Lòcs (toponymie, paysage...) de Callen

Albret landais Grande Lande / Lanegrand Pays negue Landes de Gascogne

Callen

Benquey

en graphie alibertine :

(lo) Venquèir
Prononcer "(lou) Benqueÿ" (nord-gascon). J’abonde dans le sens de Gaby et (...)

venque ? / végétaux souples

Saule, osier...
Aucun dictionnaire ne semble attester venque (prononcer "bénque", "bénco"...), au contraire de la toponymie : La Benque, et de nombreux dérivés Benquet, mais aussi (moins nombreux) Benca(t), Bencaret, Bencaro (Vencaròu)...

La racine latine vincus (lien) est couramment avancée.


 

 
Albret landais Grande Lande / Lanegrand Pays negue Landes de Gascogne

Callen

Mauhum

en graphie alibertine :

Mauhum

hum / fumée

Mot masculin.
humar (prononcer "huma") : fumer

mau / mal, mauvais

Prononcer "maou", ("aou" étant une diphtongue).
féminin "mauvaise" : mau comme le masculin, ou mala (prononcer entre "malo" et "mala").


 

 
Albret landais Grande Lande / Lanegrand Pays negue Landes de Gascogne

Callen

Loumbreyrasse

en graphie alibertine :

L'Ombreirassa
Prononcer "L’Oumbreÿrasse". L’Ombrèira + suffixe augmentatif -as

ompra / ombre

Prononcer entre oumpre et oumpro.
Palay donne oumbre, oumpre, et la toponymie gasconne donne autant les dérivés de ce mot avec un p qu’avec un b : Lompré, Loumpré, Loumprérot, Lomprère, Lombré, Lombreyre... des endroits à l’ombre...

pudì à l’oumbre / pudir a l’ombra : avoir l’odeur de l’ombre, du remugle. [Palay]

A noter l’intéressant susoumbrìu,-oumprìu,-iuo adj. – Fruit qui achève de mûrir à l’ombre, (nèfle...). [Palay]

Le mot existe aussi en languedocien avec un b ou avec un p.


 

 
Albret landais Grande Lande / Lanegrand Pays negue Landes de Gascogne

Callen

Cap de la Barade

en graphie alibertine :

(la) Varada
Prononcer entre "Barade" et "Barado".

varat, varada / fossé

Prononcer respectivement "barat", "barade"...

varadar, avaradar (baradà, abaradà) : entourer de fossés

A propos des varats landais, Gilles Granereau, de l’ONF, nous explique :
"en gros, pour limiter les problèmes d’humidité, mais aussi pour délimiter les propriétés, on creusait des fossés (barat, barradeau...) ;
les déblais étaient mis sur la bordure et constituaient la dougue (ou douve, ou tempe - mot que je ne connaissais pas), plus ou moins large.
C’est sur cette dougue que l’on pouvait établir une haie (les aubépines, par exemple étaient largement utilisées, car, outre leur rôle défensif (contre les bestiaux), elles étaient employées comme porte-greffes pour les fruitiers).
Cette haie protégeait par ailleurs les fruitiers (ou parfois la vigne) qui étaient placés parallèlement.
A l’intérieur de cette zone close et assainie par les fossés, et protégées par les fruitiers et haies, on pouvait établir des cultures céréalières en général."

Un contributeur géomètre nous dit :
"Les fameux baradeaux simples ou doubles entouraient bien les prés ou terres pour, d’une part, assainir, et, ensuite, couper les racines de la forêt qui auraient tendance à aller dans le sous sol des terres.
De ce fait les baradeaux dans leur ensemble appartenaient au propriétaire terrien et non au sylviculteur.
J’explique cela dans mes bornages, mais j’aurais aimé trouver des textes ou schémas pour leur mettre sous les yeux."

Remarque [2021] :
La provenance gasconne du mot utilisé en français "baradeau" n’est pas claire. Ce dernier est d’ailleurs associé par des sites d’étymologie au verbe barrer.
Le nom de famille Baradeau est poitevin.
On ne trouve guère de Baradeau en onomastique gasconne, ni de baradèu ou baradèou dans les textes...

dérivés :
varadèr : creuseur de "varats"
minjar com un varadèr : manger... beaucoup
varada (prononcer entre "barade" et "barado") : féminin de "varat" ; correspond au mot français "vallée", mais le sens gascon était-il "vallée" ou "fossé", ou entre les deux ?

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Luz Saint Sauveur - Rue dets Barats
Bizarre ces noms de rues moitié français ("rue") moitié gascons qu’on trouve à Luz.
Mais surtout ne touchez à rien si c’est pour uniformiser en français !
En gascon, on peut, sur le modèle de la rue voisine "Bio d’era Moulo" (tout en gascon, elle), imaginer "Bio dets Barats" (Via deths Varats).
La graphie alibertine passerait peut-être auprès des autochtones, mais les estrangèrs prononceraient les "V" "V"...
Je trouve aussi que le dessin de la plaque et des lettres rend bien.
Tederic M.

