Lòcs (toponymie, paysage...) de Esperce

Couserans

Esperce

Maison dans le bourg

Je ne veux pas surestimer les différences gasconnes entre le Toulousain de langue gasconne, donc, et celui de langue proprement toulousaine (sud-languedocienne) mais pour avoir arpenté le même jour des villages d’un côté de la frontière linguistique comme de l’autre, je ne peux que remarquer que c’est côté gascon que je trouve immédiatement, et en relative abondance, des maisons à pans de bois (mais ça, ça se trouve côté languedocien), à façade sous pignon (ça, en bourg rural du type d’Esperce, je ne trouve pas).

Je fais l’hypothèse, tout de même, d’un plus grand archaïsme gascon.

prepausat per Vincent P. ;

 

 
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Esperce

Graoulat

en graphie alibertine :

Lagraular + (l')Agraular
Origine du nom : "L’Agraular", variante de "L’Agreular".

agreu, agreule / houx commun

Prononcer entre "agréou" et "agrew".

Peut atteindre 15 à 20 m de haut et plus de 200 ans. Fruits toxiques (purgatifs, nausées, vomissements). Utilisé en pharmacologie (cœur, fièvre, bronchite…). On extrait la glu de l’écorce. [Gilles Granereau]

Variantes ou dérivés :
agriu : grand houx [JF Laterrade]
agreule : houx
agreulon : petit houx
agreular (prononcer "agréoulà") ou agraular (prononcer "agraoulà") : lòc plantat d’agreule

Autre forme :
grehle, agrehle [Gaby]

Alors, un suffixe -ar déguisé ? Déjà "Le Graulat" chez Cassini : source de l’erreur ?

prepausat per Vincent P. ;

 

 
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Esperce

Poutou

en graphie alibertine :

Poton
Le lien avec ce qui est répertorié ici comme un prénom gascon est une (...)

pòt / lèvre, baiser (nom commun), bise

diminutif (bisou) :
poton (prononcer "poutou") ou
potic (prononcer "poutic")
potoar (prononcer "poutoua") : embrasser (dans le sens de "donner un baiser")
potonejar (prononcer "poutouneïa") : donner un ou plusieurs petits baisers

Poton Potona / Poutoun, Poutou / Poutoune

A priori "poton", de Gascogne jusqu’en Provence, signifie "baiser".
Ce n’est probablement pas dans ce sens que ce nom a été donné en Gascogne comme nom personnel, ou comme prénom (Maison Malichecq : il y a eu un Pouton Dublanc né après 1815).
Autre attestation : "Jean, dit Poton, seigneur de Xaintrailles" (Wikipedia)

L’IGN donne une série de toponymes gascons, ou languedociens ou basques proches Gascogne, qui semblent formés avec "Poton" :
POUTOUN [MAIRIE DE BOUZON-GELLENAVE - 32]
POUTOUNE [MAIRIE DE MONTASTRUC-SAVÈS - 31]
POUTOUNENIA [PAGOLLE - 64] (basque : "Chez Poutoun")
CAMP DE POUTOUNET [LA SALVETAT - 82]
POUTOUNETS [PUYMAURIN - 31]
POUTOUNOT [ASPRIÈRES - 12]
POUTOUNS [GIRONDE-SUR-DROPT - 33]
POUTOUNUT [LE TEICH - 33]
POUTON [PAVIE - 32]
POUTON [SEMPESSERRE - 32]
POUTON [BONZAC - 33]
POUTON [LA BRÈDE - 33]
POUTON [LANDIRAS - 33]
POUTON [ESTIGARDE - 40]
POUTON [LE FRÊCHE - 40]
POUTON [FEUGAROLLES - 47]
POUTON [MONTESQUIEU - 47]
POUTON [SAINT-PÉ-SAINT-SIMON - 47]
POUTON [LAHONCE - 64]
LE POUTON [MONFORT - 32]
LE POUTON DE BAS [AUBIET - 32]
LE POUTON DE HAUT [AUBIET - 32]
LA POUTONNE [MONTRÉAL - 11]

Autres lieux IGN rattachables pour certains à une racine "pot" commune avec "Poton" (mais les "Pouticayre" semblent liés à "apothicaire") :
POUTIC [LARTIGUE - 33]
POUTIC [CRÉON-D’ARMAGNAC - 40]
LE POUTICAIRE [LÉZAT-SUR-LÈZE - 09]
POUTICAYRE [ORGIBET - 09]
POUTICAYRE [SAINT-AMADOU - 09]
POUTICAYRE [MONTESQUIEU-VOLVESTRE - 31]
POUTICAYRE [SAINT-NAZAIRE-DE-VALENTANE - 82]
POUTICAYRE [MONTESQUIEU-VOLVESTRE - 31]
POUTICAYRES [LAAS - 32]
POUTICHE [LUXEY - 40]
POUTICHE [SAINT-JEAN-DE-MARSACQ - 40]
LE PARC DE POUTICHE [LUXEY - 40]
POUTICOT [EAUZE - 32]
POUTICOT [MONTRÉAL - 32]

Geneanet :
POUTON 1682 - 1682 Montsaunès,31260
POUTOU 1691 - 1850 Adé,65100
Mais "Poutou/Pouton" est peu présent en Gascogne comme nom de famille.
D’autant plus curieux qu’il soit bien présent comme nom de lieu.

