient que ce choix risque d’être pris comme réducteur, "malherbien", centraliste, tout ce qu’on voudra, mais si on veut garder un minimum de chance de survie à la langue, peut-on hésiter ?

  • Vaciu/vaciva (bassiw) et vadiu (badiw) sont deux mots de sens très différents, presque antonymes. Pas la même orthographe ni la même prononciation.
    Préférer de toute manière les formes en -D- plus spécifiquement gasconnes.
    Aucun intérêt ni aucun sens à se priver de la richesse linguistique gasconne. Confondre BASSIW et BADIW ? Allons bon !
    Le dernier commentaire est bien bizarre. Un occitan(iste) jaloux de la richesse et de la spécificité du vocabulaire gascon ?
    Ou bien, avec ces arguments, il va falloir supprimer pas mal d’autres mots bien plus problématiques. On va vraiment appauvrir la langue avec ce genre de théories.

  • Non, ce choix ne serait ni réducteur, ni "malherbien", ni "centraliste" dans la mesure où l’on serait conscient de la nécessité de l’élaboration d’une norme, d’un certain standard, si l’on souhaitait vraiment que le gascon devienne un jour autre chose qu’un groupe de parlers locaux évanescents, en bref qu’il devienne une langue enseignable et enseignée comme toute langue moderne digne de ce nom. Mais le veut-on vraiment et plus problématique, le peut-on encore ?

  • Le commentaire n°4 a compris ce que je voulais dire. Ce sont bien deux mots complètement distincts, et non deux acceptions contraires d’un même mot.
    Ecrite avec un "s" la forme en z de "vadiu" se rapproche d’un mot de sens contraire. Alors je réitère, il me semble qu’il est plus clair d’écrire "vaziu".
    Ce qui est sûr c’est qu’à l’oral, pas de confusion possible entre "ss" et "z"...

  • En effet, écrire "vaziu" serait d’une clarté aveuglante... E bé...

  • On lit souvent ici, site gasconissime par excellence, que la langue est un facteur identitaire secondaire.
    En 2009, à l’occasion d’un sondage CSA/Le Parisien/Aujourd’hui en France, 80% des Français déclaraient que l’identité c’est la langue.
    Si l’identité gasconne ce n’est pas la langue gasconne, alors nous sommes une nation bien singulière et, pour tout dire, bien moribonde. C’est bien parce que notre langue est à l’agonie que la Gascogne n’existe pratiquement plus nulle part et qu’on se permet de nous coller un projet régional où nous n’existons absolument pas. Avec des discours comme ça, on n’a que ce qu’on mérite.
    Les paysages, l’architecture, la gastronomie...soit. Mais l’essentiel c’est la conscience nationale et cette conscience nationale, comme le disent si bien les sondés de l’institut CSA, c’est la langue à 80%.

  • La langue est loin d’être un facteur identitaire secondaire. A moins de prendre le mot "nation" dans un sens strictement politique qui n’était pas le sien avant la fin du 18e siècle. Au sens propre et ancien du terme la nation, c’était ce que l’on a appelé bien plus tard une "ethnie", famille élargie où nature et culture se mêlent inextricablement.
    Comme vous dites si bien, les paysages, l’architecture, la gastronomie... soit.
    Mais sans conscience ethnique/nationale et en l’absence d’une véritable langue par élaboration comme chez nos voisins basques tout ça n’est que folklore.
    Si nous possédions une telle langue, on n’épiloguerait pas futilement sur la graphie "vasiu" ou "vaziu". On aurait vaciu, vasiu et vadiu, trois mots de sens et d’étymologie bien différents, point barre.

  • Vaziu dab un "z" que couperé lou ligam dab lou vèrbe "vàder/vàser" percè que pòt estar autâplan "vasiu" coum "vadiu". En lou dicciounari de Méaule, qu’i a "badiu : hâtif, vivace, à croissance rapide". Entenem qu’escrivoússim "vaziu", lavetz, que carré escríver "vàzer" e nou pas "vàser".

    "Vaciu" qu’es un mot qui ne vòu pas vertadèrement díser "estèrle". Que soun les aoulhas d’un an dount ne soun pas encoèra marridedeyras (bounas a estar presas pr’ou marri, auest, que l’èy inventat !). Lou "vassivè" que les hadèn pèsher èrba mensh bona que les autas. Un nom de familha que n’es gessit : "Bassibé".

    Ne vey pas trop coum se puyrén con.hoúner lous dus mots.

