Pays de Buch Landes de Gascogne Mar e còsta gascona / Ma é coste gascoune

Arcachon


 

L’Île aux Oiseaux / L'Isla de la Matòta / L'Isle de la Matote

en graphie alibertine :

La Matòta
Prononcer "La Matote".

mata / matte

En Médoc, sorte de polder protégé de la Gironde par une digue.
En moyenne vallée de Garonne, semble être le terrain artificiel qui protège de l’inondation les "bordes" de l’"arribère".

dérivé :
matar (écrit en français "mata" ou "matha", apparait dans la toponymie)

Un autre sens :
« matàs sm. – Hallier épais, gros buisson »
« matarâ sm. – Hallier. Augm. mataràs. N. de l. et de p. Matharan »
[Palay]
matada : taillis [Gaby]

Le nom français, appellation coloniale, mièvre, à effacer pour retrouver le seul nom des lieux : la Matote.

A propos des interdits visant à protéger cette île (voir le débat plus bas), cette cronica d’Atòs, Portòs e Regaspròs sur Ràdio País (en gascon) :


 

Grans de sau

  • Ke j’eri je aw mati ! Beroy endret en tuto sazu.
    Awgan kan decidit d’embarra’w "réserve naturelle". La laco ke bat holo dew tan de munde ki a !

    Ke m’a hèyt dow, e tutü qu’at endeni, mès dap la libertat de kurre la terro ke perdem kawkarre ki toco a l’amno.
    Ta ju en tut baxa d’Uwsaw tad arretruba "parc naciunaws" dink a la magrano en pasan per las lanos, ken aboi lu ko malawt.
    Kem xepico awtan kum lus "lotisemens".

    Plus les maisons sont moches et coupées de leur environnement, plus on veut que ce dernier soit virginal. Je n’y comprend rien et k’en badi pek.

  • Sabi pas si i a gran monde qu’a podut legir çò qu’escrivot Artiaque ací dessùs. Totun, que vau la pena !

    Il nous disait qu’il était le matin même à l’Ile aux Oiseaux et qu’on était en train de l’interdire au grand public en en faisant un parc naturel - "national" (naturel ou national ? ou "les deux mon général" ?). ; e que ça lui faisait dòu (deuil).

    Ensuite, le parallèle qu’il fait entre le laisser-aller total dans les zones non protégées (99% du territoire) et les espaces naturels qu’on veut "virginaux" - comme les deux faces d’une médaille, c’est aussi pour moi un souci. Surtout qu’on vit presque tout le temps sur la première des deux faces...

  • Comme le droit de l’environnement entre dans mon champ de compétences, j’interviens...

    L’Ile aux Oiseaux est une réserve naturelle, c’est-à-dire un espace protégé pour son patrimoine naturel remarquable. Les réserves naturelles peuvent concerner le domaine public ou le domaine privé que ce soit celui de personnes publiques ou privées. Leur ’’clôturage’’ est évidemment facultatif et je n’en ai pas trouvé la trace pour l’Ile aux Oiseaux ; où avez vous-vu cela ?

    Par contre, c’est sur la réserve naturelle du Banc d’Arguin qu’a été instituée une zone de protection intégrale, donc une zone interdite au grand public. Elle ne concerne même pas la moitié de la réserve et les gens peuvent encore aller dessus.

    Plusieurs réflexions me viennent alors :
     Nous ne devons pas oublier qu’un certain nombre de zones protégées se trouve, en réalité, sur des propriétés privées. Certes, il y a des conventions de gestion par des organismes publics (Conservatoire du Littoral...) mais on a quand même le droit de clôturer une propriété privée ! Les promeneurs sont tolérés sur les propriétés privées, mais faut pas pousser quand Artiaque parle de la libertat de kurre la terro. (E be nu tè pardi, ana xe lu bezin es pa un dret :))
     Si une zone est clôturée, c’est qu’il y a une raison. Il y a toujours des vandales, braconniers, touristes indélicats avec qui seule la coercition fonctionne. Parfois (dans les RBFI et RBDI), c’est dans un but scientifique, pour observer l’évolution de la forêt sans intervention humaine.
     Il faut être précis et ne pas tout confondre :
    > les coeurs de parcs nationaux, les réserves naturelles => réglementation stricte... mais couvrent une faible superficie et se trouvent dans les milieux à forte valeur patrimoniale
    > les sites classés et inscrits => réglementation nulle pour le promeneur mais stricte pour le propriétaire dans le cas d’un site classé
    > les parcs naturels régionaux ne sont en aucun cas des périmètres de protection réglementaire, l’adhésion des communes est volontaire, le syndicat de parc n’a aucun pouvoir réglementaire, il s’agit simplement de mettre en place un projet de territoire
    > les sites Natura 2000 (SIC, ZPS, ZSC) => aucune protection réglementaire, uniquement des mesures contractuelles prises entre gestionnaire et propriétaires sur la base du volontariat
     Le total des zones protégées au sens large (en incluant les protections contractuelles et par maîtrise foncière en plus des protections réglementaires) couvre 21 % du territoire français. (je n’ai pas parlé des PNM, RBDD/RBFD, R(N)CFS, réserves de pêche, APPB, sites du Conservatoire du littoral, ENS, SPR (ex-AVAP), périmètres de protection divers et variés...) Il est donc plus fréquent que tu dis, Tederic, d’y vivre et encore plus de s’y déplacer, même si, en effet,d ans les zones de protection stricte, il n’y a quasiment pas d’habitants. Pour ma part, j’habite dans le périmètre d’un site inscrit (le Bourg de Verdelais) et probablement dans plusieurs périmètres de protection de monuments historiques.