(lo) Cap
Prononcer "(lou) Cap".

cap / tête, bout

Aussi bout ou extrémité de quelque chose.
Ex : cap deu bòs = bout (fin ou commencement) du bois.
dérivé : acabar (terminer)


 

 
Albret landais Grande Lande / Lanegrand Pays negue Landes de Gascogne

Callen

Peyguilley de Caplanne

en graphie alibertine :

(lo) Caplana, Cap de Lana
Prononcer "(lou) Cap (de) lane, Cap làno"... Le bout de la lande.

cap / tête, bout

Aussi bout ou extrémité de quelque chose.
Ex : cap deu bòs = bout (fin ou commencement) du bois.
dérivé : acabar (terminer)

lana / lande

Prononcer "lane" dans la plus grande partie des Landes, "lano" en Gascogne intérieure.
Variante girondine : landa
Le nom Lalanne veut dire "Lalande".
dérivés :
lanusquet (landais)
landescòt (landais, dans le Médoc)
landés semble moins authentique, plus français.

Capvath la lana : A travers la lande

Viendrait du gaulois "landa".

(la) Peguilhèira, (lo) Peguilhèir
Prononcer "(la) Peguilheÿre, (lou) Peguilheÿ"... Le premier est féminin, le (...)

peguilhèira / allée pour les troupeaux

Prononcer "péguillèÿre".
Allée à travers lande pour les troupeaux.


 

 
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Callen

Peyronnet

en graphie alibertine :

Peironet, Peironeta
Prononcer "Peÿrounétt", "Peÿrounéte" (masculin, féminin).

Peiron Peirona / Peÿrou / Peÿroune / Peyronne

Dérivés ou variantes [Alis-Aiguillon] : Peyron
Pour le féminin, prononcer "Peÿroune".
Pour le masculin, prononcer entre "Peÿrou" et "Peÿroung".

"Peyronne" est attesté vers 1600 à Bordeaux.
"Peyrona" l’est aussi, c’est une forme non francisée, qui est donc plus ancienne que "Peyronne".

Le féminin "Peyroune" pourrait être déclaré à l’Etat Civil, mieux lisible par le grand public que "Peirona".
Et pourquoi pas le masculin "Peyrou" ?


 

 
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Callen

Goua de la Peyre
Lo Gua de la Pèira / Lou Gwa de la Peÿre

en graphie alibertine :

(lo) Guà
Prononcer "(lou) Gwa".

guà, guat, gat, vuà ?, vuat ? / gué

La forme guat a aussi existé, il en existe des traces dans la toponymie (ex : Le Moulin du Gouat à Habas (40) sur l’Arrigan).
[Vincent.P]

La rivière du Gat mort porte aussi le "t" final, mais a perdu le "u".
[Tederic]

"« goua », comme « gué » vient de ‘vadum’ ;
phonétiquement, à la française :
wadum > wadu > wad > gwad > gwat > gwa ; en français, … gwat > gat > gué
comme pratum […] prat > pré.
Mais le français a aussi le toponyme « Gois » dans le « passage du Gois » entre le continent et l’ile de Noirmoutier.
Le -d final se maintient en dérivation ; on a le patronyme Gouazé, où le -d- intervocalique passe à -z-
comme dans videre > védë > vésë etc. [...]
Mais en finale absolue, le -d devient muet, comme dans pedem > pè. Mais pas partout, car de même qu’en Aspe on dit « lou pèt » pour "le pied", Palay atteste des formes « ga, goà, goàt, goàu et goè ». Je ne saurais les localiser et l’ALG n’a pas de carte "gué’."
[Dr Y. Lafitte]

"pourrait provenir du francique wad qui a une signification moins spécialisée que vadum, car il peut désigner des cours d’eau, des mares.
Le mot wad est conservé en néerlandais.
Le francique wat e le latin vadum se ressemblent, et ont évidemment une étymologie indo-européenne commune."
[Gérard Loison]

dérivé :
guadet (prononcer "gwadétt")


 

 
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Callen

Le Saucet

en graphie alibertine :

(lo) Saucet
Prononcer "(lou) Saoussétt". Forme masculine de Sauceda (Saucéde).

sauç / saule

saucina : variété très petite de saule.
saucinar (prononcer "sawsina") : lòc plantat de saucinas...
Les formes saudina saudinar existent aussi.

Attention aux faux amis avec saüc, que les sélections dans la base de données de Gasconha.com peuvent ramasser, ne faisant pas de différence entre c et ç ni entre u et ü !saüc = sureau


 

 
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Callen

Lestage

en graphie alibertine :

Lestatge + (l')Estatge

estatge / maison

Prononcer "estadye".
Terme apparemment moins utilisé que "ostau" ou "maison", au moins dans le gascon moderne.


 

 
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Callen

Lagassey

en graphie alibertine :

(l')Agassèir, Agassèr
Prononcer respectivement "L’Agasseÿ", "L’Agassè", le premier étant la forme (...)

agassa / pie

Prononcer entre "agasse" et "agasso".

On le retrouve en français dans le mot (un peu désuet) "ageasse", et en picard ("agache").