    Après, de díser lou "d" intervoucalic qu’es mè gascoûn qu’es ua auta causa. Aquò, qu’es en ua optica de parlar centralisat, ou gascounisat, ço que n’am pas. Jou, que dirí melèu de díser coum se disè a ço de soûn, bèth tèms a (ou coum se dit encoèra). N’i a pas nada forma mè legitima qu’ua auta.
    Se vam atau, que carré díser "era maydoûn", "eth cadau", "era glèyda", "era cada", etc... coum at disen dou coustat de Galan, en les Hautas Pireneas.

  • Je crois suivre assez bien les publications de Gasconha.com, et je ne me rappelle pas y avoir vu passer l’idée que la langue est un facteur d’identification secondaire d’un peuple.

    Ce qui a dû être dit, et que j’ai pu dire moi-même, c’est que la Gascogne ayant quasiment perdu sa langue, elle ne pourra exister désormais qu’en cultivant d’autres particularités.

    Dans cette optique, je préconise en effet que Gasconha.com sorte peu à peu de son "lenga-centrisme" originel... tout en gardant précieusement, en utilisant et en développant encore le contenu très riche déjà amassé sur la langue des ajòus.

  • Oui Danièl. Sans conscience identitaire ethnique/nationale et sans langue par élaboration, artificielle diront certains, tout n’est que bas folklore avec, parfois, un vernis vaguement patoisant (ridicule et moqué à juste titre car n’ayant aucune profondeur).
    Quand on en est réduit à se quereller sur le fait de savoir s’il faut dire baziou ou badiou, écrire avec un Z ou bien un D etc... et y passer des plombes devant son ordinateur, et trouver ça utile et sérieux, c’est que vraiment ça va mal et qu’on fuit la réalité en se vautrant dans des débats et des querelles hallucinants de vacuité. Les tenants parisiens de l’identité française, médias et politiques, acteurs culturels, vous méprisent vraiment à juste titre et ne pas se rendre compte que vous êtes pitoyables est un crime supplémentaire contre ce que vous futes et n’êtes décidément plus. Un peuple à forte identité, fier, rebelle et batailleur.
    Les Gascons sont des nuls et des has been qui ont le destin qu’ils méritent.
    La France a compris depuis longtemps que celui qui tient la langue et maîtrise sa diffusion, en créant un standard, fait la loi et fait l’identité. Il faut être bien bizarre pour ne pas le comprendre et le voir.
    Si j’étais gascon, c’est avec beaucoup de tristesse que j’assisterais à cette agonie indigne et infamante.
    Quelques peuples se sauveront peut-être en Europe (Catalans, Corses, Basques) mais les Gascons n’en feront pas partie.
    Ce site a des aspects intéressants : histoire, langue, toponymie, architecture etc... Mais si tout cela n’aboutit à rien et si les gens de par chez vous n’ont aucune conscience identitaire, je le redis, ce n’est que du folklore. Sympathique certes mais du folklore.

  • Que les Gascons soient des nuls et des has-been, soit. Je vous trouve un peu sévère dans votre jugement mais ce n’est pas moi qui vous jetterai la pierre, cher inconnu...
    Je pense que si l’on voulait dresser un inventaire de la nullité et de la has-beenitude, la liste serait longue cependant de par le vaste monde. Ce qui est loin d’être une consolation.
    Si j’étais gascon, écrivez-vous, c’est avec beaucoup de tristesse, etc, etc. Parce que vous croyez que, dès lors qu’on a jeté aux orties toute idéologie quelle qu’elle soit, que l’on regarde lucidement la misérable situation des parlers gascons locaux, que l’on a assisté soi-même à l’extinction de la langue des grands-parents et des grands-oncles en l’espace de quatre ou cinq décennies, tout ce marasme déclanche une grande euphorie, un optimisme délirant ?
    Ce site a des aspects intéressants... Ma foi, c’est bien aussi mon avis, dirai-je avec une pointe d’admiration dans le ton car le boulot qui est fait ici depuis des années sous l’égide de notre webmaster Tederic, est non seulement intéressant mais remarquable dans le fond comme dans la forme. C’est le moins que l’on puisse dire.

  • Non les gascons ne sont pas plus nuls que les autres !
    Quant à la direction du site, elle est maintenant collective*, et c’est une joie pour moi de penser que ce que j’ai commencé il y a bientôt 20 ans sera continué.
    Je remercie également les contributeurs du site, certains depuis 10 ou 15 ans !
    Je continue à travailler sur l’organisation informatique du site pour que sa pérennité ne butte pas sur des obstacles techniques.
    Quant à l’orientation du contenu, elle doit forcément évoluer, parce que notre cher environnement "gascon" évolue rapidement, et qu’il faut essayer de coller à la réalité, tout en rêvant à une autre réalité...

    *Par exemple, ce n’est pas moi qui ai validé la dernière intervention du "cher inconnu", ni la réponse que lui a fait Danièl.