L’explication donnée pour certains lieux "Poutou" serait l’hypocoristique (le troncage du début avec ajout de terminaison à la fin) de "Filipòt" ("Halipòt" en gascon).
C’est finalement la meilleure explication pour l’instant pour ce prénom ou nom personnel ancien.

Les Pyrénées se cachaient en cette chaude journée de juillet ! Le paysage restait tout à fait magnifique.

prepausat per Vincent P. ;

 

 
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Esperce

Ramon de Juan

en graphie alibertine :

Joan, Joana

Joan Joana / Jouan / Jouane / Jean / Jeanne

Attesté en 1415 dans les registres de la Jurada de Bordèu sous la forme "Johan" : Johan Argui, Johan Arostanh.

Ramon

Ramon prenom mascle / Raymond

Prononcer entre "Ramou" et "Ramoung".

Attesté dans les registres de la Jurada de Bordèu en 1406 (Ramon Guarssias ou Ramon Guassias) et en 1407 (Ramon d’Orinha*).
Nombreux diminutifs ou "hypocoristiques" (dérivés où la première syllabe a été perdue) : Monic, Monon...

*Orinha : peut-être la localité orthographiée de nos jours "Origne"

"Ramoun de Jouan" sur la carte d’État-Major du XIXème siècle, "Ramon de Jean" sur la carte du diocèse de Rieux par Bourgoin, et donc sur la carte IGN, un très bizarre "Ramon de Juan", comme hispanisé.

Remarquez la croix de Toulouse en façade, ajoutée à date récente : elle n’est pas illégitime en cette contrée, le Languedoc, cet immense patchwork de provinces, possédait une infime partie gasconophone, c’est le Volvestre.

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Esperce

Bidaou

en graphie alibertine :

(lo) Vidau
Très courant, avec ses dérivés Vidalòt, Vidalon..., en Gascogne dans les noms (...)

vidau / tricholome équestre

Prononcer "bidaou" ou "bidàw".
Le tricholome équestre est bien sûr un champignon.

Autre sens : clématite

Vidau prenom mascle

Du latin Vitalis.
Prononcer "Bidaou" en diphtonguant le "aou", bien sûr !
Forme languedocienne : Vidal

L’entre Lèze et Ariège était de langue gasconne (un gascon très influencé par le languedocien toulousain, tout proche), ainsi que l’identifia Pierre Bec dans les années 50 : le h gascon allait quasi jusqu’à Auterive. Nous sommes dans l’ancien diocèse de Rieux-Volvestre, démembrement de celui, plus antique, de Toulouse, dont il serait intéressant de savoir en quoi il a assuré la diffusion de traits gascons (à moins qu’il ne fut constitué justement là où le peuplement était gascon).

Le lieu-dit Bidaou assure en tout cas qu’à une date à identifier, qui n’est peut-être pas le tout dernier état de la langue qui a pu se "languedocianiser", que le -l final était vocalisé à Esperce. En tout cas, si je ne sais dire si le phénomène avait disparu, la maison, elle, n’est plus.

prepausat per Vincent P. ;

 

 
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Esperce

Loulé
Lolèr (?)

en graphie alibertine :

L'Olèr
Prononcer "L’Oulè".

ola / abri circulaire, bassin, cirque, marmite

Prononcer entre "oule", "oulo", "oula"...
abri circulaire pour le bétail ; mais on trouve aussi les significations suivantes :
ola (f.). • bassin (m.) (géogr.).
ola (f.). • cirque (m.) (relief).
ola (f.), metau. • pot en métal.

Dans le premier sens d’abri circulaire, "Lo blòg deu Joan" donne les explications suivantes :
"sarralh tà las vacas, aulhas etc"
"Ola : lo sens primitiu deu mot latin ola qu’èra « pati arredon », çò qui correspón perfeitament au "sel", cf. gascon ola, òla."
[Lo baran, la sela e l’esperit deus Ancians]

olèr (oulè) semble apparaitre en toponymie : métier en rapport avec l’objet ola (pot en métal) ?


prepausat per Vincent P. ;