    Les parcs naturels régionaux sont les structures qui se rapprochent le plus de ce que nous souhaitons, c’est-à-dire concilier harmonieusement les différents aspects d’un territoire. Le plus dur est de mettre ça en oeuvre, alors il faut toujours et encore plus de participation de la part de la population !

    Sur les lotissemens... süi absulüdemen dakort, sun a se’n darriga lus pèws ! mè ke ke bòlim, n’i’n aura tutxun mèi e fadra passa aki kume lu gat per la braze ! (Pa èizit d’eskriwe kum Artiaque, espèri k’awrèi russit :) )

    Anem, bun desse amiks e a bien lèw !

  • Je ne cherchai nullement un débat, j’exprimai un ressenti en quelques mots à l’aval d’une photo, à la faveur d’une coïncidence (mon passage sur le lieu le lendemain de la publication de l’image).

    Vos réactions m’obligent à revenir sur ce ressenti, pour ne pas que mes propos soient réorientés :

    "awgan kan decidit d’embarra’w" —> pour la première fois je découvrai des panneaux restreignant l’accès à une partie de l’île. Des panneaux à intervalle réguliers, pas de clôture.

    "réserve naturelle" et "parc naciunaws". —> Gaby aura peut-être manqué les guillemets par lesquels je signalai scrupuleusement mon utilisation approximative desdits vocables.
    De façon peu pratique les guillemets servent aussi pour les citations... là ce n’était pas le cas.

    Le reste des quelques lignes me semble clair mais au cas où nouvel essai en VF :

    Ce mois d’août 2014 je descends de ma vallée (où parc national, natura 2000, sites classés et consorts couvrent une grande part du territoire), passe par la Lande (parc naturel régional) pour arriver sur le bassin où je découvre de nouvelles zones de restriction en cours (île) ou en projet (Arguin). Au long de ce parcours, j’ai régulièrement longé d’autres "zones" en pleine expansion : artisanale, industrielle, pavillonnaire...

    J’ai alors une impression de gémellité saisissante des deux familles de zones. Je ne choisis pas parmi elles et toutes ensemble elles me procurent une émotion de tristesse sourde, de préoccupation pour moi et mes semblables. Je choisis alors quelques mots "je comprends la logique - motivant les nouvelles restrictions, ndt - mais enfin avec la liberté de parcourir l’espace nous nous séparons de quelque chose qui tient à l’âme" pour essayer de communiquer cette émotion.

    En supplément, le traducteur partage quelques interrogations sous-jacentes :

    Un être humain peut-il encore vivre sans panneaux ? Que se passerait-il si l’on renonçait à tout ce zonage ? La Gascogne est-elle zonable ? Le Gascon existe-t-il dans des zones ? La "gasconnitude" nous est-elle venue avec ces zones ? Peut-elle perdurer avec icelles ?

    Bon pour finir, suis issu d’une culture de pasteurs semi-nomades autogestionnaires alors l’administration de l’espace en zone...

    PS : trop cool messieurs d’écrire comme moi, j’arrive à "lire" votre parler merci !

  • Je reconnais que les zonages gagneraient à être simplifiés !

    Lu gaskun es bien pres en kunte den lu park naturaw de les Lanes (mè belèw a la mode püremen utsinatinste).

