Notre région, c’est la Gascogne !

 
 

Lòcs

Libournais

Saint-Philippe-d'Aiguille

Saint-Philippe et ses morts

Cette contrée du Castillonnais, dont la langue était encore gasconne par de nombreux traits, et dont l’appartenance au Bordelais n’a jamais été mise en doute, a connu cependant un métissage local, et c’est tout à fait attendu, du fait de la position frontière.

Le monument aux morts du village en donne une idée :

Augrand : patronyme assez massivement local pour ce qui est de la souche de la France du Sud-Ouest, concentré en Entre-deux-Mers et Libournais

Barthère : c’est une migration sud-gasconne. Paradoxe amusant : le patronyme au début du XXème siècle était le plus fréquent dans les villages autour de Toulouse, côté languedocien ! Les hasards des migrations.

Berger : impossible sans une étude généalogique de savoir la souche.

Billat : un patronyme limousino-périgourdin net qui a essaimé le long de la Dordogne, dans le cadre des migrations des Périgourdins et des Limousins.

Bord : a priori, la même chose, le foyer le plus intense étant en Creuse moderne, avec cependant de fortes proportions en Périgord.

Bordier : patronyme d’une grande façade atlantique française, sans de vraies souches dominantes, en tout cas qui n’était pas absent des rives de la Dordogne.

Bousquet : patronyme pan-oc, avec cependant des foyers très intenses dans les contreforts méridionaux du Massif Central. Cela étant, le patronyme Bousquet n’est rien de rare en Bordelais.

Chantagrel : la souche semble auvergnate, et il est probable que la personne de ce n’a pas fait souche dans la commune, ni aucun membre de sa famille, car on ne trouve pas de naissances de Chantagrel en Gironde.

Colombet : si la souche est locale, elle est périgourdine.

Emile : pas assez typé.

Feytou : patronyme local à cheval sur les départements modernes de Dordogne et de Gironde, le long des rives de la Dordogne. On est clairement sur la preuve de l’existence d’un pays qui humainement transcendait la frontière entre Bordelais et Périgord.

Fourcade : très nettement gascon, malgré le f- initial assez généralisé à l’écrit, avec une distribution même plutôt sud-gascon.

Gianello : une trace précoce d’immigration italienne, il serait intéressant de connaître l’histoire !

Lacour : trop peu typé.

Lagorce : souche périgourdine nette.

Lagrange : trop peu typé, là encore, mais enfin, il est loisible de constater tout de même que ce patronyme dessine en intensité sur les cartes de distribution comme un parallèle de la Dordogne, le fleuve.

Laudeat : patronyme disparu, Geneanet mentionne de rares Laudeat en Périgord, autour de Mussidan, donc non loin, il suffit de descendre l’Isle.

Maumey : cela semble un patronyme nord-gascon très localisé.

Pichardie : encore et toujours un patronyme à cheval entre Périgord et Bordelais, dont la souche semble le Périgord, et qui a essaimé, via les vallées fluviales.

Puanche : patronyme disparu, qui n’a été connu que dans les villages aux alentours.

Rougieras : les sonorités ne trompent pas, c’est périgourdin !

Rouzière : pas de souche locale, ni régionale, une histoire individuelle serait à mener pour élucider la présence de ce patronyme parmi les morts du village.

Segonzat : patronyme périgourdin des villages avoisinants ces confins du Bordelais.

Sitrougne : patronyme qui s’était localisé très précisément ici en Bordelais, mais dont les attestations anciennes montrent qu’il provient de plus loin, en Périgord.

Bref, la situation est nette : nous sommes en présence d’une quasi majorité de patronymes périgourdins, parfois partagés de longue date avec le Bordelais, mais plus souvent faisant la preuve de migrations.

Le début du XXème siècle était déjà une période de forte mobilité en Bordelais, et une étude plus précise nécessiterait de voir ce qu’il en est sur l’ensemble des registres des communes, pas seulement sur les patronymes des morts de 14-18, qui ne sont au fond qu’un échantillon imparfait des personnes domiciliés à Saint-Philippe dans les années 1910.

Reste que je crois que la tendance lourde est présente : celle d’une "infusion" des Périgourdins vers les rives bordelaises de la Dordogne, probablement à date ancienne, ce qui explique sans nul doute la très faible typicité du nord-gascon des alentours de Castillon, et plus largement du Libournais, dont la toponymie marque pourtant, bien souvent, une gasconnité plus forte.

L’on retrouve le même phénomène en Bourgeais et Cubzadais : une toponymie parfois même très typée, des patronymes plus hétéroclites et métissés.

prepausat per Vincent P. ;

 

Libournais

Saint-Philippe-d'Aiguille

Candelayre

En "normalizat" :

Candelaire

candela / bougie

ou chandelle...

dérivés :
candelèir (prononcer "candélèÿ") : chandelier
candelon (prononcer "candélou(n)") : petite chandelle

Toponyme voisin du Camp de la Hire et a priori, un des sommets du département de la Gironde, au nord de la Dordogne.