  • Oui je suis sévère, je sais. Mais qui aime bien châtie bien comme on dit. Et puis il faut bien aiguillonner de temps en temps. N’est-ce-pas ?

  • Voila qui change les données de la question, que j’avais du reste peut-être mal comprise dans sa formulation initiale.
    Elle avait été en grande part traitée par le « mout » de Tederic (« bassiu ») le 15 avril dernier que je retrouve un peu par hasard.
    Il ne s’agit donc pas d’un doublet vasiu/vadiu correspondant à la bipartition est/ouest de la zone gasconophone (qui ne pose aucun problème de compréhension à personne) mais bien d’un autre mot.
    Prononcé « bassiu », Tederic proposait de l’écrire « vaciu » (l’étymologie est à vérifier mais on flaire le latin « vacuum » pour le vide).
    La seule question qui reste dans une optique d’un gascon plus ou moins standard - il est clair que tout le monde n’en veut pas - est de retenir ou pas des mots à l’extension extrêmement réduite dès lors que d’autres existent à l’extension beaucoup plus large (je ne parle pas des mots relatifs à une réalité strictement locale pour laquelle seuls les mots du cru existent et doivent donc être reçus par tous ).
    Pour vadiu (qui pousse bien), je suppose qu’il est (était) connu dans zones du Bordelais et garonnaise ? Et que serait un synonyme plus largement reçu ? Pour « vaciu », Palay indique Luchon ; sans doute faut-il y ajouter d’autres vallées, dont Ossau je suppose.
    Mais ça ne va guère plus loin. Pour infertile, le dictionnaire Per Noste donne « infertile,aule » (voir l’étendue de ce dernier mot ?).
    A Renaud : qu’am opinions hòrt desparieras e benlèu opausadas sus aquèth tèma : tan vau la vòsta – frajiana, vertat – com la mia. Mes non desbrombetz pas que la fonccion maja d’ua lenga qu’es de permeter a la gent de’s comprener los uns aus auts aisidament.

    Par ailleurs, merci par avance au contributeur numéro 4 de se borner autant que possible aux faits discutés sans faire de de portrait–robot schématique des autres contributeurs ni de jugement hâtif sur leurs motivations !

  • Lavetz atau, aqueth "car desconeixut" èra ua mosca, la Mosca deu Còche ? ;)

    Au fèit, e conéixetz la version gascona de l’espression "faire la mouche du coche" ? Har/hèser com(a) mostarda après dinnar.

  • Au contributeur n° 17.

    Sur les forums, on ne connaît pas les gens en profondeur et on ne les "juge" que par rapport à ce qu’ils écrivent. Donc, ce que vous écrivez me fait penser et écrire ce que je pense et écris. Ceci ne signifie en rien que je vous juge en tant que personne humaine, je réagis juste à votre prose. Si vous ne voulez pas qu’on réagisse, alors ne donnez pas votre opinion sur internet.

  • Bon, je l’ai bien cherché. Ceci dit, un peu de second degré est parfois nécessaire. Je le répète, qui aime bien châtie bien. Vous voyez bien que je vous adore en fait. Sinon, pourquoi viendrais-je sur ce site. Mais il faut vous titiller un peu de temps en temps parce que vous tournez parfois un peu en rond.
    Allez, je vous laisse pour de bon. Je continuerai à vous lire en silence. Pauvre de moi !

  • Je suis pour la polémique, même quand elle est outrancière. Surtout de la part de Gascons : c’est un caractère ethnique, après tout, non ?

    Maintenant, je crois que cela ne sert à rien d’accabler ces pauvres Gascons, par piété chrétienne. Ils ne sont ni meilleurs, ni pires.

    Les conditions historiques ont été très défavorables, voilà tout. Il y a eu des erreurs, notamment au XIXème siècle : l’idéal félibréen des Alpes aux Pyrénées a été une catastrophe, transmise à l’occitanisme. Le rouleau compresseur de l’uniformisation française a été terrible, parallèlement : l’école de Jules Ferry, la saignée de 14-18, l’exode rural.

    Reste qu’il y a des motifs d’espoir. Le désir de sentiment régional, via le proxy basque. La modération politique, encore peu sensible à l’hyper-jacobinisme du FN.

  • Le proxy basque ? Je veux bien mais quand on constate la bascophobie des occitanistes, des gasconnistes et, encore plus, des vieux béarnistes (pléonasme me direz-vous) ...Je ne vois pas bien comment on va faire le lien. Citez moi UN SEUL gascon vraiment bascophile. Je vous mets au défi.


Un gran de sau ?

modération a priori

Contributions et grans de sau sont soumis à validation des webmèstes.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document