  • Que’s pòt comprener l’arressentida d’Artiaque hens lo son camin d’un parc de natura protegida a ua auta : de veder tant de panèus atau e’t pòt gahar l’impression que çò d’important qu’es la natura (au menx suus panèus, en realitat qu’es diferent !) e que l’òmi, sii pastor, sii paisan o quaucarren mèi, qu’èi tot juste tolerat ...

    é nou somm fisselé parla règlementacion dantou lé domènn, kon leveuy ou non nèzpa ?

  • Es vrai que les réglementations pòden hèser poishiu mès los cas ont l’òme es tot juste tolerat son rares. E quauque còp l’òme pòt justament i trobar son avantatge : se permenar tranquille dens una RNCFS ( shens dangèir de se gahar un plomb), subvencions dens una zòna N2000...

    Imaginam tabé un territòri shens zonacions, shens documents d’urbanisme, shens la lei Litorau... Seré un immense lotissement, los monuments istorics serén remplaçats per immòbles e l’agricultura seré en perilh (shens mesuras per lemitar la consomacion de tèrras agricòlas)...

  • Réglementations > reglamentacions ! Pinconèir de corrector ortografic !

  • De segur qu’as rason a 100% ,Gaby* mes que parlavi d’un sentit, d’ua impression subjectiu, qué. Qu’es important taben. Benlèu que caleré "véner" aqueras reglementacions d’ua auta faiçon entà non pas donar aquera impression de tolerancia limitada de l’òmi au mièi de la natura.

    Totun e’m demandi s’aqueras reglementacions non serén pas un pretexte aisit per las municipalitats per non pas prener las suas responsabilitats quan s’ageix de controllar (e a bèths còps empachar) lotiments o construccions pauc desiraderas. N’ac sèi pas , un tèma obert benlèu...

    * e mercés per la tua perfeita descripcion deu tèma, çò qu’aimari veder mes sovent sus gasconha.com

  • La discussion ci-dessus, tout en datant de 2014, est d’une actualité totale.
    Nous mousquetaires de ReGasPros en terre médoquine avons pu le ressentir encore récemment, et je suborore que nous ferons bientôt une cronica sur Ràdio País, ou deux, au sujet des "parcs naturels", de leurs interdits et de leurs pancartes.

  • Comme je le dis toujours, l’appartenance à un parc naturel régional (Médoc) n’est pas génératrice d’interdictions supplémentaires. Ne pas confondre avec parc national. La terminologie n’est pas judicieuse, ça c’est sûr.

  • Merci Gaby de nous rappeler cette spécificité importante des Parcs naturels régionaux.
    Je comprends qu’ils sont plutôt dans la puissance douce (soft power en anglais, poder doç / poudé dous, shuàw, en gascon ? ne tròbi pas miélher !).
    Le PNR du Médoc le dit :

    Les Parcs naturels régionaux n’ont pas de pouvoir de réglementation. Ils ne peuvent ni contraindre, ni obliger.
    https://www.pnr-medoc.fr/vrai-faux.html

    D’ailleurs il me semble que le PNR des Landes de Gascogne, qui existe depuis des décennies, n’a pas empêché de vastes zones de champs industriels qui paraissent radicalement contraires à la biodiversité, ni des lotissements peu enracinés, ni la détestable campagne "Val de l’R" ; peut-être même allait-il s’accommoder d’Alibaba entre Belin-Beliet et Salles au grand dam des défenseurs de l’auguitche...
    "R" pour Eyre

    Guarderam l’auguicha ! (goarderam l’auguitche)

    La commune de Vensac a cependant refusé d’adhérer au PNR de Médoc, peut-être par peur de nouvelles contraintes environnementales...

    Ce sont plutôt les réserves naturelles qui poseraient des interdictions.
     Artiaque avait déclenché le présent fil de discussion par son ressenti sur une réserve naturelle autour de l’Isle de la Matòte...
     Dans son magnifique livre "Mes LANDES de Gascogne", l’illustrateur Lucien Arlaud brocarde les interdits de la réserve naturelle de l’étang de Cousseau (chasse, pêche, véhicules motorisés, camping, pique-nique, baignade, cueillette de fleurs et de champignons...).
    Je comprends qu’il exagère (son livre est un peu malicieux parfois), et en plus il est visiblement amoureux de ses Landes de Gascogne ; mais il doit y avoir quelque chose du ressenti d’Artiaque.
    L’Étang du Cousseau

    Les interdits ne font pas de détail entre ceux qui font "n’importe quoi" et ceux qui comprennent, aiment, et respecteraient...


Un gran de sau ?

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