Le Camp de la Hire

Je ne vois plus aucune possibilité de ne pas faire le lien avec ledit Camp de la Hire, ainsi que Gaby nous y a invités. Mais dans quel sens la déformation a-t-elle eu lieu ?

Cassini note "Moulins du Candelair" : cela semble assez clair que cette histoire de "Camp de la Hire" est une invention récente complètement dingue. On a le mot gascon Candelayre.

prepausat per Vincent P. ;

 

Libournais

Les Salles-de-Castillon

Pique Ambo

Cette colline, qui domine parmi d’autres le paysage tourmenté des Salles-de-Castillon, possède un nom qui résiste en première analyse à une explication facile. Un dérivé sur le verbe picar ? Un vocable disparu parent de piquèir "dune" ?


Piquecaillou

Le terme "Ambo" pose souci, car l’on n’en connait pas l’accentuation. Une déformation d’Ambaud, lieu-dit de Salignac, probable nom propre médiéval d’origine germanique ?


Maison ancienne au hameau d’Ambaud

Non, l’on trouve un moulin de Piqueroque, qui ne semble pas formé du tout sur un nom propre.

prepausat per Vincent P. ;

 

Libournais

Saint-Philippe-d'Aiguille

Le Camp de la Hire

Je pensais avoir trouvé là une attestation, fort rare, d’un h gascon en Castillonnais. Mais après recherche, il semble que le nom fasse allusion au chevalier de la Hire, homme d’armes gascon, certes.

https://www.vignobles-faux.com/ses-chateaux/chateau-camp-de-la-hire/

Est-ce une reconstruction historique sur la base d’une légende fausse locale, suite à l’homophonie avec un terme gascon qui n’était plus compris dans une zone qui perdit l’usage du h gascon ? Je n’en sais rien.

prepausat per Vincent P. ;

 

Libournais

Tayac

La Pourcaud

En "normalizat" :

La Porcau
Prononcer "La Pourcàw".

pòrc / cochon

porcau (prononcer "pourkàw") : « sutis porcalis (loge à porcs) a donné "la porcau" avec omission de sutis » (http://www.gasconha.com/spip.php?loc5742#forum58242)
porcau apparait dans la toponymie sud-gasconne d’une part, et d’autre part en pays gabaye ou guyennais souvent avec un d ou un t final (La Pourcaud, La Pourcaut, Lapourcaud...).

porquèr (prononcer "pourkè") : porcher

Que de toponymes de ce type en Bordelais septentrional !

prepausat per Vincent P. ;

 

Libournais

Francs

Péroutet

En "normalizat" :

Peirotet
prononcer "Pèÿroutét" en faisant entendre le "t" final. Double diminutif de (...)

Pèir Pèira / Peÿ / Pierre

Prenom Pèir/Peÿ

Pèir Berland defenot la libertat de Bordèu !

Dérivés :

Dérivés ou variantes [Alis-Aiguillon] : Peyre Peyroton Peychot

Futurs parents amoureux de Bordeaux et de sa région, vous souhaitez que votre fils s’attache lui aussi à ce pays et défende ses couleurs...
Appelez-le Pey ou Pèir* !
C’est "Pierre" en gascon de la région de Bordeaux.
C’est le prénom de Pey Berland, homme d’Etat, homme du peuple, homme de coeur et homme de religion, qui a défendu la liberté de Bordeaux contre le roi de France.

*"Pèir" est la graphie occitane normalisée de "Pey".
Il s’agit d’un seul et unique prénom qui se prononce " Pèÿ ".

La forme "Pey" est plus connue, et attestée officiellement. Vous n’aurez aucune difficulté à la faire enregistrer par l’Etat Civil : sinon, il devrait suffire d’invoquer Pey Berland et les multiples "Saint Pey" de la région...

La forme graphique Pèir, plus moderne et audacieuse, est moins évidente à prononcer pour la majorité des gens.
Il vous faudra donc faire, si vous la choisissez, l’effort pédagogique pour qu’ils ne prononcent pas "Pèrr"...

Pèir est la version nord-gasconne (en gros, département de la Gironde nord du département des Landes) de "Pèr" (ne pas prononcer le "r") qu’on trouve dans le reste de la Gascogne (voir les multiples "Saint Pé...").

A noter pour finir : le gascon permet une forme féminine différente du masculin, "Pèira", à prononcer entre "Pèïre" et "Pèïro". Profitons-en ?-)

Le hameau de Péroutet est frontalier du Périgord, de l’autre côté du ruisseau de Coudot. Cassini montre bien que le "yod" a sauté, en cette zone à la langue mêlée, plus lâche : on a bien Peyroutet, originellement.

prepausat per Vincent P. ;

 

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