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mercredi 24 juin 2015, par Tederic Merger

balet

français : hangar ou auvent placé devant la maison
perpausat per : Tederic M.

Prononcer "balétt".
Mot utilisé en Moyenne Garonne.
Il correspond aux mots emban, estantade... utilisés ailleurs en Gascogne.

voir aussi :

emban / auvent





Grans de sau

  • a Verdelais : porche de l’église (source : registres paroissiaux)

  • Curieusement en Saintonge on appelle aussi un auvent "balai" ou "balet" (je ne sais comment l’orthographier) .Avec la "bugée"(lessive) et autres mots tout aussi usuels on perçoit bien des restes d’une ancienne continuité du temps où ces pays parlaient encore une forme de nord-occitan (jusqu’au XV è siècle sans doute).

  • Il conviendrait de trouver une étymologie au terme balet pour savoir d’une part si les transformations phonétiques propres à l’oïl saintongeais ne rendent pas possible l’existence d’un tel mot dans le langage local, d’autre part s’il relève dès lors de la couche nord-occitane recouverte par l’avancée de l’oïl (et probablement les migrations), voire même s’il ne pourrait pas être une importation en terre d’oïl.

    Dans le "Glossaire de langue gabache" de l’abbé Urgel, le terme balet signifie "hangar", il serait tiré du latin médiéval baletum qui désigne une galerie. Cf l’article Wikipedia :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_%C3%A0_balet

    Autrement dit, le terme balet peut être totalement d’oïl, car phonétiquement, le latin populaire baletum ne donnera pas autre chose que balet en oïl.

    L’abbé Urgel, qui a probablement d’autres sources (Du Cange ?), compare au gallois balawg "toit en saillie", au breton baleg "saillie", au néerlandais bolk "poutre". Il peut s’agir d’un vieux terme gaulois passé au latin de Gaule puis aux dialectes romans.

  • Ma notule a sauté. Je l’abrège :

    Il y a bien un gallois et breton balog "saillant" (et sens voisins), nom et adjectif. L’irlandais balc "fort" (= br. balc’h "fier, désagréable") paraît très éloigné. Notez que le gallo-roman a influencé le mdBr. dans bali "courtine ; avenue" et que le br. baled "auvent" est un emprunt au moyen-français (E. Ernault, Glossaire m-br.). X. Delamarre (Dict. langue gaul., 1e éd), ne se hasarde pas trop, à raison, sur un celtique bal-, pas plus que J. Vendryes dans Lexique étym. de l’irl., LEIA-B.
    Il y a un germanique qui a donné l’alld balk "poutre" et divers sens dialectaux, à partir de *bhelg- "planche" (Pokorny, Watson).

    Mais balet paraît bien intégré au paysage roman (quelle qu’en soit l’origine). On penserait aussi bien à du gallo-roman du Nord (ou de l’Ouest) qu’à du francique romanisé. Les variétés dialectales donnent aux moins quelques limites.

  • En Comenge, un "balet" qu’es un balcon.

  • Il faudrait chercher la distribution de balet et d’emban avec ce qu’ils représentent. Je dis ça parce que, dans la même zone :
    > balet = porche (de l’église) (Verdelais, XVIIIe s.)
    > emban = galerie couverte (cornières) (St Macaire, XIXe s.)

  • En fait, selon le FEW, il semblerait que balet soit répandu dans l’ouest de la France, emban ou plutôt envan dans les pays d’oc, et donc en Guyenne-Gascogne les deux coexistent... comme synonymes (?).

  • Quant à estantada, le FEW ne le note qu’à Labouheyre.


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